Attention, c’est long…
Le matin, balade autour de Tad Lo
Lavage de moto à pas cher

Découverte de la cascade













Et les éléphants…


Même pas peur…L’après-midi, visite chez Captain Hook, dans un village hors du temps ou presque Kok Phoung Taï., un peu Amish. On a de la chance, il n’y a avec nous qu’un jeune couple de français et un anglais.
Ils cultivent et vendent leur café, contre de l’argent depuis 17 ans. L’électricité est arrivée au village en 2009, la télé en 2012, les mobylettes commencent à arriver…


Je pique en partie le texte de cette rencontre à « Guillaume-est-ailleurs.com », trop la flemme et il raconte bien, je mettrais son texte entre guillemets et le mien sans et les photos sont de moi 😉
» Tout le village est animiste, c’est à dire que ses habitants croient en une force vitale qui habite chaque être vivant, chaque objet ainsi que les éléments naturels (tels que l’eau, l’air…).Ces âmes ou ces esprits mystiques, manifestations de défunts ou de divinités animales, peuvent agir sur le monde, de manière bénéfique… ou non. Il convient donc de leur vouer un culte. Ainsi défini, comme « croyance à l’âme et à une vie future et, corrélativement, croyance à des divinités directrices et des esprits subordonnés ».Captain Hook nous explique que dans son village, chaque décision doit être prise en présence du gourou ou du chaman qui invoquent les esprits les soirs de pleine lune pour en tirer une réponse.Ils ont même une forêt où vivent les esprits, et dans laquelle personne n’a le droit de pénétrer. »



« Dans le village de Captain Hook, les hommes peuvent avoir autant de femmes qu’ils le souhaitent. La première est choisie par leurs parents, Ils peuvent choisir les suivantes. Plus un homme a de femmes, moins il a besoin de travailler puisque ce sont essentiellement les femmes qui travaillent, en revanche, il doit se coltiner toutes SES belles familles dans sa maison ce qui fait passer la série « Sept à la maison » pour une famille de rigolos ! La plus grande famille du village compte 80 membres, qui vivent dans une maison qui, malgré les ajouts de pièces, n’est finalement pas si grande que ça ! Les femmes, que dis-je, les petites filles, peuvent se marier dès l’âge de 8 ans. Un homme du village, qui a 20 ans, est d’ailleurs marié avec une petite de 8 ans… Malgré tout, il reste un peu de séduction dans ce monde qui semble si loin du nôtre. Captain Hook nous emmène dans la forêt et coupe une feuille d’un arbre qu’ils appellent « le romantique ». Il la positionne entre ses mains et en soufflant dedans crée un son qui est en réalité une alerte destinée à la fille que l’homme veut séduire. Il nous explique qu’ainsi, depuis la forêt, le jeune homme peut prévenir sa dulcinée de sa venue sans que son père sache qui est l’homme derrière cet appel. Malynx le lynx ! »


« Lorsqu’une femme enceinte arrive au terme de sa grossesse, elle doit se rendre dans le cimetière dans la forêt pour y accoucher. Ainsi, si les morts doivent être enterrés à l’extérieur du village pour ne pas que leurs esprits hantent les maisons, il faut croire que la femme enceinte n’est pas considérée comme des masses plus bienveillante que ces derniers ! Quelques jours après l’accouchement elle est en droit de revenir au village. Là encore, le rituel lui demande de traverser une sorte de mur de feu pour se purifier et elle doit rencontrer le gourou qui organise une cérémonie lors de laquelle il demande à la mère si elle estime que son bébé est bon ou mauvais. Si selon elle c’est un « mauvais bébé », alors celui-ci sera abandonné en dehors du village. Après ça, lors de chaque pleine lune, les parents du bébé devront raconter leurs rêves au gourou. Tant qu’il estimera que le rêve de la nuit n’est pas bon, le bébé n’aura pas de nom. Ce qui fait qu’un enfant peut passer plusieurs années sans avoir de prénom… Le jour où le rêve raconté plaira au gourou, il le retranscrira sous forme d’un prénom qui sera alors celui de l’enfant. »







