Dimanche

Dimanche

Levée aux aurores, il paraît que le lever de soleil sur le lac est à voir alors je suis sur le pont ( au sens propre comme au figuré) pour assister à ça. Manque de bol, le ciel est couvert et ça ne se lèvera pas de la journée, tant pis, ça ne m’empêchera pas de me balader, les photos seront juste moins lumineuses. Je suis bien contente d’avoir pris ma polaire et mon anorak (tout léger, pas un truc pour le ski !) comme conseillé dans les guides, il fait très frisquet (15°) tant que je suis dans les montagnes (même si ce n’est pas si haut, dans les 500 m environ).

Le lac artificiel crée par le barrage

C’est un peu bizarre tous ces arbres morts, univers Tim Burton…

102 kms, 1h40, mdr, plutôt 4h30 mais je m’arrête faire des photos ou simplement admirer le paysage, et 1h de pause pour déjeuner, tranquille
Si seulement il y avait eu ce genre de panneau où Stéphane est tombé, peut-être qu’il aurait été vigilant…
Ancien poste frontière avec le Vietnam, distant de 50 km environ

J’avance, j’avance…

« The » industry of Laos…
D’où les camions, en plus d’être la route entre la Thaïlande et le Vietnam

Ça, c’est la maison typique 🙂
Une rivière, visiblement le lieu de rdv des riches laotiens du coins

Porcelet à la mode laotienne 😉
Heureusement, je me suis trouvée un coin tranquille que j’ai partagé avec un pêcheur laotien
Je n’ai pas osé me baigner seule 😦

Chèvres aujourd’hui, mais pas que..c’était journée cochons, je n’ai pas d’image, que des films…

Arrivée sans incident, mais non sans deux-trois frayeurs avec des poids lourds. C’est l’horreur cette route, les camions, thaïlandais ou vietnamiens conduisent comme des tarés.

À Thakhek, je passe par la gare routière pour connaître les horaires de bus pour Savannakhet, le guichetier me dit qu’il y en a toutes les heures, le suivant à 17h30. Parfait, j’ai largement le temps d’aller rendre la moto et de revenir à la gare routière. Le loueur de moto demande à sa femme de m’y emmener mais je comprends, à sa tête surtout, qu’elle n’en a pas envie, je me résigne à prendre un tuktuk, qui bien sûr m’emmène à la mauvaise gare routière (il y en a deux). C’est celle où je suis arrivée avec le mini van et je n’avais aucune envie de reprendre ça et de passer deux heures et demi serrée comme une sardine, même s’il y a un départ à 17h. Je reprends donc un autre tuktuk. À la gare routière, la guichetière m’explique qu’il n’y a plus de bus pour Savannakhet, que le dernier partait à 15h30 😦 Après d’âpres discussions, elle finit par me dire qu’il y a un bus à 17h30 pour Seno situé à 18 kms et qu’il y aura une gare routière avec un bus pour Savannakhet là-bas. Me voilà donc partie, dans un bus sans âge, sans trop de freins, sous un début de pluie. Je suis la seule étrangère, les gens ont l’air de faire confiance au chauffeur et à son bus, ou ils sont résignés, alors moi aussi…

