Chaque mission se conclut par un Baci, il s’agit d’une cérémonie où les personnes importantes du district viennent nous remercier. Il y a en général le gouverneur ou son représentant, le directeur de l’hôpital et les maires des villages qu’on a soignés ainsi que le personnel de l’hôpital et leur famille. C’est une belle fête, il y a un temps de discours puis une bénédiction pour la suite de notre mission. Nous nous tenons tous autour d’une sorte de petit autel avec des plantes, des fils de couleurs, de la nourriture et des boissons, tout est béni. On doit tenir le récipient tous ensemble et le lever en chœur en disant quelque chose qui ressemble à « Tchaa ». Après cela, il y a une remise de « diplôme », certificat de remerciements pour la mission.
Ensuite vient la distribution des petits bracelets de couleur, c’est toujours un moment émouvant, toutes ces personnes qui vous remercient pour vos soins et qui vous souhaitent plein de bonnes choses, même si on ne comprend pas, c’est l’intention qui compte 😃.
Et pour clôturer la cérémonie, un repas préparé par le personnel de l’hôpital qu’on va partager tous ensemble. Le seul souci est qu’il est 10 heures et qu’on n’a pas faim du tout, le petit déjeuner n’est pas si loin ! Mais il faut faire honneur alors j’accepte avec plaisir un pilon de poulet béni offert par le directeur de l’hôpital 😋. Je prends un peu de soupe pour faire bonne mesure, je n’ai vraiment pas faim pour du riz ni pour de l’omelette !
Poulet, omelette et sorte d’épinards aux herbes (c’est très bon)
On sent que c’est jour de fête, quelqu’un est venu avec son tracteur flambant neuf (il y a encore le plastique sur le siège 😇), un autre avec sa nouvelle voiture électrique et d’autres de façons plus classique, avec leurs pick-up ou leurs scooters.
Pour nous remercier, le gouverneur du district nous a permis d’aller visiter une cascade qui n’est pas encore ouverte au public. C’est un très beau cadeau, l’endroit est magnifique. Une belle balade d’une heure aller-retour au milieu d’une jungle luxuriante. Tout le monde se baigne au pied de la cascade sauf les trois traducteurs laotiens qui ne sont pas du tout à l’aise avec l’eau 😉.
Nous allons ensuite faire du camping dans un autre lieu incroyable, à côté d’une grotte perdue dans la jungle où coule une rivière peu profonde mais avec assez de courant pour s’y laisser porter sur plusieurs mètres. La grotte est énorme, la rivière s’y enfonce sur dix kilomètres. En saison sèche, on peut la remonter en kayak mais là, il y a trop d’eau alors on se contente de s’y baigner en prenant garde de ne pas se faire emporter par les rapides (pas moi, j’ai préféré me baigner après les rapides, ça allait suffisamment vite comme ça !). Nous allons dormir dans des tentes posées sur des structures en bambou, ça évite les petites bêtes sympathiques qui vivent au sol 😇. Seul Didier, le médecin (qui avait envie de calme) et les trois traducteurs laotiens (qui n’avaient jamais fait de camping de leur vie et qui ont soudain eu peur de dormir dans une tente 😱) sont rentrés à Boualapha.
La soirée est animée, on fait un Time’s up, sans le jeu. Chacun a écrit trois mots sur un morceau de papier qu’on a mis en commun dans un sac plastique, on fait deux équipes et chaque personne doit faire deviner à son équipe le mot qu’elle a pioché. Un premier tour en une phrase, le deuxième en un mot et le troisième en un mime. Bonne rigolade assurée. L’idée étant de faire deviner le plus de mots possible à son équipe et de retenir tous les mots qui sont déjà sortis pour pouvoir imaginer ce que notre partenaire essaye de nous faire découvrir et qui n’a pas encore été trouvé. Un bon moment de rigolade 😂.
Le lendemain, nous reprenons la route pour rentrer à la guesthouse de Boualapha, charger les vans et aller vers notre prochaine destination, Langkang. Sauf que la route directe que nous aurions dû emprunter est inaccessible aux vans chargés à bloc, nous devons donc faire un léger détour…de deux et demi de route en plus 😩. Heureusement, l’ambiance est bonne dans les vans, je n’y suis pas mais on me l’a raconté 😜, je voyage dans la voiture de Sylvie et Sina avec Didier, ça s’est fait comme ça, je ne l’ai pas payé 😇.
Le resto kitch où on s’est arrêté déjeunerOn a passé notre temps à croiser des camions doubles et à se faire doubler par eux des fois 😱Un arrêt de bus
Le dispensaire où on s’installe est beaucoup plus petit que le précédent mais chacun trouve ça place. Le déchargement et l’installation se fait rapidement.
Nous sommes, cette fois, logés dans un « Resort », étonnant qu’il existe pour une si petite ville mais finalement pas tant que ça, nous sommes à moins de vingt kilomètres de la frontière vietnamienne et il y a beaucoup de trafic, poids-lourds et touristes (surtout des vietnamiens qui viennent voir leur famille au Laos).
Il y a des trucs très étranges à boire ici, ça promet 😜
Quelle semaine intensive, 105 patients en 5 jours pour ma part, sans compter quelques infirmières, médecins, personnel administratif et membres de l’équipe 😃. Les journées sont bien actives et les soirées très festives grâce à un groupe de dentistes dynamiques, à leur chef bienveillant, plein d’humour et qui sait mettre l’ambiance (de jour comme de nuit 😉). La tenue du blog s’en ressent ! Il y a tellement de photos des uns, des autres que c’est très long de faire un choix parce que j’ai envie de les poster toutes. On a vu tellement de choses extraordinaires, des patients tellement sympathiques qu’il faudrait un livre pour tout détailler. Retenez juste que les patients était ravis de nos soins, qu’on a vu 1234 patients à nous tous sur 5 jours, pour un petit hôpital qui a en moyenne 2000 consultations par an, autant vous dire que le personnel a été mis à rude épreuve mais ils ont su gérer cette affluence avec beaucoup de professionnalisme et d’efficacité.
Les gens patientent tranquillementUn jeune homme qui avait un bec de lièvre, chirurgie des dentistesLes collégiens qui attendent leur tour chez Bérengère
On a aussi fait de belles soirées, la plupart avec des laotiens, une fois à la maison du personnel de l’hôpital, plusieurs fois à la guesthouse (karaoké et jeux), parfois au resto, on a même eu un festival de musique techno dans le village 😉. Ici, les soirées commencent vers 18H30 et se finissent au plus tard à 22h30 (sauf le festival de techno mais on n’est pas resté longtemps !), on était donc toujours en forme le lendemain 😇.
