Dernière demi-journée à Oudomsouk et installation à Don Daeng, notre 2ème lieu de travail.

Nous n’allons que peu travailler ce matin, une heure au maximum parce qu’il faut tout ranger et qu’il y a la cérémonie rituelle du Baci. C’est une cérémonie au cours de laquelle les soeurs et les chefs de village nous remercient d’être intervenus. Après, on leur offre le déjeuner pour les remercier de nous avoir permis de travailler…bref tout le monde se remercie 😂.

Les soeurs nous remercient et chantent

Ensuite, départ pour Champassak où nous allons traverser le Mékong et nous installer pour travailler sur l’île de Don Daeng (l’île Rouge).

C’est sportif, nous avons trois mini-vans qui transportent le matériel et toute l’équipe. Il faut tout décharger pour tout amener aux pirogues, traverser le Mékong puis tout charger sur des sortes de tracteurs qui vont nous conduire au temple du bout de l’île et tout installer.

On remonte nos pantalons

Arrivés au Wat (temple), on est attendu, les villageois nous aident à tout décharger et à balayer les espaces qui vont nous accueillir.

Voilà notre cadre de travail, cet endroit est incroyable, on a une vue directe sur le Mékong de notre « cabinet » 😃

Oudomsouk suite

Nous avons travaillé quatre jours ici, tous les matins nous arrivons vers 8h30, nous travaillons jusqu’à midi puis nous déjeunons avec les soeurs et les élèves. C’est la cuisinière de la Résidence Sisouk, où nous sommes hébergés quasiment toutes les nuits de cette mission, qui prépare le repas aidée de Nang et de Sylvie, soeur et femme de Sina, c’est délicieux et ça nous permet de bien recharger les batteries. La matinée est toujours très intense, les villageois sont au rendez-vous.

Léa et moi voyons une majorité de « farmer », appellation générique de la part de notre traductrice pour dire « gens qui travaillent la terre », ça peut être des maraîchers, des gens qui travaillent dans les rizières, des gens qui ont des animaux, ou des gens qui vendent les produits fermiers au marché, bref vous l’aurez compris, des travailleurs de force pour la majorité. Ils sont incroyablement musclés, certains se laissent faire, on reconnait les habitués des massages, et d’autres sont limite terrorisés. Vous me direz « mais alors pourquoi viennent-ils ceux-là ? » et bien souvent parce qu’on a soigné leur frère, cousin, neveu, voisin… et que cette personne a bien aimé ce qu’on a fait et qu’il se sent mieux depuis. Ça s’appelle le bouche à oreille ou le téléphone arabe, je suis sûre qu’il y a l’équivalent en laotien 😜. On a eu quelques profs et je pense qu’on a eu tous les chefs de village et leurs femmes, même si on ne les a absolument pas différenciés des autres puisqu’ils sont aussi fermiers pour la plupart.

Phout, une de nos traductrice, est préposée aux lunettes et à la distribution de vitamines A. Les gens sont très demandeurs de lunettes. Comme on n’a pas d’opticien, elle les fait lire sur un calendrier pour savoir si les lunettes qu’on leur propose conviennent. Globalement, il y a au moins un des deux verres sur une paire qui les aide, on n’a jamais une paire réellement à leur vue, mais ils sont contents avec ça.

Nous passons aussi de bons moments en dehors de notre travail, restos, visite du marché et coupe, ou plutôt tonte, de cheveux pour Léa…

Comme vous le constatez, on forme une très bonne équipe, la mission se déroule dans la joie et la bonne humeur, chacun a une expérience de vie différente et c’est génial de confronter nos points de vues et nos expériences 😃.

Mission, première partie, Oudomsouk

Et voilà, c’est le grand jour ! C’est un peu comme la rentrée des classes, je ne dors pas bien la veille, trop d’interrogations…et si on n’a personne, et si les dentistes et le médecin ont du monde et pas nous, et si les traductrices nous lâchent, et si un patient n’est pas content…bref, comme d’habitude mon cerveau est au taquet 😅.

