Aujourd’hui, le minibus arrive avec 45 minutes de retard parce que le chauffeur avait des choses à faire… ben nous, on aurait bien dormi 3/4 d’heure de plus, vue la soirée de la veille et je pense que nos deux petites traductrices aussi… Céline et moi en profitons pour aller acheter vite-fait des brosses à dents et du dentifrice pour les élèves de l’école que nous aurons cette après-midi. Le trajet est toujours aussi pourri, et on a vraiment tiré le mauvais numéro avec ce chauffeur… Rendez-nous celui de la semaine dernière !!! Même si on connait vraiment bien la route maintenant, 45 bonnes minutes de trajet, tous les jours le spectacle est différent. Il n’y a jamais la même vue sur le Mékong, sur les rizières ou sur les montagnes selon la pollution ambiante ou la luminosité ou la chaleur, il n’y a jamais les vaches aux mêmes endroits et ce ne sont jamais les mêmes chargements (personnes, animaux ou matériels et des fois les trois ensemble !) de tok-toks qu’on dépasse. Tok-tok, c’est le nom de ces motoculteurs qui leur servent de véhicules parce que c’est le bruit qu’ils font : Tok-tok-tok, c’est différent des tuk-tuk qui font tuk-tuk-tuk 😂. Dans le minibus, Poulath fait la tête, elle ne dit presque rien pendant le voyage, du coup c’est calme…
Enfin presque…
A l’hôpital, les gens attendent les dentistes patiemment sous la tente, quand on pense que la plupart sont là depuis 7h30 et que nous arrivons un peu avant 10h aujourd’hui…Pourtant, le chauffeur a roulé comme un débile, on a été secoué comme jamais, c’était très pénible, et dire qu’il va falloir faire le retour comme ça…
On est bien occupé le matin, du coup je n’ai pas eu le temps de prendre de photos. En ce qui concerne le mutisme de Poulath dans le minibus aujourd’hui, le mystère sera résolu quand elle me demande de m’occuper du chauffeur, que je réalise que ce n’est pas celui d’hier (même s’il lui ressemble au niveau carrure, j’avoue que je n’avais pas vraiment prêté attention à sa tête 😬) et qu’elle m’explique que c’est son mari 😅. On comprend tous mieux son comportement, car bizarrement, elle ne colle pas Benoît en salle et ne prend pas de photos 😂.
Déjeuner rapide pour prendre les écoliers tôt en début d’après-midi et ils repartiront juste après la distribution de brosses à dents et dentifrice.
L’après-midi est carrément calme, trop calme…
Au moins, on a le temps de prendre soin de nos traductrices…
Pendant que d’autres papotent… Vous pourrez remarquer au passage comment j’ai surélevé la table de chiro qui était vraiment trop basse pour nous avec un vieux paravent qui trainait dans le coin 😜.
A l’accueil de l’hôpital, ce seront les derniers patients et il est même pas 15h…
Heureusement qu’il y a les smartphones, il y a souvent cette même scène, des fois avec 3 ou 4 infirmières assises autour de la table, à fond sur leur portables, faute de patients 😬.
On prend le temps de faire une photo avec les tshirts de l’association.
Puisqu’il est encore tôt, je propose à l’équipe de s’arrêter au grand Buddha qui surplombe la ville, le chauffeur ayant eu du retard ce matin, il peut bien se faire pardonner en faisant un crochet (c’est sur notre route) et nous attendre la demi-heure que dure la visite 😉.
Où est Charlie ?
On n’est pas sensé faire les andouilles avec Buddha mais on n’a pas pu s’en empêcher 🤪.
Ce soir, on devait dîner chez les beaux-parents de William mais finalement, ceux-ci étant un peu fatigués, on sera invité au restaurant de Xuan Mais, sa belle-soeur mais sans la famille. On fait nous même nos rouleaux de printemps pendant le repas avec plus ou moins de succès ! On goûte également l’alcool de riz du pays qui ne laissera un souvenir impérissable à personne…
Ce matin, Julia est malade, elle reste donc à la guesthouse tranquillement pendant que nous prenons la route. Poulath est en pleine forme, la soirée d’hier a fini de la mettre à l’aise avec nous, ça avait déjà un peu commencé samedi quand elle venue avec nous sur l’île. Elle a mis en place une sorte de jeu de séduction avec Benoît qui nous réjouit beaucoup, il y a de l’ambiance dans le minibus…La matinée se passe tranquillement, nous déjeunons encore dans notre salle avant l’arrivée des écoliers.
Comme Céline était dépitée par l’état des dents des enfants de l’école d’hier et qu’elle avait épuisé le stock de brosses à dents qu’elle avait ramené de France dès la fin de la semaine dernière, le chauffeur du minibus nous emmène, la dentiste lao et moi, au marché de Don Talat. Ce n’est pas très loin de l’hôpital mais marcher, ne serait-ce que les deux kilomètres aller-retour, par 38°, c’est inenvisageable. Elle sait exactement où aller, quoi demander et me négocie un bon prix, 8€ pour 24 brosses à dents et autant de petits tubes de dentifrice !
