17- Deuxième semaine de mission-3

Quelques photos prises autour du dispensaire :

Champ de Manioc
Dolmen au pied d’une maison

On a eu l’occasion d’aller visiter un des villages dont les habitants sont venus se faire soigner. C’est un village assez isolé, l’accès principal se fait par un pont en bois qui est détruit à chaque saison des pluies parce que la rivière passe au-dessus. Il y a une autre route à l’arrière du village qui permet aux habitants de se ravitailler pendant cette période mais c’est une très mauvaise piste et qui les oblige à faire un très grand détour pour rejoindre le premier village avec un marché.

Leurs engins de transport (sorte de motoculteurs) ne passent pas sur le pont !
Par contre, les piétons, même chargés comme ici, passent sans problème 😉
Jour de nettoyage des motos 😂
Un autre qui se prépare à traverser…
Les enfants jouent dans la rivière, il fallait les voir dévaler en roulant ou en glissant sur les fesses
la pente du petit jardin avant d’atterrir dans l’eau, ils se marraient bien.
L’image donne une bonne idée du niveau d’eau à la saison des pluies, les arbres ont les pieds dans l’eau
et les premières maisons sont au bord de la rivière en crue 😨
Bounma emmène Marie-Annick, Christine et Lucien faire un petit tour de pirogue 😃
Un livreur Uber Eats qui s’est perdu 😂
Une bombe qui a été transformée en pirogue 😟
Les caisses jaunes sont des caisses de Beerlao, la bière loatienne, elle peut aussi servir de jouets 😇
Réserve de riz
Réserve de viande 😉
Les femmes se retrouvent souvent comme ça sous les arbres, les hommes, eux, se retrouvent plutôt sous les maisons
Les jouets sont toujours très inventifs ici 😃
Maison aux murs en bambou
Les enfants aident aux différentes tâches, ici, ils coupent des tronçons de bambou
L’association Sourires d’Enfants a rénové cette école et a construit deux locaux,
un de tissage pour les filles, un d’élevage de criquets pour les garçons.
Des cahiers laissés à la traîne, il n’y a pas école aujourd’hui
L’école primaire, deux classes. A droite de l’image, c’est un lavabo tout en longueur
où les enfants peuvent se laver les mains et se brosser les dents.
Il y a souvent plusieurs associations qui interviennent dans la réfection des écoles des petits villages
Il était fier de nous montrer son école !
Le toboggan de l’école

Tranches de vie à la Guesthouse :

On n’a pas perdu le rythme des soirées animées cette deuxième semaine. La sono nous a suivie, alors Karaoké 🎤😅, dégustation de divers insectes et même une soirée crêpes, on avait quelques bretons dans la bande 😜.

Le dernier jour de travail, on finit un peu plus tôt, le temps de ranger tout le matériel de tout le monde, certaines choses repartent (en fait, surtout celles des dentistes), d’autres vont être stockés pour la prochaine mission (les médicaments, les lunettes). Je laisse les matelas dont je me suis servie au dispensaire, la plupart de leurs lits n’en ont pas ou sont en très mauvais état.

La dernière soirée qu’on passe tous ensemble, on va au seul restaurant-karaoké de la ville :

Et pour clôturer cette semaine de mission, nous avons un Baci au dispensaire :

Vous avez eu l’occasion de voir toute la team sur cette vidéo, je ne vous ai pas fait le CV de chaque participant mais sachez que j’ai eu la chance de partager ces moments avec des personnes qui ont fait beaucoup de missions humanitaires dans leur vie et qui n’ont pas l’intention de s’arrêter là (Christophe est déjà en train de préparer la prochaine mission des dentistes au Mexique). Pour citer quelques pays où ils sont intervenus : Népal, Madagascar, Haiti, Sri Lanka, Pérou et j’en oublie sûrement . C’était très enrichissant de les écouter, de réaliser le travail accompli avec souvent peu de moyen matériel et humain et je tiens à les remercier d’avoir partagé leurs expériences avec moi. Éléna et Justine, nos benjamines, pour qui c’était une grande première, je suis sûre qu’on les retrouvera volontaires pour de prochaines missions, elles ont été d’une redoutable efficacité et ont apporté beaucoup de bonne humeur à toute l’équipe tous les jours.

Puisque je suis dans les remerciements, je voudrais souligner le travail difficile que nos six traducteurs (Dolisan, Bounma, Lucien, Phonesay, Maninut et Ali) ont eu à faire, aucun d’eux ne venait du milieu médical, ils ont dû faire face à des situations inédites pour eux et à un jargon professionnel pas toujours compréhensible, un grand merci à eux pour leur ténacité et le boulot qu’ils ont pris à coeur, sans oublier la participation engagée de Bounma et Lucien au karaoké 😜.

Après ces danses laotiennes, le repas, concocté par le personnel du dispensaire aidé de personnes qu’on a soigné, nous attendait. Heureusement cette fois, on avait pris garde de ne pas trop manger au petit déjeuner 😅.

Pour finir en beauté et pour digérer le repas, l’équipe s’est chargée de l’animation. Danses avec karaoké, rien que des chansons françaises ! Les laotiens ont eu l’air d’apprécier, je pense que le Léo-Léo a bien aidé à faire fondre la glace 😇

Je remercie Sina, ainsi que Sylvie, de m’avoir fait de nouveau confiance et de m’avoir demandé de participer à cette mission. L’organisation d’une telle mission, avec une équipe de cette taille, sur deux sites différents est une véritable gageure. Sina a toujours fait en sorte que chacun se sente bien et que la cohésion d’équipe soit présente. Pendant la mission, nous avons pu soigner 1942 patients, toutes disciplines confondues, c’est un très beau résultat pour l’association Sourire d’Enfants dont c’était la première mission médicale 😃

Et pour finir sur cette belle et enrichissante mission, quelques portraits de patients (ils ne sont pas tous de moi, il y avait quelques bons photographes dans l’équipe 😉) :

16- Deuxième semaine de mission-2

Je voudrais partager avec vous le cas le plus extraordinaire qu’on ait eu prendre en charge. Je dis « on » parce qu’on a été plusieurs à intervenir.

Le premier jour, je reçois une jeune fille de 19 ans, Kamkheone, son père l’amène sur son dos, il m’explique qu’elle ne marche plus depuis 4 ans, depuis le vaccin contre le Covid. On ne comprend pas bien si elle se déplace un peu ou pas du tout. Je commence mon examen après qu’il l’ait déposée assise sur le lit. Déjà, elle tient assise seule et peut prendre appui sur ses bras pour se tenir. Ses réflexes sont difficiles à trouver parce qu’elle a peur et ne se détend pas, ce que je peux comprendre, je fais plusieurs tentatives avant d’obtenir un résultat positif, réflexes faibles mais présents des deux côtés. La sensibilité des membres inférieurs est normale (je m’y reprends aussi en plusieurs fois !). Je procède également à des testings musculaires, un peu compliqué à faire comprendre bien que j’aie Ali avec moi pour traduire, là encore je ne constate aucun déficit majeur, seulement une grosse fonte musculaire bilatérale mais elle est capable d’opposer une résistance, amoindrie certes mais présente et de mobiliser volontairement ses pieds, ses chevilles, ses genoux et ses hanches, c’est rassurant.

J’approfondis mon anamnèse en reposant la question sur l’arrivée de son handicap. A force d’insister, la jeune fille finit par raconter qu’elle est tombée alors qu’elle revenait de la rivière en portant des seaux d’eau très lourds et qu’elle s’est fait très mal (vue leur résistance à la douleur ici, j’évalue ça comme un évènement majeur). Les deux choses (vaccination et chute) sont arrivés dans le même temps, là encore impossible d’obtenir une chronologie, c’était il y a quatre ans…

Elle est capable de passer seule de la position assise à allongée, une bonne indication pour moi, elle n’est pas vraiment handicapée 😅.

A l’examen chiropratique, je trouve pas mal de blocages au niveau des pieds, des chevilles et des orteils (puisque qu’elle ne les sollicite plus) et je constate une rétraction du tendon d’Achille bilatérale. Ses genoux, n’étant plus soutenus par les muscles des cuisses, partent en valgum. J’ai également beaucoup de restriction de mouvement au niveau de la jonction lombo-sacrée et dans les lombaires en général. Ses cervicales ont besoin de récupérer de la mobilité, je travaille dessus également.

Quand je lui demande ce qu’elle fait dans sa journée, elle répond qu’elle reste assise au sol à regarder la télé, elle me dit qu’elle ne sort que rarement de sa maison.

Je réfléchis au meilleur moyen de l’aider mais j’ai besoin de plus d’éléments. Je lui demande donc de se lever et je constate qu’elle peut faire quelques pas si je la soutiens mais qu’elle n’est pas très stable (musculaire ou cérébelleux ??). On serait en France, je l’enverrais passer des radios et faire une IRM cérébrale mais ici, ce n’est pas possible ou en tous cas, c’est plutôt compliqué à organiser.

Je demande à Didier de venir la voir, il évoque tous les diagnostiques différentiels que j’ai pu faire et confirme que sans examen complémentaire, c’est difficile de dire exactement ce qu’il en est.

Je propose de la revoir dans trois jours pour refaire un bilan neuro et chiro et pour voir si mes soins ont changé quelque chose. J’ai pris le temps de lui montrer, à elle et sa famille, des exercices simples mais indispensables à faire plusieurs fois par jour pour voir si elle progresse et si elle est motivée. Je voudrais aussi discuter avec Sina, Didier et Bérengère de son cas.

Pendant que je reprends mes consultations, Benjamin, un des dentistes a voulu trouver une solution immédiate et a testé avec elle le fauteuil roulant de l’hôpital, option peu réaliste étant donné l’état des chemins ici 😅. 

Il revient dans ma salle pour chercher une des paires de béquilles que m’avaient données une patiente. Je n’ai pas eu le temps de lui expliquer que cela ne servirait pas à grand-chose sans un minimum de renforcement musculaire, il s’en est vite rendu-compte par lui-même 😅.

Le soir, il y a une discussion à propos de cette jeune fille, différentes idées fusent (lui acheter un fauteuil, l’emmener faire des examens à Vientiane ou au Vietnam…). Pour finir, avant de se lancer dans des choses coûteuses, je demande à voir où elle habite, et dans quelles conditions, pour pouvoir me faire une idée de ce qu’il est possible d’envisager en matière de rééducation à domicile (qu’elle ferait seule ou avec ses parents, il n’y a pas de kiné par ici). 

Une équipe est composée pour aller dans le village de la famille le lendemain, Sina et Bounma pour la traduction ; Sylvie pour la vidéo et les photos ; Léo pour ses expériences de missions à Madagascar ou au Népal ; Bérengère, non pour ses compétences d’opticienne mais surtout parce qu’elle a un diplôme d’ortho prothésiste et qu’elle a travaillé au centre de rééducation à Garches, elle connaît donc bien le handicap et tout ce qu’il est possible de faire pour aider ; et moi pour le côté organisation du quotidien et exercices. Déjà quand nous arrivons dans le village, j’ai la confirmation que le fauteuil roulant est vraiment inenvisageable, le terrain est trop irrégulier (des trous, des bosses) et je n’imagine même pas à la saison des pluies ! Arrivé à sa maison, on constate un autre problème de taille, la maison est sur pilotis, comme la plupart du temps ici, et l’escalier qui y mène est plutôt une échelle 😬. Le père explique qu’il la descend et qu’il la remonte sur son dos quand elle a besoin d’aller aux toilettes (celles-ci sont situées un peu à l’écart de la maison) ou d’aller quelque part. Elle ne sort que rarement.

La famille nous attend, la maison est très sobre, une pièce sert de salon/chambre et une autre de cuisine. Peu de meubles, pas de chaises mais il y a une télé 😉. Kamkheone paraît contente de nous revoir. Le père explique d’entrée de jeu qu’elle va déjà beaucoup mieux, ça fait plaisir.

Pendant que Sina et Léo discutent avec le père de son quotidien et de l’accessibilité de la maison, Bérengère et moi prenons du temps avec Kamkheone pour refaire des tests plus approfondis. On avait dans un premier temps projeté de lui faire fabriquer des orthèses mais après l’avoir faite marcher, on a constaté que ce serait compliqué parce qu’il faudrait les ajuster tous les trois mois en fonction de ses progrès et que finalement de la rééducation serait suffisante dans un premier temps.

Premier examen de sa marche

Marche avec un peu d’aide, on corse les difficultés en lui faisant franchir la marche de la cuisine
Exercices simples à mettre en place et ronde qui nous permet d’éliminer un problème cérébelleux
(même si on en doutait au vu de ce qu’elle était capable de faire)
Premiers pas sans aide mais on reste en soutien pour la rassurer
Et voilà, c’est parti 🥳

Au final, les choses à mettre en place sont relativement simples. Elle doit surtout s’entraîner tous les jours et reprendre confiance en elle. Je pense qu’elle a dû tomber plusieurs fois depuis sa première chute et qu’elle a très peur de tomber à nouveau 😬. On espère surtout que la famille va poursuivre la stimulation, elle gardera probablement une fatigabilité mais devrait pouvoir reprendre une vie presque normale. Et on va lui acheter une chaise qu’elle puisse regarder la télé en position droite avec les pieds au sol.

On a discuté avec Sina du futur, elle sera incapable de travailler dans les rizières et elle a arrêté l’école depuis quatre ans, il faut trouver ce qui serait le mieux pour son avenir. Après quelques coups de fils, Sina évoque l’idée de l’envoyer chez les Soeurs à Thakkek, là elle serait stimulée (et moins surprotégée), elle pourrait apprendre un métier peu physique, comme tisseuse par exemple. Il en discute avec les parents qui ne sont pas complètement opposés, je pense qu’il faut d’abord leur laisser du temps pour profiter de leur fille qui remarche ! Je l’ai revue deux jours plus tard, j’avais encore des choses à améliorer au niveau articulaire. Elle va mieux même, marche plus facilement même si elle manque encore de confiance en elle mais j’ai bon espoir et Bounma a dit qu’il passerait tous les mois pour prendre des nouvelles.

On a appris par Bounma qu’elle avait été débaptisée quand elle a arrêté de marcher, comme si elle était devenue une autre personne 😅. Maintenant, ils vont faire une cérémonie pour lui rendre son premier prénom, je trouve que c’est une bonne conclusion 😃.

15- Deuxième semaine de mission-1

Le dispensaire où nous intervenons est situé à quinze minutes de la guesthouse à pied mais la route est très dangereuse, surtout pour un grand groupe comme le nôtre, il n’y a pas de trottoir, les camions roulent très vite malgré les gros trous dans la route, ils font des écarts pour les éviter et ne se préoccupent pas de savoir s’il y a une moto ou un piéton sur le côté, alors, nous y allons en « bétaillère » tous les jours 😉.

Les journées seront bien remplies les quatre jours de cette semaine, on a tellement de monde les deux premiers jours qu’on a dû renvoyer des gens chez eux, ça fait mal au coeur parce qu’ils ont fait beaucoup de route pour venir, quelques uns reviendront mais pas tous. Certains chefs de village proposent un transport collectif moyennant une participation pour les frais d’essence, d’autres s’arrangent en famille ou avec des voisins, c’est une dépense nécessaire pour avoir accès aux soins gratuits, malheureusement, tous ne peuvent pas se le permettre 😢.

Le travail s’organise comme à Boualapha, les infirmières répartissent les patients dans les différentes zones d’attente.

Les gynécologues n’ont pas énormément de patientes cette fois-ci. Ali et Maninout sont leurs fidèles traductrices. Ici, les femmes enceintes ne viennent pas consulter et il n’y a pas d’accouchement dans ce dispensaire et heureusement parce qu’il n’y a qu’un étrier sur la table d’accouchement 🥹. Elles sont un peu déçues parce qu’elles n’ont que quelques cas intéressants alors, pour compenser, elles en profitent pour faire de la formation auprès des jeunes filles qui viennent consulter (protections contre les maladies, contraception, hygiène intime…) et surtout auprès des infirmières qui sont très intéressées par leurs connaissances. Elles ont amené des documents (qui ont été traduits en lao) sur les différentes pathologies qu’elles peuvent être amenées à rencontrer, sur les moyens contraceptifs et sur ce qu’elles peuvent mettre en place pour aider aux mieux ces patientes 😃.

Didier a toujours autant de monde, il est aidé par Dolisan (surnommée Doliprane par Christophe 😇) pour la traduction, chaque patient veut rentrer chez lui avec des médicaments, quel que soit le problème. Malheureusement, la plupart des pathologies nécessitent un traitement au long court et ce qu’il leur donne n’est que pour une ou deux semaines, parfois un peu plus, il espère qu’ils iront consulter un médecin après pour poursuivre le traitement maintenant que le diagnostique est posé (tuberculose, diabète, hypertension, hypothyroïdie, parasitoses, manque de vitamines…). Il a aussi beaucoup de gens qui ont mal au dos, au cou, aux genoux à cause de leur travail, comme mes patients. Il a eu l’occasion de soigner aussi quelques cas assez graves, notamment une patiente avec un début de gangrène sur l’avant-bras entre autres, je vous épargne la photo 😬 et ça lui a fait plaisir, non pas qu’elle ait une gangrène mais d’avoir pu l’aider 😉 et aussi il a du examiner deux personnes avec des traumas crâniens, suite à une chute de moto le jour même, heureusement sans gravité.

Bérengère, toujours aidée de Sylvie qui s’occupe de répertorier les lunettes en fonction de leur puissance et de Sina ou Bounma comme traducteurs, fait aussi carton plein, tout le monde veut des lunettes. Elle tente de privilégier les enfants et les jeunes parce que c’est important pour leur avenir même si les anciens sont aussi très demandeurs. Elle est consciente que pour certaines personnes âgées avec une cataracte, pouvoir de nouveau voir au moins de près leur permet d’être utile à la famille en retrouvant des facilités à éplucher des légumes, à coudre, à bricoler. Son cas le plus triste a été un petit garçon de 8 ans qui avait une cataracte congénitale et qui était presque aveugle. Des lunettes ne pouvant pas l’aider, il faudrait qu’il se fasse opérer mais cela coûterait cher à la famille et il faudrait aller à Ventiane, la capitale ou en Thaïlande, pour trouver un hôpital et un praticien qui pratique ce genre d’intervention, surtout sur un enfant 😩.

Les dentistes sont déçus de ne pas voir beaucoup d’enfants, les parents ne les amènent pas. Alors pour remédier à ça, un groupe de dentistes, aidés de Lucien comme traducteur, va tous les matins faire du dépistage dans les écoles, comme ça, ils peuvent dire aux enfants qui en ont besoin de venir se faire soigner l’après-midi. Ils en profitent pour faire aussi de la prévention auprès des enfants. Ils sont allés dans les écoles primaires et secondaires des environs. Il y a beaucoup moins d’enfants qui ont besoin de soins qu’à Boualapha, les villages sont plus reculés, il y a moins de vendeuses de bonbons à la sortie des écoles et moins d’argent dans les familles pour acheter des sucreries ou des produits transformés 😉. Phonesay fait la traduction à l’hôpital avec les dentistes qui travaillent sur place, il trouve ça dur de tenter de convaincre les enfants de se faire soigner et il n’aime pas les voir pleurer.

Pour ma part, ma « salle d’attente » est essentiellement composée de femmes de quarante-cinq ans et plus (surtout plus !) qui ont mal partout.