Dès l’arrivée, je suis rassurée sur la présence des patients

Et c’est parti pour une bonne journée de travail. Les traductrices sont réparties entre nous, Hamui est avec Didier et Agnès (médical), Muk est avec Olivier et Roger (dentaire), Belle est avec nous (chiro) et Phout distribue des lunettes. Chacune va interroger les patients pour savoir de quoi ils ont besoin et les répartir entre les différents praticiens.

Avec Léa, nous nous partageons la seule table de chiro que nous ayons, quand l’une travaille dessus, l’autre travaille sur le lit 😉. Les patients sont adorables, on ne comprend pas ce qu’ils nous racontent mais tout passe dans le regard ou les gestes et des fois, même Belle ne comprend pas non plus 😂 certains ont un accent différent voire carrément un dialecte.

Et pendant ce temps-là, chez les dentistes :

Et chez lz médecin :

Préparatifs pour la mission

Réveil de bonne heure pour toute l’équipe, nous partons au dispensaire à Dontalat chercher le matériel dont nous allons avoir besoin. Il ne faut rien oublier parce que cette année, nous allons sur trois sites différents au lieu de rester sur place. Nous sommes neuf praticiens : 1 médecin, deux infirmières, deux dentistes et deux chiros. Le chargement des dentistes est énorme : quatre fauteuils « portables », deux stérilisateurs, des instruments, des compresses, des médicaments, etc…on dirait moi quand je viens en Asie 😜. Nous avons donc deux minibus pour pouvoir faire le déménagement entre Dontalat et Oudomsouk, notre première étape.

Je suis contente de revoir ce petit hôpital. La route d’accès est toujours aussi pourrie, voire pire, les trous sont énormes. Choun, le médecin kiné avec qui on a bossé il y a 3 ans, n’est malheureusement pas là, il est en formation en Thaïlande jusqu’en mars.

Le seul grand changement est ce terrain de volley qu’ils ont installé juste en face de notre local 😜

Par contre, pour ce qui est de l’aile d’une quinzaine de lits, qui doit permettre d’accueillir plus de patients à l’hôpital, elle n’est toujours pas occupée. Elle a même tendance à servir de débarras ! Pourtant, je l’ai vu en construction il y a cinq ans, finie et prête il y a trois ans et il n’y a toujours personne dedans, alors que ce ne sont pas les patients qui manquent ! Ils n’ont probablement pas le personnel pour la mettre en fonctionnement. Elle va finir par être abîmée avant même d’avoir servi.

Durant toute la matinée, on a trié, mis de côté et chargé du matériel et des médicaments.

En chemin pour Oudomsouk, là où on va travailler toute la semaine, notre minibus se met à faire un drôle de bruit, on a un pneu qui a crevé ! Ce n’était peut-être pas une bonne idée de mettre les deux stérilisateurs dans le même minibus, à moins que ce ne soit nous qui étions trop lourds 😜. Heureusement, on a pas eu à attendre sous le soleil que le chauffeur change la roue, on a pu tous se tasser dans le deuxième minibus et continuer le voyage.

Nous voici à Oudomsouk, chez les sœurs que Sina nous a fait rencontrer il y a trois ans, sœur Edouard et sœur Manivong, de la communauté des sœurs de la Charité. Elles nous prêtent le dortoir des filles, qui est libre, pour qu’on installe nos différents « cabinets ». Elles n’hébergent plus les jeunes filles qu’on a vues la dernière fois parce qu’elles sont devenues des ados et qu’elles étaient trop difficiles à gérer, elles sont chez d’autres soeurs à Paksé. Bientôt des filles de primaire seront accueillies. Ici, les soeurs hébergent toujours une dizaine de garçons entre 6 et 11 ans qui vont à l’école juste en face, ce sont des enfants qui, habitant trop loin de celle-ci, ne seraient pas scolarisés sinon.

