Mercredi 19 février

Hier soir, j’ai dîné avec Sina/Sébastien, un lao/français qui a rejoint les membres des « Amis de Paksé » cette année et qui est un de nos traducteurs pour la mission. Maintenant qu’il est en retraite, il passe plusieurs mois ici, à Paksé et dans le nord du Laos où il soutient, entre autres, une école pour orphelins sourds muets, mais il s’occupe aussi de plusieurs autres bonnes causes, la plupart à vocation d’aide aux enfants du pays. Il a une histoire de famille fascinante.

Son père, Sisouk, était un commerçant plutôt connu. En 1975, comme une majorité d’intellectuels et de riches commerçants, il a dû fuir le Laos avec toute sa famille, il a 9 garçons et 1 fille. Il arrive en France, s’installe et s’intègre parfaitement dans le pays, tous les enfants suivent des études supérieures (Sina a changé son prénom en Sébastien au moment de sa naturalisation parce qu’il a vite réalisé qu’il aurait plus de chance de trouver du travail avec un prénom français, qu’il a d’ailleurs choisi parce qu’il était un fan de « Belle et Sébastien » quand il était ado).

En 1990, il décide de revenir à Paksé, le pouvoir a changé, c’est maintenant une « république démocratique populaire », un de ses anciens camarades de classe, qui est au pouvoir, le supplie de venir l’aider pour le ministère du commerce dans le sud du pays. Il revient donc et reprend possession de la maison familiale, grande bâtisse sur 4 niveaux, une des plus hautes de Paksé, une dizaine de chambres et 3 salles de bain, un grand luxe pour l’époque. Elle a été occupée par les communistes qui s’entassaient à une centaine de personnes accompagnée de toute une ménagerie, poulets, cochons, il y avait même des élevages de poissons dans les baignoires…

Il se fait « élire » (en fait il est désigné…) représentant de la province de Champasak et devient président de la Chambre de Commerce de la province (cette fois une vraie élection par tous les commerçants de la région qui ont confiance en lui). Sina et son frère Sisouk le rejoignent en 1992, et cherchent quoi exporter pour aider le Laos. Ils rencontrent un cousin qui fait pousser des caféiers à Paksong, située à 50 km de Paksé, réalisent que c’est ce qu’ils pourraient exporter, que ça pousse bien ici et qu’il y a une demande ailleurs. Je vous passe tous les détails de la « guerre » qui arrive quand débarque du Vietnam, Mme Dao et son argent, et qu’elle pique leur idée…Bref, Sina et Sisouk s’accrochent farouchement, et ça paie puisqu’ils développent le « café Sinouk » à travers le pays et au-delà des frontières.

A vous d’aller lire la suite si ça vous intéresse…😉

En parallèle, Sina, sa femme Sylvie et sa soeur Nang transforment la maison familiale en petit hôtel de 14 chambres et un restaurant avec une vue panoramique, réservé aux guests. 3 ans de travaux mais le résultat vaut le coup.

En bas, le café se Sinouk.
Les couloirs aux étages.
Tout est en teck.
L’incroyable ascenseur japonais 😅
Le bar, entièrement dessiné par Sina,
je trouve qu’on dirait un bar de pub irlandais ☘️
La vue 😎

Aujourd’hui, deux choses importantes…rendez-vous au département de la santé pour officialiser la mission ce matin et réception à l’aéroport de papa et Jean-Philippe, le bricoleur de l’équipe, cette après-midi.

Sina et moi avons rendez-vous à 9h avec M. Sivixay le chef du département de la santé de la Province de Champasak. Sauf qu’en fait, on verra le sous-chef (dont je n’ai pas retenu le nom) puisque M. Sivixay est parti en congrès ou je ne sais où, alors qu’il nous avait bien confirmé la veille le rdv…Bref du coup, on se retrouve en réunion avec un gars qui ne connaissait pas le dossier et deux « sisters » du département (je les appelle comme ça parce qu’elles sont des témoins des entretiens et qu’elles s’assurent que les choses se déroulent bien selon le protocole, je m’étais déjà trouvée face à elles l’année dernière…) qui avaient eu vent du dossier, qui avaient pu le retrouver mais qui ne l’avaient pas lu…un bel exemple de la bureaucratie ici. Après moult palabres de Sina, où il a subtilement glissé auprès des dames qu’il était le frère de Sinouk 😇, nous avons eu le feu vert pour la mission avec, comme demandé, un minibus pour faire les allers/retours entre Paksé et Dontalat et la confirmation du rdv avec le directeur de l’hôpital pour boucler les détails. Les deux dames viendront avec nous et d’ailleurs proposent de nous emmener ce qui nous arrange, ça fait un trajet en moins que l’association devra payer 😜.

Version officielle…
Version off 😇.

Après déjeuner, je vais à l’aéroport avec le neveu (ou beau-frère, je ne suis pas sûre…) de William, chauffeur de mini-van, chercher mon père et Jean-Philippe.

Jean-Philippe
Papa

Forcément, première étape après avoir déposé les bagages, pris une petite douche, massage 😃. Même en ayant demandé un massage à l’huile, plus cool en général, et en ayant précisé qu’il fallait être doux ++, Papa l’a trouvé très…tonique 😅. Ce qui ne l’a pas empêché de chantonner pendant le massage dès qu’il reconnaissait un air qui passait à la radio, heureusement qu’on n’était que tous les deux ! Il a reconnu le lendemain que ça lui avait fait du bien 😇.

Lavage de pieds obligatoire avant un massage.
Petit mojito à l’ananas à la terrasse de l’hôtel Paksé, même si la vue est plus jolie de jour, pour fêter les retrouvailles avant d’aller dîner avec Jean-Philippe.

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