Céline et Léo ont fini avec tous les enfants, ils sont contents que dans cette école ils aient plutôt des dents saines, ils ont fait beaucoup moins d’arrachage de dents qu’hier ! Je demande à la dentiste lao de faire une démonstration aux enfants d’un bon brossage de dents avant qu’on leur distribue à tous leur brosse à dents et leur dentifrice. Les enfants et leurs institutrices repartent ravis.
Le soir, mon père et moi sommes invités par l’intendante, Païwan, et la comptable, Kamphean, de l’école SOS Children. Elles habitent ensemble une maison sur le site de l’école, au milieu des 10 maisons d’orphelins. Païwan est en charge de la bonne marche de toutes les maisons, elle gère dix « mothers », mamans de substitution des enfants, et gère les achats divers (nourriture, produits d’entretien, de toilette, vêtements, matériel scolaire, visite chez le médecin…) et les activités des orphelins. C’est une sacrée charge de travail et elle trouve, en plus, le temps de jardiner et de cuisiner. Elle adore ça, elle a les pouces verts et elle s’est lancée dans la confection de gâteaux depuis un an avec plus ou moins de succès, souvent par manque de matériel.
Après le repas, Phonesavahn vient nous chercher pour nous ramener à la guesthouse. Mon père part se coucher et je file rejoindre les autres (y compris Julia qui va beaucoup mieux), ils ont dîné avec Roland, le français des « Enfants de Mékong » qui avait passé dimanche dernier avec nous. On se retrouve dans un endroit qu’il a privatisé pour une soirée karaoké et quand j’arrive, je les entends chanter de la rue, ça promet…Nous passons un très bon moment même si c’était très dissonant et je n’étais pas la seule à chanter faux ;-).
Grosse matinée aujourd’hui, nous recevons le N°2 de l’ambassade du Laos en France, M Bounthong qui sera accompagné du directeur du département de la santé, M Sivixay, il y aura aussi, bien sûr, le directeur de l’hôpital, et quelques autres groupies qui ne manqueront pas de venir, averties par le tam-tam local…Il est en vacances dans la région de Paksé et en profite pour venir voir comment se passe la mission, William, le président de Amis de Paksé, lui a parlé de nous avant son départ. Il passe d’abord voir les dentistes, vérifie la date de péremption des médicaments et du matériel, pose quelques questions à Céline et Léo.
Ensuite, il passe dans chacune de nos deux salles, il nous pose également quelques questions, paraît intéressé par notre profession et par l’aide que nous pouvons apporter à la population locale.
Nous parvenons quand même à travailler malgré le monde présent dans la salle et les patients sont adorables et ne disent rien. On a revu aujourd’hui la vieille dame en fauteuil, elle va un peu mieux, c’est à dire qu’elle a moins de douleur, mais je ne m’en occuperai pas trop parce que je dois rester avec les officiels alors c’est Julia qui la prend en charge. De toutes façons, on ne fera pas de miracle, j’espère juste la revoir l’année prochaine et qu’elle ne soit plus incontinente, ce serait déjà ça de gagné et si sa famille la fait réellement marcher, elle ira bien mieux, à suivre…
Nous nous prêtons au jeu des photos qui sont incontournables dans ce cas-là…
Une fois tout ce beau monde parti, nous mangeons dans notre salle climatisée, il fait beaucoup trop chaud sous la tente dehors et nous ne pouvons pas aller au resto parce que le minibus du département est parti chercher les écoliers que nous auront à soigner cette après-midi.
Mon père bricole le matériel des dentistes qui a une fâcheuse tendance à avoir des ratées😤
Le soir, comme nous rentrons relativement tôt, je propose aux chiros d’aller visiter le centre de rééducation de l’hôpital de Paksé. Mon ami, le kiné M Somsit, est de permanence, il nous fait visiter. Tout le monde est d’accord pour dire que c’est sommaire mais qu’il y a quand même de quoi travailler.
Mon ami Sisay Mongdavanh, le prothésiste, n’est pas là, j’en profite pour essayer une des prothèses, une vraie jambe de bois comme dans les films de pirates 🤪🏴☠️.
Lara, Benoît et moi allons nous faire masser les pieds 🦶🏼🦶🏼.