Chacun installe son coin, on a mis les dentistes et le médecin proches des points d’eau. Pour nous les chiros, c’est moins grave si on en est loin, et ça nous fait marcher entre deux patients pour aller se laver les mains 😉. 

Une partie de l’équipe avec les deux soeurs qui nous accueillent si gentiment 😃

Derniers jours de calme 2

Sina et moi avons profité du dernier jour avant l’arrivée des premiers de l’équipe pour aller acheter les médicaments dont on aura besoin, enfin surtout le médecin et les dentistes. L’après-midi, je suis allée me balader en moto, quel plaisir de rouler à nouveau sur les routes du sud du Laos. Certes, elles ne sont pas toutes en bon état mais ici, les habitants ne roulent pas comme des fous furieux, à grand renfort de klaxon ou ne roulent pas à contre-sens ! De ce fait, j’arrive à rouler largement au-dessus de 50 km/h, ce que je n’osais pas dépasser au Vietnam, sans aucun stress. Je fais quand même attention aux vaches qui apparaissent régulièrement à côté ou sur la route 😉. Le soir, je décide d’aller dîner à la Trattoria, histoire de changer du riz. Je suis ravie de voir que ce restaurant que j’aime beaucoup est toujours là et que le patron n’est pas rentré en Italie. Il fait partie des restaurateurs qui ont tenus grâce à la vente à emporter.

Le samedi, c’est vraiment tranquille, marché le matin pour acheter du tissu pour me faire faire des tuniques, j’ai également acheté des coussins et un petit matelas pour pouvoir travailler pendant la mission. Je suis allée chercher Léa, la deuxième chiro, à l’aéroport de Paksé. Elle a fait un voyage bien long : Paris-Istambul-Bangkok-Ho Chi Minh-Paksé 😅 . Le soir, nous prenons l’apéro avec Sina, Sylvie, Virginie et des amis à eux à la résidence Sisouk, là où nous allons loger pour le début de la mission. Puis, Léa et moi allons dîner dans le pire restaurant de Paksé, le service était très long, on pense qu’ils ont dû courir longtemps pour attraper les poulets qu’on allait manger…et ce n’était pas bon 😩. Heureusement que Léa est de bonne composition, elle ne m’en a pas voulu de ce choix regrettable basé uniquement sur le fait que c’était proche de notre hôtel et qu’on voulait faire simple. On ne risque pas d’y remettre les pieds.

Le dimanche, Phosavanh, Khontong et Olaywan sont venus nous chercher toutes les deux pour qu’on passe du temps ensemble. Quand Phonsavanh m’a demandée, il y a deux jours, ce que je voulais faire avec eux, j’ai dit que je voulais me baigner. Ils nous ont donc emmenées sur une plage au bord du Mékong. Il ne faisait pas très beau parce que le soleil était caché par les fumées des brûlis qui viennent de Thaïlande mais l’eau était bonne et comme on y est allé le matin, il n’y avait personne, c’était chouette 😃.

Il y a pas mal de courant, c’est sympa

Nous nous arrêtons ensuite au gros Bouddha, qui domine la ville, que Léa ne connaît pas mais vous sûrement puisque je le prends en photo à chaque fois 😜.

Le dimanche soir, toute l’équipe est au complet, Sina nous explique comment va se dérouler la mission, on dîne tous ensemble et on fait connaissance. Je vous les présenterai plus longuement au cours de la mission.

Derniers jours de calme avant la mission

Je suis allée faire un petit tour dans la classe de Phonsavanh, j’adore la regarder enseigner, elle est d’une patience incroyable.