Jeux installés pour le festivalMiam, des glaçes !Ce soir là, on a fait découvrir des danses bretonnes au personnel de l’hôpital qui logeait sur place 😜Les vaches prennent possession de l’hôpital à la tombée de la nuitOn était fan de ce resto parce que c’était bon et qu’il passait une série thaïlandaise qui nous faisait rireChristophe a trouvé le moyen de se faire prendre en stopBounma est fan de karaoké et chante très bienPendant le festival de techno 😉Des enfants qui jouent à un jeu d’argent dans la rue, le soir du festival 😳A la discothèque/karaoké du coin le dernier soir, on était seul, les jeunes du village sont arrivés vers minuit alors qu’on allait partir, enfin ils nous ont quand même entendu chanter Diam’s avant qu’on parte 😂Fête des lumières et de l’eau en ce soir de pleine lune
Et pour finir, un petit florilège de nos patients (certaines photos sont celles des autres bénévoles 😃) :
Pique-nique devant l’hôpital en attendant la reprise des consultations, certains venaient de très loin !
La mission a débuté, comme toujours, avec la cérémonie officielle d’ouverture, le chef du district nous a remercié de venir soigner la population et a parlé du partage de connaissances entre les équipes médicales laos et françaises, il a également remercié le gouvernement (à travers le ministère de la Santé) d’avoir donné les autorisations pour cette mission. Heureusement Boumpa traduisait en anglais à Lucien qui traduisait pour nous en français. Tout le personnel de l’hôpital était là (c’est un tout petit hôpital, ils avaient prévu vraiment beaucoup trop de chaises !) pendant que les patients attendaient patiemment que nous soyons prêts à commencer.
Doliseang (traductrice pour les dentistes) et Bounma ( un de mes traducteurs, il parle anglais couramment), ce sont les deux coordinateurs de l’association Sourire d’EnfantsLe chef du district, Lucien et BounmaL’équipe au completLe moyen de transport le plus courant dans la région
Nous sommes opérationnels rapidement, les patients sont dispatchés par des infirmières, dès l’entrée de l’hôpital, en fonction de leurs besoins. Certains vont faire tous les postes, médecin, dentistes, opticienne et chiro. Les gynécologues ne voient que les femmes bien évidemment 😉.
Chez les dentistes, ça a un peu de mal à démarrer, il faut trier les patients selon s’ils ont besoin de soins ou de chirurgie (entendez extraction dentaire !) mais au fur et à mesure de la matinée, le rythme s’accélère.
Chez Didier, le médecin, c’est la queue en permanence. Son traducteur, Phonexay (qu’on a surnommé Saï), apprend très vite les termes médicaux dont il a besoin et quand il ne sait pas, il se sert de Google traduction et mémorise rapidement les mots. Les questions pour l’anamnèse sont souvent les mêmes ce qui lui facilite la tâche. Une grande majorité des patients fait de l’hypertension et/ou du diabète, ils manquent de vitamines et d’iode aussi.
Chez les gynécologues, la mise en place est un peu laborieuse parce que les deux jeunes filles qui traduisent ne maitrisent pas du tout le vocabulaire (mais là encore, grâce à leur téléphone, elles apprennent vite) et surtout, elles n’ont aucune connaissance de l’anatomie, n’ont jamais entendu parler d’ovule, ovaire, trompes utérus et spermatoizoïdes, n’ont aucune idée du mécanisme de la fécondation. Les gynécologues ont accès à un appareil d’échographie mais il met un temps fou à démarrer et s’arrête parfois sans raison, mais il a le mérite d’exister. Elles en profitent pour former les infirmières en obstétrique sur la prise en charge des femmes enceinte grâce à l’écho, elles qui, d’habitude, se contentent de mesurer la hauteur du ventre, de les peser et de prendre leur tension.
Bérengère, l’opticienne, a un succès fou, il y a beaucoup de patients qui ont besoin de lunettes, de tout types. Sylvie est là pour l’aider à déterminer la correction de lunettes qui nous ont été données. Elle a aussi l’aide d’une infirmière de l’hôpital qui est très compétente et permet que les consultations se déroulent assez rapidement. Lucien est là pour la traduction. Il y a aussi beaucoup de patients avec des cataractes et ça, elle ne peut rien y faire.
Pour ma part, je commence sans traducteur au départ, pas facile de se rappeler des phrases, je n’ai pas révisé 😳. Heureusement, je comprends très bien le langage des mains et les patients montrent toujours où ils ont mal, même s’ils ont tendance à montrer tout le corps 😂. La plupart des patients sont des agriculteurs, ils travaillent dans les rizières et en novembre c’est la fin de la moisson, certains ont déjà fini, d’autres sont encore en cours, donc ils ont mal partout et sont fatigués. Les patients sont heureux qu’on s’occupe d’eux, même s’ils n’ont aucune idée de ce que je vais leur faire. Ils ne sont pas du tout stressés que je ne parle pas leur langue, ils ont beaucoup de mal à comprendre les trois phrases que je leur dis : comment vous appelez-vous, quel âge avez-vous et où avez vous mal. Mes intonations ne sont pas bonnes et surtout ils ne s’attendent pas à ce que je leur parle en lao, sans compter que ceux qu’on voit ici ont leur propre dialecte et souvent ne comprennent pas non plus mon traducteur quand j’en ai un 😭. Mais le contact est malgré tout facile et je bosse dans une bonne ambiance, sereine. La majorité de mes patients sont des ouvriers et ouvrières agricoles, quelques vendeuses du marchés et quelques fonctionnaires. J’ai vu aussi trois enfants atteints d’IMC (infirmité motrice cérébrale), deux à cause d’un manque d’oxygénation du cerveau au moment de l’accouchement et le troisième survenu un peu plus tard mais je n’ai pas bien compris pourquoi. Je ne peux pas changer la vie de ses enfants mais j’ai pu soulager des tensions et les mamans ont été surprise de la détente que cela leur procurait. Je sui consciente que ça ne durera pas mais je me dis que je leur ai fait du bien même pour un moment. J’ai montré aux mamans quelques petits gestes qu’elles pouvaient faire pour les apaiser, je suis sûre qu’elles sauront les mettre en application pour le bien-être de leur enfant. J’ai eu quelques cas un peu compliqués parce que c’étaient des douleurs anciennes qui auraient mérité un suivi sur quelques mois pour être vraiment satisfaisant et quelques cas de situation familiale très difficile, entre autres, un vieux monsieur qui ne pouvait plus travailler donc qui n’avait pas d’argent pour manger tous les jours, un frère et une cousine lui amenait parfois à manger ; et une jeune maman, 37 ans, neufs enfants, dont deux morts, qui a perdu son mari d’un infarctus à la naissance de sa dernière il y a 18 mois et qui doit travailler et élever ses enfants seule parce qu’elle n’a pas de famille. Pour le monsieur, qui avait besoin de vitamines, Bounma est allé lui acheter ce qu’il fallait pour trois mois et j’ai donné à la maman les vêtements d’enfants qu’une patiente m’avait donnés, elle m’a remerciée des soins et du cadeau en pleurant, c’était terriblement émouvant.