Pendant ce temps, à la guesthouse, Céline et Léo voient une petite fille, gravement malade du cœur, amenée par Sina. Il a besoin de leur expertise concernant sa dentition et savoir s’ils peuvent s’en occuper. Malheureusement après l’avoir examinée, le constat est qu’il faudrait lui arracher toutes les dents, aucune n’est saine, mais vu son problème de cœur, il est impossible de le faire sous anesthésie locale. Il faudra donc qu’elle aille à l’hôpital de Ventiane, à 10h de route d’ici, pour bénéficier d’une anesthésie générale dans de bonnes conditions pour elle.
Une fois tout le monde enfin prêt, nous nous rendons pour dîner chez des gens que Benoît a soigné à l’hôpital, connaissance ou famille (je n’ai pas bien saisi) de l’œil de Moscou, et elle sera là aussi bien sûr. Ce n’est pas la première fois que nous soignons à l’hôpital des gens qui viennent de Paksé exprès pour nous voir (45 bonnes minutes de route quand même !). Forcément, ce ne sont pas des gens aussi pauvres que les villageois qu’on soigne habituellement, mais ce sont des gens agréables, qui patientent tranquillement parce qu’ils n’ont pas de passe-droit, ils ne passent pas avant les autres qui eux, sont souvent là depuis 7h30 du matin et qui paient la consultation de l’hôpital comme tout le monde, 10000 Kip soit 1 € 😉. Nous appréhendons un peu la conversation durant le repas parce que Benoît nous a dit qu’ils ne parlaient pas anglais et comme l’œil de Moscou non plus, ça risque d’être compliqué mais ça ne nous arrête pas pour si peu. On fait donc la connaissance de cette famille de lao-vietnamiens qui tiennent un restaurant et où la cuisine est faite maison au jour le jour. Ils ont eu la bonne idée d’inviter des amis, un couple de franco-vietnamiens ; c’est très souvent que les laotiens ouvrent leur table à d’autres invités que ceux prévus, j’ai eu l’occasion de constater ça plusieurs fois lors de mes différents séjours. Il s’agit d’un couple de gens âgés qui revient tous les ans au pays de leurs origines. Ce qui est rigolo, c’est qu’ils sont de Valence comme Lara, alors forcément, ça crée des liens très rapidement. On pourra donc parler français sans problème et nos traducteurs sont vraiment sympas. C’est comme ça qu’on apprend que l’œil de Moscou s’appelle en réalité Poulath, je vais enfin arrêter de l’appeler comme ça 😜.
Encore une table bien garnie ! Et c’était réellement délicieux 😋.
Journée off, c’est Sina qui sera notre guide aujourd’hui, il nous emmène sur une partie du plateau des Bolovens. On ira voir un marché de vannerie, une cascade, une plantation de thé, la plantation de café familiale Sinouk, un village Katu (une des ethnies du Laos) et les bonnes soeurs de la semaine dernière, rien que ça ! Je vais me contenter de commenter les photos, c’est relâche pour moi aussi 😜.
Le marché de vannerie :
Les cages à volailles
J’achète ce balai mais finalement, il ne rentrera pas dans ma valise 😤.
Céline en plein essayage.
La cascade :
L’eau est super froide 🥶, on se croirait à Ouessant, sauf qu’il fait 30° dehors ! Mais il faut bien se refroidir sachant qu’après, il faut remonter jusqu’en haut de la cascade 🥵
Seule Julia aura le courage de me rejoindre !
Pendant que d’autres ne se trempent que les pieds…
Les vendeuses à la cascade :
Elle fume une mini-pipe…
Comme il a l’air heureux bien entouré…
A la plantation de Café Sinouk, qui est aussi un resort :
Une des chambres.
Encore un excellent repas 😋.
Et pour digérer…l’eau de la piscine est aussi froide qu’à la cascade puisqu’elle vient directement de la rivière 😬.
Le village Katu où les villageois sont animistes :
Partie de foot improvisée, c’est vraiment un sport universel !
Le temple, et son intérieur sur les photos suivantes :
Les enfants comme les adultes fument le bang
Un peu comme dans Astérix et Obélix, la traditionnelle clôture de journée par un moment convivial. Ici, au 7è étage de l’hôtel Paksé, autour d’un verre.
Ouf, dernière journée de la semaine, qui va être écourtée parce qu’il n’y a vraiment plus personne après 11h, même pour les dentistes. Apparement, il y a beaucoup de fêtes de village dans le district et les habitants ne bougent pas trop ce week-end-là…Céline et Léo, les dentistes français, en profitent pour visiter le local des dentistes lao du dispensaire, ils se rendent compte que ceux-ci manquent cruellement de matériel alors qu’il y a vraiment un stock énorme dans celui des Amis de Paksé. Malheureusement, nous ne sommes pas au courant du fonctionnement entre l’association et les dentistes de l’hôpital, nous ne pouvons pas y faire grand-chose. Céline va quand même leur laisser tout ce qu’elle a amené et qui leur fait grandement défaut. C’est gênant de ne pas avoir l’historique, Jean-Philippe nous dit une chose et les dentistes lao racontent autre chose, difficile pour nous de se faire une idée. Tout ce qu’on constate, c’est que les deux dentistes laos ne cherchent pas à interagir avec les dentistes français, elles servent de secrétaires, prenant les noms et donnant les médicaments que Céline et Léo prescrivent. Il n’y a pas d’échange et c’est très frustrant pour nos dentistes.