» Ici, personne ne va chez le médecin. La médecine est uniquement pratiquée avec les plantes ou les insectes trouvés aux alentours du village. Vers, vomissements, brûlures, diarrhée… à chaque maux sa solution. Les fourmis rouges servent même de déodorant ! Captain Hook nous montre quelques plantes et nous explique leurs propriétés. » Moi, j’ai trouvé ça hyper passionnant, même si c’est flippant de se dire qu’en cas d’échec des plantes ou des insectes, après l’intervention du gourou puis du champagne, si rien n’y a fait, c’est la mort. Personne ne prend de médicaments ( sauf lui et sa famille, mais en cachette) et personne ne va à l’hôpital…




On a mangé une fourmi Paul et moi, il avait enlevé la tête. C’est bon, c’est citronné
« Le gourou et le chaman du village (chacun a un rôle bien précis) pratiquent deux sortes de magie : la blanche, pour attirer le bien ; et la noire, pour jeter le mal sur quelqu’un. Mr Hook ayant d’après ce que j’ai compris, fait l’objet d’un sort de magie noire, il n’a pas trop trop trainé sur la question. » Ils sont payés,et cher, pour chaque intervention, maladie, baptême, mariage, décès, décision à prendre…tout est payé en nature, poulets, cochons, vaches ou buffles selon l’importance de la demande.
À nous, il a expliqué que c’était parce qu’il était parti du village, qu’il n’avait pris qu’une femme et qu’il avait introduit des touristes dans le village (mais il a bien compris l’enjeu économique qu’il y avait à le faire et il veut que la jeune génération aille à l’école et parle anglais en plus du lao).
Voilà une partie de l’histoire :
« Dans son village, la majorité des habitants ne savent ni lire ni écrire, ni même parler Lao. Ils communiquent avec le dialecte propre à leur village. Captain Hook, de son vrai nom Mr Hook (ça reste classe), lui, parle un très bon anglais, avec un vocabulaire très riche. Il nous explique qu’à huit ans environ (il est difficile pour lui de dater les événements de sa vie car il ne connait pas sa date de naissance et donc son âge, à trois ans près), ses parents lui ont choisi, comme c’est la coutume, une femme pour se marier, mais il a refusé, préférant aller à l’école. À 13 ans, rebelote, nouvelle femme, nouveau refus, et Mr Hook part étudier dans le village de sa maîtresse d’école puis à Bangkok jusqu’à l’âge de 21 ans où il retourne dans son village natal. Ses parents lui soumettent alors un ultimatum : soit il doit se marier avec la femme qu’ils auront une troisième fois choisie soit il sera banni du village (simple et efficace). Mr Hook a cédé. Pour être tout a fait juste, sachant que s’il décidait de refuser, sa famille aurait été bannie avec lui après avoir reçu un sort de malheur sur eux et les générations futures, Captain Hook a capitulé sous la pression du village et de ses parents, fervents animistes, qui auraient été anéantis par une telle décision. Mais l’histoire ne s’arrête pas là ! Car si les règles du village sont très strictes, il y en a une (autre) dont Captain Hook a fait les frais : la virginité des deux mariés avant la première union. Même si l’on dit que ce qui se passe à Bangkok reste à Bangkok, on ne ment pas si facilement aux esprits et au gourou ! Hook eu beau nier, il fut convoqué avec son père par le gourou. Ce dernier prépara une mixture mélangeant du sang de poulet fraîchement égorgé avec de l’eau sale, et ordonna au jeune homme de boire cette potion. S’il était coupable, il mourrait dans trois jours, sinon, tout irait « bien ». Prenant peur, le père de Hook a décidé de payer la survie de son fils en offrant aux membres du villages plusieurs cochons, poulets et autres animaux. Malgré ça et depuis le décès de son papa (dont il a été tenu pour responsable, à cause des mauvais esprits pesant sur lui…), Mr Hook n’a plus le droit d’aller visiter les maisons des autres membres du villages, ni d’en sortir seul…
Désormais, il habite dans sa maison avec sa femme (il n’est pas polygame) et son enfant, qu’il a appelé Pan (comme Peter Pan) sans passer par le gourou ! »





Il nous a expliqué l’histoire du café dans le monde, comment il avait été introduit au Laos et comment les Vietnamiens en ont fait commerce ici très rapidement. C’était incroyable de l’écouter parler, de pouvoir poser toutes les questions qui nous sont venues à l’esprit et auxquelles il a su répondre sans hésiter, le tout dans un anglais parfait.





Le café est filtré dans un bambou et on le boit dans des tasses en bambou
C’était une bonne journée 🙂