Elle était cramponnée au lit 😂Cette petite fille était revenue en fin de semaine avec son papa cette fois, il m’a dit qu’ils étaient très contents de mes soins
La mission a lieu dans le district de Boualapha qui est quasiment au centre du Laos, très proche de la frontière vietnamienne. Nous intervenons dans un dispensaire qui draine beaucoup de tous petits villages dans un rayon de 80 kilomètres. Ici on ne compte pas en distance mais en temps, on a mis plus de trois heures pour faire 129 kilomètres, sans compter la pause repas 😅. Mais avant cela, il a fallu charger tous les bagages et rentrer tout le monde dans les véhicules…nous sommes 13 praticiens, 6 traducteurs, 3 chauffeurs et Sina et sa femme, répartis dans 2 vans, un pick-up et une voiture !
Ça en fait des soupes à préparer !On a franchi beaucoup de ponts de ce genre, voire pire 😱Gros travaux sur la route, même dans le SUV de Sina on a frotté le bas de caisse plus d’une fois !Arrivée au petit hôpital
Après un tour des locaux, chacun trouve la salle qui lui conviendra le mieux, on est très bien accueillis et le personnel se met en quatre pour nous aider au mieux.
Les quelques valises des dentistes 😂Ma future salle de consultation, en cours d’aménagementDe gauche à droite : Franck, Léo, Vanessa et Florence, des dentistesFlorence et Justine, dentistesLucien le traducteur suisse et Benjamin, dentisteHéléna, l’assistante dentaireBérengère, l’opticienne et Sylvie qui sera son assistante, chargée de trouver la correction sur chaque paire de lunettes, qui a été donnée par les patients ou des opticiensgrâce à un appareil, don d’un fabricant 😃Didier, le médecin généraliste et Saï, le jeune laotien qui fera la traduction entre les patients et lui, un gros travail en perspectivepour lui 😅Marie-Annick et Christine les deux gynécologues et Ali et Mani, leurs deux traductrices, elles aussi vont avoir du travail, elles ne connaissent pas du tout le vocabulaire médical et encore moins gynéco 😳Léo et Benjamin, dentistes, le ton est donné 😂Il n’y a pas de fauteuil de dentiste, ils font avec les moyens du bord 😜Christophe, le chef des dentistes et Héléna, l’assistante dentaire
Je n’avais pas fini de m’installer qu’on m’a demandé de venir en salle des urgences, un jeune homme venait de se faire une entorse en jouant au football. J’ai donc vu mon premier patient, ça présage bien pour la mission 🥳.
Aujourd’hui, journée light avant de retrouver le reste de l’équipe de la mission qui atterrit en fin de journée. Je loue un scooter électrique à l’hôtel pour aller jusqu’au marché acheter le matériel dont je vais avoir besoin dans les dispensaires. J’en profite pour faire un peu de tourisme dans la ville, je me balade au hasard dans les rues. Je me rends compte que, sur la grande avenue le long du Mékong, il n’y a pas moins de six temples ! Voici un petit aperçu, je vous épargne les noms 😉.
Sur les bords du Mékong, le Naja n’a pas fini sa mise en beauté, tant pis, on ne le verra pas dans sa totalité 😔
A côté, il y a de l’animation, toujours en rapport avec les dons annuels aux moines. Au programme, des offrandes et un spectacle de danse :
Je me balade dans le quartier vietnamien, c’est plutôt animé et sympathique, il y a plein de choses à voir :
La tour de l’Horloge, construite en 1960 par les Vietnamiens en remerciement au gouvernement thaïlandais pour les avoir accueillis lors de leur exode.La salle d’attente d’une clinique privée multidisciplinaire, j‘ai pris la photo pour toutes les chaussures entassées à l’entrée 😉Une petite vendeuse de pastèquesLe seul homme couturier que j’ai vu jusqu’ici
Pour la mission, il me fallait un matelas, des serviettes de toilette, des coussins, j’ai dû aller sur deux marchés avant de trouver ce que je voulais, le plus rigolo a été de ramener tout ça à l’hôtel sur mon mini scooter 😂.
Après un dernier déjeuner thaïlandais, je me rends au salon de massage où j’ai réservé un soin et un massage pour deux heures. J’ai testé une sorte de hammam individuel pour commencer.
J’ai enchaîné avec un gommage de tout le corps suivi d’un massage. La masseuse était très compétente et attentionnée. C’était un bon moment de détente, indispensable en prévision de la mission à venir 😜.
En fin d’après-midi, un des vans mis à notre disposition par l’association « Sourires d’Enfants » vient me chercher à l’hôtel, c’est un dix places et heureusement, parce que je remplis déjà le coffre à moi toute seule 😭. On roule jusqu’au l’aéroport pour retrouver la première partie de l’équipe qui vient d’atterrir. Il y a Didier, le médecin généraliste avec qui j’avais fait la mission l’année dernière, Marie-Annick et Christine, les deux gynécologues et Bérangère, l’opticienne. Les huit dentistes et assistantes dentaires arriveront sur un autre vol un peu plus tard, un autre van les prendra en charge. Dès les bagages entassés, on va jusqu’à la frontière, à une demi-heure de route de là. On retrouve Lucien, un suisse, qui sera un des traducteurs franco-lao et qui travaille pour l’association au Laos (déposé à l’aller par un des chauffeur de mini-van). Il devait repasser la frontière pour prolonger son visa (un visa de touriste est valable deux mois). Derrière Didier, on ne le voit pas mais il y a un panneau qui dit « interdit de prendre des photos », bien évidemment je me fais enguirlander par un agent de la sécurité mais il ne me confisque pas mon téléphone 😅. La sortie de la Thaïlande se passe rapidement.
L’entré au Laos est un peu plus compliquée, il a déjà fallu trouver le douanier (c’était l’heure du repas) et surtout il a fallu batailler pour les visas de deux personnes parce que les dollars qu’ils avaient amenés étaient soit trop vieux pour deux billets et soit crayonné pour l’autre. Il faut que les billets soient parfaits (limite repassés 😂) pour qu’ils soient acceptés mais je ne savais pas pour la « date de péremption », heureusement les miens n’étaient pas trop vieux et que j’avais pris cinquante dollars en plus au cas où. Ils ont pu servir à Bérangère tandis que Lucien a réussi à payer en Baths mais à un taux de change un peu exagéré 😅. Les laotiens n’acceptent pas leur propre monnaie pour payer le visa 😳. Au final, on a tous pu avoir notre coup de tampon et on a traversé le Mékong sur le pont de l’amitié Lao-Thaïlandaise (le 3ème du pays, il date de 2011). Je n’ai pas pu le prendre en photo puis qu’il faisait nuit. Le point de rendez-vous avec Sina, le chef de la mission, Sylvie, sa femme et les trois autres traducteurs lao-français (Saï, un jeune homme de Paksé et Mani et Ali, deux jeunes filles de Savannaket) est dans un hôtel de Thakkek. Comme dans toutes les missions, ça commence par un bon restaurant.