Le cabinet de la dentiste, qui est entre Céline et Sina, d’ailleurs je réalise que je ne sais même pas son nom…
Celle-là est prise hier mais j’ai oublié de la mettre 😉, Phout, Linn et Kot.
Une petite patiente de Céline.
Arrachage de dents malsaines, 80% de leur boulot, y compris chez nos petits écoliers 😱.
Léo entre deux patients.
A midi, Sina nous propose d’aller manger et de passer la journée sur l’île de Don Daeng située à 1/2h d’ici. Nous sommes tous partant, y compris les deux traductrices Phout et Linn qui n’ont jamais pris le bateau de leur vie et l’Oeil de Moscou, qui ne va pas nous lâcher comme ça, c’est l’occasion pour nous de se la mettre dans la poche 😜. Quelle super idée, toute l’équipe est détendue et profite de ce moment de rêve au bord ou sur le Mékong, ça me fait plaisir de leur faire découvrir ce petit coin de paradis.
Allez, tout le monde fait « les mini-coeurs » avec ses doigts, grande mode ici 🤔.
Point d’embarquement au théâtre d’ombres, marionnettes en ombres chinoises dont je vous ai parlé l’année dernière. Depuis, ils ont mis de vrais bancs 😉.
La reine du selfie…
On est tellement sage, que s’en est presque ridicule !!
Le bateau nous attend, un paquet de marche à descendre…
Relax, posée à l’avant du bateau 😇.
Et oui, on s’amuse bien 😜.
Benoît est le seul à avoir pensé à prendre son T-shirt de l’association !
Les parapluies de Cherbourg…
Mon pèrePhout et LinnJulia et Céline
« L’oeil de Moscou », ravie d’être avec nous
« J’assure 😂 ».
« Nan mais, t’es sûre là ?? Je ne risque rien ? »
« Allez, prends-la vite cette photo que je retourne sur la plateforme… »
« Je suis bien là, non ?? Ne tenez pas compte des gens derrière … »
Julia, la reine du tracteur 😜.
Benoît et moi faisons le trajet à pied, on ira plus vite qu’eux 😉.
Encore un repas délicieux et copieux 😋.
Les filles et moi, dans la cabine pour se changer.
On s’est arrêté au marché pour acheter de quoi couvrir Julia, Céline et Lara qui n’avaient que des maillots de bain, au Laos, on se couvre pour se baigner, par pudeur. Linn et Phout, ont acheté exprès des T-shirts et des shortys pour se baigner parce que ce n’était pas prévu, et qu’en plus, elles ne veulent surtout pas bronzer parce que la mode est aux peaux très blanches, je connais des normandes qui feraient un tabac ici 😜.
« L’oeil de Moscou » pour la mille et une énième fois. Le chauffeur du minivan a été promu son photographe perso pour l’occasion et on doit tous avoir des dizaine de photos sur lesquelles elle est…
Les filles, qui n’ont pas mis les pieds dans le Mékong depuis qu’elles étaient enfants 😉.
Céline et moi sommes suffisamment couvertes pour les coutumes locales 😅.
Pour les mecs, c’est moins strict. Benoît garde son T-shirt parce qu’il s’est fait faire un tatouage avant de partir et qu’il ne doit pas prendre ni le soleil, ni l’eau….
Là, c’est dommage qu’on ne puisse pas mettre une vidéo sur le blog, on a appris une technique pour faire une bouée avec le sin (cette sorte de paréo lao) c’est trop rigolo 🤪.
Nos compagnons de baignade 😉.
Je n’ai jamais précisé que Lara est une chiro spécialisée dans les animaux, là, c’est la première fois qu’elle ajuste une vache 😂.
Du coup, Julia essaye aussi, les vaches sont vraiment à l’image des laotiens, très cool…
Au retour…
Sans commentaire…
Une super équipe, à la fin d’une super journée 😃.
Les rizières sur la route.
Nous finirons par une soirée à l’auberge de jeunesse où travaille Kot, billard et musique (Kot à la guitare et Julia au chant), bref un bon moment totalement improvisé mais très sympa 😉.
