J’ai vraiment très faim alors je cherche sur mon téléphone un restaurant autour de moi, il n’y en a qu’un assez proche, je m’y dirige par de petites routes en terre rouge comme j’aime bien, j’y roule doucement et j’ai plein de choses à observer. Le restaurant est au bord d’un lac, ça aurait pu être bien, sauf qu’il était fermé 😭.




Je finis par faire une petite halte dans un boui-boui pour acheter quelques gâteaux fourrés à quelque chose qui a l’air plus sucré que salé, un paquet de chips de bananes, de l’eau et je reprends mon trajet. L’étape N°5 est tout près.

Ouh là, j’ai l’impression qu’il n’y a pas eu de visiteurs depuis longtemps 😬, je m’engage quand même dans le sentier mais je dois passer mon temps courbée pour éviter les lianes. Ça indiquait 700 mètres, ce n’est pas si loin, même si ça peut paraître très long surtout si je dois grimper par-dessus des troncs, passer mon temps à regarder où je mets les pieds et surveiller que je ne mets pas la tête dans une toile d’araignée (j’ai la technique du bâton ramassé par terre, en ayant pris soin de vérifier qu’il n’est pas plein de fourmis, que j’agite devant moi 😜). Ça se corse assez rapidement, la végétation a tout envahi et je ne vois plus trop par où passer, je décide d’abandonner, je me dis que ce serait trop bête de me faire une entorse ou de me faire piquer par un sale truc et de ne pas pouvoir revenir au scooter, et de là à espérer que quelqu’un passe par-là…


Bon évidemment je n’étais pas équipée pour faire de la randonnée dans cette jungle, moralité, je me suis faite bouffer les jambes et le cou et j’ai oublié en France l’huile essentielle indispensable ici, à savoir la lavande aspic pour tout ce qui est piqûres 😩. Ça gratte tellement que je décide de passer à la première pharmacie que je trouverai…cette bonne blague 🙃. Je n’en repère aucune dans les villages que je traverse alors je m’arrête dans la première « grande » superette que je vois et demande à la vendeuse si elle a une pommade contre les piqûres, je lui montre mes énormes boutons et elle comprend, enfin j’espère ! Elle me vend un produit qui sent encore plus fort que le baume du tigre mais qui chauffe bien, du coup ça brûle tellement que je ne sais pas si c’est efficace ou si c’est juste que ça masque la douleur des piqûres 🤪. Avec tout ça le temps passe et le soleil décline vite, si je veux arriver pour voir le coucher du soleil sur le lac, la dernière étape de mon trajet, je ne dois pas traîner alors je zappe l’étape 6, un autre monastère et l’étape 7, une « plage » 😉.

Sur le chemin pour rejoindre la grande route, j’ai eu la chance de voir un veau qui venait juste de naître, sa mère était en train de le lécher après la mise bas, le petit essayait de se lever régulièrement mais il n’était pas encore du tout stable sur ses pattes. Il y avait un chien qui surveillait ça de près comme s’il voulait s’assurer que tout se passait bien, on sentait qu’il serait allé prévenir le maître dans le cas contraire, c’était vraiment étrange à observer.



Quand je parle de grande route, je voulais parler d’une route goudronnée 😉. C’est une route qui suit un canal sur une dizaine de kilomètres, il y a des ponts (avec des routes en terre) à intervalles réguliers qui permettent aux habitants de rejoindre l’autre rive, parfois, il y a des ratés 😱



Sur la fin de la route, je croise les traditionnelles vaches de fin de journée 🤪


J’arrive enfin, je vois plusieurs petits groupes de personnes s’installer pour pique-niquer aux abords du lac pour observer le soleil se coucher. J’ai dans l’idée que c’est un petit rituel pour certains ici, il y a même des vendeurs ambulants de bouffe en tout genre. Je longe un peu le lac dans un sens, puis dans l’autre, à la recherche d’un spot un peu tranquille.



Je trouve mon bonheur dans un camping sur une petite langue de terre, je ne sais pas trop si j’ai le droit d’y aller mais je fais comme si et je partirai si on me le demande 😅. Comme personne n’a l’air de réagir (en même temps il y a 4 tentes !), je m’installe sur ma natte, qui sert enfin, face au coucher de soleil sur le lac. C’est bête, j’ai mes affaires de bain mais ça ne me dit plus rien de nager maintenant, je ne suis pas fan des grandes étendues d’eau stagnantes surtout quand il commence à faire sombre, j’aurais préféré une petite cascade ! Jamais contente la fille 🤣.
Je me prépare un petit apéro : bananes séchées et quelques gorgées de bière (pas trop parce que je conduis de nuit après, j’ai gardé le bouchon pour pouvoir la ramener, il ne faudrait pas gâcher 😉).


Le spectacle est très beau et j’ai la chance de voir passer une barque de pêcheurs juste devant moi. Ils me saluent et vont un peu plus loin. Je réalise un peu plus tard en partant qu’ils attendaient que je m’en aille parce que je m’étais mise à l’endroit où ils débarquent 😭.

Maintenant, ce n’est pas tout ça, mais il faut rentrer…

C’est bien galère, surtout toute la partie le long du canal parce qu’il n’y a aucune lumière, heureusement que j’avais fait le trajet à l’aller, j’avais remarqué que la route était plutôt bonne, il y avait juste quelques endroits avec des trous mais suffisamment visibles à l’avance même avec des phares de moto. Heureusement, je croise peu de voiture, je peux rouler en plein phares et je sais aussi que l’heure des vaches et des chiens est passée, reste un éventuel piéton ou scooter sans lumière à esquiver 😅. Pas de sanglier ou de chevreuil ici, d’ailleurs je n’ai jamais vu d’animaux sauvages traverser de routes à part des serpents (déjà deux fois depuis hier) sur lesquels je roulerais sans faire d’écart au besoin, mais ils sont très rapides 😁. Je finis le trajet par une grosse quatre voies et je me rends compte que c’est aussi fatigant que la petite route parce qu’il y a beaucoup plus de monde et que c’est rectiligne, ça endort…Je suis contente de retrouver ma guesthouse, 150 km dans la journée, c’est bien sympa mais je n’en ferai pas autant demain 😜.