On sera rejoint deux heures plus tard par les dentistes, on fait tous connaissance rapidement, on aura le temps, au cours de ces quinze jours, pour en apprendre plus les uns sur les autres. Pour l’instant, tous les nouveaux arrivants sont pressés d’aller dormir après toutes ces heures de voyage.
Et voilà, fin de ces quelques jours à Sakon, je dois aller rendre le scooter à la gare routière avant de prendre le bus pour Nakhon. Mon bus étant à 11h20 (j’avais demandé l’horaire à l’information voyageurs dès mon arrivée dimanche), j’avais donné rdv à la loueuse à 11h pour être large et avoir le temps d’acheter mon billet avant de monter dans le bus. Comme j’étais prête à quitter la guesthouse assez tôt, je décide d’aller me faire masser les pieds une petite demi-heure. J’ai trouvé un salon juste à côté de la gare routière (à 3 minutes) et j’ai bien expliqué à la masseuse qu’il fallait absolument que je sois partie à 11h, ce qu’elle a respecté même si j’y serais bien restée plus longtemps parce que c’était très agréable 😃. Une fois arrivée à la gare routière, il n’y a personne là où on avait convenu que je rende le scooter, j’attends deux minutes mais aucun signe de la loueuse. Comme ici, on achète les tickets au pied du bus qu’on va prendre, j’emmène toutes mes affaires au quai de départ du bus et j’explique au vendeur de tickets que je prends le bus mais que je dois attendre la personne qui récupère mon scooter, mais il ne comprend pas ce que je lui explique et il me fait signe que le bus part maintenant. Je commence à baliser parce qu’il n’est pas encore 11h20 donc j’ai encore quelques minutes mais je vois bien que le chauffeur est remonté dans son bus et qu’il fait signe qu’il part. Devant mon air dépité, catastrophé (?), le monsieur appelle une personne chargée de la régulation des voyageurs et des bus et là coup de chance, il parle bien anglais. Je lui explique la situation tout en guettant du coin de l’oeil le bus qui a commencé à reculer du quai pour partir. Il me dit que le bus devait partir à 10h50, qu’il avait un peu de retard, que c’est pour ça qu’il était encore à quai (ce qui veut dire que la personne, à qui j’avais demandé l’horaire de départ du bus aujourd’hui m’avait dit n’importe quoi) et que le prochain est à 13h50…
Je lui raconte que je ne peux pas attendre, ce qui est complètement faux puisque je suis en vacances mais je n’ai pas envie d’attendre 3 heures dans une gare routière assez loin du centre-ville !). On tente encore d’appeler la loueuse avant de finalement l’avoir et le régulateur m’assure que c’est ok, je peux lui donner les clés du scooter, il fera la restitution, il connait la personne, sauf que j’ai laissé 1000 THB en caution (30 euros environ) et que j’aimerais bien les récupérer. Re-coup de téléphone à la loueuse qui lui confirme qu’il peut me rendre l’argent, qu’ils s’arrangeront tous les deux après, pendant ce temps le bus est parti…
Il me dit que ce n’est pas grave et qu’il va m’emmener rattraper le bus, il part et revient avec sa moto et là, je ne vois pas trop comment on va pouvoir tenir à deux sur une moto avec toutes mes affaires, et il réalise aussi que ça ne va pas être possible, j’ai trop de bagages 😱. Il réfléchit, passe un coup de fil et me dit : attendez le bus arrive… je ne comprends plus rien, je pense qu’il a dû faire faire demi-tour au bus pour venir me chercher, la fille qui croit au père Noël 😇. Pour finir, il m’invite à le suivre, m’amène à un guichet où je paye un ticket plus cher que ce que j’ai payé à l’aller mais bon je m’en fous, je suis pressée de partir puis franchement plus cher de 30 centimes, c’est vraiment chipoter ! Un bus arrive, ce n’est pas du tout le bus qui était parti mais un autre qui fait la liaison Chiang Maï-Nakhon Phanom et qui a un arrêt à Sakon 😂. Je me retrouve dans un bus bien plus classe que celui que j’aurais dû prendre, non sans avoir remercié le régulateur de m’avoir aidé. Cette fois je n’ai pas de barre qui me ruine les fesses et je peux même incliner le siège pour dormir, trop cool. La bouche d’air climatisée au-dessus de ma tête est bloquée en position ouverte, un classique, c’est pourquoi j’ai toujours un bandana dans mon sac pour pouvoir la boucher au cas où 😉. Arrivée en 1h30, je n’ai pas vu le temps passer et pourtant je n’ai pas dormi.
Je déjeune tranquillement au bord du Mékong, je me balade un peu à vélo prêté, je profite de la piscine de l’hôtel, où une jeune femme passe bien vingt minutes à faire des photos avec des poses de mannequin, je bouquine, écris le blog et pars dîner d’un reps occidental, lasagnes et un verre de vin rouge 😉.
Dernière journée dans cette région, je n’ai pas envie d’en faire trop, mes 150 kilomètres d’hier m’ont bien crevée 😅. Alors petit tour sur le marché de vêtements d’occasion (et oui encore !), je trouve pas mal de trucs sympa et surtout une belle parka jaune vif pour être bien vue la nuit en scooter et en plus elle est vraiment chaude et étanche, elle me servira chez moi (des fois que je croise un renard en allant coucher mes poules, au moins il me verra arriver 😂). J’ai enfin trouvé le coin de couturières, dommage, c’est trop tard pour leur faire faire des tuniques, elles étaient bien cachées…
Après ce moment shopping, moment détente, massage d’une heure, histoire de soulager mes épaules après toute cette route (mais non, je ne suis pas crispée sur le guidon…).
J’ai été obligée d’acheter un sac pour ranger toutes mes nouvelles affaires 😇
Je pars en milieu d’après midi pour le lac Nam Phung, j’ai déjà fait un bout de cette route le premier jour mais je n’étais pas allée jusqu’au lac. Je reprends la fameuse route avec tous ces virages sur quatre kilomètres. Sur Maps, c’est annoncé six minutes mais en scooter il faut plutôt compter dix minutes, je dois faire attention à ne pas déborder de ma voie pour ne pas me faire bouler par une voiture qui aurait des velléités de se croire sur un circuit de rallye. Je maîtrise un peu mieux les virages à gauche que la dernière fois même si ce n’est pas parfait.