Ce matin, petit déjeuner vietnamien pour moi, rouleaux de printemps et beignets soja/noix de coco. Voici les dames en pleine préparation, elles font une centaine de barquettes de 4 « Spring Rolls » tous les matins à partir de 6h30 :
C’est une journée faste en traducteurs, 4 rien que ça aujourd’hui, sans compter Sina ! Pour répondre à Marie-Thé qui se demande comment nous communiquons, la plupart du temps, avec les mains 😜. Les dentistes sont prioritaires pour les traducteurs parce que leurs patients sont souvent effrayés, pas les nôtres ! Nous, les chiros, avons affiché, dans nos deux salles, les principaux mots ou phrases dont nous avons besoin. Certains se débrouillent déjà bien en Lao de base. En fait, nous n’avons pas tellement besoin de parler avec le patient, juste de savoir s’il s’agit d’un accident éventuellement et depuis combien de temps il a mal. Pour le reste, on se comprend essentiellement par gestes, on est les champions du mime 😉. Nos traducteurs aujourd’hui sont Phonesavanh (ma copine prof d’anglais), Phout et Linn (deux étudiantes, en droit pour l’une et commerce pour l’autre) et Kot (réceptionniste/barman dans une auberge de jeunesse).
Avec Phout et Linn, non ce n’est pas une pub pour les dentistes 🤪.
Kot (kot, kot, kot, kodec, oui, je sais, tout le monde y a pensé 😜).
Puisque nous avons du monde pour traduire, j’en profite pour monopoliser une traductrice, Linn (vraiment très à l’aise en anglais, qui apprend vite les termes médicaux qu’elle ne connaît pas du tout, genre « spine » !) et montrer, expliquer certains mouvements à Choun. Je veux qu’il comprenne ce qu’on fait et en quoi c’est différent du travail des kinés. Il est médecin spécialisé en physiothérapie mais n’a jamais exercé en tant que tel. Il faut dire, à sa décharge, qu’il a zéro matériel, pas d’appareil d’électrostimulation, ni même de barres de marche, ni hot pack…bref rien et qu’en plus, ce n’est pas du tout dans la culture des gens de la campagne. Ici, la rééducation se fait dans les champs ou sur le marché 😉. Je lui apprends simplement à ressentir les blocages sur la colonne, les chevilles ou les poignets, on va commencer par la base. Il a une bonne main et pige vite. Ce qui n’est pas le cas de « l’oeil de Moscou », une des trois sisters, qu’on a surnommée comme ça parce qu’elle ne nous lâche pas d’une semelle…En fait, elle est folle de Benoît et on a appris, ce jour-là, qu’elle est aussi médecin-physiothérapeute. Elle travaille au département de la santé dans la journée et a son propre cabinet en fin de journée. Mais franchement, j’ai un sérieux doute quant à ses compétences tellement elle pose des questions stupides pour quelqu’un sensé s’y connaître un peu en anatomie, et qu’elle est incapable de sentir ou de palper un corps correctement même après plusieurs tentatives 😳. Par contre, c’est la reine des selfies 😜.
Avec Linn, l’oeil de Moscou, Choun sur la table et moi. Vous voyez en arrière plan, à droite, l’armoire vitrée, pleine de toutes les orthèses qu’on a amenées.
Sur le tableau, tous nos mots et phrases en lao. Et au mur, les photos du président et autres personnalités politiques, comme dans tous les bâtiments publiques et les maisons.
Tout le monde a participé pour lui montrer des choses, Lara n’est pas en reste 😃.
Mon père est ravi d’avoir Phonesavanh comme traductrice, il peut enfin parler aux patients 😜 Lara qui s’intéresse à ses techniques, c’est bon de pouvoir échanger entre nous. Ce patient est trop sympa, je l’avais déjà vu l’année dernière et il est revenu 😃.
Parmi nos cas difficiles, nous avons eu cette patiente, assez âgée, arrivée soutenue par deux personnes, à qui on a fini par amener un fauteuil roulant (antique), invalide depuis 3 ans suite à une chute. Il a fallu faire une radio (chose qui n’avait jamais été faite) parce que son cas était vraiment compliqué et pas clair. Malheureusement, le manip radio, enfin celui de permanence ce jour-là, n’était pas bon et, même en s’y mettant à 5, on a eu du mal à voir quoique ce soit 😅. On s’est tous concertés pour la soigner au mieux mais on sait qu’on ne fera pas de miracle, il faudrait la suivre pendant quelques mois et que sa famille lui fasse faire de la rééducation, ne serait-ce que la faire marcher tous les jours, ses muscles n’ont pas fait grand-chose depuis 3 ans alors qu’elle n’est pas paralysée, tous les réflexes sont bien présents…Elle marchait déjà mieux à la fin de la séance mais encore un peu bizarrement jusqu’à ce qu’on comprenne qu’elle avait peur de perdre sa couche (qu’elle portait pour des fuites urinaires présentes depuis sa chute) et que du coup, elle marchait en serrant les jambes 😤. On doit la revoir en début de semaine.
Le coussin du fauteuil, c’est Lara qui le lui a donné, sinon c’était les fesses sur le métal dur !