Le soir, nous sommes invités chez Xuan Maï, la belle-soeur de William, le président des « Amis de Paksé ». Je suis avec Sina, le chef de notre mission (ce n’est pas moi cette année et j’en suis ravie, je vais pouvoir ne faire que de la chiro. Il a tous les contacts, il parle Lao et il est doué pour organiser) et sa femme Sylvie, qui sera notre intendante pendant toute la mission, ce n’est pas rien d’organiser les repas du midi pour toute notre équipe et de s’assurer qu’on ne manque de rien pour travailler dans de bonnes conditions. Ce soir-là, il y avait aussi Virginie, la cousine de Sylvie de passage à Paksé, François et sa femme de l’association « La Toupie », une association qui rénove/construit des écoles dans le sud du Laos et avec qui les «  »Amis de Paksé ont déjà coopéré. C’est une soirée très intéressante où on découvre des univers différents. Xuan Maï était restauratrice, elle a tout arrêté avec le Covid, a décidé de ne pas reprendre et de prendre sa retraite, elle cuisine, aide sa fille qui tient une guesthouse. Son mari est tailleur de costumes pour hommes et ne veut pas prendre sa retraite. Il travaille avec son fils de 26 ans qu’il forme au métier. François est un ex-CRS en retraite, marié à une laotienne, qui consacre son temps à monter des projets au Laos. Sa femme travaille dans une mairie en région parisienne et trouve des financements (subventions diverses) qui permettent d’aider l’association de mener à bien les projets. Virginie habite à Porquerolles, elle passe deux mois, deux fois par an, en Thaïlande chez son fils et sa belle-fille pour profiter d’eux deux et de sa petite-fille (et accessoirement du bon climat de la région).

Premières impressions

Que ça fait du bien de retrouver un pays calme après l’effervescent Vietnam 😅. Aujourd’hui, je me contente d’une petite balade dans la ville. J’observe les changements, ça fait maintenant 3 ans que je ne suis pas venue ici. Le Covid a laissé des traces, pas tant comme virus, il y a eu très peu de morts (758 à ce jour), mais économiquement parlant. Le confinement strict a duré une année entière ici, avec une interdiction de circuler plus restreinte que chez nous. Il y a beaucoup d’hôtels et de restaurants qui ont fermé et ça a eu des répercussion sur le personnel principalement. Beaucoup d’entre eux sont retournés dans leur famille ou sont partis travailler en Thaïlande et ne sont toujours pas revenus. Certains restaurants ont fait de la vente à emporter pour garder leurs employés et tenir le coup. Les hôtels familiaux sont encore là parce l’endroit est souvent aussi leur maison. Ma guesthouse Nang Noï en est un bon exemple. L’homme est resté à l’hôtel, il en a profité pour faire des réparations, des améliorations et sa femme est rentrée dans sa famille à Vientiane où elle a vendu des fruits et légumes sur le marché. Ils ont dû congédier leur personnel sauf une nièce qui est restée. Depuis, ils ne proposent plus de petits déjeuners ou de dîners parce qu’ils n’ont pas retrouvé assez de personnel. Ils ont toujours le service de location de moto et comme ils ont retrouvé un bon niveau de clientèle depuis l’ouverture des frontières en novembre dernier, le gérant a racheté 6 motos neuves 😉. Les salons de massage et les tailleurs qui avaient essentiellement une clientèle de touristes ont aussi mis la clé sous la porte et n’ont pas encore rouvert.

Pour ce qui est des bâtiments ou des routes, tout a été à l’arrêt pendant près de deux ans, avec là encore des gens qui se sont retrouvés sans salaire, il n’y a pas eu d’aide de l’État ici. La plupart ont tenu parce qu’il y a eu une grande solidarité familiale ou villageoise selon, personne n’a été laissé de côté, même si les moyens étaient limités, il y a eu partage.