Petit arrêt pour voir une petite cascade « Namtok Kham Hom » qui n’était pas à sec mais presque…
Puis je file vers mon objectif, qui n’est pas tant le lac mais un monastère, Wat Phra Phutthabat Namthip, situé non loin du lac. Il me reste plus de vingt minutes de route et ça ferme dans trente-cinq minutes, je ne dois pas trainer, alors je ne m’arrête pas prendre de photos. Quand j’arrive au temple, je m’aperçois que c’est la fin d’une grosse fête (peut-être la fameuse récolte annuelle de dons ?), je reste la seule visiteuse, les autres personnes présentes sont les gens qui démontent les tonnelles ou les tapis et quelques moines qui rangent les stands de souvenirs. L’avantage est que j’ai quasiment le site pour moi toute seule et donc personne sur les photos 😃.
Trop de monde, j’en perd la tête !Moi qui espérais une belle vue sur le lac…Le monsieur à droite, au pied de Bouddha était en train d’enlever le tapis vert, ça vous donne une échelle de cette statueMême en montant au plus haut des marches du temple, je ne vois toujours pas le lac 😔
Avant de repartir, je regarde sur Maps s’il y a autre chose à voir dans le coin pendant que je suis là, et juste de l’autre côté de la route, il y a « Footprint Namthip », je traverse et suis un petit chemin qui mène à un autre lieu de culte, une pagode en construction. Je me dis que je me suis plantée d’endroit mais il y a quelques belles statues et des moines qui font du camping 😉.
Je n’avais pas vu au départ que c’était un moine, la personne était tout en blanc, je pensais que c’était un ouvrier du chantier mais j’ai vu juste après un moine habillé en orange qui le rejoignait, et j’ai réalisé que ça devait être des moines venus pour la fête du temple en face et qu’ils faisaient du camping parce qu’ils venaient de loin. J’ai pris la poudre d’escampette pour ne pas les gêner et du coup je ne suis pas allée voir la fameuse empreinte (de je ne sais pas quoi) qui se trouvait sous le bâtiment en construction. Ça ressemblait à ça d’après les photos sur Google, un pied de Bouddha dans l’eau ??
Et comme tous les soirs, je vais rentrer après le coucher du soleil… Je profite des quelques minutes qu’il me reste pour essayer de m’approcher du lac, peine perdue, mais je l’aperçois de loin.
Dans cette partie du village, ils cultivent des papayes (qu’on voit dans les arbres sur la photo) et ils récoltent du caoutchouc des hévéas.
Pour rentrer, je mets ma super parka, je pense que je vais être bien visible et pour me protéger les jambes du froid (et des insectes qui se jettent sur moi dès que la nuit tombe) j’ai aussi une belle jupe longue, quelle allure 🤪.
J’ai vraiment très faim alors je cherche sur mon téléphone un restaurant autour de moi, il n’y en a qu’un assez proche, je m’y dirige par de petites routes en terre rouge comme j’aime bien, j’y roule doucement et j’ai plein de choses à observer. Le restaurant est au bord d’un lac, ça aurait pu être bien, sauf qu’il était fermé 😭.
Je finis par faire une petite halte dans un boui-boui pour acheter quelques gâteaux fourrés à quelque chose qui a l’air plus sucré que salé, un paquet de chips de bananes, de l’eau et je reprends mon trajet. L’étape N°5 est tout près.
Ouh là, j’ai l’impression qu’il n’y a pas eu de visiteurs depuis longtemps 😬, je m’engage quand même dans le sentier mais je dois passer mon temps courbée pour éviter les lianes. Ça indiquait 700 mètres, ce n’est pas si loin, même si ça peut paraître très long surtout si je dois grimper par-dessus des troncs, passer mon temps à regarder où je mets les pieds et surveiller que je ne mets pas la tête dans une toile d’araignée (j’ai la technique du bâton ramassé par terre, en ayant pris soin de vérifier qu’il n’est pas plein de fourmis, que j’agite devant moi 😜). Ça se corse assez rapidement, la végétation a tout envahi et je ne vois plus trop par où passer, je décide d’abandonner, je me dis que ce serait trop bête de me faire une entorse ou de me faire piquer par un sale truc et de ne pas pouvoir revenir au scooter, et de là à espérer que quelqu’un passe par-là…
Bon évidemment je n’étais pas équipée pour faire de la randonnée dans cette jungle, moralité, je me suis faite bouffer les jambes et le cou et j’ai oublié en France l’huile essentielle indispensable ici, à savoir la lavande aspic pour tout ce qui est piqûres 😩. Ça gratte tellement que je décide de passer à la première pharmacie que je trouverai…cette bonne blague 🙃. Je n’en repère aucune dans les villages que je traverse alors je m’arrête dans la première « grande » superette que je vois et demande à la vendeuse si elle a une pommade contre les piqûres, je lui montre mes énormes boutons et elle comprend, enfin j’espère ! Elle me vend un produit qui sent encore plus fort que le baume du tigre mais qui chauffe bien, du coup ça brûle tellement que je ne sais pas si c’est efficace ou si c’est juste que ça masque la douleur des piqûres 🤪. Avec tout ça le temps passe et le soleil décline vite, si je veux arriver pour voir le coucher du soleil sur le lac, la dernière étape de mon trajet, je ne dois pas traîner alors je zappe l’étape 6, un autre monastère et l’étape 7, une « plage » 😉.
Sur le chemin pour rejoindre la grande route, j’ai eu la chance de voir un veau qui venait juste de naître, sa mère était en train de le lécher après la mise bas, le petit essayait de se lever régulièrement mais il n’était pas encore du tout stable sur ses pattes. Il y avait un chien qui surveillait ça de près comme s’il voulait s’assurer que tout se passait bien, on sentait qu’il serait allé prévenir le maître dans le cas contraire, c’était vraiment étrange à observer.
Quand je parle de grande route, je voulais parler d’une route goudronnée 😉. C’est une route qui suit un canal sur une dizaine de kilomètres, il y a des ponts (avec des routes en terre) à intervalles réguliers qui permettent aux habitants de rejoindre l’autre rive, parfois, il y a des ratés 😱
A gauche la route en terre, à droite la route goudronnéeLes berges s’effondrent à pas mal d’endroits
Sur la fin de la route, je croise les traditionnelles vaches de fin de journée 🤪
Elles marchent bien face aux voitures qui arrivent 😂
J’arrive enfin, je vois plusieurs petits groupes de personnes s’installer pour pique-niquer aux abords du lac pour observer le soleil se coucher. J’ai dans l’idée que c’est un petit rituel pour certains ici, il y a même des vendeurs ambulants de bouffe en tout genre. Je longe un peu le lac dans un sens, puis dans l’autre, à la recherche d’un spot un peu tranquille.