A la radio, je n’ai pas pensé à préciser quelles vues je voulais, parce que pour moi, ça tombait sous le sens 😉.
??? Et oui, la radio de face… Et le profil ? Ben, il n’y en a pas !!
Benoît et Julia : « A ton avis, comment on le pose le strap du coup ?? »
Grosse pause repas dans un restaurant pas très loin de l’hôpital, avec Sina, Kem (qui nous a amené les écoliers cette semaine), tous nos traducteurs, Choun, et le chauffeur.
Dès le repas terminé, nous (Sina, Kem et moi) laissons les autres repartir à l’hôpital et allons visiter une école primaire, à 5 km de Don Talat, qui a bien besoin d’être refaite et pour laquelle Sina va financer les travaux.
Il y a 5 classes comme ça !
Quand aux toilettes, il n’y en a pas, les enfants vont sous les arbres derrière…
Palabres à l’ombre entre Sina, Kem, le chef du village et le directeur de l’école 😉.
Quelques enfants présents, c’était la pause repas, donc il n’y avait pas grand-monde.
Un poteau électrique…
Un deuxième…si, si, je vous jure qu’il y a bien un fil électrique qui passe…
Rien que des gens importants 😇.
Le directeur de l’école a le pied droit sans chaussure (parce que les enfants lui ont piqué sa tong) et il tient son pied sur le côté parce qu’il a eu une épine venimeuse qui s’est enfoncée dans la voûte plantaire depuis 15 jours, qu’il a fini par aller se la faire enlever à l’hôpital 3 jours après et qu’il n’a toujours pas cicatrisé. Heureusement que j’ai deux-trois trucs dans mon sac pour désinfecter, je lui fais un pansement de fortune avec un masque en tissu que j’avais acheté en Thaïlande 😅. Je lui dis qu’il devrait revenir à l’hôpital pour faire un vrai soin, il ne l’a pas fait ou en tous cas je ne l’y ai pas vu 😔.
Le soir, nous sommes invités à dîner chez la soeur de Sina, Sisamphone, qui tient la résidence Sisouk, ex maison familiale de la famille Sisombat. Lara, Julia et moi prenons en charge la soeur, la femme et une amie de Sina pendant que les autres sont à l’apéro…
La copine, la soeur et la femme de Sina.
Discussions intéressantes à chaque table, échanges d’idées et d’expériences, un repas absolument délicieux, une belle soirée pour nous tous😃.
Aujourd’hui, quand nous arrivons, il y a moins de monde qui attend, ça promet une journée calme..La communication du Département de la Santé a changé par rapport à la mission de juillet parce qu’ils prévenaient tout le monde en même temps et que ça faisait trop de patients en même temps ; aussi, pour cette mission, ils ont décidé de prévenir village par village. L’idée est bonne sauf que si le chef du village ne relaie pas ou peu, on n’a personne…De plus, « Les Amis de Paksé » viennent pour la première fois à cette époque de l’année, alors on m’a bien fait comprendre que les gens ne sont pas habitués. C’est la saison sèche ici et les gens qui le peuvent, puisqu’ils ne sont pas dans les champs, partent travailler en Thaïlande parce qu’ici, s’ils ne travaillent pas, il n’y a pas d’argent pour la famille. De plus, ce n’est pas facile de parler de chiropraxie puisque le mot n’existe pas dans leur langue et qu’ils ne savent pas du tout ce qu’on fait. Ils connaissent le massage qu’ils pratiquent facilement, ils ne connaissent pas la kinésithérapie qui n’existe pas dans le secteur de Champassak, il faut aller à l(hôpital de Paksé pour ça, et encore, le service de réhabilitation (c’est son nom, en français dans le texte !) n’a que 15 patients par jour dans une ville de 200000 habitants…Qu’importe, on bichonne les patients qu’on a et au moins on ne travaille pas à la chaîne ! Les dentistes sont un peu plus chargés mais se débrouillent vraiment bien même sans assistante dentaire. Je suis impressionnée pa le nombre d’extractions qu’ils font par jour, les gens ont des dents dans un état de dégradation avancé y compris les enfants. Le pire est que certains doivent vraiment souffrir et ce depuis un bon moment 😔. Nous n’avons pas du tout de prothésiste, les gens repartent donc avec de sacrés trous et ce, pour un moment (jusqu’à la mission de juillet) ou pour toute la vie…
La foule de patients qui attendent, certains sont cachés par le poteau 😜.