Je commence sans traducteur mais c’est plus facile la deuxième semaine, j’ai retrouvé mon peu de lao, ça veut dire que je suis capable de poser mes questions seule, même si je ne comprends toujours pas leurs réponses, à part leur nom (et encore !), leur âge et où ils ont mal. L’infirmière qui est avec moi ne parle absolument pas anglais mais elle se rend vite compte que je pose toujours les mêmes questions et que je leur fais faire toujours les mêmes mouvements pour évaluer leur amplitude alors elle est rapidement capable de m’aider pour le début de la séance. De temps en temps, j’ai Ali qui vient en renfort pour traduire quand les gynécologues ne sont pas trop occupées et c’est très agréable de pouvoir mener une anamnèse plus précise, surtout quand j’ai quelques cas intéressants 😮‍💨. J’ai eu notamment deux belles sciatiques (j’ai donné une ceinture lombaire aux deux), deux névralgies cervico-brachiales (je leur ai expliqué comment mettre le bras en écharpe dans les moments de repos pour faciliter la récupération, même si je sais qu’elles ne s’arrêtent que rarement 😬), deux AVC dont une dame de trente-sept ans à qui c’était arrivé il y a 3 mois. J’ai pu lui donner des conseils de posture, des exercices de rééducation et lui fabriquer des sortes d’orthèses à mettre la nuit pour empêcher ses tendons d’Achille de se rétracter, j’espère que quelqu’un de sa famille arrivera à lui remettre. Je lui ai conseillé de marcher avec des bâtons, même si c’est dur, elle doit y aller graduellement ! Elle doit poser ses pieds bien à plat au sol quand elle est assise mais comme elle n’a pas de chaise, je suis sûre qu’elle s’assoie toujours avec les jambes reliées sous elle, ce n’est pas gagné 😅. Je l’ai envoyée voir Didier pour vérifier sa tension et mettre en place un traitement contre l’hypertension, même s’il faudrait la mettre sous anti-coagulants plutôt. J’espère que ça ira mieux pour elle, c’est frustrant de savoir qu’il n’y aura pas de suivi et que si elle ne se soigne pas, ne bouge pas tous les jours, elle va régresser et rester handicapée 😥.

Petit medley de patients :

Et pendant ce temps, voici un aperçu de ce qui se passe vu de la fenêtre opposée dans ma salle…retour à la maison après consultation chez les dentistes pour les enfants 😃

14- C’est le WE 😃

Chaque mission se conclut par un Baci, il s’agit d’une cérémonie où les personnes importantes du district viennent nous remercier. Il y a en général le gouverneur ou son représentant, le directeur de l’hôpital et les maires des villages qu’on a soignés ainsi que le personnel de l’hôpital et leur famille. C’est une belle fête, il y a un temps de discours puis une bénédiction pour la suite de notre mission. Nous nous tenons tous autour d’une sorte de petit autel avec des plantes, des fils de couleurs, de la nourriture et des boissons, tout est béni. On doit tenir le récipient tous ensemble et le lever en chœur en disant quelque chose qui ressemble à « Tchaa ». Après cela, il y a une remise de « diplôme », certificat de remerciements pour la mission.

Ensuite vient la distribution des petits bracelets de couleur, c’est toujours un moment émouvant, toutes ces personnes qui vous remercient pour vos soins et qui vous souhaitent plein de bonnes choses, même si on ne comprend pas, c’est l’intention qui compte 😃.

Et pour clôturer la cérémonie, un repas préparé par le personnel de l’hôpital qu’on va partager tous ensemble. Le seul souci est qu’il est 10 heures et qu’on n’a pas faim du tout, le petit déjeuner n’est pas si loin ! Mais il faut faire honneur alors j’accepte avec plaisir un pilon de poulet béni offert par le directeur de l’hôpital 😋. Je prends un peu de soupe pour faire bonne mesure, je n’ai vraiment pas faim pour du riz ni pour de l’omelette !

Poulet, omelette et sorte d’épinards aux herbes (c’est très bon)

On sent que c’est jour de fête, quelqu’un est venu avec son tracteur flambant neuf (il y a encore le plastique sur le siège 😇), un autre avec sa nouvelle voiture électrique et d’autres de façons plus classique, avec leurs pick-up ou leurs scooters.

Pour nous remercier, le gouverneur du district nous a permis d’aller visiter une cascade qui n’est pas encore ouverte au public. C’est un très beau cadeau, l’endroit est magnifique. Une belle balade d’une heure aller-retour au milieu d’une jungle luxuriante. Tout le monde se baigne au pied de la cascade sauf les trois traducteurs laotiens qui ne sont pas du tout à l’aise avec l’eau 😉.

Nous allons ensuite faire du camping dans un autre lieu incroyable, à côté d’une grotte perdue dans la jungle où coule une rivière peu profonde mais avec assez de courant pour s’y laisser porter sur plusieurs mètres. La grotte est énorme, la rivière s’y enfonce sur dix kilomètres. En saison sèche, on peut la remonter en kayak mais là, il y a trop d’eau alors on se contente de s’y baigner en prenant garde de ne pas se faire emporter par les rapides (pas moi, j’ai préféré me baigner après les rapides, ça allait suffisamment vite comme ça !). Nous allons dormir dans des tentes posées sur des structures en bambou, ça évite les petites bêtes sympathiques qui vivent au sol 😇. Seul Didier, le médecin (qui avait envie de calme) et les trois traducteurs laotiens (qui n’avaient jamais fait de camping de leur vie et qui ont soudain eu peur de dormir dans une tente 😱) sont rentrés à Boualapha.

La soirée est animée, on fait un Time’s up, sans le jeu. Chacun a écrit trois mots sur un morceau de papier qu’on a mis en commun dans un sac plastique, on fait deux équipes et chaque personne doit faire deviner à son équipe le mot qu’elle a pioché. Un premier tour en une phrase, le deuxième en un mot et le troisième en un mime. Bonne rigolade assurée. L’idée étant de faire deviner le plus de mots possible à son équipe et de retenir tous les mots qui sont déjà sortis pour pouvoir imaginer ce que notre partenaire essaye de nous faire découvrir et qui n’a pas encore été trouvé. Un bon moment de rigolade 😂.


Le lendemain, nous reprenons la route pour rentrer à la guesthouse de Boualapha, charger les vans et aller vers notre prochaine destination, Langkang. Sauf que la route directe que nous aurions dû emprunter est inaccessible aux vans chargés à bloc, nous devons donc faire un léger détour…de deux et demi de route en plus 😩. Heureusement, l’ambiance est bonne dans les vans, je n’y suis pas mais on me l’a raconté 😜, je voyage dans la voiture de Sylvie et Sina avec Didier, ça s’est fait comme ça, je ne l’ai pas payé 😇.

Le dispensaire où on s’installe est beaucoup plus petit que le précédent mais chacun trouve ça place. Le déchargement et l’installation se fait rapidement.

Nous sommes, cette fois, logés dans un « Resort », étonnant qu’il existe pour une si petite ville mais finalement pas tant que ça, nous sommes à moins de vingt kilomètres de la frontière vietnamienne et il y a beaucoup de trafic, poids-lourds et touristes (surtout des vietnamiens qui viennent voir leur famille au Laos).

Il y a des trucs très étranges à boire ici, ça promet 😜

13- Retour sur la première semaine de mission

Quelle semaine intensive, 105 patients en 5 jours pour ma part, sans compter quelques infirmières, médecins, personnel administratif et membres de l’équipe 😃. Les journées sont bien actives et les soirées très festives grâce à un groupe de dentistes dynamiques, à leur chef bienveillant, plein d’humour et qui sait mettre l’ambiance (de jour comme de nuit 😉). La tenue du blog s’en ressent ! Il y a tellement de photos des uns, des autres que c’est très long de faire un choix parce que j’ai envie de les poster toutes. On a vu tellement de choses extraordinaires, des patients tellement sympathiques qu’il faudrait un livre pour tout détailler. Retenez juste que les patients était ravis de nos soins, qu’on a vu 1234 patients à nous tous sur 5 jours, pour un petit hôpital qui a en moyenne 2000 consultations par an, autant vous dire que le personnel a été mis à rude épreuve mais ils ont su gérer cette affluence avec beaucoup de professionnalisme et d’efficacité.

On a aussi fait de belles soirées, la plupart avec des laotiens, une fois à la maison du personnel de l’hôpital, plusieurs fois à la guesthouse (karaoké et jeux), parfois au resto, on a même eu un festival de musique techno dans le village 😉. Ici, les soirées commencent vers 18H30 et se finissent au plus tard à 22h30 (sauf le festival de techno mais on n’est pas resté longtemps !), on était donc toujours en forme le lendemain 😇.

Et pour finir, un petit florilège de nos patients (certaines photos sont celles des autres bénévoles 😃) :

Pique-nique devant l’hôpital en attendant la reprise des consultations, certains venaient de très loin !

12- Mission 5 jours à Boualapha

La mission a débuté, comme toujours, avec la cérémonie officielle d’ouverture, le chef du district nous a remercié de venir soigner la population et a parlé du partage de connaissances entre les équipes médicales laos et françaises, il a également remercié le gouvernement (à travers le ministère de la Santé) d’avoir donné les autorisations pour cette mission. Heureusement Boumpa traduisait en anglais à Lucien qui traduisait pour nous en français. Tout le personnel de l’hôpital était là (c’est un tout petit hôpital, ils avaient prévu vraiment beaucoup trop de chaises !) pendant que les patients attendaient patiemment que nous soyons prêts à commencer.

Nous sommes opérationnels rapidement, les patients sont dispatchés par des infirmières, dès l’entrée de l’hôpital, en fonction de leurs besoins. Certains vont faire tous les postes, médecin, dentistes, opticienne et chiro. Les gynécologues ne voient que les femmes bien évidemment 😉.

Chez les dentistes, ça a un peu de mal à démarrer, il faut trier les patients selon s’ils ont besoin de soins ou de chirurgie (entendez extraction dentaire !) mais au fur et à mesure de la matinée, le rythme s’accélère.

Chez Didier, le médecin, c’est la queue en permanence. Son traducteur, Phonexay (qu’on a surnommé Saï), apprend très vite les termes médicaux dont il a besoin et quand il ne sait pas, il se sert de Google traduction et mémorise rapidement les mots. Les questions pour l’anamnèse sont souvent les mêmes ce qui lui facilite la tâche. Une grande majorité des patients fait de l’hypertension et/ou du diabète, ils manquent de vitamines et d’iode aussi.

Chez les gynécologues, la mise en place est un peu laborieuse parce que les deux jeunes filles qui traduisent ne maitrisent pas du tout le vocabulaire (mais là encore, grâce à leur téléphone, elles apprennent vite) et surtout, elles n’ont aucune connaissance de l’anatomie, n’ont jamais entendu parler d’ovule, ovaire, trompes utérus et spermatoizoïdes, n’ont aucune idée du mécanisme de la fécondation. Les gynécologues ont accès à un appareil d’échographie mais il met un temps fou à démarrer et s’arrête parfois sans raison, mais il a le mérite d’exister. Elles en profitent pour former les infirmières en obstétrique sur la prise en charge des femmes enceinte grâce à l’écho, elles qui, d’habitude, se contentent de mesurer la hauteur du ventre, de les peser et de prendre leur tension.

Bérengère, l’opticienne, a un succès fou, il y a beaucoup de patients qui ont besoin de lunettes, de tout types. Sylvie est là pour l’aider à déterminer la correction de lunettes qui nous ont été données. Elle a aussi l’aide d’une infirmière de l’hôpital qui est très compétente et permet que les consultations se déroulent assez rapidement. Lucien est là pour la traduction. Il y a aussi beaucoup de patients avec des cataractes et ça, elle ne peut rien y faire.

Pour ma part, je commence sans traducteur au départ, pas facile de se rappeler des phrases, je n’ai pas révisé 😳. Heureusement, je comprends très bien le langage des mains et les patients montrent toujours où ils ont mal, même s’ils ont tendance à montrer tout le corps 😂. La plupart des patients sont des agriculteurs, ils travaillent dans les rizières et en novembre c’est la fin de la moisson, certains ont déjà fini, d’autres sont encore en cours, donc ils ont mal partout et sont fatigués. Les patients sont heureux qu’on s’occupe d’eux, même s’ils n’ont aucune idée de ce que je vais leur faire. Ils ne sont pas du tout stressés que je ne parle pas leur langue, ils ont beaucoup de mal à comprendre les trois phrases que je leur dis : comment vous appelez-vous, quel âge avez-vous et où avez vous mal. Mes intonations ne sont pas bonnes et surtout ils ne s’attendent pas à ce que je leur parle en lao, sans compter que ceux qu’on voit ici ont leur propre dialecte et souvent ne comprennent pas non plus mon traducteur quand j’en ai un 😭. Mais le contact est malgré tout facile et je bosse dans une bonne ambiance, sereine. La majorité de mes patients sont des ouvriers et ouvrières agricoles, quelques vendeuses du marchés et quelques fonctionnaires. J’ai vu aussi trois enfants atteints d’IMC (infirmité motrice cérébrale), deux à cause d’un manque d’oxygénation du cerveau au moment de l’accouchement et le troisième survenu un peu plus tard mais je n’ai pas bien compris pourquoi. Je ne peux pas changer la vie de ses enfants mais j’ai pu soulager des tensions et les mamans ont été surprise de la détente que cela leur procurait. Je sui consciente que ça ne durera pas mais je me dis que je leur ai fait du bien même pour un moment. J’ai montré aux mamans quelques petits gestes qu’elles pouvaient faire pour les apaiser, je suis sûre qu’elles sauront les mettre en application pour le bien-être de leur enfant. J’ai eu quelques cas un peu compliqués parce que c’étaient des douleurs anciennes qui auraient mérité un suivi sur quelques mois pour être vraiment satisfaisant et quelques cas de situation familiale très difficile, entre autres, un vieux monsieur qui ne pouvait plus travailler donc qui n’avait pas d’argent pour manger tous les jours, un frère et une cousine lui amenait parfois à manger ; et une jeune maman, 37 ans, neufs enfants, dont deux morts, qui a perdu son mari d’un infarctus à la naissance de sa dernière il y a 18 mois et qui doit travailler et élever ses enfants seule parce qu’elle n’a pas de famille. Pour le monsieur, qui avait besoin de vitamines, Bounma est allé lui acheter ce qu’il fallait pour trois mois et j’ai donné à la maman les vêtements d’enfants qu’une patiente m’avait donnés, elle m’a remerciée des soins et du cadeau en pleurant, c’était terriblement émouvant.

11- Installation de la mission au dispensaire de Boualapha

La mission a lieu dans le district de Boualapha qui est quasiment au centre du Laos, très proche de la frontière vietnamienne. Nous intervenons dans un dispensaire qui draine beaucoup de tous petits villages dans un rayon de 80 kilomètres. Ici on ne compte pas en distance mais en temps, on a mis plus de trois heures pour faire 129 kilomètres, sans compter la pause repas 😅. Mais avant cela, il a fallu charger tous les bagages et rentrer tout le monde dans les véhicules…nous sommes 13 praticiens, 6 traducteurs, 3 chauffeurs et Sina et sa femme, répartis dans 2 vans, un pick-up et une voiture !

Après un tour des locaux, chacun trouve la salle qui lui conviendra le mieux, on est très bien accueillis et le personnel se met en quatre pour nous aider au mieux.

Je n’avais pas fini de m’installer qu’on m’a demandé de venir en salle des urgences, un jeune homme venait de se faire une entorse en jouant au football. J’ai donc vu mon premier patient, ça présage bien pour la mission 🥳.

10- Nakhon dernier jour et découverte de l’équipe médicale de la mission

Aujourd’hui, journée light avant de retrouver le reste de l’équipe de la mission qui atterrit en fin de journée. Je loue un scooter électrique à l’hôtel pour aller jusqu’au marché acheter le matériel dont je vais avoir besoin dans les dispensaires. J’en profite pour faire un peu de tourisme dans la ville, je me balade au hasard dans les rues. Je me rends compte que, sur la grande avenue le long du Mékong, il n’y a pas moins de six temples ! Voici un petit aperçu, je vous épargne les noms 😉.

Sur les bords du Mékong, le Naja n’a pas fini sa mise en beauté, tant pis, on ne le verra pas dans sa totalité 😔

A côté, il y a de l’animation, toujours en rapport avec les dons annuels aux moines. Au programme, des offrandes et un spectacle de danse :

Je me balade dans le quartier vietnamien, c’est plutôt animé et sympathique, il y a plein de choses à voir :

Pour la mission, il me fallait un matelas, des serviettes de toilette, des coussins, j’ai dû aller sur deux marchés avant de trouver ce que je voulais, le plus rigolo a été de ramener tout ça à l’hôtel sur mon mini scooter 😂.

Après un dernier déjeuner thaïlandais, je me rends au salon de massage où j’ai réservé un soin et un massage pour deux heures. J’ai testé une sorte de hammam individuel pour commencer.

J’ai enchaîné avec un gommage de tout le corps suivi d’un massage. La masseuse était très compétente et attentionnée. C’était un bon moment de détente, indispensable en prévision de la mission à venir 😜.

En fin d’après-midi, un des vans mis à notre disposition par l’association « Sourires d’Enfants » vient me chercher à l’hôtel, c’est un dix places et heureusement, parce que je remplis déjà le coffre à moi toute seule 😭. On roule jusqu’au l’aéroport pour retrouver la première partie de l’équipe qui vient d’atterrir. Il y a Didier, le médecin généraliste avec qui j’avais fait la mission l’année dernière, Marie-Annick et Christine, les deux gynécologues et Bérangère, l’opticienne. Les huit dentistes et assistantes dentaires arriveront sur un autre vol un peu plus tard, un autre van les prendra en charge. Dès les bagages entassés, on va jusqu’à la frontière, à une demi-heure de route de là. On retrouve Lucien, un suisse, qui sera un des traducteurs franco-lao et qui travaille pour l’association au Laos (déposé à l’aller par un des chauffeur de mini-van). Il devait repasser la frontière pour prolonger son visa (un visa de touriste est valable deux mois). Derrière Didier, on ne le voit pas mais il y a un panneau qui dit « interdit de prendre des photos », bien évidemment je me fais enguirlander par un agent de la sécurité mais il ne me confisque pas mon téléphone 😅. La sortie de la Thaïlande se passe rapidement.

L’entré au Laos est un peu plus compliquée, il a déjà fallu trouver le douanier (c’était l’heure du repas) et surtout il a fallu batailler pour les visas de deux personnes parce que les dollars qu’ils avaient amenés étaient soit trop vieux pour deux billets et soit crayonné pour l’autre. Il faut que les billets soient parfaits (limite repassés 😂) pour qu’ils soient acceptés mais je ne savais pas pour la « date de péremption », heureusement les miens n’étaient pas trop vieux et que j’avais pris cinquante dollars en plus au cas où. Ils ont pu servir à Bérangère tandis que Lucien a réussi à payer en Baths mais à un taux de change un peu exagéré 😅. Les laotiens n’acceptent pas leur propre monnaie pour payer le visa 😳. Au final, on a tous pu avoir notre coup de tampon et on a traversé le Mékong sur le pont de l’amitié Lao-Thaïlandaise (le 3ème du pays, il date de 2011). Je n’ai pas pu le prendre en photo puis qu’il faisait nuit. Le point de rendez-vous avec Sina, le chef de la mission, Sylvie, sa femme et les trois autres traducteurs lao-français (Saï, un jeune homme de Paksé et Mani et Ali, deux jeunes filles de Savannaket) est dans un hôtel de Thakkek. Comme dans toutes les missions, ça commence par un bon restaurant.

On sera rejoint deux heures plus tard par les dentistes, on fait tous connaissance rapidement, on aura le temps, au cours de ces quinze jours, pour en apprendre plus les uns sur les autres. Pour l’instant, tous les nouveaux arrivants sont pressés d’aller dormir après toutes ces heures de voyage.