Sur le marché, là aussi il y a du changement. Au lieu de l’habituel chassé-croisé des motos qui rendait la déambulation très compliquée autour du marché, ils ont instauré des parking, payants, à chaque entrée et ne peuvent circuler à moto que ceux qui livrent des marchandises ou qui achètent en gros. Du côté des chalands, je pense qu’ils ont dû avoir des consignes pour mettre une distance sanitaire entre eux tous, c’est beaucoup moins tassé. Il y a aussi moins de vendeurs venus des campagnes alentour, la ville a mis des péages aux entrées de Paksé ce qui peut en freiner certains, acheteurs comme vendeurs. C’est une façon comme une autre de contrôler le flux des personnes. Peut-être que les gens ont changé leurs habitudes, comme nous et se fournissent plus « local ». Et ah oui, à propos du marché, truc incroyable, c’est propre par terre ! Je ne dis pas qu’on pourrait manger par terre mais il n’y a plus ces liquides indéfinissables dans lesquels on avait tendance à patauger 😅. Sauf au rayon poissons et viandes mais là, c’est plus normal.

Le soir, je retrouve enfin Phonsavanh et sa famille. C’est émouvant de se revoir. Les embrassades sont toujours hyper maladroites, les asiatiques se touchent peu mais eux veulent m’étreindre, sans vraiment savoir comment faire et en plus, comme je suis grande, ils se retrouvent toujours la tête dans mes seins 😂. Mais le principal est qu’on est content de se revoir. Il y a Phonsavanh, Khontong son mari, Ton le fils, Nyod la fille et aussi Olaywan leur nièce et son père. Elle a cuisiné pour moi, des plats de poisson essentiellement avec une salade de légumes et du sticky rice. Elle m’explique qu’elle a voulu reproduire la recette d’un restaurant où je les avais emmenés, personnellement, je n’en ai aucun souvenir 😬, mais c’est très bon. Après le repas, Khontong ramène ma moto à la guesthouse pendant que le beau-frère me conduit là-bas en voiture (avec Phonsavanh), ils ne voulaient pas que je conduise de nuit ! Et on n’a bu que de l’eau, ils ne boivent jamais d’alcool, d’ailleurs il faudra que je leur demande si c’est pour des raisons religieuses ou médicales 🤔. C’est dingue cette peur qu’ils ont toujours de me savoir en moto, comme si je ne savais pas conduire, c’est gentil mais des fois ça me fatigue 😜.

Enfin au Laos

Juste pour vous situer ou re-situer, Paksé est la 2ème ou 3ème ville du pays (selon la police ou les organisateurs) avec près de 120000 habitants estimés pour 2023. Elle est à 50 km de la frontière thaïlandaise, 155km de la frontière cambodgienne et à 255 km de la frontière vietnamienne.

La nuit précédant mon départ pour le Laos, dans mon appartement à Ho Chi Minh, j’ai plutôt bien dormi mais j’ai été réveillée tôt par mes intestins qui cafouillaient…j’aurais dû me méfier du BBQ coréen d’hier soir, j’ai mangé des trucs que je ne connaissais pas, des sortes d’algues très épicées, je ne sais pas si c’est ça ou le bœuf qui n’était pas frais mais en tous cas, ce n’était pas top, je ne suis pas prête d’en refaire un.

Quand je pense que ça fait maintenant plus de dix jours que je mange de la « street food » sans aucun problème, et là, je vais dans un resto tout ce qu’il y a de plus normal (pas hyper chic non plus mais quand même bien) et je suis malade 😩. M’enfin, ce sont les aléas des voyages.