Les dentistes au travail…la température monte progressivement dans leur local, le toit est en tôle alors c’est vraiment dur en fin d’après-midi malgré la clim puisque la porte reste souvent ouverte parce que les gens ne pensent pas à la fermer, il n’y a pas de clim à la campagne, ils laissent tout ouvert pour faire de l’air…
Nous avons eu la visite de Khetty, une petite fille de 13 ans dont le cas est soutenu par l’association. Elle a été opérée d’une tumeur au cerveau il y a 3 ans et elle a perdu la vue depuis. Les Amis de Paksé lui fournissent les médicaments nécessaires pour éviter une récidive. J’ai donné des conseils à la maman pour guider correctement sa fille, j’avais eu un livre et des conseils d’une pro dans ce domaine et je l’ai ajustée parce qu’elle était très tendue du fait de sa maladie. Elle m’a dit qu’elle se sentait moins fatiguée depuis 2 mois, j’espère que c’est bon signe 🙏🏼.
Une petite fille est née à l’hôpital, l’année dernière il n’y en avait pas eu une seule en 15 jours, là, on aura l’occasion d’en voir deux ! Je suis allée voir la maman pour savoir si elle était venue parce qu’il y avait un problème avec le bébé mais elle m’a répondue qu’elle avait accouché à l’hôpital parce que ça la rassurait, les mentalités changent…en tout cas la petite était belle comme tout et la mère en pleine forme.
Ce midi, resto à Don Talat, un pur resto lao, maison sur pilotis, et des plats délicieux, toujours par trois types : une soupe (ou plutôt un bouillon un peu amélioré ), du riz et de la viande ou du poisson avec des légumes. Et leurs éternelles bouteilles en plastique 😤.
Puisqu’il n’y a pas beaucoup de boulot l’après-midi, Julia, Lara et Benoît vont visiter Vat Phou qu’on a vu la semaine dernière avec mon père et que les dentistes iront voir demain sur le temps de leur pause repas.
Ce soir, le pire resto qu’on ait fait jusque-là, viandes et poissons surgelés, peu de légumes, on finira à la pizzéria pour manger un dessert afin de compléter le repas auquel on a à peine touché pour certaines…
Boostés par la première, nous sommes prêts et confiants pour la deuxième journée de cette mission. Nous avons une autre école à soigner, et cette fois, ce sont Lara et Benoît qui sont ravis d’aller travailler sur place.
J’ai acheté un magnifique matelas à fleurs pour mettre sur le petit bureau, c’est quand même plus confortable 😉.
LARA
BENOÎT
Pendant ce temps, à l’hôpital, mon père, Julia et moi travaillons bien. En plus des enfants, nous voyons des adultes, patients de Joun, le médecin-kiné avec qui j’avais travaillé l’année dernière et que j’ai retrouvé avec plaisir, et réciproquement.
Ne vous fiez pas à l’heure marquée sur la pendule, la pile est HS 😜.
Des pieds de petite fille…
Des pieds de petit gars…
Pas de doute, ils passent beaucoup de temps pieds-nus 😂.
Joun n’a toujours pas progressé en anglais mais cette année, ça devrait être plus facile de communiquer, car nous avons des traducteurs, différents selon les jours et leur disponibilité. Ça change tout de pouvoir comprendre et de se faire comprendre par les patients. Ceux d’hier et d’aujourd’hui sont des laotiens qui ont vécu en France comme réfugiés et qui sont revenus vivre dans leur pays dès que cela a été possible pour chacun. Ils ont été à l’école ensemble. Il y a Sina, bien sûr, notre atout majeur pour cette mission, et trois copains à lui, Trat, qui m’avait aidée un peu l’année dernière pour contacter la petite école primaire, Bhoungton, qui fait aussi partie d’une association avec Sina et Khem, qu’on ne verra pas en photo, le contact de l’association Double Horizon, qui a financé et installé l’eau potable dans l’école. Les quatre se préoccupent de l’avenir des enfants au Laos et ils s’occupent des écoles, chacun à leur manière.
SINA/SEBASTIEN
BOUNTHOUNG
TRAT
Les enfants voient les chiros d’abord et les dentistes ensuite, parce ces derniers ont remarqué qu’ils étaient plus détendus après être passés entre nos mains 😉.
CÉLINE
LÉO
Pour la pause repas, Sina paie le repas de tous les enfants, de leurs institutrices et le nôtre, une barquette de bonne nourriture venue d’un resto proche de l’hôpital.
Pause de l’après-midi quand tous les enfants sont partis 😅.
Julia, qui est photographe à ses heures, a fait des portraits de quelques enfants que nous avons soignés. Ils sont adorables et une fois la glace brisée, ils aiment poser et encore plus regarder la photo une fois faite. Du coup, j’en ai fait tiré sur papier photo, en demandant à Sina de les leur offrir la prochaine fois qu’il y va.
La photo est floue mais c’est juste pour vous montrer l’ambiance dans le minibus 😉.
Aujourd’hui, on va enfin avoir des patients, la question est de savoir combien seront présents…et on ne peut pas dire que ce soit une foule en délire qui nous attende 😬.