9- Sakon-Nakhon

Et voilà, fin de ces quelques jours à Sakon, je dois aller rendre le scooter à la gare routière avant de prendre le bus pour Nakhon. Mon bus étant à 11h20 (j’avais demandé l’horaire à l’information voyageurs dès mon arrivée dimanche), j’avais donné rdv à la loueuse à 11h pour être large et avoir le temps d’acheter mon billet avant de monter dans le bus. Comme j’étais prête à quitter la guesthouse assez tôt, je décide d’aller me faire masser les pieds une petite demi-heure. J’ai trouvé un salon juste à côté de la gare routière (à 3 minutes) et j’ai bien expliqué à la masseuse qu’il fallait absolument que je sois partie à 11h, ce qu’elle a respecté même si j’y serais bien restée plus longtemps parce que c’était très agréable 😃. Une fois arrivée à la gare routière, il n’y a personne là où on avait convenu que je rende le scooter, j’attends deux minutes mais aucun signe de la loueuse. Comme ici, on achète les tickets au pied du bus qu’on va prendre, j’emmène toutes mes affaires au quai de départ du bus et j’explique au vendeur de tickets que je prends le bus mais que je dois attendre la personne qui récupère mon scooter, mais il ne comprend pas ce que je lui explique et il me fait signe que le bus part maintenant. Je commence à baliser parce qu’il n’est pas encore 11h20 donc j’ai encore quelques minutes mais je vois bien que le chauffeur est remonté dans son bus et qu’il fait signe qu’il part. Devant mon air dépité, catastrophé (?), le monsieur appelle une personne chargée de la régulation des voyageurs et des bus et là coup de chance, il parle bien anglais. Je lui explique la situation tout en guettant du coin de l’oeil le bus qui a commencé à reculer du quai pour partir. Il me dit que le bus devait partir à 10h50, qu’il avait un peu de retard, que c’est pour ça qu’il était encore à quai (ce qui veut dire que la personne, à qui j’avais demandé l’horaire de départ du bus aujourd’hui m’avait dit n’importe quoi) et que le prochain est à 13h50…

Je lui raconte que je ne peux pas attendre, ce qui est complètement faux puisque je suis en vacances mais je n’ai pas envie d’attendre 3 heures dans une gare routière assez loin du centre-ville !). On tente encore d’appeler la loueuse avant de finalement l’avoir et le régulateur m’assure que c’est ok, je peux lui donner les clés du scooter, il fera la restitution, il connait la personne, sauf que j’ai laissé 1000 THB en caution (30 euros environ) et que j’aimerais bien les récupérer. Re-coup de téléphone à la loueuse qui lui confirme qu’il peut me rendre l’argent, qu’ils s’arrangeront tous les deux après, pendant ce temps le bus est parti…

Il me dit que ce n’est pas grave et qu’il va m’emmener rattraper le bus, il part et revient avec sa moto et là, je ne vois pas trop comment on va pouvoir tenir à deux sur une moto avec toutes mes affaires, et il réalise aussi que ça ne va pas être possible, j’ai trop de bagages 😱. Il réfléchit, passe un coup de fil et me dit : attendez le bus arrive… je ne comprends plus rien, je pense qu’il a dû faire faire demi-tour au bus pour venir me chercher, la fille qui croit au père Noël 😇. Pour finir, il m’invite à le suivre, m’amène à un guichet où je paye un ticket plus cher que ce que j’ai payé à l’aller mais bon je m’en fous, je suis pressée de partir puis franchement plus cher de 30 centimes, c’est vraiment chipoter ! Un bus arrive, ce n’est pas du tout le bus qui était parti mais un autre qui fait la liaison Chiang Maï-Nakhon Phanom et qui a un arrêt à Sakon 😂. Je me retrouve dans un bus bien plus classe que celui que j’aurais dû prendre, non sans avoir remercié le régulateur de m’avoir aidé. Cette fois je n’ai pas de barre qui me ruine les fesses et je peux même incliner le siège pour dormir, trop cool. La bouche d’air climatisée au-dessus de ma tête est bloquée en position ouverte, un classique, c’est pourquoi j’ai toujours un bandana dans mon sac pour pouvoir la boucher au cas où 😉. Arrivée en 1h30, je n’ai pas vu le temps passer et pourtant je n’ai pas dormi.

Je déjeune tranquillement au bord du Mékong, je me balade un peu à vélo prêté, je profite de la piscine de l’hôtel, où une jeune femme passe bien vingt minutes à faire des photos avec des poses de mannequin, je bouquine, écris le blog et pars dîner d’un reps occidental, lasagnes et un verre de vin rouge 😉.

8- Sakon 5

Dernière journée dans cette région, je n’ai pas envie d’en faire trop, mes 150 kilomètres d’hier m’ont bien crevée 😅. Alors petit tour sur le marché de vêtements d’occasion (et oui encore !), je trouve pas mal de trucs sympa et surtout une belle parka jaune vif pour être bien vue la nuit en scooter et en plus elle est vraiment chaude et étanche, elle me servira chez moi (des fois que je croise un renard en allant coucher mes poules, au moins il me verra arriver 😂). J’ai enfin trouvé le coin de couturières, dommage, c’est trop tard pour leur faire faire des tuniques, elles étaient bien cachées…

Après ce moment shopping, moment détente, massage d’une heure, histoire de soulager mes épaules après toute cette route (mais non, je ne suis pas crispée sur le guidon…).

J’ai été obligée d’acheter un sac pour ranger toutes mes nouvelles affaires 😇

Je pars en milieu d’après midi pour le lac Nam Phung, j’ai déjà fait un bout de cette route le premier jour mais je n’étais pas allée jusqu’au lac. Je reprends la fameuse route avec tous ces virages sur quatre kilomètres. Sur Maps, c’est annoncé six minutes mais en scooter il faut plutôt compter dix minutes, je dois faire attention à ne pas déborder de ma voie pour ne pas me faire bouler par une voiture qui aurait des velléités de se croire sur un circuit de rallye. Je maîtrise un peu mieux les virages à gauche que la dernière fois même si ce n’est pas parfait.

Petit arrêt pour voir une petite cascade « Namtok Kham Hom » qui n’était pas à sec mais presque…

Puis je file vers mon objectif, qui n’est pas tant le lac mais un monastère, Wat Phra Phutthabat Namthip, situé non loin du lac. Il me reste plus de vingt minutes de route et ça ferme dans trente-cinq minutes, je ne dois pas trainer, alors je ne m’arrête pas prendre de photos. Quand j’arrive au temple, je m’aperçois que c’est la fin d’une grosse fête (peut-être la fameuse récolte annuelle de dons ?), je reste la seule visiteuse, les autres personnes présentes sont les gens qui démontent les tonnelles ou les tapis et quelques moines qui rangent les stands de souvenirs. L’avantage est que j’ai quasiment le site pour moi toute seule et donc personne sur les photos 😃.

Avant de repartir, je regarde sur Maps s’il y a autre chose à voir dans le coin pendant que je suis là, et juste de l’autre côté de la route, il y a « Footprint Namthip », je traverse et suis un petit chemin qui mène à un autre lieu de culte, une pagode en construction. Je me dis que je me suis plantée d’endroit mais il y a quelques belles statues et des moines qui font du camping 😉.

Je n’avais pas vu au départ que c’était un moine, la personne était tout en blanc, je pensais que c’était un ouvrier du chantier mais j’ai vu juste après un moine habillé en orange qui le rejoignait, et j’ai réalisé que ça devait être des moines venus pour la fête du temple en face et qu’ils faisaient du camping parce qu’ils venaient de loin. J’ai pris la poudre d’escampette pour ne pas les gêner et du coup je ne suis pas allée voir la fameuse empreinte (de je ne sais pas quoi) qui se trouvait sous le bâtiment en construction. Ça ressemblait à ça d’après les photos sur Google, un pied de Bouddha dans l’eau ??

Et comme tous les soirs, je vais rentrer après le coucher du soleil… Je profite des quelques minutes qu’il me reste pour essayer de m’approcher du lac, peine perdue, mais je l’aperçois de loin.

Dans cette partie du village, ils cultivent des papayes (qu’on voit dans les arbres sur la photo) et ils récoltent du caoutchouc des hévéas.

Pour rentrer, je mets ma super parka, je pense que je vais être bien visible et pour me protéger les jambes du froid (et des insectes qui se jettent sur moi dès que la nuit tombe) j’ai aussi une belle jupe longue, quelle allure 🤪.

7- Sakon 4, 2nde partie

J’ai vraiment très faim alors je cherche sur mon téléphone un restaurant autour de moi, il n’y en a qu’un assez proche, je m’y dirige par de petites routes en terre rouge comme j’aime bien, j’y roule doucement et j’ai plein de choses à observer. Le restaurant est au bord d’un lac, ça aurait pu être bien, sauf qu’il était fermé 😭.

Je finis par faire une petite halte dans un boui-boui pour acheter quelques gâteaux fourrés à quelque chose qui a l’air plus sucré que salé, un paquet de chips de bananes, de l’eau et je reprends mon trajet. L’étape N°5 est tout près.

Ouh là, j’ai l’impression qu’il n’y a pas eu de visiteurs depuis longtemps 😬, je m’engage quand même dans le sentier mais je dois passer mon temps courbée pour éviter les lianes. Ça indiquait 700 mètres, ce n’est pas si loin, même si ça peut paraître très long surtout si je dois grimper par-dessus des troncs, passer mon temps à regarder où je mets les pieds et surveiller que je ne mets pas la tête dans une toile d’araignée (j’ai la technique du bâton ramassé par terre, en ayant pris soin de vérifier qu’il n’est pas plein de fourmis, que j’agite devant moi 😜). Ça se corse assez rapidement, la végétation a tout envahi et je ne vois plus trop par où passer, je décide d’abandonner, je me dis que ce serait trop bête de me faire une entorse ou de me faire piquer par un sale truc et de ne pas pouvoir revenir au scooter, et de là à espérer que quelqu’un passe par-là…

Bon évidemment je n’étais pas équipée pour faire de la randonnée dans cette jungle, moralité, je me suis faite bouffer les jambes et le cou et j’ai oublié en France l’huile essentielle indispensable ici, à savoir la lavande aspic pour tout ce qui est piqûres 😩. Ça gratte tellement que je décide de passer à la première pharmacie que je trouverai…cette bonne blague 🙃. Je n’en repère aucune dans les villages que je traverse alors je m’arrête dans la première « grande » superette que je vois et demande à la vendeuse si elle a une pommade contre les piqûres, je lui montre mes énormes boutons et elle comprend, enfin j’espère ! Elle me vend un produit qui sent encore plus fort que le baume du tigre mais qui chauffe bien, du coup ça brûle tellement que je ne sais pas si c’est efficace ou si c’est juste que ça masque la douleur des piqûres 🤪. Avec tout ça le temps passe et le soleil décline vite, si je veux arriver pour voir le coucher du soleil sur le lac, la dernière étape de mon trajet, je ne dois pas traîner alors je zappe l’étape 6, un autre monastère et l’étape 7, une « plage » 😉.

Sur le chemin pour rejoindre la grande route, j’ai eu la chance de voir un veau qui venait juste de naître, sa mère était en train de le lécher après la mise bas, le petit essayait de se lever régulièrement mais il n’était pas encore du tout stable sur ses pattes. Il y avait un chien qui surveillait ça de près comme s’il voulait s’assurer que tout se passait bien, on sentait qu’il serait allé prévenir le maître dans le cas contraire, c’était vraiment étrange à observer.

Quand je parle de grande route, je voulais parler d’une route goudronnée 😉. C’est une route qui suit un canal sur une dizaine de kilomètres, il y a des ponts (avec des routes en terre) à intervalles réguliers qui permettent aux habitants de rejoindre l’autre rive, parfois, il y a des ratés 😱

Sur la fin de la route, je croise les traditionnelles vaches de fin de journée 🤪

J’arrive enfin, je vois plusieurs petits groupes de personnes s’installer pour pique-niquer aux abords du lac pour observer le soleil se coucher. J’ai dans l’idée que c’est un petit rituel pour certains ici, il y a même des vendeurs ambulants de bouffe en tout genre. Je longe un peu le lac dans un sens, puis dans l’autre, à la recherche d’un spot un peu tranquille.

Je trouve mon bonheur dans un camping sur une petite langue de terre, je ne sais pas trop si j’ai le droit d’y aller mais je fais comme si et je partirai si on me le demande 😅. Comme personne n’a l’air de réagir (en même temps il y a 4 tentes !), je m’installe sur ma natte, qui sert enfin, face au coucher de soleil sur le lac. C’est bête, j’ai mes affaires de bain mais ça ne me dit plus rien de nager maintenant, je ne suis pas fan des grandes étendues d’eau stagnantes surtout quand il commence à faire sombre, j’aurais préféré une petite cascade ! Jamais contente la fille 🤣.

Je me prépare un petit apéro : bananes séchées et quelques gorgées de bière (pas trop parce que je conduis de nuit après, j’ai gardé le bouchon pour pouvoir la ramener, il ne faudrait pas gâcher 😉).

Le spectacle est très beau et j’ai la chance de voir passer une barque de pêcheurs juste devant moi. Ils me saluent et vont un peu plus loin. Je réalise un peu plus tard en partant qu’ils attendaient que je m’en aille parce que je m’étais mise à l’endroit où ils débarquent 😭.

Maintenant, ce n’est pas tout ça, mais il faut rentrer…

C’est bien galère, surtout toute la partie le long du canal parce qu’il n’y a aucune lumière, heureusement que j’avais fait le trajet à l’aller, j’avais remarqué que la route était plutôt bonne, il y avait juste quelques endroits avec des trous mais suffisamment visibles à l’avance même avec des phares de moto. Heureusement, je croise peu de voiture, je peux rouler en plein phares et je sais aussi que l’heure des vaches et des chiens est passée, reste un éventuel piéton ou scooter sans lumière à esquiver 😅. Pas de sanglier ou de chevreuil ici, d’ailleurs je n’ai jamais vu d’animaux sauvages traverser de routes à part des serpents (déjà deux fois depuis hier) sur lesquels je roulerais sans faire d’écart au besoin, mais ils sont très rapides 😁. Je finis le trajet par une grosse quatre voies et je me rends compte que c’est aussi fatigant que la petite route parce qu’il y a beaucoup plus de monde et que c’est rectiligne, ça endort…Je suis contente de retrouver ma guesthouse, 150 km dans la journée, c’est bien sympa mais je n’en ferai pas autant demain 😜.

6- Sakon 4, 1ère partie

Un beau parcours en perspective. Le temps est idéal, un peu couvert, juste ce qu’il faut pour éviter les coups de soleil. Hier matin, j’ai programmé le voyage, il y a beaucoup d’arrêts, mais à priori assez courts et les distances sont plutôt réduites entre deux sites, ça devrait être jouable sur la journée. Je vais voir des temples, des cascades et d’autres curiosités. 

Mon premier arrêt est un monastère, je regarde vite fait les images sur Google maps que je sache au moins pourquoi je l’ai choisi. En fait, il y a une Haka (tombe) sur un reste de stèle Khmer et une statue Khmer. Je déambule tranquillement au milieu d’une agitation fébrile des moines. Visiblement, ils sont dans la taille des arbres et dans la construction de structures en bambou. Je me fais discrète, je salue chacun d’un signe de tête léger, une femme ne doit pas adresser la parole à un moine sauf si celui-ci engage la conversation le premier. De toutes façons, ils ne prêtent pas trop attention à moi, même si je vois bien qu’ils sont surpris de ma présence mais je ne ressens pas que ma présence les gêne alors je fais mon petit tour.

Avant l’arrêt numéro deux, un petit quart d’heure dans la campagne.

Ce matin, j’aurais mieux fait de revoir mon programme pour confirmer mes choix. En relisant les avis sur Google, je m’aperçois que ce monastère est divisé en deux parties. La première, n’avait vraiment rien de transcendant, je vous mets quand même ces Bouddhas et la stupa en construction.

Pour accéder à la deuxième partie, deux versions : une « motorisée », mais vu l’état du chemin je gare mon scooter à l’entrée, et une option « piéton » qui grimpe plus raide mais tourne moins, je vais marcher 😉.


Le souci est que je n’ai aucune idée du temps qu’il faut pour l’ascension, au bout d’un quart d’heure je commence à avoir soif mais bien sûr j’ai laissé ma bouteille dans le scooter pensant que c’était l’affaire de quelques minutes 😇. Le chemin est longé par un tuyau bleu qui descend de la colline, il offre régulièrement des points d’eau avec un robinet qui se déverse dans des tonneaux en métal, ça ne me donne pas du tout envie d’essayer, je pense que c’est de l’eau bonne à mettre sur un chiffon pour se rafraichir ou pour se laver les mains à la rigueur 😬. L’avantage du tuyau, c’est que je ne peux pas me perdre, ou en tout cas si je m’éloigne un peu dans le bois, il suffit de repérer le tuyau bleu et je suis sauvée 😜


Au bout d’un moment, j’ai réalisé que je pouvais traduire les panneaux que je voyais de temps en temps avec la fonction scanner puis traduire de l’appareil photo du téléphone. C’est beau la technologie ! Bon, ça ne m’a pas été vraiment utile parce que ce n’est pas au point, les thaïs et les français ont des façons totalement différentes de faire des phrases…C’est comme ça que j’ai réalisé que certains panneaux étaient des encouragements et que chaque citerne (ou point d’eau) était un don d’un bienfaiteur, mais ça ne me disait toujours pas dans combien de temps j’arrivais 😤


Ah enfin, je pense que je suis arrivée :

Au moins, c’est clair 😂


Après ce panneau, encore un petit bout de chemin et j’arrive sur une esplanade où sont éparpillés plusieurs bâtiments. Il n’y a pas âme qui vive, c’est un peu bizarre parce que ça n’a pas l’air abandonné, les moines doivent être allés à la chasse ou à la cueillette…non, je délire, c’est la soif ! Je suppose qu’ils font leurs activités de moines 😂



Une partie des bâtiments est troglodyte, le Bouddha est sympa mais pas extraordinaire et moi qui espérais avoir une belle vue, c’est raté, il y a des arbres partout, pourtant c’est dommage, c’est surement très beau au-delà. Soyons positif, j’ai fait une belle balade et l’endroit est calme mais ça manque d’eau, je n’ose pas me servir aux robinets qui sont tous raccordés au tuyau bleu et je ne sais pas depuis combien de temps l’eau stagne dans les gros réservoirs qui l’alimentent…


Je n’ai vraiment vu personne, très étrange, je ne m’éternise pas et entame la descente. Trente minutes de montée et vingt minutes de descente, mon genou est moyennement content mais ça va il a l’air de tenir. 


Bon avec tout ça il est déjà 12h15 et je n’en suis qu’à mon deuxième arrêt sur les sept je pense que la journée va être un peu trop courte 🥺. Je décide de sauter l’étape 3, c’était un cours d’eau avec une mini-cascade mais en revoyant les photos et vue l’heure, j’ai préférée aller directement à la cascade annoncée plus loin, étape numéro 4.

Début de piste praticable mais au bout de 200 mètres, le chemin devient vraiment creusé et dangereux. Je me gare, prends mon sac à dos avec ma natte, mon maillot, mes chaussures de rivières, mon paréo, ma serviette et une petite bouteille d’eau (je ne refais pas deux fois la même erreur !). Me voilà partie pour deux kilomètres de chemin qui monte, descend, j’ évite des ornières énormes, me tords souvent les chevilles…je ne regrette pas d’avoir laissé le scooter même si c’est long à pied…

Enfin un signe de vie humaine :

Il a dû y avoir un gardien un jour et il y a même un « parking » juste après, même si je ne comprends pas comment des voitures pouvaient arriver jusque-là, à part des 4X4 et encore !