Petit à petit, la pluie s’intensifie, il fait nuit noire et notre chauffeur double des poids-lourds malgré une visibilité limitée et des trous dans la route, plus que régulièrement. Les 18 kms sont passés (merci maps.me qui me permet de suivre en temps réel le trajet) quand finalement je comprends que la guichetière a voulu dire 80 kms, eighteen ou eighty, ils le prononcent pareil ici, et j’imagine que ça tombait sous le sens pour elle que je savais où était Seno ! Du coup, je somnole, il vaut mieux fermer les yeux et espérer que ça ira. La pluie redouble et on est sous un monumental orage, ça fait bientôt 3 heures qu’on roule…finalement, le chauffeur annonce Seno, mais je ne vois pas de gare, il tombe des trombes d’eau. Je lui demande de me dire où je peux trouver un bus pour Savannakhet, il crie un truc en laotien à la cantonade, il se passe bien 5 minutes pendant lesquelles il répète son message, et tous les passagers attendent patiemment que je descende du bus… Je ne veux pas descendre tant que je n’ai pas de réponse. Un homme se présente, m’emmène à son mini van, je suis trempée, fatiguée, mais heureuse de me mettre au sec. Il reste 25 km, une heure max j’espère. Il me demande l’équivalent de 2€ pour le trajet, il m’en aurait demandé 50 que j’aurais été prête à les lui donner tellement j’avais hâte d’arriver ! Mais il n’était pas dit que ça serait aussi simple…On est au Laos, pays de la patience et où la notion de temps n’est pas importante. Après avoir tenté de remplir son mini van du double de sa capacité et voyant que ça ne le ferait pas, il fait redescendre tout le monde pour nous mettre dans une « bétaillère ». Je me retrouve tout au bord, dès qu’on démarre, je me prends la pluie et les gaz d’échappement et j’ai peur d’être éjectée sur une accélération quand il double…je trouve une corde et me fait une ceinture de fortune que j’attache aux montants de la camionnette, le laotien en face de moi se tient comme il peut et se fait tremper autant que moi. Pour la deuxième fois de la journée, je suis vraiment contente d’avoir emmené ma polaire et mon anorak. Heureusement, il roule plutôt vite, même si c’est flippant, on gagne la ville en une demi-heure et dès les faubourgs, on s’arrête pour faire descendre des gens, je peux m’éloigner du bord 😉 Il ne pleut presque plus quand on arrive à la gare routière. Il n’y a qu’un seul tuktuk, qui ne parle pas anglais, et je n’ai pas d’adresse à lui donner, je n’ai rien réservé. J’ai juste oublié qu’il ferait nuit, que c’était dimanche, bref ville fantôme. Je cherche un hôtel vite fait sur mapsme, lui demande de m’emmener à l’hôtel Mekong, il a l’air septique mais accepte après qu’on se soit mis d’accord sur le prix (il faut négocier tout le temps, ils profitent du fait qu’on soit étranger mais c’est la même chose partout dans le monde !). Ça a l’air d’avoir été apocalyptique l’orage ici, il y a des branches d’arbres au milieu de la route le long du Mekong, des flaques grandes comme des mares, le tuktuk tente d’éviter les obstacles au maximum mais on s’en prend quand même quelques uns. Il me laisse devant l’hôtel et reprend sa route. L’hôtel est carrément glauque, genre Motel Bates dans le film d’Hitchkok, je demande à voir une chambre, dès l’entrée, il y a une odeur désagréable et des morceaux du plafond par terre, pas de bestioles à l’horizon mais je suis sûre qu’elles sont plaquées sous le lit voire dedans. Je demande le prix par acquis de conscience mais même pour 9€, je ne suis pas prête à dormir là, pas confiance. Je me retrouve donc dans la rue avec mes deux sacs, cherchant par où aller, maps.me m’indique une guesthouse à 500 m, je m’y dirige, il n’y a personne dans les rues, il n’est pas loin de 22h avec tout ça, ça fait ville fantôme…

La guesthouse est fermée et une autre qui n’était pas loin aussi. Je finis par tomber sur un resto ouvert, avec deux tables occupées par deux familles. Une des personnes parle anglais, très bien d’ailleurs. Je lui explique mon problème et elle m’accompagne en voiture jusqu’à un hôtel moins miteux que le précédent et va même jusqu’à s’assurer qu’ils ont des chambres et que ça me convient. C’est adorable de sa part, c’est une Thaïlandaise en we ici, il y en a beaucoup sur les villes-frontière qui traversent pour passer un we à pas cher, il y en avait pas mal à Thakhek aussi 😉 La chambre est correcte, ça va être parfait pour une courte nuit, je dois me réveiller à 5h30 demain pour aller prendre mon avion de retour à Paksé.

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