Le problème est qu’à l’aéroport, j’ai pas mal de crampes intestinales, au point d’être pliée en deux par moment et c’est franchement pénible. J’ai fait quarante-cinq minutes de queue au guichet de Lao Airlines pour m’enregistrer sur mon vol pour Paksé, non pas qu’il y ait eu tant de monde que ça mais je m’étais mise dans une file dans laquelle il y avait un groupe, je n’avais pas fait gaffe, et où l’hôtesse au sol n’était pas une rapide. Quand ça a été enfin mon tour, il a fallu que je négocie pour qu’elle accepte de me laisser passer avec mon excédent de bagages (+7 kg au total). Ne pouvant rien décider par elle-même, elle a dû appeler son chef, auquel j’ai expliqué que je venais en mission humanitaire, je lui ai montré le papier officiel de l’association des Amis de Paksé et du Département de la Santé du Laos,  j’ai même sorti l’appareil à surveiller la glycémie que mon beau-frère Christophe m’avait donné pour là-bas et j’étais à deux doigts de sortir mes orthèses pour les poser sur leur comptoir quand il a dit que c’était ok, que je ne paierais pas de supplément 🥳. Après ça, direction l’immigration, et là, c’était l’horreur, à croire que tous les avions partaient à la même heure et que donc tous les passagers arrivaient au même moment pour franchir la douane… Il a fallu une heure, pendant laquelle j’étais pliée en deux régulièrement, pour que je puisse enfin présenter mon passeport au douanier. C’était ensuite la queue pour passer la sécurité, même foule sauf que là je rigolais moins, la bonne avance que j’avais en arrivant à l’aéroport avait fondu comme neige au soleil. J’ai carrément doublé tout le monde en expliquant que j’embarquais dans vingt minutes, ce qui était le cas, et personne n’a objecté. Là, j’ai fait bien attention à reprendre toutes mes petites affaires cette fois 😜. Et j’ai hâté le pas pour rejoindre ma porte d’embarquement qui, bien sûr, était à l’autre bout de l’aéroport ! Je suis arrivée pile à l’heure du début d’embarquement mais j’ai vu que tout le monde était gentiment assis et que ça n’avait pas commencé. J’en ai profité pour aller aux toilettes, enfin, et je me suis allongée en position fœtale sur les chaises le temps qu’on embarque. On est parti avec quarante-cinq minutes de retard finalement 😤. Dans l’avion, pourtant quasiment plein, j’ai eu de la chance, le siège à côté du mien est resté libre, j’ai pu voyager recroquevillée tout le vol ou presque.

Nous sommes arrivés à Paksé dix minutes avant qu’un gros orage n’éclate. Heureusement, je crois que je n’aurais pas supporté un atterrissage sportif ! 

L’orage était passé quand je suis montée dans le taxi pour me rendre à ma guesthouse mais la pluie n’avait pas cessé. C’est rigolo parce qu’il pleuvait à mon arrivée au Vietnam et là aussi 😜.

Je me suis couchée directement en arrivant, j’avais 39° de fièvre et j’avais mal au ventre. J’ai dû décliner l’invitation à dîner de Phonsavanh, on a remis ça au lendemain. J’ai mangé un peu de sticky rice, chiné à mes propriétaires, je n’avais pas le courage de sortir. Et j’ai dormi, dormi.

Ho Chi Minh ou Saïgon :

Me voici contrainte de passer par cette ville, ce qui n’était pas prévu. Comme à chaque fois que je parlais avec Vicky, pour les réservation des vols, de « Ho Chi Minh » et qu’elle me répondait « Saïgon », je me suis demandée si je ne faisais pas une gaffe. Pour ceux qui se poseraient la question comme moi, voici les réponses que j’ai trouvées :

Raison historique

Jusqu’en 1975, on utilisait officiellement et uniquement la dénomination Saigon. C’est en effet en 1975 que la ville a été rebaptisée Hô-Chi-Minh-Ville, par le régime du Nord. Année où cette dernière s’est emparée de Saigon (« la chute de Saigon » ou encore en anglais « Fall of Saigon »). La ville a également perdu son titre de capital officielle du pays cette même année, en cédant son titre à Hanoi.

Raison culturelle

Cet événement s’est déroulé il y a maintenant 42 ans. De ce fait, les personnes ayant assisté à la chute de Saigon, mais également au changement de nom de la ville, sont encore en vie et ont donc conservé l’habitude de nommer la ville ainsi. Par conséquent, leur descendants également.

Raison politique

La ville a été officiellement rebaptisée Hô-Chi-Minh-Ville, en hommage à Hô Chi Minh, fondateur de l’actuel Parti communiste vietnamien ainsi que de la République démocratique du Viêt Nam. Les personnes n’adhérant pas à ce courant politique n’utilisent donc pas, ou alors que très rarement, ce nouveau nom.

