Départ pour Champassak ce matin, le mini-van passe me prendre à la guesthouse à 8h, je suis légèrement en retard (de 5 minutes) mais j’avais oublié que je n’avais pas payé mes trois nuits et bien sûr l’argent était dans ma valise que j’avais bien bouclée…Le couple d’allemands qui voyage avec moi me regarde d’un air désespéré, j’imagine qu’ils se disent : ah ces français, jamais à l’heure L. C’est vrai qu’eux, bien qu’on ait pris le petit déjeuner en même temps, étaient prêts ¼ d’h avant, la chambre réglée et les bagages posés près de l’entrée 😉
Le mini-van est neuf et la clim mise de façon raisonnable (et pas comme dans le bus navette entre les deux aéroports à Bangkok qui avait réglé sa clim sur 17° alors qu’il faisait 36° dehors, résultat, je me suis choppée un rhume et une petite angine qui commencent tout juste à s’arranger).
Arrivée à la même guesthouse que l’année dernière (je suis plutôt du genre fidèle quand ça me plaît et puis ça ne peut pas être tout le temps l’inconnu, c’est bien d’avoir un repère stable de temps en temps), je retrouve avec plaisir ma chambre qui donne sur le Mékong et la tranquillité de l’endroit. Je sens que je vais pouvoir me ressourcer (après mes journées bien remplies) en guettant les levers de soleil tous les matins et en regardant le fleuve couler doucement le soir.




Le temps de m’installer et j’ai un coup de fil de l’interprète de l’association, M. Trat, qui m’explique que c’est le nouvel an chinois et comme il est à moitié chinois, il a des préparatifs à faire et ne pourra pas venir avec moi aujourd’hui mais demain seulement.
Malgré ça, je me décide à partir pour l’hôpital en fin de matinée, ½ h de scooter annoncé sur MapsMe, ¾ d’h pour moi parce que je me perds 😉 .Les enfants à qui je demande l’hôpital ne me comprennent pas mais je crois que je les impressionne… finalement j’arrive à prononcer ma première phrase en laotien compréhensible à un vendeur d’accessoires de téléphone qui m’indique le chemin, je ne comprends pas tout mais l’essentiel. Bon, je vous montre la route, vous comprendrez mieux pourquoi je suis passée à côté !

J’arrive et il est presque midi. Je demande à parler au directeur qui, coup de chance, est dans son bureau. Il ne parle pas anglais, me dit qu’il parle un peu français mais je me rend vite compte que son niveau équivaut celui de la nounou des garçons qu’on avait en Israël qui parlait soi-disant français mais qui ne connaissait surtout que les jours de la semaine et deux ou trois autres trucs, c’est-à-dire pas grand-chose.
Il m’emmène voir un médecin qui parle à peine anglais, qui me demande où j’ai mal…et je me dis que le directeur ne parle pas du tout français 😉
J’ai fini par leur faire comprendre que je voulais soigner les gens et non pas être soignée !! Après quelques explications, répétées maintes fois, je comprends que le médecin qui parle bien anglais sera là cet après-midi. J’explique que je vais aller manger et revenir mais le directeur me propose de manger sur place à leur cantine, j’accepte. Je suis la seule femme (à part la cuisinière) mais je finis par m’y habituer. En fait, des infirmières arriveront plus tard quand il n’y aura plus d’hommes, coïncidence ?? Il va falloir que je me renseigne.
C’était très bon mais on n’a pas échangé beaucoup, il sait dire quelques mots en français mais ne comprend pas bien même si je parle lentement, j’ai essayé google traduction mais ce n’était pas top 😉
alors je griffonne sur mon carnet ce que je voudrais vous écrire ou je révise ma méthode assimil de Lao, c’est tellement frustrant de ne pas être comprise que j’ai envie de progresser mais on n’apprend plus aussi vite à 51 ans qu’enfant L
Après le déjeuner, le directeur m’installe dans son bureau avec son ordinateur en libre-service et me fait comprendre que je dois attendre. Je passe surtout mon temps, sans succès, à essayer d’éteindre cette p*** de clim dirigée droit sur moi.
Le médecin, je n’ai pas retenu son nom, est arrivé un peu après 14h, très sympa, il a percuté tout de suite quand j’ai parlé de William et de l’association, il était surpris que je sois seule mais ça ne lui a pas posé de problème. Il m’a expliqué que j’aurai une salle de consultation pour moi, que je pourrais travailler tous les matins parce qu’il n’y a pas beaucoup de patients l’après-midi, ce qui m’arrange, ça va me permettre d’aller à l’école. Il va prévenir son staff et les patients, je commence demain à 8h.
Il m’a fait visiter tout l’hôpital, je n’ai pas fait de commentaire et je vous en reparle demain, photos à l’appui. Mais il y a de la bonne volonté de part et d’autre, ça devrait être une bonne coopération.



Et la journée n’est pas finie, je suis attendue chez Claude et Nilavanh que j’avais rencontrés l’année dernière et pour qui je ramenais des médicaments et des orthèses. Ils sont ravis de me revoir, et encore plus de ce que je leur amène. Je reste dîner avec eux, ils me font une cérémonie de bienvenue/remerciements et me voilà avec deux magnifiques bouts de cotons autour du poignet qui ont pour signification « chance, santé, prospérité, bonheur, réussite dans les projets, réalisation de tous mes voeux » et que tout ce qui est mauvais aille se noyer dans le Mékong et que tout ce qui est bon aille fertiliser les champs. Sacrée journée, sans jeu de mots 🙂


