Ce matin, petit déjeuner vietnamien pour moi, rouleaux de printemps et beignets soja/noix de coco. Voici les dames en pleine préparation, elles font une centaine de barquettes de 4 « Spring Rolls » tous les matins à partir de 6h30 :


C’est une journée faste en traducteurs, 4 rien que ça aujourd’hui, sans compter Sina ! Pour répondre à Marie-Thé qui se demande comment nous communiquons, la plupart du temps, avec les mains 😜. Les dentistes sont prioritaires pour les traducteurs parce que leurs patients sont souvent effrayés, pas les nôtres ! Nous, les chiros, avons affiché, dans nos deux salles, les principaux mots ou phrases dont nous avons besoin. Certains se débrouillent déjà bien en Lao de base. En fait, nous n’avons pas tellement besoin de parler avec le patient, juste de savoir s’il s’agit d’un accident éventuellement et depuis combien de temps il a mal. Pour le reste, on se comprend essentiellement par gestes, on est les champions du mime 😉. Nos traducteurs aujourd’hui sont Phonesavanh (ma copine prof d’anglais), Phout et Linn (deux étudiantes, en droit pour l’une et commerce pour l’autre) et Kot (réceptionniste/barman dans une auberge de jeunesse).


Puisque nous avons du monde pour traduire, j’en profite pour monopoliser une traductrice, Linn (vraiment très à l’aise en anglais, qui apprend vite les termes médicaux qu’elle ne connaît pas du tout, genre « spine » !) et montrer, expliquer certains mouvements à Choun. Je veux qu’il comprenne ce qu’on fait et en quoi c’est différent du travail des kinés. Il est médecin spécialisé en physiothérapie mais n’a jamais exercé en tant que tel. Il faut dire, à sa décharge, qu’il a zéro matériel, pas d’appareil d’électrostimulation, ni même de barres de marche, ni hot pack…bref rien et qu’en plus, ce n’est pas du tout dans la culture des gens de la campagne. Ici, la rééducation se fait dans les champs ou sur le marché 😉. Je lui apprends simplement à ressentir les blocages sur la colonne, les chevilles ou les poignets, on va commencer par la base. Il a une bonne main et pige vite. Ce qui n’est pas le cas de « l’oeil de Moscou », une des trois sisters, qu’on a surnommée comme ça parce qu’elle ne nous lâche pas d’une semelle…En fait, elle est folle de Benoît et on a appris, ce jour-là, qu’elle est aussi médecin-physiothérapeute. Elle travaille au département de la santé dans la journée et a son propre cabinet en fin de journée. Mais franchement, j’ai un sérieux doute quant à ses compétences tellement elle pose des questions stupides pour quelqu’un sensé s’y connaître un peu en anatomie, et qu’elle est incapable de sentir ou de palper un corps correctement même après plusieurs tentatives 😳. Par contre, c’est la reine des selfies 😜.


Vous voyez en arrière plan, à droite, l’armoire vitrée,
pleine de toutes les orthèses qu’on a amenées.

Et au mur, les photos du président et autres personnalités politiques,
comme dans tous les bâtiments publiques et les maisons.


il peut enfin parler aux patients 😜
Lara qui s’intéresse à ses techniques, c’est bon de pouvoir échanger entre nous.
Ce patient est trop sympa, je l’avais déjà vu l’année dernière et il est revenu 😃.
Parmi nos cas difficiles, nous avons eu cette patiente, assez âgée, arrivée soutenue par deux personnes, à qui on a fini par amener un fauteuil roulant (antique), invalide depuis 3 ans suite à une chute. Il a fallu faire une radio (chose qui n’avait jamais été faite) parce que son cas était vraiment compliqué et pas clair. Malheureusement, le manip radio, enfin celui de permanence ce jour-là, n’était pas bon et, même en s’y mettant à 5, on a eu du mal à voir quoique ce soit 😅. On s’est tous concertés pour la soigner au mieux mais on sait qu’on ne fera pas de miracle, il faudrait la suivre pendant quelques mois et que sa famille lui fasse faire de la rééducation, ne serait-ce que la faire marcher tous les jours, ses muscles n’ont pas fait grand-chose depuis 3 ans alors qu’elle n’est pas paralysée, tous les réflexes sont bien présents…Elle marchait déjà mieux à la fin de la séance mais encore un peu bizarrement jusqu’à ce qu’on comprenne qu’elle avait peur de perdre sa couche (qu’elle portait pour des fuites urinaires présentes depuis sa chute) et que du coup, elle marchait en serrant les jambes 😤. On doit la revoir en début de semaine.



parce que pour moi, ça tombait sous le sens 😉.

Et le profil ? Ben, il n’y en a pas !!

Grosse pause repas dans un restaurant pas très loin de l’hôpital, avec Sina, Kem (qui nous a amené les écoliers cette semaine), tous nos traducteurs, Choun, et le chauffeur.



Dès le repas terminé, nous (Sina, Kem et moi) laissons les autres repartir à l’hôpital et allons visiter une école primaire, à 5 km de Don Talat, qui a bien besoin d’être refaite et pour laquelle Sina va financer les travaux.














Le directeur de l’école a le pied droit sans chaussure (parce que les enfants lui ont piqué sa tong) et il tient son pied sur le côté parce qu’il a eu une épine venimeuse qui s’est enfoncée dans la voûte plantaire depuis 15 jours, qu’il a fini par aller se la faire enlever à l’hôpital 3 jours après et qu’il n’a toujours pas cicatrisé. Heureusement que j’ai deux-trois trucs dans mon sac pour désinfecter, je lui fais un pansement de fortune avec un masque en tissu que j’avais acheté en Thaïlande 😅. Je lui dis qu’il devrait revenir à l’hôpital pour faire un vrai soin, il ne l’a pas fait ou en tous cas je ne l’y ai pas vu 😔.
Le soir, nous sommes invités à dîner chez la soeur de Sina, Sisamphone, qui tient la résidence Sisouk, ex maison familiale de la famille Sisombat. Lara, Julia et moi prenons en charge la soeur, la femme et une amie de Sina pendant que les autres sont à l’apéro…








Discussions intéressantes à chaque table, échanges d’idées et d’expériences, un repas absolument délicieux, une belle soirée pour nous tous😃.