Pas de doute, il y a eu des humains et il n’y a pas si longtemps !

En tous cas, je n’y suis pas encore mais presque, comme il n’y a plus de chemin balisé, je suis les arbres auxquels on a attaché des morceaux de tissus de couleur, c’est une bonne idée parce que la végétation à repris ses droits 😃.

Et voilà, grosse déception 😩, pas d’eau, tout ça pour ça…Allez, sois positive, c’est joli et tu auras fait plus de marche que de scooter depuis le départ 😂.

C’est reparti pour le chemin inverse, je commence vraiment à avoir faim et je me dis que vue l’heure, je ne vais rien trouver d’ouvert, les Thais font volontiers la sieste entre 13h30 et 15h30, donc pas de resto ou peu, surtout dans le coin, et il y a bien quelques boutiques genre mini-market mais je ne sais jamais quoi acheter là-dedans, même en regardant l’image ou ce qu’il y a dans le paquet, ce n’est pas très parlant 🥹. En attendant j’avance vers mon scooter.

Une termitière

La seule personne que j’aurai rencontrée, elle était à 200 mètres du parking, arrêtée, elle avait l’air d’attendre quelqu’un. J’aurais bien aimé avoir une moto comme la sienne, au moins elle a des roues qui ne patinent pas sur les cailloux, ou en tous cas moins que moi avec les pneus de mon scooter 😉

Quel plaisir de revoir mon scooter, je suis enfin arrivée ! Comment ça vous ne le voyez pas ? Regardez mieux 😉

On voit mon casque 😂😂😂

5- Sakon 3

Enfin une bonne nuit de sommeil, Tanawadee était peut-être bavarde mais efficace ! Après un petit déjeuner rapide, je file à la banque changer de l’argent, celui que j’ai changé à l’aéroport (pas beaucoup !) a déjà filé, il faut que j’arrête de faire les marchés …La banque, choisie au hasard puisque je n’en connait aucune et que que les sites consultés sur internet ne m’ont pas aidés à choisir. ce sera donc Kasikornbank, j’aime bien l’idée du maïs dans son nom 😉. Comme d’hab, on a l’impression de rentrer dans un frigo dans ces établissements et j’ai laissé ma polaire dans le scooter, j’espère que je n’en ai pas pour long. En fait, il n’y a pas grand-monde et je passe rapidement sauf que la procédure dure des plombes, il faut qu’elle vérifie tous les billets (ça je comprends), me donne un taux de change à 36,030, je dis ok, de toutes façons je n’ai pas le choix et j’ai déjà oublié celui de l’aéroport…Elle me demande de confirmer mon identité (elle a mon passeport dans les mains, mais bon..), me demande de m’assoir pendant qu’elle part avec les billets je ne sais où. Elle revient presque dix minutes plus tard, me demande de revenir au guichet, me redemande mon identité, me demande où je loge, si je suis en transit, si oui pour combien de temps, appelle l’hôtel pour confirmer, revient à mon dépôt et me dit qu’elle est désolée mais que le taux de change a baissé entre temps et il est passé à 35,997. Je dis ok, de toutes façons je n’ai aucune idée de ce que ça fait et il faut que je change de l’argent. En plus, je me dit que si je reste plus longtemps à discuter, ça va encore baisser 😱. Finalement je signe les photocopies de tous mes billets (et oui !) et j’y ajoute mon numéro de téléphone, sur chaque page (et oui !) et elle compte enfin les billets qu’elle me doit et je signe son reçu 😮‍💨. J’ai quand même perdu environ 90 centimes avec cette histoire de délai entre le moment où elle encaisse mes euros et le moment où elle me donne mes Baths 😭. Et le pire est qu’elle s’est confondue en excuse d’avoir été si longue et de m’avoir fait perdre de l’argent ! Vous me connaissez, je l’ai rassurée et lui ai affirmée qu’elle avait très bien fait son travail 😃.

Le logo de la banque et la « Clock Tower » de Sakon

Au programme aujourd’hui, le tour du lac Nong Han avec différents arrêts historiques ou juste paysagers. Le temps est très nuageux mais je croise les doigts pour qu’il ne pleuve pas.

Aujourd’hui, je vais délaisser les temples boudhistes que je vous ai déjà montrés à plusieurs reprises pour ne pas dire trop souvent 😇. Dans la région, il y a quelques temples, ou ce qu’il en reste, d’époque Khmers et un quartier catholique (ça me fait rire parce que chez nous, dans certaines villes, on a le quartier chinois…). Je vais aussi traverser l’université, juste par curiosité, puis longer plus ou moins le lac pour admirer les paysages qui l’entourent, un petit circuit d’une centaine de kilomètres et de largement plus des deux heures annoncées parce que je m’arrête souvent faire des photos et que parfois je prends les chemins de traverse où je ne peux pas rouler vite 😉.

Phrathat Narai Cheng Weng: Ancient Khmer Ruins. C’est fleuri à cette saison

A l’université, il y a de grandes routes comme ça partout sur le campus, j’ai envie de rouler à fond comme dans Top Gun, mais je n’ai pas la moto de Tom Cruise 🏍️😎 et comme je ne dois pas être la seule à avoir l’idée, il y a des ralentisseurs souvent et c’est limité à 30 km/h, du gâchis parce qu’en plus il n’y a personne, ils doivent tous être en cours. Sur les photos, on voit le bâtiment administratif, le gymnase et le bâtiment des sciences. Les espaces verts du campus sont bien entretenus, les bâtiments un peu moins.

Je m’arrête un moment dans un parc dédié aux fleurs de lotus, dommage c’est la fin de la saison alors il n’en reste que peu, j’en ai vu plus à l’université 😜.

Me voici maintenant dans le quartier Tha Rae, le fameux quartier catholique. Pour signaler l’entrée dans cette ville à majorité catholique, on est accueilli par une belle statue de Saint Michel, saint qui a été invoqué pour protéger les premiers chrétiens lors de leur traversée du lac pour fuir l’oppression et qui les a entendus. Pour ceux qui veulent en savoir plus : https://temple-thai.com/sakon-nakhon/cathedrale-saint-michel-tha-rae/

Dans ce village, il reste de belles bâtisses de l’époque colonialiste, attention, je ne cautionne pas la colonisation, je dis juste que j’aime l’architecture des bâtiments qui allient influence française et vietnamienne (fin 19ème, début 20ème). Certaines maisons sont vraiment bien conservées. La moins bien conservée est un « musée », maison à ciel ouvert, envahie par les arbres mais c’est le seul endroit où l’on retrace l’arrivée des missionnaires catholiques, grâce à des panneaux explicatifs en anglais et on comprend que cela n’a pas été facile pour les catholiques de s’implanter ici et ça permet de mieux comprendre la forme de leur église, je reviendrai dessus sur la photo en question.

Sur beaucoup de maison, on pouvait voir des décos de Noël, comme sur cette photo, je n’y avais pas prêté attention au départ, mais à force de voir de étoiles et des guirlandes, ça a fini par faire tilt 😅. Je pense que ça doit être très joli de nuit parce que ce ne sont que des décors à illuminer.

Sur les trois dernières photos, on voit la maison (enfin ce qu’il en reste) des descendants des tous premiers catholiques.

A beaucoup de croisements, on retrouve des statues représentants les personnages important de l’église catholique.

Et pour finir sur ce village atypique en Asie, l’église…elle a été détruite et reconstruite plusieurs fois, voici les deux dernières versions :

La forme particulière représente un bateau, pour symboliser celui que les premiers catholiques ont pris pour traverser le lac pour fuir la persécution.

Je ne résiste pas à vous montrer la vue sans censure….toujours cette fascination pour les petits animaux, genre nains de jardin, qui portent chance ou protection 😇

Quelques détails de l’église :

Des bénitiers très mignons

Le clocher (personnellement, je ne le trouve pas très beau), et Saint Michel

Deux très belles statues dans le jardin de l’église

Après avoir déjeuné assez tard dans une des maisons coloniales, une très bonne soupe de poisson, je me mets en route pour finir le tour du lac. Il n’y a, à priori, rien de remarquable à voir sur le reste du trajet alors je suis un peu le GPS et je le contrarie quand je m’éloigne trop du lac, il veut toujours que j’emprunte le chemin le plus rapide, mais je ne suis pas pressée. Je tente plusieurs approches du bord mais ce n’est pas évident et les rares fois où il est plus facile de s’approcher, impossible de mettre les pieds dedans 😥

Bon, ça va, j’ai compris 🫡

Je délaisse l’eau pour m’intéresser aux cultures. Ici, c’est le blé qui domine, je n’ai pas vu de rizières mais des champs de blé à perte de vue. Pas d’agriculture intensive, les parcelles sont modestes, entourées de haies (pas de remembrement en vue de culture intensive, ouf), le blé est ramassé par des petites machines qui n’ont rien à voir avec nos grosses moissonneuse-batteuses 😉. Il est mis à sécher sur de grandes bâches, à même le sol puis mis dans des sacs pour être conservé ou vendu.

Vu plusieurs fois : un rite satanique ? Des parents déçus par un cadeau pour leur nouveau né ? Un talisman ? J’ai hâte de rencontrer quelqu’un qui pourra m’expliquer.

En tous cas, je retrouve avec plaisir les petites routes, parfois en dur (comme ici), parfois en sable tassé, c’est tellement agréable de rouler doucement…à cause des nids de poules ou des chiens, vaches ou volatiles qui traversent n’importe quand en permanence et de provoquer des sourires des gens qui me regardent passer en se demandant ce que je peux bien faire ici 😉

Bon avec tout ça, j’ai failli oublier l’heure, heureusement que j’ai mis une alarme, c’est aujourd’hui la première offre fan pour le festival de Beauregard, we incontournable de retrouvailles avec mes enfants, Cathleen, Gérald, Louise et mes copains de toujours. L’idée est d’obtenir de pass à un prix très attractif même si on n’a aucune idée de la programmation. Coup de bol, ça commence à 10h en France soit 16h ici. Je me pose dans l’enceinte d’un temple et m’installe pour pouvoir acheter ces fameux sésames très recherchés. Marie et Cathleen sont au taquet aussi, on est en contact direct, et on croise les doigts.

Bon, personnellement je n’arrive à rien, j’avance dans la file d’attente mais entre temps, Cathleen puis Marie obtiennent toutes les places dont nous avions besoin 🥳. Ça tombe bien parce que mon avancée n’est pas terrible, ça m’a permis de quitte la file là…

Ce n’est pas tout ça mais je suis encore loin d’être rentrée et ici la nuit commence à tomber dès 17h et à 17h45 il fait vraiment nuit. Je me dépêche donc de finir mon tour du lac, je perds moins de temps à passer par les chemins et j’arrête de prendre des photos 😜. Je décide de m’arrêter au night market très près de ma guesthouse, ça me permettra d’acheter à manger pour le soir et le matin. Comme j’ai déjà fait 120 km, je n’ai pas trop envie de ressortir pour aller me faire masser le soir.

Et oui, ce sont bien des insectes ! Je n’avais jamais vu un stand avec autant de variétés proposées 😅

Ça, ce sont des larves vivantes qui s’agitent dans chaque alvéole et sur la photo de droite, j’ai vu cette bête renter dans la ruche et ne pas en ressortir, c’était peut-être la reine ? Je n’y connais rien 🙄

Alors ça, vous ne pouvez pas imaginer ce que c’est ou alors vous êtes déjà venu en Asie ! Je n’avais encore jamais vu un truc pareil et ça m’a pris du temps pour comprendre de quoi il s’agissait. J’ai observé pendant un moment les clients, chacun prend le temps de choisir la bonne brochette, et pour cause… il s’agit d’œufs fécondés à différent stades et cuits 😳, donc parfois c’est presque un oeuf et parfois presque un poussin…trop bizarre mais pourquoi pas !

4- Sakon (ou Sakhon ?) J2

Bizarrement, je ne suis pas malade en ce début de séjour et ça fait plaisir ! Bon, je suis quand même un peu fatiguée et j’ai mal dormi, je pense que c’est à cause du massage d’hier. La masseuse était très bonne pour trouver les points à travailler mais elle y allait un peu fort et comme d’habitude je n’ai rien dit mais je l’ai regretté, je pense que ça a trop stimulé mon organisme 🥺. Je décide donc de faire une première journée en mode relax. Après un petit déjeuner pris lentement en bouquinant, je passe trois heures sur un marché de vêtements d’occasion…Sans blague, j’aurais pu y passer la journée tant il y avait de choix. Je me suis contentée de quelques hauts et surtout d’une sur-veste pour la moto parce qu’il fait froid en fin de journée entre 60 et 80 km/h 😉.

J’y retournerai peut-être choisir un beau pull pour mettre au bureau la semaine avant Noël 🤶🏻

Forcément, à un moment, la faim et la fatigue m’ont rattrapée, je suis rentrée déjeuner à côté de ma guesthouse, j’ai fait une sieste de deux heures et comme j’avais décidément envie de rien faire, je suis allée me faire masser, encore 😇, mais dans un autre salon. Cette fois, la masseuse parle anglais alors je lui demande un massage à l’huile doux. Pour la première fois je tombe sur une masseuse bavarde, elle ne s’est pas arrêtée de toute l’heure ! Je sais une bonne partie de sa vie, je ne vais pas tout vous raconter mais dans les grandes lignes, elle s’appelle Tanawadee, a 50 ans (en paraît 45 😊) a été marié avec un Thaï, a eu une fille qui a aujourd’hui 28 ans et qui vit à Chiang Maï d’où elle est originaire. Elle a eu un boyfriend américain un moment (la masseuse, pas la fille !) d’où sa maitrise de l’anglais et actuellement depuis 9 ans, elle a un boyfriend suisse. J’utilise son terme de boyfriend parce que je ne sais pas comment traduire une relation épisodique de quelques semaines (des fois 2 ou 3 mois) par an… En tous cas elle est heureuse avec lui quand il est là et ils se parlent souvent par messagerie. J’arrête sur sa vie sentimentale parce que ça a duré un moment ! Elle m’a posé quelques questions également et quand elle a su que j’étais seule ici, elle m’a proposé de diner avec elle après le massage. Vous pensez bien que j’ai accepté, trop heureuse de pouvoir discuter avec une vrai Thaï. Elle m’a emmenée manger dans un resto de son quartier, m’a fait goûter des plats que je n’osais pas prendre seule de peur de me planter. Elle m’a expliqué plein de choses sur la cuisine thaï et a répondu à toutes mes questions sur beaucoup de sujets sans tabou. On a aussi échangé sur nos ressentis sur le changement qui arrive, climatique, politique, sociétal…c’était hyper enrichissant. Elle ne fait pas partie de l’élite mais est plutôt à l’aise financièrement (et pas grâce à son copain suisse 😜). Bon, je ne vais pas m’étendre, je pourrais être aussi bavarde qu’elle ! En tous cas, j’ai passé une super bonne soirée 😊.

3- Nakhon Phanom-Sakhon Nakhon

Pas question de partir pour Sakon Nakhon avec ma grosse valise. J’ai négocié (toujours via Google traduction) avec les jeunes de l’accueil pour qu’ils gardent ma valise jusqu’à vendredi puisque je reviens passer la nuit là en attendant l’arrivée de toute l’équipe de la mission samedi.

Je suis postée à l’entrée de l’hôtel avec mon gros et mon petit sac à dos, guettant Udon qui devait passer me prendre à 9h30 pour m’emmener à la gare routière, mon bus partant à 10h. A 9h40, je commence à m’inquiéter sérieusement, je tente de l’appeler mais la communication n’aboutit pas, à 45, je flippe vraiment, je fais comprendre aux jeunes de l’accueil que je voudrais qu’ils essaient de l’appeler et quand ils l’ont enfin, ils me disent qu’il arrive dans 5 minutes. Effectivement, le voilà, tout sourire, pas du tout stressé, voilà pourquoi je préfère voyager par moi-même et ne dépendre de personne, parce que moi, ce genre de situation ça me stresse !

Il me rassure en me disant qu’on y sera à temps alors je le crois et de fait, on arrive deux minutes avant le départ du bus. J’achète mon billet au conducteur et je trouve une place tranquille près d’une fenêtre. Le siège est inconfortable et il y a une barre qui me rentre dans les fesses, ça va être sympa l’heure et demi…

J’ai trouvé la parade à la barre en coinçant mon pull dessus et finalement le trajet se passe bien, j’ai même le temps d’écrire pour le blog. Je suis surprise par la qualité des routes, en tous cas celle qu’on emprunte. C’est une deux fois deux voies (bizarre d’écrire ça, donc une quatre voies ! ) avec des bandes de la largeur d’une bande d’arrêt d’urgence de chaque côtés (donc plutôt une six voies 😇) sur lesquelles peuvent circuler les motos chargées, les tuk tuk, les vélos et quelques vaches (mais beaucoup moins qu’au Laos !).
Si j’avais su que la route était aussi belle, je l’aurais peut-être faite en moto finalement. On m’avait dit qu’il y aurait plein de gros camions, puisque c’est une des routes qui relie la Thaïlande au Vietnam, et que ça pouvait être dangereux. En fait, je n’ai vu aucun camion ou presque, peut-être parce que c’est dimanche ?? D’un autre côté, le paysage n’avait rien d’extraordinaire alors pas de regret de l’avoir fait en bus 😉.
A l’arrivée, je n’ai rien prévu de particulier à part trouver un scooter ou une moto pour me rendre à la guesthouse que j’ai réservée pour une nuit. Je pensais trouver un loueur de moto autour de la gare mais sur mon appli, il n’y a que des marchands de moto ou des réparateurs, pas de loueurs répertoriés. Voyant que je cherche sur mon téléphone, un employé de la gare me demande si j’ai besoin d’aide. Je lui explique en anglais ce que je cherche, je vois bien qu’il comprend « rent a motorbike » mais il ne parle pas anglais. Par gestes il me fait signe de le suivre et m’emmène devant un chauffeur de taxi. Celui-ci répète « rent a motorbike » et j’acquiesce. Il me fait signe d’attendre, sort son téléphone et commence à parler à quelqu’un, me dit que c’est ok et me donne un numéro de téléphone et me fait comprendre que je dois échanger avec cette personne par sms, ben c’est pas gagné…

La loueuse, puisqu’il s’avère que c’est une dame, me récupère donc à la gare et m’emmène jusqu’à un hôtel où elle garde ses scooters. Elle n’a pas de moto mais son scooter est un 125 cm3 en très bon état alors je le prends. Elle me fait payer les 5 jours plus une caution mais ne me signe rien, ni ne me fait signer aucun papier, elle a juste pris mon passeport en photo et moi, je l’ai prise en photo et j’ai sauvegardé son téléphone dans mes contacts, je n’ai même pas son nom et j’espère retrouver l’endroit où je dois rendre le scooter vendredi 😅.

Et voilà, il n’y a plus qu’à rentrer l’adresse de mon hôtel dans le GPS et c’est parti. Il me faut un petit temps de calage parce qu’ils roulent à gauche et parce que je n’ai pas fait de scooter depuis un moment mais je retrouve vite ce plaisir de conduire à l’air libre et libre comme l’air.