Je trouve mon bonheur dans un camping sur une petite langue de terre, je ne sais pas trop si j’ai le droit d’y aller mais je fais comme si et je partirai si on me le demande 😅. Comme personne n’a l’air de réagir (en même temps il y a 4 tentes !), je m’installe sur ma natte, qui sert enfin, face au coucher de soleil sur le lac. C’est bête, j’ai mes affaires de bain mais ça ne me dit plus rien de nager maintenant, je ne suis pas fan des grandes étendues d’eau stagnantes surtout quand il commence à faire sombre, j’aurais préféré une petite cascade ! Jamais contente la fille 🤣.
Je me prépare un petit apéro : bananes séchées et quelques gorgées de bière (pas trop parce que je conduis de nuit après, j’ai gardé le bouchon pour pouvoir la ramener, il ne faudrait pas gâcher 😉).
Le spectacle est très beau et j’ai la chance de voir passer une barque de pêcheurs juste devant moi. Ils me saluent et vont un peu plus loin. Je réalise un peu plus tard en partant qu’ils attendaient que je m’en aille parce que je m’étais mise à l’endroit où ils débarquent 😭.
Maintenant, ce n’est pas tout ça, mais il faut rentrer…
C’est bien galère, surtout toute la partie le long du canal parce qu’il n’y a aucune lumière, heureusement que j’avais fait le trajet à l’aller, j’avais remarqué que la route était plutôt bonne, il y avait juste quelques endroits avec des trous mais suffisamment visibles à l’avance même avec des phares de moto. Heureusement, je croise peu de voiture, je peux rouler en plein phares et je sais aussi que l’heure des vaches et des chiens est passée, reste un éventuel piéton ou scooter sans lumière à esquiver 😅. Pas de sanglier ou de chevreuil ici, d’ailleurs je n’ai jamais vu d’animaux sauvages traverser de routes à part des serpents (déjà deux fois depuis hier) sur lesquels je roulerais sans faire d’écart au besoin, mais ils sont très rapides 😁. Je finis le trajet par une grosse quatre voies et je me rends compte que c’est aussi fatigant que la petite route parce qu’il y a beaucoup plus de monde et que c’est rectiligne, ça endort…Je suis contente de retrouver ma guesthouse, 150 km dans la journée, c’est bien sympa mais je n’en ferai pas autant demain 😜.
Un beau parcours en perspective. Le temps est idéal, un peu couvert, juste ce qu’il faut pour éviter les coups de soleil. Hier matin, j’ai programmé le voyage, il y a beaucoup d’arrêts, mais à priori assez courts et les distances sont plutôt réduites entre deux sites, ça devrait être jouable sur la journée. Je vais voir des temples, des cascades et d’autres curiosités.
Mon premier arrêt est un monastère, je regarde vite fait les images sur Google maps que je sache au moins pourquoi je l’ai choisi. En fait, il y a une Haka (tombe) sur un reste de stèle Khmer et une statue Khmer. Je déambule tranquillement au milieu d’une agitation fébrile des moines. Visiblement, ils sont dans la taille des arbres et dans la construction de structures en bambou. Je me fais discrète, je salue chacun d’un signe de tête léger, une femme ne doit pas adresser la parole à un moine sauf si celui-ci engage la conversation le premier. De toutes façons, ils ne prêtent pas trop attention à moi, même si je vois bien qu’ils sont surpris de ma présence mais je ne ressens pas que ma présence les gêne alors je fais mon petit tour.
Avant l’arrêt numéro deux, un petit quart d’heure dans la campagne.
Champ de bléUne mare de lotus, mais il ne reste que les feuilles, qui sont énormes
Ce matin, j’aurais mieux fait de revoir mon programme pour confirmer mes choix. En relisant les avis sur Google, je m’aperçois que ce monastère est divisé en deux parties. La première, n’avait vraiment rien de transcendant, je vous mets quand même ces Bouddhas et la stupa en construction.
Lui, il a une bonne têteJe me demandais ce qu’il avait sur la tête 😂
Pour accéder à la deuxième partie, deux versions : une « motorisée », mais vu l’état du chemin je gare mon scooter à l’entrée, et une option « piéton » qui grimpe plus raide mais tourne moins, je vais marcher 😉.
Le souci est que je n’ai aucune idée du temps qu’il faut pour l’ascension, au bout d’un quart d’heure je commence à avoir soif mais bien sûr j’ai laissé ma bouteille dans le scooter pensant que c’était l’affaire de quelques minutes 😇. Le chemin est longé par un tuyau bleu qui descend de la colline, il offre régulièrement des points d’eau avec un robinet qui se déverse dans des tonneaux en métal, ça ne me donne pas du tout envie d’essayer, je pense que c’est de l’eau bonne à mettre sur un chiffon pour se rafraichir ou pour se laver les mains à la rigueur 😬. L’avantage du tuyau, c’est que je ne peux pas me perdre, ou en tout cas si je m’éloigne un peu dans le bois, il suffit de repérer le tuyau bleu et je suis sauvée 😜
Au bout d’un moment, j’ai réalisé que je pouvais traduire les panneaux que je voyais de temps en temps avec la fonction scanner puis traduire de l’appareil photo du téléphone. C’est beau la technologie ! Bon, ça ne m’a pas été vraiment utile parce que ce n’est pas au point, les thaïs et les français ont des façons totalement différentes de faire des phrases…C’est comme ça que j’ai réalisé que certains panneaux étaient des encouragements et que chaque citerne (ou point d’eau) était un don d’un bienfaiteur, mais ça ne me disait toujours pas dans combien de temps j’arrivais 😤
Va comprendre …
Ah enfin, je pense que je suis arrivée :
Au moins, c’est clair 😂
Après ce panneau, encore un petit bout de chemin et j’arrive sur une esplanade où sont éparpillés plusieurs bâtiments. Il n’y a pas âme qui vive, c’est un peu bizarre parce que ça n’a pas l’air abandonné, les moines doivent être allés à la chasse ou à la cueillette…non, je délire, c’est la soif ! Je suppose qu’ils font leurs activités de moines 😂
Une partie des bâtiments est troglodyte, le Bouddha est sympa mais pas extraordinaire et moi qui espérais avoir une belle vue, c’est raté, il y a des arbres partout, pourtant c’est dommage, c’est surement très beau au-delà. Soyons positif, j’ai fait une belle balade et l’endroit est calme mais ça manque d’eau, je n’ose pas me servir aux robinets qui sont tous raccordés au tuyau bleu et je ne sais pas depuis combien de temps l’eau stagne dans les gros réservoirs qui l’alimentent…
Je n’ai vraiment vu personne, très étrange, je ne m’éternise pas et entame la descente. Trente minutes de montée et vingt minutes de descente, mon genou est moyennement content mais ça va il a l’air de tenir.