Raison géographique

Certains vietnamiens considèrent Saigon comme le centre-ville et Hô-Chi-Minh-Ville comme la métropole ou encore la grande agglomération. N’oublions pas que la ville a une superficie de 2,096 km2, soit 20 fois la taille de Paris (intra-muros).

Le matin du départ, je suis contente, je suis à l’heure à l’aéroport, je m’enregistre facilement malgré une valise plus lourde qu’autorisée, on ne me fait pas de remarque, et je bois tranquillement un café en attendant l’heure d’embarquer. Une fois dans l’avion, je commence à déballer toutes mes petites affaires pour le voyage quand je m’aperçois que je n’ai plus mon ordinateur dans mon sac à dos 😱. Panique totale, première pensée : je me le suis fait voler pendant que je prenais mon café en attendant mon vol, puis mon cerveau rationnel me commande de réfléchir et de refaire, dans ma tête, le trajet depuis que j’ai déposé ma valise au comptoir. Je réalise tout à coup que j’ai dû l’oublier à la sécurité 😩. Je préviens l’hôtesse qui appelle aussitôt quelqu’un et me dit qu’ils vont regarder. Je rajoute que j’ai aussi oublié ma petite sacoche avec mes différents câbles et ma trousse de toilette, ce qui confirme bien un oubli et non un vol, elle rappelle son interlocuteur pour le lui préciser. Je suis à deux doigts de quitter l’avion, tant pis, je prendrai le suivant, je suis devant la porte pour en sortir quand la cheffe de cabine me dit qu’on ne peut pas descendre et qu’il faut attendre. Je trépigne à côté d’elle quand elle m’annonce finalement qu’ils ont trouvé mon bac à la sécurité avec tout dedans et qu’ils me l’amènent 😅. Quel shoot d’adrénaline le matin de bonne heure…c’est bien la première fois que ça m’arrive, pourtant, j’en ai passé des sécurités…Et ce n’était que le début de la journée.

J’avais réservé la veille, pour ma nuit à Ho Chi Minh, une chambre sur Booking qui ne se libérait qu’à 15h. Mon vol atterrissant à 10h30, j’avais appelé la propriétaire pour savoir si je pouvais au moins déposer ma valise à l’hôtel, je comptais aller me balader en attendant que la chambre soit prête. La dame avec qui j’ai échangé m’a expliquée que ce n’était pas possible et qu’il fallait que je voie à l’aéroport pour laisser ma valise à la consigne. Après une recherche sur internet, je découvre qu’il y a effectivement une consigne où on peut laisser les bagages de quelques heures à une journée. Puisque je reprenais l’avion le lendemain midi, je décide de leur laisser ma grosse valise et de ne prendre que mon sac à dos avec le nécessaire pour une nuit.

En attendant que ma chambre soit prête, je décide de visiter un des  quartiers de Ho Chi Minh qui a encore des bâtiments qui datent de la colonisation française. Je cherche un taxi en sortant de l’aéroport et je suis les panneaux qui indiquent l’emplacement des taxis. Je monte dans la voiture de tête, je demande au chauffeur à combien se montera la course et il me dit « meter » en me montrant le compteur de prix sur le tableau de bord et on part. Je ne sais pas pourquoi mais mon instinct me dit que ce n’est pas un taxi officiel, peut-être parce que mon cerveau, malgré la fatigue, a enregistré qu’il n’y avait pas écrit « taxi » sur la voiture mais trop tard. Je profite du trajet pour regarder sur internet combien coûte une course aéroport/ 1er arrondissement, là où il doit me déposer, et je lis que ça me doit pas dépasser 155.000 Dong. Le temps que je fasse ma recherche, on a déjà dépassé ce montant et quand on arrive à destination, il m’annonce que je lui dois 700.000 Dong, en me montrant le compteur. Je comprends que je me suis faite berner comme une débutante, je tente de négocier et je parviens à lui faire baisser le prix à 400.000 Dong. C’est l’arnaque mais bon, ça m’apprendra à ne pas avoir été vigilante 😩.