La guesthouse est sympa, il y a une fille qui parle anglais qui m’attend, elle m’explique que le personnel ne parle pas anglais mais qu’elle sera là si j’ai besoin de quoi que ce soit. Elle me fait m’inscrire sur le réseau social « Line » parce que c’est le plus utilisé ici et elle dit que ce sera plus facile pour communiquer, soit, mais ce n’est pas si simple pour moi et leurs noms sont écrits en thaï 😭. Je décide de rester les 5 nuits ici, c’est calme et bien placé pour aller faire les visites que j’ai repérées. Je pose mes affaires, déjeune au restaurant juste à côté et part faire un tour d’exploration en scooter. Il est déjà tard, je ne vais pas très loin, pour une première journée je voudrais rentrer avant la nuit noire 😅.

Je ne me suis pas arrêtée visiter quoique ce soit, j’ai juste contemplé les paysages, régulièrement. J’y retournerai, je n’ai pas eu le temps de lire ce qu’il y avait d’incontournable à faire avant. 

Il y avait une bonne série de virages sur peu de kilomètres heureusement. J’ai du mal à prendre les virages à gauche, est-ce parce que je roule à gauche ? Est-ce que quand je roule à droite, j’ai du mal à prendre les virages à droite ?? Je testerai au Laos pour voir…

Au bout d’une ligne droite, un petit café atypique m’a permis de me poser un moment avant de reprendre la route du retour.

En fin de journée, massage (il fallait bien se remettre du voyage en bus et des 50 km de moto 😇) puis dîner dans la rue, un stand choisi au hasard où la nourriture était très bonne. J’ai fait classique, riz poulet, une valeur sûre 😉.

2- Nakhon Phanom

Malgré la fatigue et bien que je me sois couchée à 22h, heure locale, la nuit a été un peu chaotique, les points d’acupressure contre le décalage ont dû marcher parce que je me suis réveillée à 2h puis à 6h30 comme quand je suis en France 😂. J’aurais mieux fait de me lever et d’aller voir le lever de soleil sur le Mékong, au lieu de ça, j’ai « comaté » jusqu’à ce qu’il soit l’heure d’aller prendre le petit déjeuner.

J’ai passé la matinée sur mon ordinateur au bord de la piscine (sans m’y baigner, il y a trop de vent, juste parce que la vue est belle du 7ème étage !). J’ai commencé à regarder ce qui était proposé à faire autour de moi pendant mes 5 jours de vacances. Bizarrement, à chaque fois que je cherche un site d’intérêt ou un parc, Google Maps me propose des choses à faire au Laos, juste en face, de l’autre côté du Mékong, pas très pratique…Par contre, autour de Nakhon Phanom, pas grand-chose…Je vais donc aller voir plus loin, Sakhon Nakhon a l’air d’avoir des choses intéressantes et ce n’est qu’à une heure et demi d’ici.

J’ai aussi réactivé mon blog, ce n’est pas facile de retrouver comment on crée une page, puis comment on épingle les articles pour qu’ils apparaissent en haut. Chaque année, ça me prend un temps fou parce que je ne m’en rappelle jamais d’une fois sur l’autre et que je ne comprends pas le vocabulaire qu’ils emploient 😱

Je n’ai pas vu la matinée passer, il est déjà 13h30 quand je lève les yeux de mon écran. Je demande à l’accueil de m’appeler un tuk-tuk pour aller en centre-ville, la communication est compliquée, aucun des 3 jeunes à l’accueil ne parle anglais, pas même un peu, alors vive Google Traduction 😅

Le chauffeur de Tuk Tuk est très sympa, il s’appelle Udon, il parle anglais et a le même âge que moi 😉. Comment je le sais ? Je lui ai demandé combien la course allait coûter et il m’a dit 1968. Je n’ai pas bien compris sur le coup, je me suis dit que ça faisait cher, même si je ne maitrise pas encore très bien le taux de change, ça fait environ 50€ pour 8 minutes !! A titre de comparaison, j’ai payé 7€ pour 30 minutes de l’aéroport à l’hôtel. Et c’est là qu’il m’a demandé en quelle année j’étais née 😂, j’ai réalisé qu’il n’avait pas compris ma question sur le montant de la course et que mon anglais était bien rouillé. Quand il a su mon âge, il m’a dit que je faisais plus jeune, je ne sais jamais s’ils sont galants, dragueurs ou honnêtes quand ils disent ça, je l’entends chaque année et pourtant je ne rajeunis pas ! Je le prends comme un compliment, ça fait toujours plaisir 😇.

Il me dépose dans un restaurant avec vue sur le Mékong, la serveuse parle un peu anglais et j’arrive à commander un truc que j’aime, un ananas fourré au riz, crevettes et noix de cajou.

Après manger, je vais marcher sur la digue qu’ils ont construite le long du fleuve, il y a même une piste cyclable, c’est royal.

Au fait, Nakhon Phanom veut dire « cité des montagnes », je l’aurais plutôt appelée « cité au bord du fleuve » ce serait plus cohérent étant donné que les montagnes sont loin 😂. 

Je voulais voir le Naja, un des monuments de la ville. Pas de bol, il est en pleine réfection, j’espère qu’ils auront fini quand je reviendrais vendredi prochain comme ça on pourra le découvrir ensemble.

Aujourd’hui, si j’ai bien compris l’explication de mon chauffeur, c’est une journée particulière de dons aux moines, sorte de grosse collecte exceptionnelle annuelle. C’est pour cela que le temple devant lequel on est passé était plein de monde et qu’on trouve des lieux d’offrande surchargés un peu partout.

Je retrouve ensuite mon tuk tuk, il m’avait demandé de l’appeler quand j’avais fini de manger pour m’emmener où je voulais. Nous avons fait une halte à la gare routière pour connaître l’heure de mon bus de demain. Et oui, j’ai décidé d’être raisonnable et d’aller en bus jusqu’à Sakon Nakhon, je louerai un scooter ou une moto sur place.

Je décide de m’offrir une coupe de cheveux chez une coiffeuse locale conseillée par mon chauffeur. Aucun regret, la coupe est parfaite, comme quoi la coiffure est aussi une profession où les mains suffisent pour se comprendre, elle ne parlait pas anglais, je lui ai juste montré « désépaissir » en traduction sur le téléphone en espérant que ce soit compréhensible. La coiffeuse a parfaitement compris ce que je voulais et en a même fait un peu moins que ce à quoi je pensais. 

J’ai trouvé très drôle qu’ils inversent la façon de procéder à la coupe par rapport à nous, je m’explique : elle a commencé par couper au sabot la nuque et les tours d’oreilles à sec très lentement, c’était très étrange je me suis demandé si elle hésitait mais elle n’en avait pas l’air. Puis elle a vaporisé un peu d’eau sur mes cheveux pour faire la coupe et les désépaissir et finalement, elle m’a fait un shampoing, enfin trois pour être exacte (shampoing, après-shampoing et soin ???). Et à chaque fois, petit massage en règle du cuir chevelu, le petit plus : on est complètement allongé au bac, pas de tête en arrière avec le cou cassé en deux, un vrai moment de détente 🤩

Leur système m’a tellement plu que j’ai voulu prendre leur fauteuil/lit en photo pour vous montrer mais quand j’ai demandé l’autorisation à la patronne, elle a refusé, genre un peu mécontente, en me montrant une étagère ou un QR code, je n’ai pas compris 😅. Je n’ai pas insisté, j’ai remercié et suis sortie attendre mon chauffeur dehors. Avant qu’il n’arrive, la patronne est sortie et m’a tendu son téléphone pour que je le prenne. Au bout, il y avait quelqu’un qui parlait anglais et qui m’a demandé pourquoi je voulais prendre une photo. J’étais gênée, j’ai expliqué tant bien que mal que c’était parce que je trouvais leur système de fauteuil au bac bien conçu, il a éclaté de rire. Perplexe, j’ai attendu ses explications : en fait, la patronne a cru que je voulais lui acheter son fauteuil et elle le trouvait en mauvais état pour me le vendre et voulait que le monsieur au bout du fil me conseille un magasin…Le quiproquo m’a beaucoup fait rire aussi et soulagée, c’était un malentendu.

Retour à l’hôtel et petit bain à la piscine pour me remettre de tout ça.

Le soir, je profite des vélos mis à disposition gratuitement par l’hôtel pour tenter la piste cyclable le long du Mékong. En fait, c’est plutôt agréable, il n’y a pas grand-monde, quelques pêcheurs, quelques amoureux et quelques bandes de copains.

Repas dans un petit resto tranquille, une soupe de poulet, dans une petite cahute pour moi toute seule et retour au bercail.

Départ pour l’Asie

Les travaux de ma maison m’ayant bien occupée jusque récemment, je n’ai pas pu partir en Asie en février comme d’habitude, j’ai laissé la place à ma collègue Roxane qui est partie avec une amie chiro avec l’association des Amis de Paksé. Heureusement, Sina, mon chef de mission l’année dernière, a pensé à moi pour une mission en novembre avec l’association Sourires d’Enfants. Me voilà donc repartie pour de nouvelles aventures en Asie, je vais tout d’abord passer une petite semaine seule pour découvrir une partie de l’est de la Thaïlande que je ne connais pas, puis je retrouverai l’équipe de bénévoles (dont je vous parlerai plus tard) pour passer la frontière et aller travailler dans le centre du Laos cette fois.

La préparation de la valise est compliquée, je ne dois pas dépasser 20 kg, la compagnie a baissé le nombre de kilos autorisés, je pouvais emmener jusqu’à 30 kg les premières fois 😅. J’ai trié les médicaments donnés par les patients, certains seraient inutiles là-bas, enlevé certaines boîtes qui prenaient trop de place, tassé au mieux les différentes orthèses, parsemé tout ça de dizaines de paires de lunettes gentiment données par mon opticienne puis refermé le premier compartiment de ma valise. Le deuxième étant plus petit, j’ai emmené un minimum de fringues, j’arrête d’emmener des petites robes ou des pulls que je ne mets jamais, je suis toujours habillée en basique et confortable 😉 et puis, je vais revenir du Laos avec une valise vide, je ferai du shopping à Bangkok en repartant histoire de la remplir 😇. Une fois ça fait, il a encore fallu que je case les deux paires de béquilles pour enfant qu’une patiente m’a donnée, et j’ai réussi à fermer ma valise, non sans mal…

Départ serein, Rémi est venu me chercher au bureau après mes consultations et m’a déposée bien en avance à la gare de Caen pour mon train en fin de journée. Je préfère arriver à Paris la veille du décollage, je suis méfiante avec la ponctualité de la SNCF sur le Caen-Paris. Ce jour-là, on n’aura qu’un quart d’heure de retard à l’arrivée, incroyable ! Cathleen, Gérald et Louise m’ont gentiment laissé leur appartement, j’apprécie de dormir au calme et je suis mieux reçue qu’à l’hôtel 😃. Le lendemain, mon vol est à 12h30, je décide de partir vers 9h pour avoir un peu de marge. Pas de chance, malgré un temps de trajet en taxi annoncé à 30 minutes, il y a un accident juste avant le terminal et j’arrive à 10h.

La queue à l’enregistrement est impressionnante et il me faut une heure pour être enfin débarrassée de ma valise. L’hôtesse me fait remarquer que je dépasse les 20 kg autorisés mais comme ma valise ne fait que 22,8 kg et que la tolérance est à 23 kg, elle l’a acceptée 😅. Avec tout ça, le temps file, je me dépêche de passer la sécurité, de traverser les boutiques au pas de course, de trouver ma porte d’embarquement, bien évidemment à l’autre bout de l’aéroport, et je monte dans l’avion dans les derniers passagers…

Le vol se passe sans encombre, de légères turbulences toutes les deux heures histoire de me tenir éveillée, 3 films, 3 repas, 2h de sommeil et 11h de vol plus tard (plus rapide d’une demi-heure grâce à un vent favorable), je suis bien arrivée à Bangkok. Je commence à connaitre les étapes indispensables, changer de l’argent, acheter une carte SIM et prévenir la famille que je suis bien arrivée le temps que ma valise arrive sur le tapis… Ensuite, je pars à la recherche de la navette gratuite qui m’emmènera à l’autre aéroport de Bangkok situé à 1h de route, tout dépend du trafic très aléatoire ici, pour mon deuxième vol en direction de Nakhon Phanom. J’arrive très en avance (à 8h pour un vol à 15h !) alors je laisse ma valise à la consigne et je me mets en quête d’un petit déjeuner et d’un salon de massage. J’ai du bol, le repas pris sur un petit marché local est délicieux et la masseuse d’un petit salon qui ne paie pas de mine est très douée, mon escale est très agréable au final 😃. Le reste du voyage se fait tranquillement, j’arrive en fin de journée, bien crevée après ces 24h de voyage, je me couche tôt.

Vientiane

Après la mission, je m’étais gardée quatre jours pour décompresser et me remettre de la mission. Je n’ai pas fait grand-chose le samedi puisque j’étais encore malade, par contre le dimanche, j’ai pris l’avion pour Vientiane où j’ai réservé trois nuits. J’ai réussi à me promener dans la ville dans mes moments sans fièvre. L’hôtel proposait un prêt de vélo, c’était une super idée, la ville est plate et cela m’a permis de bien la sillonner. On sent indéniablement une ville plus moderne que Paksé, très proche des villes thaïlandaises dans le nombre de boutiques, le mode de vie, c’est très touristique. Il y a un centre historique qui n’est pas très grand dans lequel il y a quelques monuments à voir. Je n’ai pas eu l’occasion de faire les deux principaux musées, je reviendrai.

Le dernier jour, j’avais pris un rendez-vous pour Phonsavanh avec un médecin russe, spécialisé dans les hépatites C, qui bosse au Centre Médical Français où Didier fait des remplacements. Phonsavanh est arrivée la veille au matin, en bus de nuit (douze heures de voyage), elle n’a jamais voulu prendre l’avion parce qu’elle a trop peur. Elle ne l’a pris qu’une seule fois, avec son mari, quand elle a dû venir à Vientiane faire sa sérologie la première fois et ne voulait pas recommencer. Ce qui est chouette c’est qu’elle est venue seule, on a donc eu beaucoup de temps pour parler, même si des fois c’est épique parce qu’elle prononce tellement mal les mots que je dois lui demander d’épeler pour comprendre de quoi elle parle ! Elle admet que ces élèves parlent mieux anglais qu’elle 😂. J’ai appris qu’elle n’est jamais sortie de Paksé à part pour aller à Sékong (130 km) ou Salavan (120 km), une fois chaque. Le week-end, elle ne se promène qu’autour de Paksé mais pas souvent, la plupart du temps, elle prépare ses cours, s’occupe de sa maison et va aider ses parents qui ont une ferme dans les environs de Paksé. C’était donc sa deuxième fois à Vientiane, elle avait très envie de se promener dans la ville avec moi. Lors de son premier séjour, son mari et elle n’étaient allés que de l’aéroport à l’hôpital et retour ! Nous avons donc sillonné un peu le centre ville, Phonsavanh n’avait pas envie de faire un musée, je pense qu’en fait elle ne savait pas ce que c’était et je n’ai pas insisté.

Nous nous sommes rendues au rendez-vous, Valéry, le médecin, parle laotien couramment et c’est super parce qu’il a pu lui expliquer tout de façon à ce qu’elle comprenne bien. Son médecin à Paksé lui avait donné que peu d’explications et à part lui dire de ne pas manger de viande (???) et de faire de l’exercice pour son foie (sans lui en montrer un seul !), il n’a pas été explicite sur sa maladie. Là, Valéry lui a expliqué que le traitement est très efficace (90% de réussite), qu’il faut le prendre 3 mois pour être sûr, qu’il faudra refaire une sérologie au bout de deux mois pour s’assurer qu’elle répond bien au traitement. Il lui a dit que si elle ne le prenait pas, vue sa charge virale très élevée, elle aurait une cirrhose ou un cancer du foie dans les deux à cinq ans. Le coût du traitement est effectivement très cher, plus de 400€ par mois. Heureusement, grâce à la générosité de ma famille et de mes amis à qui j’ai demandé de l’aide pour Phonsavanh, j’ai pu réunir la somme nécessaire. Elle est repartie avec son traitement, comme s’il s’agissait d’un trésor, ce qu’il est après tout. Elle a demandé qu’on marche jusqu’à l’hôtel plutôt que de prendre un tuk-tuk, j’ai bien vu qu’elle était un peu secouée. Au bout d’un moment, elle s’est arrêtée et m’a demandé « alors, je ne vais pas mourir ? », j’en ai eu les larmes aux yeux, je n’avais pas réalisé qu’elle avait eu si peur. Je l’ai rassurée et je lui ai dit qu’elle allait pouvoir profiter encore très longtemps de son mari et de ses enfants. Lesquels vont pouvoir aller dans une bonne école (payante) pour faire de bonnes études puisque le traitement est payé sans qu’elle ait eu besoin de toucher aux économies qu’elle avait réussies à faire (elle avait à peine de quoi payer un mois de traitement mais ça prouve sa détermination à vouloir se soigner, quitte à sacrifier d’autres choses). Je profite de ce blog pour remercier de sa part (et de la mienne) tout ceux qui l’ont aidée, elle vous souhaite à tous une longue vie et beaucoup de bonheur.

Voilà, c’est la fin de mes aventures asiatiques de l’année, rendez-vous l’année prochaine à la même époque, je suis motivée pour repartir en mission, c’est vraiment très enrichissant 😃.

Km 43 sur la route de Paksong, 3ème lieu de travail pour la mission

Nous sommes installés chez le père François qui nous prête gentiment les locaux. De jeunes catholiques nous prêtent main-forte pour tout installer. Ils n’auront de cesse de nous rendre service pendant les deux jours et demi que nous passerons là-bas.

Nous sommes attendus par des villageois qui ont souvent fait une heure et demi de route pour venir nous voir. Ils arrivent dans des pick-up contenant des familles entières. La grande majorité d’entre eux sont des ouvriers agricoles dans les plantations de thé ou café du plateau des Bolovens. Pour nous les chiros, ça ne changera pas beaucoup au niveau des motifs de consultation, lombalgies et hautes dorsalgies 😜. Dès la première journée, le rythme est intense, on ne voit pas passer le temps. On a eu la visite des traditionnels espionnes du gouvernement, mais cette fois, elles n’ont fait que passer, contrairement à il y a trois ans où deux d’entre elles nous avaient collés au basque tout le temps de la mission ou presque ! Je pense qu’on est devenu « officiels » donc il y a moins besoin de nous surveiller.

Dès le premier jour, Luc, l’assistant dentaire, est malade, il sera remplacé par plusieurs volontaires auprès des dentistes. Le lendemain c’est mon tour, je ne parviens pas à finir la matinée, je suis obligée de me coucher, j’ai beaucoup de fièvre. Je vais dormir jusqu’en fin d’après-midi, je laisse Léa bosser toute seule, elle assure comme un chef. Elle fera également toute seule la journée d’après puisque je suis toujours au fond du lit avec tous les symptômes d’une grippe. Je trouve que je suis souvent malade cette année 😩. Les photos suivantes ne sont pas les miennes, je les ai récupérées sur le groupe WhatsApp, la qualité n’est pas top pour certaines mais vous aurez un aperçu de nos patients.

Et voilà, cette nouvelle mission d’hiver des Amis de Paksé s’achève, nous avons soigné en tout : 395 (le médecin) + 244 (les dentistes) + 279(les chiros) soit 918 patients sur 10 jours de consultations. Nous sommes ravis d’avoir autant travaillé. Après le traditionnel pot de départ, nous nous sommes séparés tout en espérant nous retrouver l’année prochaine 😃.

Mission à Don Daeng

C’est sympa de bosser sur une île, tous les matins et tous les soirs nous prenons une pirogue pour aller travailler, c’est plus classe que le métro !