« On va installer les chaises, ça va peut-être les faire venir… »
L’infirmière chef organise une petite cérémonie pour attirer les bons esprits sur nous. Ici, beaucoup sont animistes, on retrouve beaucoup de gri-gris divers et variés sur et dans les maisons, sur les gens et sur les différents engins. Elle offre aux esprits de la nourriture, une boisson, elle allume un cierge et récite une prière où elle nous souhaite d’avoir de bons patients, et d’être habités de bonnes ondes pour pouvoir bien les soigner. Ensuite nous allons chacun déposer notre cierge sur l’autel. Nous nous prêtons volontiers à cette tradition qui ne peut que être bénéfique.
D’ailleurs, Sina a une idée, il négocie avec la fille du département de la santé d’aller chercher des enfants dans une école proche (8 km, 30 minutes 😅) et de les ramener à l’hôpital afin de faire un check-up de leurs dents et de leur dos. Dès qu’elle nous donne le feu vert, nous nous séparons en deux équipes, l’une qui reste sur place et l’autre qui va à l’école pour soigner des enfants là-bas. Comme il y a 80 élèves en tout, ça devrait nous occuper pour deux jours. Julia et moi sommes les plus rapides à nous porter volontaires pour aller à l’école, nous prenons une des tables portables et c’est parti !
L’école, entièrement refaite, par l’association Double Horizon dirigée par un ami d’enfance de Sina.
A l’arrivée, il y a forcément le fameux accueil officiel, improvisé à la dernière minute, heureusement Sina arrive à les convaincre qu’on doit commencer et que ce n’est pas nécessaire que le chef du village, le directeur et je ne sais plus qui fassent un discours 😅.
Les enfants n’auront pas classe aujourd’hui 😉.
Sina prend quand même le temps de nous montrer la particularité de cette école : elle a l’eau potable ! Elle fait partie des rares écoles des environs pour qui c’est le cas, grâce à des laotiens motivés comme lui qui trouvent les associations et les fonds pour le faire. Sina a entièrement payé le forage et l’installation. Les enfants ont maintenant leur gobelet et peuvent se servir à la réserve directement en actionnant une petite manivelle adaptée à leur âge. Ça va prendre du temps pour les habituer à se passer des petites bouteilles en plastique mais ça vient. Ils fournissent même de l’eau aux villageois, pour une somme modique bien inférieure au pris des bouteilles en plastique, et l’argent ainsi récolté a permis de mettre en place une cantine pour les enfants qui viennent de loin.
Pendant ce temps, on nous amène notre matériel et on nous prépare une salle de classe. On travaillera sur la table portable et sur un bureau d’écolier converti en table de chiro.
Et c’est parti pour une matinée intense, on ne voit pas le temps passer, les enfants sont plutôt volontaires, on ne force personne et on soignera même quelques mamans et un enfant du village handicapé. Sina n’est plus avec nous, il fait des rotations entre l’école et l’hôpital. Il reviendra avec la dernière fournée plus tard dans l’après-midi, on se débrouille donc sans traducteur. Les enfants jouent le jeu et se laissent faire, très peu seront sur la défensive, pourtant aucun d’eux ne sait ce qu’on va lui faire. Il n’y avait pas trop de choses à travailler sur eux, surtout des blocages en hautes cervicales, essentiellement dûs, à mon avis, aux moyens de transports rustiques sur des routes bien pourries, quelques entorses de chevilles, quelques jambes courtes, très peu de scoliose. Globalement, ils sont plutôt bien au niveau articulaire, contrairement à l’état de leurs dents qui sont très abimées déjà pour leur âge d’après ce que nous en ont dit les dentistes.
Ma première patiente sur ma table improvisée 😉. Vous remarquerez la fille du département de la santé en arrière plan qui prend des photos..
On est l’attraction du jour 😂.
Mes quatre groupies, elles sont restées à côté de moi toute la matinée 😃.
On va suscité des vocations 😜.
La pause déjeuner, un repas hyper épicé mais délicieux. Quelques tentatives de communication de notre part mais sans grand succès, personne ne parle anglais 😩.
Le dessert, mangue verte et purée de piment sucrée 🥵.
L’après-midi est consacrée aux adultes de l’école et des personnalités du villages…
Ne pensez pas que Julia a fait tout le boulot, on n’a travaillé que sur la table, à tour de rôle, pour les adultes et c’est moi qui prenait les photos quand elle travaillait 😜.
A la fin de l’après-midi de travail, la traditionnelle photo avec les officiels.
Pendant ce temps, apparemment, ça n’a pas chômé non plus à l’hôpital…
Au final, 115 patients pour les chiros et bon score pour les dentistes aussi, démarrage de la mission sur les chapeaux de roue 😃
Après cette première grosse journée, détente pour tout le monde, massage ou fish spa selon l’humeur de chacun.