Je visite un bureau de poste qui date du 19ème siècle, très bien conservé et encore en activité. Je pense que leur chiffre d’affaire principal vient des touristes qui achètent et envoient des cartes postales 😉.

Le bâtiment suivant que je voulais voir est la cathédrale Notre Dame de Saïgon. Manque de chance, elle est en réfection, sous des échafaudages et inaccessible 😤.

Après avoir déjeuné d’un Pad Thaï, spécialité thaïlandaise histoire de changer un peu de cuisine, je déambule pour ne pas arriver trop vite à l’hôtel.

Puis je me dirige tranquillement vers l’hôtel, je suis un peu en avance quand j’arrive. Il s’agit en fait d’une énorme résidence, les propriétaires y louent des studios, c’est pour cela que je ne pouvais pas laisser ma valise, il n’y a pas d’endroit pour ça. J’appelle la propriétaire pour lui signaler que je suis arrivée, je sens comme un malaise dans sa voix, elle ne comprend pas ce que je fais là et me dit que ma réservation a été annulée parce que je ne l’ai pas confirmée. J’ai beau lui dire qu’on s’est parlé au téléphone ce matin même, elle me dit que ce n’est pas possible et que je dois trouver autre chose 😩. J’avoue que je suis un peu dépitée. Je me mets à chercher un autre logement dans le même secteur, toujours sur Booking. J’en trouve un autre, je le réserve mais j’appelle quand même pour confirmer. La personne me dit que sa sœur arrive pour me donner la clé. Quinze bonnes minutes plus tard, je rencontre la sœur qui me dit qu’elle est désolée mais qu’il y a eu erreur, en fait la location de cet appartement était prolongée, re-😩. Devant ma mine dépitée, elle me dit qu’elle va essayer de trouver autre chose, je la laisse faire, de toutes façons, j’en ai marre. Elle me propose un autre logement un peu plus loin qu’elle me fait au même prix. Je lui explique que la résidence de celui que j’avais à la base avait une piscine, elle me dit que dans l’autre, il y en aura une aussi et que le taxi qu’on va prendre pour y aller est à sa charge, j’accepte sa proposition. La résidence est très classe, l’appartement est au 28ème étage, il y a deux chambres et un balcon, c’est très sympa. 

Je décide de me rendre à la piscine mais arrivée devant, je constate qu’elle est entourée de rubalise. Je vais à la réception pour demander pourquoi, et bien aujourd’hui, c’est le jour de nettoyage, re-re-😩. Décidément, ce n’est pas ma journée…Du coup, je bouquine puis je vais manger au plus près, en bas de l’immeuble pour faire simple, dans un restaurant coréen, pas d’autre choix, qui n’était pas extraordinaire. J’envisage d’aller me faire masser après, histoire de me détendre et d’oublier les aléas de cette journée mais le salon, juste à côté de la résidence, indiqué sur Google Maps s’est révélé fermé à cause du Covid re-re-re-😩. Bref je me suis couchée tôt pour vite changer de journée 😅.

Dernière journée à Huê

Après avoir fait toutes ces visites depuis le début du séjour, j’ai décidé de buller un peu, je roule au hasard des rues, je m’arrête quand ça m’inspire, c’est aussi ça les vacances 😉.

Cathédrale Phù Cam :

Les abords du marché :

Je me suis posée pour bouquiner au bord de la rivière des Parfums, enfin un peu de calme, ça fait du bien, ce pays est vraiment très bruyant 😅.

En chemin :

Le soir, j’avais rendu mon scooter et il n’y avait pas grand choix autour de mon logement, en fait il n’y avait que ce resto de rue. Pas de chance, c’était un resto de poisson et jusqu’ici, je m’étais gardée d’en manger 😬 et bien j’avais tort, c’était délicieux !

Et oui, même ici, on occupe les enfants avec le téléphone, ça a duré tout le temps de mon repas :