Nous avons beaucoup de patients à voir sur l’île, le médecin a un flot régulier de gens, pour les dentistes et nous, c’est plus fluctuant. Par moment on n’arrête pas puis on peut avoir un gros temps calme. On en profite pour souffler un peu, Sylvie nous a concocté un beau coffee break avec bananes, séchées ou non, noix de coco, bref de quoi refaire le plein d’énergie pour être au top. On a beaucoup de femmes le matin, les hommes doivent être au boulot, ils viennent souvent sur les conseils de leur femmes l’après-midi. On a la même population qu’à Oudomsouk : des « farmers ». Les pathologies qu’on rencontre sont essentiellement liées à leur boulot physique, lombalgies (avec ou sans sciatique) et douleur dans les épaules, cervicalgies. Chez les plus âgés, beaucoup d’arthrose, notamment des genoux, et du bas du dos avec une réelle ankylose. Ils n’ont pas de kiné pour les aider à entretenir leurs articulations alors, avec Léa, dès que nous le pouvons, nous leur donnons des petites astuces pour améliorer leur quotidien et/ou des petits exercices. Je me souviens d’une bonne partie de rigolade avec une patiente, environ soixante-cinq ans mais paraissant dix de plus, qui venait pour une grosse arthrose d’un genou, vraiment importante puisqu’elle ne pouvait quasiment plus le plier. Je lui demande à quel moment ça la gêne le plus et quand ma traductrice lui pose la question et qu’elle répond, elle n’ose pas me traduire. J’insiste en disant que c’est important et elle finit par me lâcher du bout des lèvres que c’est quand elle doit faire pipi et que c’est pire « pour la grosse commission ». La patiente est hilare, du coup je ris avec elle parce qu’elle se moque de la pudibonderie de ma traductrice. Après avoir bien ri, je lui explique comment elle peut faire même si elle ne m’a pas attendue et a déjà mis en place des astuces. Je vous rappelle qu’ils n’ont pas de toilettes avec un siège, c’est en grande majorité dans les villages des toilettes « à la turc », donc difficile de s’y accroupir quand les genoux ne se plient pas bien. Je lui ai conseillé d’acheter une chaise en plastique (ils en vendent partout ici) et de la percer pour pouvoir faire ses besoins assise. Ça l’a beaucoup amusée au départ puis elle a semblé y réfléchir et a trouvé l’idée bonne et en plus, elle pliait bien mieux le genou après ma séance 😃.

Une matinée, nous faisons un saut dans une école pour que les dentistes puissent faire un cours de prévention dentaire auprès des élèves.

Sur le chemin du retour vers le temple, j’ai pris quelques photos de cette partie de l’île :

Le dernier jour de notre travail sur l’île, nous avons droit au traditionnel Baci, certains patients en profitent pour nous remercier personnellement. C’est très émouvant.

Et pour finir, quelques photos de nos retours au coucher du soleil :

Des nouvelles de Phonsavanh

Didier, le médecin de notre équipe a accepté de recevoir Phonsavanh en consultation à notre hôtel. Hamui, sa traductrice attitrée, était là aussi pour être sûre qu’elle comprenne bien tout ce qu’on lui expliquait. Elle avait apporté tous les examens qu’elle a passés. La bonne nouvelle est que, bien qu’elle soit positive à l’hépatite C, l’échographie de son foie ne montre aucun signe de défaillance pour le moment, et ses analyses sanguines sont dans les normes. Sa charge virale étant par contre très haute, il faut qu’elle prenne un traitement pour ne pas risquer une cirrhose ou un cancer du foie dans le futur. 

Didier est médecin remplaçant à l’ambassade de France à Vientiane deux mois par an. Il consulte aussi au centre médical français là-bas. Dans son équipe, il y a un médecin russe qui est très calé sur l’hépatite C. Didier l’a appelé pour savoir s’il pouvait recevoir Phonsavanh et on a fixé une date à mercredi prochain le matin, avant que je ne prenne mon vol pour Bangkok. On en saura un peu plus sur le traitement envisagé et son coût.

J’ai réservé une chambre pour Phonsavanh et son mari à Vientiane dans le même hôtel que moi. Ils arriveront de Paksé mardi matin par le bus de nuit, ils ont tenu à payer le prix du voyage. Nous aurons toute la journée du mardi pour être ensemble 😃

Dernière demi-journée à Oudomsouk et installation à Don Daeng, notre 2ème lieu de travail.

Nous n’allons que peu travailler ce matin, une heure au maximum parce qu’il faut tout ranger et qu’il y a la cérémonie rituelle du Baci. C’est une cérémonie au cours de laquelle les soeurs et les chefs de village nous remercient d’être intervenus. Après, on leur offre le déjeuner pour les remercier de nous avoir permis de travailler…bref tout le monde se remercie 😂.

Les soeurs nous remercient et chantent

Ensuite, départ pour Champassak où nous allons traverser le Mékong et nous installer pour travailler sur l’île de Don Daeng (l’île Rouge).

C’est sportif, nous avons trois mini-vans qui transportent le matériel et toute l’équipe. Il faut tout décharger pour tout amener aux pirogues, traverser le Mékong puis tout charger sur des sortes de tracteurs qui vont nous conduire au temple du bout de l’île et tout installer.

On remonte nos pantalons

Arrivés au Wat (temple), on est attendu, les villageois nous aident à tout décharger et à balayer les espaces qui vont nous accueillir.

Voilà notre cadre de travail, cet endroit est incroyable, on a une vue directe sur le Mékong de notre « cabinet » 😃

Oudomsouk suite

Nous avons travaillé quatre jours ici, tous les matins nous arrivons vers 8h30, nous travaillons jusqu’à midi puis nous déjeunons avec les soeurs et les élèves. C’est la cuisinière de la Résidence Sisouk, où nous sommes hébergés quasiment toutes les nuits de cette mission, qui prépare le repas aidée de Nang et de Sylvie, soeur et femme de Sina, c’est délicieux et ça nous permet de bien recharger les batteries. La matinée est toujours très intense, les villageois sont au rendez-vous.

Léa et moi voyons une majorité de « farmer », appellation générique de la part de notre traductrice pour dire « gens qui travaillent la terre », ça peut être des maraîchers, des gens qui travaillent dans les rizières, des gens qui ont des animaux, ou des gens qui vendent les produits fermiers au marché, bref vous l’aurez compris, des travailleurs de force pour la majorité. Ils sont incroyablement musclés, certains se laissent faire, on reconnait les habitués des massages, et d’autres sont limite terrorisés. Vous me direz « mais alors pourquoi viennent-ils ceux-là ? » et bien souvent parce qu’on a soigné leur frère, cousin, neveu, voisin… et que cette personne a bien aimé ce qu’on a fait et qu’il se sent mieux depuis. Ça s’appelle le bouche à oreille ou le téléphone arabe, je suis sûre qu’il y a l’équivalent en laotien 😜. On a eu quelques profs et je pense qu’on a eu tous les chefs de village et leurs femmes, même si on ne les a absolument pas différenciés des autres puisqu’ils sont aussi fermiers pour la plupart.

Phout, une de nos traductrice, est préposée aux lunettes et à la distribution de vitamines A. Les gens sont très demandeurs de lunettes. Comme on n’a pas d’opticien, elle les fait lire sur un calendrier pour savoir si les lunettes qu’on leur propose conviennent. Globalement, il y a au moins un des deux verres sur une paire qui les aide, on n’a jamais une paire réellement à leur vue, mais ils sont contents avec ça.

Nous passons aussi de bons moments en dehors de notre travail, restos, visite du marché et coupe, ou plutôt tonte, de cheveux pour Léa…

Comme vous le constatez, on forme une très bonne équipe, la mission se déroule dans la joie et la bonne humeur, chacun a une expérience de vie différente et c’est génial de confronter nos points de vues et nos expériences 😃.

Mission, première partie, Oudomsouk

Et voilà, c’est le grand jour ! C’est un peu comme la rentrée des classes, je ne dors pas bien la veille, trop d’interrogations…et si on n’a personne, et si les dentistes et le médecin ont du monde et pas nous, et si les traductrices nous lâchent, et si un patient n’est pas content…bref, comme d’habitude mon cerveau est au taquet 😅.

Dès l’arrivée, je suis rassurée sur la présence des patients

Et c’est parti pour une bonne journée de travail. Les traductrices sont réparties entre nous, Hamui est avec Didier et Agnès (médical), Muk est avec Olivier et Roger (dentaire), Belle est avec nous (chiro) et Phout distribue des lunettes. Chacune va interroger les patients pour savoir de quoi ils ont besoin et les répartir entre les différents praticiens.

Avec Léa, nous nous partageons la seule table de chiro que nous ayons, quand l’une travaille dessus, l’autre travaille sur le lit 😉. Les patients sont adorables, on ne comprend pas ce qu’ils nous racontent mais tout passe dans le regard ou les gestes et des fois, même Belle ne comprend pas non plus 😂 certains ont un accent différent voire carrément un dialecte.

Et pendant ce temps-là, chez les dentistes :

Et chez lz médecin :

Préparatifs pour la mission

Réveil de bonne heure pour toute l’équipe, nous partons au dispensaire à Dontalat chercher le matériel dont nous allons avoir besoin. Il ne faut rien oublier parce que cette année, nous allons sur trois sites différents au lieu de rester sur place. Nous sommes neuf praticiens : 1 médecin, deux infirmières, deux dentistes et deux chiros. Le chargement des dentistes est énorme : quatre fauteuils « portables », deux stérilisateurs, des instruments, des compresses, des médicaments, etc…on dirait moi quand je viens en Asie 😜. Nous avons donc deux minibus pour pouvoir faire le déménagement entre Dontalat et Oudomsouk, notre première étape.

Je suis contente de revoir ce petit hôpital. La route d’accès est toujours aussi pourrie, voire pire, les trous sont énormes. Choun, le médecin kiné avec qui on a bossé il y a 3 ans, n’est malheureusement pas là, il est en formation en Thaïlande jusqu’en mars.

Le seul grand changement est ce terrain de volley qu’ils ont installé juste en face de notre local 😜

Par contre, pour ce qui est de l’aile d’une quinzaine de lits, qui doit permettre d’accueillir plus de patients à l’hôpital, elle n’est toujours pas occupée. Elle a même tendance à servir de débarras ! Pourtant, je l’ai vu en construction il y a cinq ans, finie et prête il y a trois ans et il n’y a toujours personne dedans, alors que ce ne sont pas les patients qui manquent ! Ils n’ont probablement pas le personnel pour la mettre en fonctionnement. Elle va finir par être abîmée avant même d’avoir servi.

Durant toute la matinée, on a trié, mis de côté et chargé du matériel et des médicaments.

En chemin pour Oudomsouk, là où on va travailler toute la semaine, notre minibus se met à faire un drôle de bruit, on a un pneu qui a crevé ! Ce n’était peut-être pas une bonne idée de mettre les deux stérilisateurs dans le même minibus, à moins que ce ne soit nous qui étions trop lourds 😜. Heureusement, on a pas eu à attendre sous le soleil que le chauffeur change la roue, on a pu tous se tasser dans le deuxième minibus et continuer le voyage.

Nous voici à Oudomsouk, chez les sœurs que Sina nous a fait rencontrer il y a trois ans, sœur Edouard et sœur Manivong, de la communauté des sœurs de la Charité. Elles nous prêtent le dortoir des filles, qui est libre, pour qu’on installe nos différents « cabinets ». Elles n’hébergent plus les jeunes filles qu’on a vues la dernière fois parce qu’elles sont devenues des ados et qu’elles étaient trop difficiles à gérer, elles sont chez d’autres soeurs à Paksé. Bientôt des filles de primaire seront accueillies. Ici, les soeurs hébergent toujours une dizaine de garçons entre 6 et 11 ans qui vont à l’école juste en face, ce sont des enfants qui, habitant trop loin de celle-ci, ne seraient pas scolarisés sinon.

Chacun installe son coin, on a mis les dentistes et le médecin proches des points d’eau. Pour nous les chiros, c’est moins grave si on en est loin, et ça nous fait marcher entre deux patients pour aller se laver les mains 😉. 

Une partie de l’équipe avec les deux soeurs qui nous accueillent si gentiment 😃

Derniers jours de calme 2

Sina et moi avons profité du dernier jour avant l’arrivée des premiers de l’équipe pour aller acheter les médicaments dont on aura besoin, enfin surtout le médecin et les dentistes. L’après-midi, je suis allée me balader en moto, quel plaisir de rouler à nouveau sur les routes du sud du Laos. Certes, elles ne sont pas toutes en bon état mais ici, les habitants ne roulent pas comme des fous furieux, à grand renfort de klaxon ou ne roulent pas à contre-sens ! De ce fait, j’arrive à rouler largement au-dessus de 50 km/h, ce que je n’osais pas dépasser au Vietnam, sans aucun stress. Je fais quand même attention aux vaches qui apparaissent régulièrement à côté ou sur la route 😉. Le soir, je décide d’aller dîner à la Trattoria, histoire de changer du riz. Je suis ravie de voir que ce restaurant que j’aime beaucoup est toujours là et que le patron n’est pas rentré en Italie. Il fait partie des restaurateurs qui ont tenus grâce à la vente à emporter.

Le samedi, c’est vraiment tranquille, marché le matin pour acheter du tissu pour me faire faire des tuniques, j’ai également acheté des coussins et un petit matelas pour pouvoir travailler pendant la mission. Je suis allée chercher Léa, la deuxième chiro, à l’aéroport de Paksé. Elle a fait un voyage bien long : Paris-Istambul-Bangkok-Ho Chi Minh-Paksé 😅 . Le soir, nous prenons l’apéro avec Sina, Sylvie, Virginie et des amis à eux à la résidence Sisouk, là où nous allons loger pour le début de la mission. Puis, Léa et moi allons dîner dans le pire restaurant de Paksé, le service était très long, on pense qu’ils ont dû courir longtemps pour attraper les poulets qu’on allait manger…et ce n’était pas bon 😩. Heureusement que Léa est de bonne composition, elle ne m’en a pas voulu de ce choix regrettable basé uniquement sur le fait que c’était proche de notre hôtel et qu’on voulait faire simple. On ne risque pas d’y remettre les pieds.

Le dimanche, Phosavanh, Khontong et Olaywan sont venus nous chercher toutes les deux pour qu’on passe du temps ensemble. Quand Phonsavanh m’a demandée, il y a deux jours, ce que je voulais faire avec eux, j’ai dit que je voulais me baigner. Ils nous ont donc emmenées sur une plage au bord du Mékong. Il ne faisait pas très beau parce que le soleil était caché par les fumées des brûlis qui viennent de Thaïlande mais l’eau était bonne et comme on y est allé le matin, il n’y avait personne, c’était chouette 😃.

Il y a pas mal de courant, c’est sympa

Nous nous arrêtons ensuite au gros Bouddha, qui domine la ville, que Léa ne connaît pas mais vous sûrement puisque je le prends en photo à chaque fois 😜.

Le dimanche soir, toute l’équipe est au complet, Sina nous explique comment va se dérouler la mission, on dîne tous ensemble et on fait connaissance. Je vous les présenterai plus longuement au cours de la mission.

Derniers jours de calme avant la mission

Je suis allée faire un petit tour dans la classe de Phonsavanh, j’adore la regarder enseigner, elle est d’une patience incroyable.

Le soir, nous sommes invités chez Xuan Maï, la belle-soeur de William, le président des « Amis de Paksé ». Je suis avec Sina, le chef de notre mission (ce n’est pas moi cette année et j’en suis ravie, je vais pouvoir ne faire que de la chiro. Il a tous les contacts, il parle Lao et il est doué pour organiser) et sa femme Sylvie, qui sera notre intendante pendant toute la mission, ce n’est pas rien d’organiser les repas du midi pour toute notre équipe et de s’assurer qu’on ne manque de rien pour travailler dans de bonnes conditions. Ce soir-là, il y avait aussi Virginie, la cousine de Sylvie de passage à Paksé, François et sa femme de l’association « La Toupie », une association qui rénove/construit des écoles dans le sud du Laos et avec qui les «  »Amis de Paksé ont déjà coopéré. C’est une soirée très intéressante où on découvre des univers différents. Xuan Maï était restauratrice, elle a tout arrêté avec le Covid, a décidé de ne pas reprendre et de prendre sa retraite, elle cuisine, aide sa fille qui tient une guesthouse. Son mari est tailleur de costumes pour hommes et ne veut pas prendre sa retraite. Il travaille avec son fils de 26 ans qu’il forme au métier. François est un ex-CRS en retraite, marié à une laotienne, qui consacre son temps à monter des projets au Laos. Sa femme travaille dans une mairie en région parisienne et trouve des financements (subventions diverses) qui permettent d’aider l’association de mener à bien les projets. Virginie habite à Porquerolles, elle passe deux mois, deux fois par an, en Thaïlande chez son fils et sa belle-fille pour profiter d’eux deux et de sa petite-fille (et accessoirement du bon climat de la région).

Premières impressions

Que ça fait du bien de retrouver un pays calme après l’effervescent Vietnam 😅. Aujourd’hui, je me contente d’une petite balade dans la ville. J’observe les changements, ça fait maintenant 3 ans que je ne suis pas venue ici. Le Covid a laissé des traces, pas tant comme virus, il y a eu très peu de morts (758 à ce jour), mais économiquement parlant. Le confinement strict a duré une année entière ici, avec une interdiction de circuler plus restreinte que chez nous. Il y a beaucoup d’hôtels et de restaurants qui ont fermé et ça a eu des répercussion sur le personnel principalement. Beaucoup d’entre eux sont retournés dans leur famille ou sont partis travailler en Thaïlande et ne sont toujours pas revenus. Certains restaurants ont fait de la vente à emporter pour garder leurs employés et tenir le coup. Les hôtels familiaux sont encore là parce l’endroit est souvent aussi leur maison. Ma guesthouse Nang Noï en est un bon exemple. L’homme est resté à l’hôtel, il en a profité pour faire des réparations, des améliorations et sa femme est rentrée dans sa famille à Vientiane où elle a vendu des fruits et légumes sur le marché. Ils ont dû congédier leur personnel sauf une nièce qui est restée. Depuis, ils ne proposent plus de petits déjeuners ou de dîners parce qu’ils n’ont pas retrouvé assez de personnel. Ils ont toujours le service de location de moto et comme ils ont retrouvé un bon niveau de clientèle depuis l’ouverture des frontières en novembre dernier, le gérant a racheté 6 motos neuves 😉. Les salons de massage et les tailleurs qui avaient essentiellement une clientèle de touristes ont aussi mis la clé sous la porte et n’ont pas encore rouvert.

Pour ce qui est des bâtiments ou des routes, tout a été à l’arrêt pendant près de deux ans, avec là encore des gens qui se sont retrouvés sans salaire, il n’y a pas eu d’aide de l’État ici. La plupart ont tenu parce qu’il y a eu une grande solidarité familiale ou villageoise selon, personne n’a été laissé de côté, même si les moyens étaient limités, il y a eu partage.

Sur le marché, là aussi il y a du changement. Au lieu de l’habituel chassé-croisé des motos qui rendait la déambulation très compliquée autour du marché, ils ont instauré des parking, payants, à chaque entrée et ne peuvent circuler à moto que ceux qui livrent des marchandises ou qui achètent en gros. Du côté des chalands, je pense qu’ils ont dû avoir des consignes pour mettre une distance sanitaire entre eux tous, c’est beaucoup moins tassé. Il y a aussi moins de vendeurs venus des campagnes alentour, la ville a mis des péages aux entrées de Paksé ce qui peut en freiner certains, acheteurs comme vendeurs. C’est une façon comme une autre de contrôler le flux des personnes. Peut-être que les gens ont changé leurs habitudes, comme nous et se fournissent plus « local ». Et ah oui, à propos du marché, truc incroyable, c’est propre par terre ! Je ne dis pas qu’on pourrait manger par terre mais il n’y a plus ces liquides indéfinissables dans lesquels on avait tendance à patauger 😅. Sauf au rayon poissons et viandes mais là, c’est plus normal.