Bon avec tout ça il est déjà 12h15 et je n’en suis qu’à mon deuxième arrêt sur les sept je pense que la journée va être un peu trop courte 🥺. Je décide de sauter l’étape 3, c’était un cours d’eau avec une mini-cascade mais en revoyant les photos et vue l’heure, j’ai préférée aller directement à la cascade annoncée plus loin, étape numéro 4.
Début de piste praticable mais au bout de 200 mètres, le chemin devient vraiment creusé et dangereux. Je me gare, prends mon sac à dos avec ma natte, mon maillot, mes chaussures de rivières, mon paréo, ma serviette et une petite bouteille d’eau (je ne refais pas deux fois la même erreur !). Me voilà partie pour deux kilomètres de chemin qui monte, descend, j’ évite des ornières énormes, me tords souvent les chevilles…je ne regrette pas d’avoir laissé le scooter même si c’est long à pied…
Enfin un signe de vie humaine :
Il a dû y avoir un gardien un jour et il y a même un « parking » juste après, même si je ne comprends pas comment des voitures pouvaient arriver jusque-là, à part des 4X4 et encore !
Pas de doute, il y a eu des humains et il n’y a pas si longtemps !
En tous cas, je n’y suis pas encore mais presque, comme il n’y a plus de chemin balisé, je suis les arbres auxquels on a attaché des morceaux de tissus de couleur, c’est une bonne idée parce que la végétation à repris ses droits 😃.
Et voilà, grosse déception 😩, pas d’eau, tout ça pour ça…Allez, sois positive, c’est joli et tu auras fait plus de marche que de scooter depuis le départ 😂.
C’est reparti pour le chemin inverse, je commence vraiment à avoir faim et je me dis que vue l’heure, je ne vais rien trouver d’ouvert, les Thais font volontiers la sieste entre 13h30 et 15h30, donc pas de resto ou peu, surtout dans le coin, et il y a bien quelques boutiques genre mini-market mais je ne sais jamais quoi acheter là-dedans, même en regardant l’image ou ce qu’il y a dans le paquet, ce n’est pas très parlant 🥹. En attendant j’avance vers mon scooter.
Une termitière
La seule personne que j’aurai rencontrée, elle était à 200 mètres du parking, arrêtée, elle avait l’air d’attendre quelqu’un. J’aurais bien aimé avoir une moto comme la sienne, au moins elle a des roues qui ne patinent pas sur les cailloux, ou en tous cas moins que moi avec les pneus de mon scooter 😉
Quel plaisir de revoir mon scooter, je suis enfin arrivée ! Comment ça vous ne le voyez pas ? Regardez mieux 😉
Enfin une bonne nuit de sommeil, Tanawadee était peut-être bavarde mais efficace ! Après un petit déjeuner rapide, je file à la banque changer de l’argent, celui que j’ai changé à l’aéroport (pas beaucoup !) a déjà filé, il faut que j’arrête de faire les marchés …La banque, choisie au hasard puisque je n’en connait aucune et que que les sites consultés sur internet ne m’ont pas aidés à choisir. ce sera donc Kasikornbank, j’aime bien l’idée du maïs dans son nom 😉. Comme d’hab, on a l’impression de rentrer dans un frigo dans ces établissements et j’ai laissé ma polaire dans le scooter, j’espère que je n’en ai pas pour long. En fait, il n’y a pas grand-monde et je passe rapidement sauf que la procédure dure des plombes, il faut qu’elle vérifie tous les billets (ça je comprends), me donne un taux de change à 36,030, je dis ok, de toutes façons je n’ai pas le choix et j’ai déjà oublié celui de l’aéroport…Elle me demande de confirmer mon identité (elle a mon passeport dans les mains, mais bon..), me demande de m’assoir pendant qu’elle part avec les billets je ne sais où. Elle revient presque dix minutes plus tard, me demande de revenir au guichet, me redemande mon identité, me demande où je loge, si je suis en transit, si oui pour combien de temps, appelle l’hôtel pour confirmer, revient à mon dépôt et me dit qu’elle est désolée mais que le taux de change a baissé entre temps et il est passé à 35,997. Je dis ok, de toutes façons je n’ai aucune idée de ce que ça fait et il faut que je change de l’argent. En plus, je me dit que si je reste plus longtemps à discuter, ça va encore baisser 😱. Finalement je signe les photocopies de tous mes billets (et oui !) et j’y ajoute mon numéro de téléphone, sur chaque page (et oui !) et elle compte enfin les billets qu’elle me doit et je signe son reçu 😮💨. J’ai quand même perdu environ 90 centimes avec cette histoire de délai entre le moment où elle encaisse mes euros et le moment où elle me donne mes Baths 😭. Et le pire est qu’elle s’est confondue en excuse d’avoir été si longue et de m’avoir fait perdre de l’argent ! Vous me connaissez, je l’ai rassurée et lui ai affirmée qu’elle avait très bien fait son travail 😃.
Le logo de la banque et la « Clock Tower » de Sakon
Au programme aujourd’hui, le tour du lac Nong Han avec différents arrêts historiques ou juste paysagers. Le temps est très nuageux mais je croise les doigts pour qu’il ne pleuve pas.
Aujourd’hui, je vais délaisser les temples boudhistes que je vous ai déjà montrés à plusieurs reprises pour ne pas dire trop souvent 😇. Dans la région, il y a quelques temples, ou ce qu’il en reste, d’époque Khmers et un quartier catholique (ça me fait rire parce que chez nous, dans certaines villes, on a le quartier chinois…). Je vais aussi traverser l’université, juste par curiosité, puis longer plus ou moins le lac pour admirer les paysages qui l’entourent, un petit circuit d’une centaine de kilomètres et de largement plus des deux heures annoncées parce que je m’arrête souvent faire des photos et que parfois je prends les chemins de traverse où je ne peux pas rouler vite 😉.
Phrathat Narai Cheng Weng: Ancient Khmer Ruins. C’est fleuri à cette saison
Certaines maisons commencent à ressembler aux maisons occidentales
A l’université, il y a de grandes routes comme ça partout sur le campus, j’ai envie de rouler à fond comme dans Top Gun, mais je n’ai pas la moto de Tom Cruise 🏍️😎 et comme je ne dois pas être la seule à avoir l’idée, il y a des ralentisseurs souvent et c’est limité à 30 km/h, du gâchis parce qu’en plus il n’y a personne, ils doivent tous être en cours. Sur les photos, on voit le bâtiment administratif, le gymnase et le bâtiment des sciences. Les espaces verts du campus sont bien entretenus, les bâtiments un peu moins.