Le soir, je retrouve enfin Phonsavanh et sa famille. C’est émouvant de se revoir. Les embrassades sont toujours hyper maladroites, les asiatiques se touchent peu mais eux veulent m’étreindre, sans vraiment savoir comment faire et en plus, comme je suis grande, ils se retrouvent toujours la tête dans mes seins 😂. Mais le principal est qu’on est content de se revoir. Il y a Phonsavanh, Khontong son mari, Ton le fils, Nyod la fille et aussi Olaywan leur nièce et son père. Elle a cuisiné pour moi, des plats de poisson essentiellement avec une salade de légumes et du sticky rice. Elle m’explique qu’elle a voulu reproduire la recette d’un restaurant où je les avais emmenés, personnellement, je n’en ai aucun souvenir 😬, mais c’est très bon. Après le repas, Khontong ramène ma moto à la guesthouse pendant que le beau-frère me conduit là-bas en voiture (avec Phonsavanh), ils ne voulaient pas que je conduise de nuit ! Et on n’a bu que de l’eau, ils ne boivent jamais d’alcool, d’ailleurs il faudra que je leur demande si c’est pour des raisons religieuses ou médicales 🤔. C’est dingue cette peur qu’ils ont toujours de me savoir en moto, comme si je ne savais pas conduire, c’est gentil mais des fois ça me fatigue 😜.

Enfin au Laos

Juste pour vous situer ou re-situer, Paksé est la 2ème ou 3ème ville du pays (selon la police ou les organisateurs) avec près de 120000 habitants estimés pour 2023. Elle est à 50 km de la frontière thaïlandaise, 155km de la frontière cambodgienne et à 255 km de la frontière vietnamienne.

La nuit précédant mon départ pour le Laos, dans mon appartement à Ho Chi Minh, j’ai plutôt bien dormi mais j’ai été réveillée tôt par mes intestins qui cafouillaient…j’aurais dû me méfier du BBQ coréen d’hier soir, j’ai mangé des trucs que je ne connaissais pas, des sortes d’algues très épicées, je ne sais pas si c’est ça ou le bœuf qui n’était pas frais mais en tous cas, ce n’était pas top, je ne suis pas prête d’en refaire un.

Quand je pense que ça fait maintenant plus de dix jours que je mange de la « street food » sans aucun problème, et là, je vais dans un resto tout ce qu’il y a de plus normal (pas hyper chic non plus mais quand même bien) et je suis malade 😩. M’enfin, ce sont les aléas des voyages.

Le problème est qu’à l’aéroport, j’ai pas mal de crampes intestinales, au point d’être pliée en deux par moment et c’est franchement pénible. J’ai fait quarante-cinq minutes de queue au guichet de Lao Airlines pour m’enregistrer sur mon vol pour Paksé, non pas qu’il y ait eu tant de monde que ça mais je m’étais mise dans une file dans laquelle il y avait un groupe, je n’avais pas fait gaffe, et où l’hôtesse au sol n’était pas une rapide. Quand ça a été enfin mon tour, il a fallu que je négocie pour qu’elle accepte de me laisser passer avec mon excédent de bagages (+7 kg au total). Ne pouvant rien décider par elle-même, elle a dû appeler son chef, auquel j’ai expliqué que je venais en mission humanitaire, je lui ai montré le papier officiel de l’association des Amis de Paksé et du Département de la Santé du Laos,  j’ai même sorti l’appareil à surveiller la glycémie que mon beau-frère Christophe m’avait donné pour là-bas et j’étais à deux doigts de sortir mes orthèses pour les poser sur leur comptoir quand il a dit que c’était ok, que je ne paierais pas de supplément 🥳. Après ça, direction l’immigration, et là, c’était l’horreur, à croire que tous les avions partaient à la même heure et que donc tous les passagers arrivaient au même moment pour franchir la douane… Il a fallu une heure, pendant laquelle j’étais pliée en deux régulièrement, pour que je puisse enfin présenter mon passeport au douanier. C’était ensuite la queue pour passer la sécurité, même foule sauf que là je rigolais moins, la bonne avance que j’avais en arrivant à l’aéroport avait fondu comme neige au soleil. J’ai carrément doublé tout le monde en expliquant que j’embarquais dans vingt minutes, ce qui était le cas, et personne n’a objecté. Là, j’ai fait bien attention à reprendre toutes mes petites affaires cette fois 😜. Et j’ai hâté le pas pour rejoindre ma porte d’embarquement qui, bien sûr, était à l’autre bout de l’aéroport ! Je suis arrivée pile à l’heure du début d’embarquement mais j’ai vu que tout le monde était gentiment assis et que ça n’avait pas commencé. J’en ai profité pour aller aux toilettes, enfin, et je me suis allongée en position fœtale sur les chaises le temps qu’on embarque. On est parti avec quarante-cinq minutes de retard finalement 😤. Dans l’avion, pourtant quasiment plein, j’ai eu de la chance, le siège à côté du mien est resté libre, j’ai pu voyager recroquevillée tout le vol ou presque.

Nous sommes arrivés à Paksé dix minutes avant qu’un gros orage n’éclate. Heureusement, je crois que je n’aurais pas supporté un atterrissage sportif ! 

L’orage était passé quand je suis montée dans le taxi pour me rendre à ma guesthouse mais la pluie n’avait pas cessé. C’est rigolo parce qu’il pleuvait à mon arrivée au Vietnam et là aussi 😜.

Je me suis couchée directement en arrivant, j’avais 39° de fièvre et j’avais mal au ventre. J’ai dû décliner l’invitation à dîner de Phonsavanh, on a remis ça au lendemain. J’ai mangé un peu de sticky rice, chiné à mes propriétaires, je n’avais pas le courage de sortir. Et j’ai dormi, dormi.

Ho Chi Minh ou Saïgon :

Me voici contrainte de passer par cette ville, ce qui n’était pas prévu. Comme à chaque fois que je parlais avec Vicky, pour les réservation des vols, de « Ho Chi Minh » et qu’elle me répondait « Saïgon », je me suis demandée si je ne faisais pas une gaffe. Pour ceux qui se poseraient la question comme moi, voici les réponses que j’ai trouvées :

Raison historique

Jusqu’en 1975, on utilisait officiellement et uniquement la dénomination Saigon. C’est en effet en 1975 que la ville a été rebaptisée Hô-Chi-Minh-Ville, par le régime du Nord. Année où cette dernière s’est emparée de Saigon (« la chute de Saigon » ou encore en anglais « Fall of Saigon »). La ville a également perdu son titre de capital officielle du pays cette même année, en cédant son titre à Hanoi.

Raison culturelle

Cet événement s’est déroulé il y a maintenant 42 ans. De ce fait, les personnes ayant assisté à la chute de Saigon, mais également au changement de nom de la ville, sont encore en vie et ont donc conservé l’habitude de nommer la ville ainsi. Par conséquent, leur descendants également.

Raison politique

La ville a été officiellement rebaptisée Hô-Chi-Minh-Ville, en hommage à Hô Chi Minh, fondateur de l’actuel Parti communiste vietnamien ainsi que de la République démocratique du Viêt Nam. Les personnes n’adhérant pas à ce courant politique n’utilisent donc pas, ou alors que très rarement, ce nouveau nom.

Raison géographique

Certains vietnamiens considèrent Saigon comme le centre-ville et Hô-Chi-Minh-Ville comme la métropole ou encore la grande agglomération. N’oublions pas que la ville a une superficie de 2,096 km2, soit 20 fois la taille de Paris (intra-muros).

Le matin du départ, je suis contente, je suis à l’heure à l’aéroport, je m’enregistre facilement malgré une valise plus lourde qu’autorisée, on ne me fait pas de remarque, et je bois tranquillement un café en attendant l’heure d’embarquer. Une fois dans l’avion, je commence à déballer toutes mes petites affaires pour le voyage quand je m’aperçois que je n’ai plus mon ordinateur dans mon sac à dos 😱. Panique totale, première pensée : je me le suis fait voler pendant que je prenais mon café en attendant mon vol, puis mon cerveau rationnel me commande de réfléchir et de refaire, dans ma tête, le trajet depuis que j’ai déposé ma valise au comptoir. Je réalise tout à coup que j’ai dû l’oublier à la sécurité 😩. Je préviens l’hôtesse qui appelle aussitôt quelqu’un et me dit qu’ils vont regarder. Je rajoute que j’ai aussi oublié ma petite sacoche avec mes différents câbles et ma trousse de toilette, ce qui confirme bien un oubli et non un vol, elle rappelle son interlocuteur pour le lui préciser. Je suis à deux doigts de quitter l’avion, tant pis, je prendrai le suivant, je suis devant la porte pour en sortir quand la cheffe de cabine me dit qu’on ne peut pas descendre et qu’il faut attendre. Je trépigne à côté d’elle quand elle m’annonce finalement qu’ils ont trouvé mon bac à la sécurité avec tout dedans et qu’ils me l’amènent 😅. Quel shoot d’adrénaline le matin de bonne heure…c’est bien la première fois que ça m’arrive, pourtant, j’en ai passé des sécurités…Et ce n’était que le début de la journée.

J’avais réservé la veille, pour ma nuit à Ho Chi Minh, une chambre sur Booking qui ne se libérait qu’à 15h. Mon vol atterrissant à 10h30, j’avais appelé la propriétaire pour savoir si je pouvais au moins déposer ma valise à l’hôtel, je comptais aller me balader en attendant que la chambre soit prête. La dame avec qui j’ai échangé m’a expliquée que ce n’était pas possible et qu’il fallait que je voie à l’aéroport pour laisser ma valise à la consigne. Après une recherche sur internet, je découvre qu’il y a effectivement une consigne où on peut laisser les bagages de quelques heures à une journée. Puisque je reprenais l’avion le lendemain midi, je décide de leur laisser ma grosse valise et de ne prendre que mon sac à dos avec le nécessaire pour une nuit.

En attendant que ma chambre soit prête, je décide de visiter un des  quartiers de Ho Chi Minh qui a encore des bâtiments qui datent de la colonisation française. Je cherche un taxi en sortant de l’aéroport et je suis les panneaux qui indiquent l’emplacement des taxis. Je monte dans la voiture de tête, je demande au chauffeur à combien se montera la course et il me dit « meter » en me montrant le compteur de prix sur le tableau de bord et on part. Je ne sais pas pourquoi mais mon instinct me dit que ce n’est pas un taxi officiel, peut-être parce que mon cerveau, malgré la fatigue, a enregistré qu’il n’y avait pas écrit « taxi » sur la voiture mais trop tard. Je profite du trajet pour regarder sur internet combien coûte une course aéroport/ 1er arrondissement, là où il doit me déposer, et je lis que ça me doit pas dépasser 155.000 Dong. Le temps que je fasse ma recherche, on a déjà dépassé ce montant et quand on arrive à destination, il m’annonce que je lui dois 700.000 Dong, en me montrant le compteur. Je comprends que je me suis faite berner comme une débutante, je tente de négocier et je parviens à lui faire baisser le prix à 400.000 Dong. C’est l’arnaque mais bon, ça m’apprendra à ne pas avoir été vigilante 😩.

Je visite un bureau de poste qui date du 19ème siècle, très bien conservé et encore en activité. Je pense que leur chiffre d’affaire principal vient des touristes qui achètent et envoient des cartes postales 😉.

Le bâtiment suivant que je voulais voir est la cathédrale Notre Dame de Saïgon. Manque de chance, elle est en réfection, sous des échafaudages et inaccessible 😤.

Après avoir déjeuné d’un Pad Thaï, spécialité thaïlandaise histoire de changer un peu de cuisine, je déambule pour ne pas arriver trop vite à l’hôtel.

Puis je me dirige tranquillement vers l’hôtel, je suis un peu en avance quand j’arrive. Il s’agit en fait d’une énorme résidence, les propriétaires y louent des studios, c’est pour cela que je ne pouvais pas laisser ma valise, il n’y a pas d’endroit pour ça. J’appelle la propriétaire pour lui signaler que je suis arrivée, je sens comme un malaise dans sa voix, elle ne comprend pas ce que je fais là et me dit que ma réservation a été annulée parce que je ne l’ai pas confirmée. J’ai beau lui dire qu’on s’est parlé au téléphone ce matin même, elle me dit que ce n’est pas possible et que je dois trouver autre chose 😩. J’avoue que je suis un peu dépitée. Je me mets à chercher un autre logement dans le même secteur, toujours sur Booking. J’en trouve un autre, je le réserve mais j’appelle quand même pour confirmer. La personne me dit que sa sœur arrive pour me donner la clé. Quinze bonnes minutes plus tard, je rencontre la sœur qui me dit qu’elle est désolée mais qu’il y a eu erreur, en fait la location de cet appartement était prolongée, re-😩. Devant ma mine dépitée, elle me dit qu’elle va essayer de trouver autre chose, je la laisse faire, de toutes façons, j’en ai marre. Elle me propose un autre logement un peu plus loin qu’elle me fait au même prix. Je lui explique que la résidence de celui que j’avais à la base avait une piscine, elle me dit que dans l’autre, il y en aura une aussi et que le taxi qu’on va prendre pour y aller est à sa charge, j’accepte sa proposition. La résidence est très classe, l’appartement est au 28ème étage, il y a deux chambres et un balcon, c’est très sympa. 

Je décide de me rendre à la piscine mais arrivée devant, je constate qu’elle est entourée de rubalise. Je vais à la réception pour demander pourquoi, et bien aujourd’hui, c’est le jour de nettoyage, re-re-😩. Décidément, ce n’est pas ma journée…Du coup, je bouquine puis je vais manger au plus près, en bas de l’immeuble pour faire simple, dans un restaurant coréen, pas d’autre choix, qui n’était pas extraordinaire. J’envisage d’aller me faire masser après, histoire de me détendre et d’oublier les aléas de cette journée mais le salon, juste à côté de la résidence, indiqué sur Google Maps s’est révélé fermé à cause du Covid re-re-re-😩. Bref je me suis couchée tôt pour vite changer de journée 😅.

Dernière journée à Huê

Après avoir fait toutes ces visites depuis le début du séjour, j’ai décidé de buller un peu, je roule au hasard des rues, je m’arrête quand ça m’inspire, c’est aussi ça les vacances 😉.

Cathédrale Phù Cam :

Les abords du marché :

Je me suis posée pour bouquiner au bord de la rivière des Parfums, enfin un peu de calme, ça fait du bien, ce pays est vraiment très bruyant 😅.

En chemin :

Le soir, j’avais rendu mon scooter et il n’y avait pas grand choix autour de mon logement, en fait il n’y avait que ce resto de rue. Pas de chance, c’était un resto de poisson et jusqu’ici, je m’étais gardée d’en manger 😬 et bien j’avais tort, c’était délicieux !

Et oui, même ici, on occupe les enfants avec le téléphone, ça a duré tout le temps de mon repas :

La Cité Impériale et deux mausolées

La ville de Huê fut la capitale du Vietnam pendant la dynastie des N’Guyen de 1802 à 1945. C’est l’Empereur Gia Long qui lança la construction de cet ensemble gigantesque qu’on appelle la Citadelle. Aujourd’hui, il ne reste que 20 bâtiments sur les 148 d’origine, la majorité ayant été détruite par les bombardements américains en 1968. Sur ceux restant, les deux principaux, le Palais de la Suprême Harmonie et la Cité Pourpre Interdite étaient en réfection, on ne pouvait pas les visiter. Il y avait quand même pas mal de petits temples, de palais et de portes gigantesques, j’ai eu de quoi faire des photos 😉.

Le Mausolée de Minh Mang : un vaste domaine, situé à une dizaine de kilomètres de la ville, ceint d’une gigantesque muraille, composé de plans d’eau, de palais, de temples et de la tombe de l’Empereur.

Le mausolée de Tu Duc : encore plus grand que le précédent ! Tu Duc était un Empereur qui avait une centaine de femmes et de concubines mais qui, étant stérile, n’a pu donner au trône un successeur. C’était également un poète très célèbre et on trouve pas mal de ses poèmes, accrochés dans les bâtiments, sous forme de tableaux où le poème est mis en valeur par une peinture qu’il a commandé à un artiste.

Et pour finir, quelques photos prises au cours de cette balade en scooter autour de Huê.

Sur la route en direction de Huê

Je remonte vers Huê, où je vais passer 3 jours pour découvrir cette cité historique avant de partir vers Paksé au Laos. Je sais qu’il existe des bus qui font le trajet au départ de Huê, c’est pour cela que j’ai choisi cette partie du Vietnam, il n’y a qu’une dizaine d’heures de bus (si tout se passe bien) entre les deux villes.

Ce que je n’avais pas prévu en revanche, c’est qu’on ne peut pas obtenir de visa sur place, au poste de frontière entre le Vietnam et le Laos, alors que c’est parfaitement réalisable aux postes de frontière entre la Thaïlande et le Laos, je l’ai fait plusieurs fois 😅. J’avais même prévu la photo et les 40$ demandés à cette occasion. Heureusement que j’ai discuté avec des gens qui m’ont dit avoir lu ça sur Internet et que je me le suis fait confirmer par le consulat du Laos à Da Nang. J’ai aussi appris qu’il était trop tard pour faire une demande de visa à leurs bureaux, mon visa de touriste de 15 jours au Vietnam sera dépassé le temps d’obtenir mon visa pour le Laos 😤. Alors changement de programme, je cherche comment y aller en avion puisque je peux obtenir mon visa directement à l’arrivée dans n’importe quel aéroport du Laos. 

J’ai deux possibilités : soit prendre 3 vols : Huê-Hanoi, Hanoi-Vientiane puis Vientiane-Paksé ou soit 2 vols : Huê-Ho Chi Minh puis Ho Chi Minh-Paksé, option que je choisis. J’hésite encore sur la manière de me rendre au sud du pays mais pour aller jusqu’à Ho Chi Minh , il faut compter 20h de voiture ou 24h de bus ou 22h de train contre 1h30 d’avion, le dilemme est vite résolu. Ça fait tout de même un sacré détour 😅

Ma logeuse est adorable, elle se charge de prendre mes billets sur internet, elle passe par une agence parce que la compagnie aérienne laotienne est en réfection de site et n’accepte pas la carte Visa jusqu’à nouvel ordre 😩. Elle organise aussi mon voyage de chez elle à Huê, elle a réservé une place dans un mini-bus qui fera le trajet entre-coupé de quatre arrêts d’endroits « à voir absolument ». Heureusement, nous ne sommes que huit passagers et effectivement, c’était sympa de voir tout ça.

Les Montagnes de Marbre : il y en a 5 au total, représentant les 5 éléments. Nous visitons la Montagne Thuy (Eau), la plus haute, une centaine de mètres, lieu qui comporte plusieurs temples, pagodes et grottes. C’est de ces montagnes qu’était extrait le marbre dont ils font des statues ou des objets du quotidien, aujourd’hui, ce n’est plus le cas, il est extrait et travaillé à plus de 500 km au nord. Il faudrait environ 3 à 4 h pour tout voir, on ne dispose que d’une heure alors on n’en voit qu’une partie, d’autant que ça grimpe beaucoup et ça, mon genou adore 😬.

Le col de Hai Van :

Lang Co Beach : soit disant une magnifique lagune, je suis un peu déçue, je m’attendais à une eau turquoise, je ne sais pas pourquoi. En tous cas, il y a beaucoup de cabanes de pêcheurs d’huitres, une des spécialités du coin.

Roofed Bridge (Thanh Toan Tiles) : un charmant petit village au milieu des rizières et son pont couvert comme le pont japonais de Hôi An.

Un article sur 3 « thèmes »

Les maisons « Tubes »

Après vous avoir montré quelques maisons de la ville datant pour certaines du 16ème ou 17ème siècle, voici des maisons plus récentes qu’on trouve depuis le 19ème siècle. J’ai trouvé l’explication de ces étranges maisons sur le site authentikvietnam.com : « La maison tube est étroite et profonde puisque la  taxe foncière, depuis le XIXème siècle, est calculée au prorata du nombre de mètres linéaires de la façade donnant sur la rue. Les maisons s’imbriquant les unes aux autres, il n’y a pas de fenêtre sur les façades latérales. La profondeur de la maison donne l’impression d’un long tube étroit qui est subdivisé en sections. La première peut servir au commerce ou pour garer les scooters la nuit, vient le salon puis, au fond, la cuisine. Les étages se multiplient pour accueillir les chambres des membres de la famille, une pièce dédiée au culte des ancêtres et le toit-terrasse aménagé en buanderie. » Elles peuvent être très simples ou au contraire très décorées et/ou peintes de couleurs vives.

Les touristes sur les sites :

une chose m’intrigue depuis que je visite les sites historiques ici, une bonne partie des touristes asiatiques féminines est très habillée, voire déguisée (à mon sens 😉). Je ne sais pas si elles sont tout le temps comme ça ou si c’est juste pour cette occasion particulière, pour se mettre dans l’ambiance. Je ne pense pas que ce soit par respect du lieu vues toutes les poses stupides qu’elles prennent devant chaque porte, statue, monument, plante…Les photos suivantes représentent à peine le dixième de ce que j’ai vu et je ne parle pas du temps que j’ai passé à attendre qu’ils aient fini leurs photos pour pouvoir prendre le bâtiment sans eux au premier plan !

Instantanés de motos et de vélos :

J’ai déjà fait des photos prises sur le vif de gens sur des motos ou des vélos mais j’avais envie de vous en montrer d’autres (en espérant ne pas avoir fait de doublon avec celles des articles précédents 😬).

Et pour finir, petite vidéo :

Le remorquage à la vietnamienne 😉

Hôi An 2

Cette ville a quelque chose d’agréable, à moins que ce ne soit la gentillesse de la famille de ma guesthouse, toujours est-il que je reste là cinq jours au lieu des trois initialement prévus 😉. Le centre-ville, hyper touristique, grouille de monde, vous ne vous en rendez pas compte parce je m’arrange pour qu’il n’y ait presque personne sur mes photos, ça me prend souvent plusieurs minutes d’attente pour en réussir une sans personne. C’est vrai que ça fait un peu ville fantôme mais moi je préfère et je trouve ça délicat de prendre des gens en photos comme s’ils étaient des bêtes curieuses. Je n’aimerais pas qu’un touriste me prenne en photo alors que je bois tranquillement un café devant chez moi ou à la terrasse d’un bar, alors souvent, je demande aux gens si je peux les prendre en photo ou je m’arrange pour qu’ils ne me remarquent pas 😅. Voici quelques uns des lieux que j’ai eu l’occasion de voir, je suis loin d’avoir visité tous les monuments de la ville, j’ai choisi ceux qui me plaisaient ou me parlaient.

Musée de la médecine traditionnelle vietnamienne

Une salle de rassemblement de la congrégation chinoise

Musée de la vie locale

Le pont Japonais, la vieille maison de Phung Hug et autres lieux

Encore quelques maisons et boutiques :

Et puis n’oublions pas que la mer n’est qu’à 10 minutes en scooter, alors une petite pause baignade/lecture/repas s’impose :

Hôi An, la campagne environnante

Et voilà, j’en ai déjà marre de l’agitation de la ville et même si ma guesthouse est au calme, j’ai besoin de solitude et d’espace. Je me concocte un petit road trip sur mon téléphone, un peu au hasard, parce que les guides consultés ne parlent que des sites touristiques mais pas de la campagne. J’enfourche mon super scooter, plus fait pour la ville que la campagne, tant pis, je ferai avec 😉. Je traverse la ville et sa banlieue avant d’apercevoir au loin les montagnes que j’envisage d’atteindre avant midi.

Vous pouvez cliquer sur les photos pour les agrandir si besoin, certaines sont prises d’un peu loin parfois et avec le téléphone, on ne voit pas aussi bien les détails qu’avec les yeux 😉

Après une bonne heure et demi de route en pointillé, je m’arrête souvent contempler le paysage et les gens au travail, je me pose dans un petit resto pour déjeuner. Mon vietnamien étant plus que rudimentaire (bonjour, merci, s’il vous plaît, où sont les toilettes et c’est combien ?…), j’utilise google translation pour échanger avec la serveuse, c’est quand même pratique cette appli 😃. Le plat unique, c’est des nouilles au poulet, ça tombe bien, j’aime ça. Comme d’habitude, les morceaux de poulet doivent peser au total 30 grammes et sont plus constitués d’os que de chair mais c’est délicieux, parfumé et pas trop épicé.

Je reprends la route mais je commence à avoir bien chaud, je pense que je suis au bord de l’insolation…je suis presque la seule à rouler en moto sous cette chaleur, à part ceux qui doivent vraiment sortir, tout le monde est bien au frais à l’intérieur des commerces ou des maisons, temps calme pour tout le monde. Le seul avantage à rouler à cette heure-là est qu’il y a peu d’animaux sur la route, par contre, il y a des poids lourds qui roulent comme des fous en klaxonnant dès qu’ils arrivent derrière moi des fois que je ne les ai pas entendus arriver ! Je finis par faire demi-tour, je ne peux pas contourner la montagne, ce serait trop long et je ne peux pas passer à travers, il faudrait une moto plus puissante. Une dizaine de kilomètres plus tard, je trouve un café qui a l’air d’avoir des chaises normales (j’en ai marre des chaises pour enfants !) et je suis obligée de réveiller la serveuse pour commander. Une fois mon café glacé bu, je copie mes voisins de table, qui se sont allongés sur trois chaises mises bout à bout, pour faire une mini-sieste. Malgré le bruit des camions qui passent sur la route, l’énergumène qui beugle dans son karaoké pas loin et la voisine qui tousse sans arrêt, j’arrive à dormir une demi-heure et ça me requinque.

La campagne est vraiment très jolie, et contrairement au Laos, les rizières sont encore bien vertes à cette époque, c’est lumineux. Je note qu’ils font sécher beaucoup de choses au bord de la route, j’avais déjà remarqué qu’il faisait sécher leur linge qui, bizarrement, ne sent pas les gaz d’échappement mais qui doit être plein de poussière une fois sec 😅.

Petit détour sur la route pour aller voir une cascade, j’ai besoin de me rafraichir. Evidemment la route pour y accéder n’est pas vraiment carrossable pour mon scooter et je dois traverser de belles flaques d’eau où je m’enfonce. Après quelques centaines de mètres, je suis devant un panneau que bien sûr je ne comprends pas même après la traduction de Google 🥹 , je pense que ça n’a rien à voir avec la cascade ! Je continue et parviens enfin à destination, ça valait le coup de persévérer. Le gardien m’accueille gentiment, on se comprend par signes, il m’accompagne jusqu’à la cascade et son bassin, petite rando de 10 minutes sur de gros rochers le long de la rivière. Il me fait comprendre qu’il y a un autre bassin plus haut, à 45 minutes de marche encore, je décline son offre, il est déjà 15h30 et la nuit tombe tôt, à 17h45, j’ai encore de la route pour rentrer. Il y a quelques jeunes sur place mais ils ne restent pas longtemps après mon arrivée alors je peux profiter de l’endroit pour moi toute seule. L’eau est bonne et l’endroit très paisible, ça me ressource.

Petite vidéo du lieu :

Hôi An 1

Puisque mon séjour vietnamien est court, je me limiterai à visiter 3 villes assez proches les unes des autres et leurs environs . Après Da Nang, me voici à Hôi An, distante d’une trentaine de kilomètres. C’est une ville un peu en retrait de la mer et séparée par beaucoup de petits canaux, ce qui donne pleins de petites îles, c’est sympa de franchir tous ces ponts en se baladant.

C’est une ville très touristique, je ne m’attendais pas à ça. Sina, un ami franco-laotien à qui j’ai dit que j’étais là-bas, m’a dit « ah, tu es à Disneyland ! ». Bon, c’est un peu exagéré mais ça a du vrai : c’est un peu bondé de touristes (et j’en suis une aussi) et les magasins de tailleurs succèdent aux magasins de chausseurs qui eux-mêmes succèdent aux magasins de soieries et autre cachemires, le tout entre-coupé de restaurants et de SPA proposant toutes sortes de massages des pieds à la tête. Le Mont Saint Michel version vietnamienne 😜. Les maisons sont presque toutes jaunes ou ocres et sont très fleuries. Il y a des lampions partout, c’est très coloré et la nuit c’est beau.

Je suis logée dans une guesthouse qui est familiale comme souvent en Asie, c’est Vicky la gérante, au sens propre du terme, elle gère tout. Dans la maison, vivent aussi sa soeur et ses trois enfants, ses parents et ses beaux-parents. Vicky, qui parle parfaitement l’anglais, s’occupe de l’accueil des clients, des réservations aux activités qu’elle propose, de louer des scooters ou des vélos (la ville est plate), de faire du change de monnaie, de confier le linge sale à son personnel (qui se trouve être sa soeur et sa mère aidée par une autre personne 😉) et à ses heures perdues, elle jardine tomates, fraises et herbes de toutes sortes.

Je me suis inscrite à un cours de cuisine, ce n’est pas trop mon truc d’habitude les activités de groupe, mais j’avais envie de découvrir quelques secrets d’une cuisine que j’aime beaucoup. Nous avons commencé par aller chercher les ingrédients au marché, circuit court, qualité irréprochable 😃.

D’après notre cheffe cuisto/guide, ici ce sont les femmes qui sont bouchers/bouchères parce qu’elles sont beaucoup plus fortes musculairement et meilleures négociatrices pour les achats que les hommes. Je la cite : « les hommes sont bons à rester au café boire du whisky et fumer ». Ce n’est pas la première fois que j’entends cette réflexion en Asie, pourtant il y a des hommes qui travaillent, j’en ai vu 😉. C’est vrai qu’à partir de 10-11h le matin jusqu’à tard le soir, il n’y a que des hommes dans les cafés, mais ils ne boivent pas tous du whisky, beaucoup sont au thé !

Après avoir fait le plein des ingrédients qui vont nous servir à préparer les plats au programme, nous sommes emmenés près de l’école de cuisine où, pour nous faire patienter le temps que de petits elfes de maisons découpent les morceaux de viandes, les légumes, lavent les plantes aromatiques, installent toute la salle…, nous avons le droit à une balade en barque ronde sur le canal avoisinant. Cliché à souhait, tout ce que j’aime 😇.

Un bout du spectacle, je ne vous mets pas tout ce à quoi on a eu le droit, je ne veux pas spoiler dès fois que vous veniez 😂

Une fois arrivés à l’école de cuisine, nous avons eu le droit à une explication sur la transformation des grains de riz, les différentes étapes pour aboutir à : de la farine pour nourrir les animaux, du lait ou de la crème de riz, des feuilles de riz et des nouilles. C’était très instructif et interactif, on a eu l’occasion de tester chaque étape.

Piler le riz est une fois de plus dévolu aux femmes parce que c’est éreintant…il faut environ 15 minutes pour piler un petit bol de riz, équivalent du repas d’une personne. Or, chaque personne mange 3 fois par jour et la famille est composée de plusieurs personnes, ce travail peut donc représenter quelques heures 😅.

Une fois tout ça dit, place au cours proprement dit. La cheffe nous montre l’exemple, à chaque plat, elle prend bien le temps d’expliquer tout, y compris les erreurs de débutant à éviter et c’est à notre tour de nous y mettre. Chacun va confectionner ses propres plats de A à Z, à part, comme je l’ai dit, toute la partie pénible de nettoyage, d’épluchage, de découpage, de désossage, ça, c’était réservé aux elfes cachés derrière une palissade en bois. En récompense, ils auront le droit au bouillon qu’on a fait et dont on n’utilisera pas tout. J’espère quand même qu’ils sont un peu payés 😬.

On a fini par une soupe de boeuf avec le bouillon qu’on avait mis à mijoter en début de cours, c’était aussi très parfumé. Heureusement, pour terminer, quelques petites tranches d’ananas ont été les bienvenues pour digérer tout ça 😅.

Da Nang by night

Le marché de nuit est une institution dans les villes du Vietnam comme en Thaïlande et au Laos d’ailleurs. Il s’agit d’un lieu très animé dès la tombée de la nuit où les gens vont de stands de nourritures variées aux stands de marchands ambulants, de vêtements ou de babioles pour touristes, et assistent parfois à de petits spectacles.

J’ai opté pour le BBQ, brochette de poulet et champignons entourés de porc et des petits dumplings colorés naturellement avec du curcuma et fourrés au maïs et au soja, je me suis bien régalée. Après avoir traîné sur le marché aux babioles, non sans avoir acheté deux mini-lanternes, on ne se refait pas, je suis repartie vers mon hôtel. Ce faisant, je suis passée devant le pont du Dragon qui était envahi de gens, dessus et sur les côtés. Il y avait de la musique, des applaudissements alors je me suis arrêtée pour regarder le spectacle. Le Dragon crachait du feu puis, après une musique vietnamienne (je n’ai pas vu si c’était une chanteuse ou une sono), il s’est mis à cracher de l’eau sur les gens, j’étais contente d’être moins bien placée mais au sec 😉.

Découverte de Da Nang et de ses environs

J’ai oublié comme il était dangereux de se promener à pied ici, les motos débarquent de partout, il n’y a pas ou peu de trottoir (en dehors de la promenade le long de la plage) et il faut toujours regarder où l’on marche, le bitume est tout sauf droit, les trous et les choses au sol sont nombreux alors, pour limiter mon risque d’entorse, j’ai loué un scooter à ma logeuse. C’est un plaisir de se sentir libre d’aller où on veut, une fois les codes de la route locaux intégrés. On conduit au klaxon, celui que klaxonne le plus fort et le plus longtemps a priorité. Les ronds points et la plupart des intersections sont une véritable aventure, imaginez le rond-point de l’Arc de Triomphe aux heures de pointe, où motos, voitures et camions s’entrecroisent dans un ballet orchestré à l’instinct. Il faut être doté d’excellents réflexes et d’un sens inné de la perception de l’autre dans l’espace ; heureusement, je suis plutôt instinctive et je n’ai pas peur.

Je suis allée visiter la péninsule de Son Tra, je pensais pouvoir en faire le tour mais une bonne partie des routes est fermée aux scooters, je pense qu’il doit y avoir de telles pentes qu’il faut une moto ou une voiture pour y rouler. J’ai quand même pu avoir un bon aperçu de l’endroit, il y avait parfois de belles vues, quand elles n’étaient pas gâchées par la brume due à la combinaison de chaleur et d’averses. On m’avait prévenu qu’il pleuvait souvent au Vietnam, ce n’est pas une légende, heureusement, la saison sèche arrive cette semaine 😜.

J’ai réussi à me perdre malgré le GPS, je me suis retrouvée avec des tas de camions qui allaient au port, je ne voyais plus rien avec toute la poussière qu’ils soulevaient et que je prenais dans la figure, j’ai oublié mes lunettes de soleil en France, il faut que je m’en achète ! J’ai bien cru que j’allais finir dans un container !

La ville est très variée sur le plan architectural, de très vieilles bâtisses (certaines bien entretenues, d’autres complètement décrépies) cotoient des immeubles ou des maisons flambant neufs. On sent que le tourisme se développe ou repart après l’épisode Covid, il y a beaucoup d’hôtels très chics et des opérations d’habitats particuliers de grande envergure surtout sur le front de mer. Il n’y a pas de protection du littoral comme chez nous, ça ne va pas être joli d’ici peu (enfin d’après moi, chacun ses goûts) et il n’y aura plus de petites plages pour les gens comme moi qui n’aiment pas la foule. Le pire, c’est que ce sera probablement très dur pour les pêcheurs individuels qui sont postés toute la matinée sur ces plages, tous n’ont pas une barque ou un bateau.

C’est reparti pour l’Asie

La grève de mardi m’a contrainte à prendre ma voiture au lieu de voyager en train jusqu’à Paris. C’était cool parce que j’étais un brin à la bourre pour faire ma valise, j’ai eu du mal à caser mes fringues au milieu de toutes les orthèses, les médicaments et les cadeaux que j’emmène au Laos et j’ai pu arriver tard chez Cathleen, Gérald et Louise qui m’hébergeaient.

Le vol Paris Bangkok a été paisible, il était complet, c’était impressionnant par rapport à l’année dernière. C’était très rapide grâce à des vents favorables, deux films et demi, trois quart d’heure de sieste et 2 repas plus tard et hop arrivée ! Après, il a fallu que je passe une première fois l’immigration pour récupérer ma valise puis une seconde fois pour prendre mon deuxième vol vers le Vietnam bien que je parte du même aéroport, je ne voyage pas sur la même compagnie. J’étais bien contente d’avoir une heure d’avance sur l’heure d’arrivée, j’ai mis plus d’une heure et demi pour arriver devant le douanier après avoir passé le sécurité. Je ne sais pas comment ils s’organisent ou si leur poste frontière est sous-dimensionné par rapport au nombre de passagers qui débarquent mais qu’est-ce que c’est lent…Comme j’avais prévu 3 heures entre mes deux vols, j’ai eu quand même le temps de manger des sushis avant monter dans mon avion pour Da Nang. Et à l’arrivée, de nouveau des files de gens devant les douaniers, heureusement que je n’avais pas fini tous les films téléchargés avant mon départ 😅. Mon douanier est sympa, il me laisse passer sans me faire payer le visa que j’ai oublié de prendre. Je peux rester quinze jours, ce qui est plus que ce dont j’avais besoin !

Je suis arrivée à midi sous un crachin typiquement normand ou breton sauf que la température extérieure était de 25° 😉. J’avais demandé un chauffeur à l’hôtel, j’avoue qu’étant réveillée depuis quasiment 24h, je n’avais pas envie de galérer pour trouver un taxi puis l’hôtel. Ma chambre ou plutôt mon studio est sympa, ça sent un peu l’humidité (pas d’aération dans la salle de bain) mais c’est propre et très correct pour 11€ la nuit. Je suis à dix minutes à pied de la mer de Chine dans le quartier de Do Ba à Da Nang. J’ai choisi cette ville parce que c’est au centre du Vietnam, qu’il y a des choses à voir autour dans un rayon raisonnable et que c’est presque sur le même parallèle que Paksé, je n’aurai donc pas besoin de prendre l’avion pour y aller, il y a un bus qui met quelques heures, certes, mais ce sera l’occasion de voir des paysages.

Après avoir posé mes bagages, j’ai fait une petite sieste, j’étais vraiment fatiguée, puis je suis allée me balader pour découvrir le quartier avant la tombée de la nuit. Je me suis arrêtée dans un salon de massage qui m’avait l’air accueillant et je n’ai pas vu passé l’heure suivante. Evidemment il faisait nuit quand je suis sortie à 18h30 alors je n’ai pas trop traîné et je suis allée manger un plat typiquement vietnamien au coin d’une rue, je n’ai pas retenu le nom, je l’ai pris parce qu’il y avait du canard dedans 😅. J’avais l’impression d’être Gulliver sur ces chaises en plastique pour enfants, ce n’est pas un effet de la photo.