Je m’arrête un moment dans un parc dédié aux fleurs de lotus, dommage c’est la fin de la saison alors il n’en reste que peu, j’en ai vu plus à l’université 😜.
Me voici maintenant dans le quartier Tha Rae, le fameux quartier catholique. Pour signaler l’entrée dans cette ville à majorité catholique, on est accueilli par une belle statue de Saint Michel, saint qui a été invoqué pour protéger les premiers chrétiens lors de leur traversée du lac pour fuir l’oppression et qui les a entendus. Pour ceux qui veulent en savoir plus : https://temple-thai.com/sakon-nakhon/cathedrale-saint-michel-tha-rae/
Dans ce village, il reste de belles bâtisses de l’époque colonialiste, attention, je ne cautionne pas la colonisation, je dis juste que j’aime l’architecture des bâtiments qui allient influence française et vietnamienne (fin 19ème, début 20ème). Certaines maisons sont vraiment bien conservées. La moins bien conservée est un « musée », maison à ciel ouvert, envahie par les arbres mais c’est le seul endroit où l’on retrace l’arrivée des missionnaires catholiques, grâce à des panneaux explicatifs en anglais et on comprend que cela n’a pas été facile pour les catholiques de s’implanter ici et ça permet de mieux comprendre la forme de leur église, je reviendrai dessus sur la photo en question.
Sur beaucoup de maison, on pouvait voir des décos de Noël, comme sur cette photo, je n’y avais pas prêté attention au départ, mais à force de voir de étoiles et des guirlandes, ça a fini par faire tilt 😅. Je pense que ça doit être très joli de nuit parce que ce ne sont que des décors à illuminer.
Sur les trois dernières photos, on voit la maison (enfin ce qu’il en reste) des descendants des tous premiers catholiques.
A beaucoup de croisements, on retrouve des statues représentants les personnages important de l’église catholique.
Et pour finir sur ce village atypique en Asie, l’église…elle a été détruite et reconstruite plusieurs fois, voici les deux dernières versions :
La forme particulière représente un bateau, pour symboliser celui que les premiers catholiques ont pris pour traverser le lac pour fuir la persécution.
Je ne résiste pas à vous montrer la vue sans censure….toujours cette fascination pour les petits animaux, genre nains de jardin, qui portent chance ou protection 😇
Quelques détails de l’église :
Des bénitiers très mignons
Le clocher (personnellement, je ne le trouve pas très beau), et Saint Michel
Deux très belles statues dans le jardin de l’église
Après avoir déjeuné assez tard dans une des maisons coloniales, une très bonne soupe de poisson, je me mets en route pour finir le tour du lac. Il n’y a, à priori, rien de remarquable à voir sur le reste du trajet alors je suis un peu le GPS et je le contrarie quand je m’éloigne trop du lac, il veut toujours que j’emprunte le chemin le plus rapide, mais je ne suis pas pressée. Je tente plusieurs approches du bord mais ce n’est pas évident et les rares fois où il est plus facile de s’approcher, impossible de mettre les pieds dedans 😥
Bon, ça va, j’ai compris 🫡
Je délaisse l’eau pour m’intéresser aux cultures. Ici, c’est le blé qui domine, je n’ai pas vu de rizières mais des champs de blé à perte de vue. Pas d’agriculture intensive, les parcelles sont modestes, entourées de haies (pas de remembrement en vue de culture intensive, ouf), le blé est ramassé par des petites machines qui n’ont rien à voir avec nos grosses moissonneuse-batteuses 😉. Il est mis à sécher sur de grandes bâches, à même le sol puis mis dans des sacs pour être conservé ou vendu.
Vu plusieurs fois : un rite satanique ? Des parents déçus par un cadeau pour leur nouveau né ? Un talisman ? J’ai hâte de rencontrer quelqu’un qui pourra m’expliquer.
En tous cas, je retrouve avec plaisir les petites routes, parfois en dur (comme ici), parfois en sable tassé, c’est tellement agréable de rouler doucement…à cause des nids de poules ou des chiens, vaches ou volatiles qui traversent n’importe quand en permanence et de provoquer des sourires des gens qui me regardent passer en se demandant ce que je peux bien faire ici 😉
Bon avec tout ça, j’ai failli oublier l’heure, heureusement que j’ai mis une alarme, c’est aujourd’hui la première offre fan pour le festival de Beauregard, we incontournable de retrouvailles avec mes enfants, Cathleen, Gérald, Louise et mes copains de toujours. L’idée est d’obtenir de pass à un prix très attractif même si on n’a aucune idée de la programmation. Coup de bol, ça commence à 10h en France soit 16h ici. Je me pose dans l’enceinte d’un temple et m’installe pour pouvoir acheter ces fameux sésames très recherchés. Marie et Cathleen sont au taquet aussi, on est en contact direct, et on croise les doigts.
Bon, personnellement je n’arrive à rien, j’avance dans la file d’attente mais entre temps, Cathleen puis Marie obtiennent toutes les places dont nous avions besoin 🥳. Ça tombe bien parce que mon avancée n’est pas terrible, ça m’a permis de quitte la file là…
Ce n’est pas tout ça mais je suis encore loin d’être rentrée et ici la nuit commence à tomber dès 17h et à 17h45 il fait vraiment nuit. Je me dépêche donc de finir mon tour du lac, je perds moins de temps à passer par les chemins et j’arrête de prendre des photos 😜. Je décide de m’arrêter au night market très près de ma guesthouse, ça me permettra d’acheter à manger pour le soir et le matin. Comme j’ai déjà fait 120 km, je n’ai pas trop envie de ressortir pour aller me faire masser le soir.
Et oui, ce sont bien des insectes ! Je n’avais jamais vu un stand avec autant de variétés proposées 😅
Ça, ce sont des larves vivantes qui s’agitent dans chaque alvéole et sur la photo de droite, j’ai vu cette bête renter dans la ruche et ne pas en ressortir, c’était peut-être la reine ? Je n’y connais rien 🙄
Alors ça, vous ne pouvez pas imaginer ce que c’est ou alors vous êtes déjà venu en Asie ! Je n’avais encore jamais vu un truc pareil et ça m’a pris du temps pour comprendre de quoi il s’agissait. J’ai observé pendant un moment les clients, chacun prend le temps de choisir la bonne brochette, et pour cause… il s’agit d’œufs fécondés à différent stades et cuits 😳, donc parfois c’est presque un oeuf et parfois presque un poussin…trop bizarre mais pourquoi pas !