17- Deuxième semaine de mission-3

Quelques photos prises autour du dispensaire :

Champ de Manioc
Dolmen au pied d’une maison

On a eu l’occasion d’aller visiter un des villages dont les habitants sont venus se faire soigner. C’est un village assez isolé, l’accès principal se fait par un pont en bois qui est détruit à chaque saison des pluies parce que la rivière passe au-dessus. Il y a une autre route à l’arrière du village qui permet aux habitants de se ravitailler pendant cette période mais c’est une très mauvaise piste et qui les oblige à faire un très grand détour pour rejoindre le premier village avec un marché.

Leurs engins de transport (sorte de motoculteurs) ne passent pas sur le pont !
Par contre, les piétons, même chargés comme ici, passent sans problème 😉
Jour de nettoyage des motos 😂
Un autre qui se prépare à traverser…
Les enfants jouent dans la rivière, il fallait les voir dévaler en roulant ou en glissant sur les fesses
la pente du petit jardin avant d’atterrir dans l’eau, ils se marraient bien.
L’image donne une bonne idée du niveau d’eau à la saison des pluies, les arbres ont les pieds dans l’eau
et les premières maisons sont au bord de la rivière en crue 😨
Bounma emmène Marie-Annick, Christine et Lucien faire un petit tour de pirogue 😃
Un livreur Uber Eats qui s’est perdu 😂
Une bombe qui a été transformée en pirogue 😟
Les caisses jaunes sont des caisses de Beerlao, la bière loatienne, elle peut aussi servir de jouets 😇
Réserve de riz
Réserve de viande 😉
Les femmes se retrouvent souvent comme ça sous les arbres, les hommes, eux, se retrouvent plutôt sous les maisons
Les jouets sont toujours très inventifs ici 😃
Maison aux murs en bambou
Les enfants aident aux différentes tâches, ici, ils coupent des tronçons de bambou
L’association Sourires d’Enfants a rénové cette école et a construit deux locaux,
un de tissage pour les filles, un d’élevage de criquets pour les garçons.
Des cahiers laissés à la traîne, il n’y a pas école aujourd’hui
L’école primaire, deux classes. A droite de l’image, c’est un lavabo tout en longueur
où les enfants peuvent se laver les mains et se brosser les dents.
Il y a souvent plusieurs associations qui interviennent dans la réfection des écoles des petits villages
Il était fier de nous montrer son école !
Le toboggan de l’école

Tranches de vie à la Guesthouse :

On n’a pas perdu le rythme des soirées animées cette deuxième semaine. La sono nous a suivie, alors Karaoké 🎤😅, dégustation de divers insectes et même une soirée crêpes, on avait quelques bretons dans la bande 😜.

Le dernier jour de travail, on finit un peu plus tôt, le temps de ranger tout le matériel de tout le monde, certaines choses repartent (en fait, surtout celles des dentistes), d’autres vont être stockés pour la prochaine mission (les médicaments, les lunettes). Je laisse les matelas dont je me suis servie au dispensaire, la plupart de leurs lits n’en ont pas ou sont en très mauvais état.

La dernière soirée qu’on passe tous ensemble, on va au seul restaurant-karaoké de la ville :

Et pour clôturer cette semaine de mission, nous avons un Baci au dispensaire :

Vous avez eu l’occasion de voir toute la team sur cette vidéo, je ne vous ai pas fait le CV de chaque participant mais sachez que j’ai eu la chance de partager ces moments avec des personnes qui ont fait beaucoup de missions humanitaires dans leur vie et qui n’ont pas l’intention de s’arrêter là (Christophe est déjà en train de préparer la prochaine mission des dentistes au Mexique). Pour citer quelques pays où ils sont intervenus : Népal, Madagascar, Haiti, Sri Lanka, Pérou et j’en oublie sûrement . C’était très enrichissant de les écouter, de réaliser le travail accompli avec souvent peu de moyen matériel et humain et je tiens à les remercier d’avoir partagé leurs expériences avec moi. Éléna et Justine, nos benjamines, pour qui c’était une grande première, je suis sûre qu’on les retrouvera volontaires pour de prochaines missions, elles ont été d’une redoutable efficacité et ont apporté beaucoup de bonne humeur à toute l’équipe tous les jours.

Puisque je suis dans les remerciements, je voudrais souligner le travail difficile que nos six traducteurs (Dolisan, Bounma, Lucien, Phonesay, Maninut et Ali) ont eu à faire, aucun d’eux ne venait du milieu médical, ils ont dû faire face à des situations inédites pour eux et à un jargon professionnel pas toujours compréhensible, un grand merci à eux pour leur ténacité et le boulot qu’ils ont pris à coeur, sans oublier la participation engagée de Bounma et Lucien au karaoké 😜.

Après ces danses laotiennes, le repas, concocté par le personnel du dispensaire aidé de personnes qu’on a soigné, nous attendait. Heureusement cette fois, on avait pris garde de ne pas trop manger au petit déjeuner 😅.

Pour finir en beauté et pour digérer le repas, l’équipe s’est chargée de l’animation. Danses avec karaoké, rien que des chansons françaises ! Les laotiens ont eu l’air d’apprécier, je pense que le Léo-Léo a bien aidé à faire fondre la glace 😇

Je remercie Sina, ainsi que Sylvie, de m’avoir fait de nouveau confiance et de m’avoir demandé de participer à cette mission. L’organisation d’une telle mission, avec une équipe de cette taille, sur deux sites différents est une véritable gageure. Sina a toujours fait en sorte que chacun se sente bien et que la cohésion d’équipe soit présente. Pendant la mission, nous avons pu soigner 1942 patients, toutes disciplines confondues, c’est un très beau résultat pour l’association Sourire d’Enfants dont c’était la première mission médicale 😃

Et pour finir sur cette belle et enrichissante mission, quelques portraits de patients (ils ne sont pas tous de moi, il y avait quelques bons photographes dans l’équipe 😉) :

16- Deuxième semaine de mission-2

Je voudrais partager avec vous le cas le plus extraordinaire qu’on ait eu prendre en charge. Je dis « on » parce qu’on a été plusieurs à intervenir.

Le premier jour, je reçois une jeune fille de 19 ans, Kamkheone, son père l’amène sur son dos, il m’explique qu’elle ne marche plus depuis 4 ans, depuis le vaccin contre le Covid. On ne comprend pas bien si elle se déplace un peu ou pas du tout. Je commence mon examen après qu’il l’ait déposée assise sur le lit. Déjà, elle tient assise seule et peut prendre appui sur ses bras pour se tenir. Ses réflexes sont difficiles à trouver parce qu’elle a peur et ne se détend pas, ce que je peux comprendre, je fais plusieurs tentatives avant d’obtenir un résultat positif, réflexes faibles mais présents des deux côtés. La sensibilité des membres inférieurs est normale (je m’y reprends aussi en plusieurs fois !). Je procède également à des testings musculaires, un peu compliqué à faire comprendre bien que j’aie Ali avec moi pour traduire, là encore je ne constate aucun déficit majeur, seulement une grosse fonte musculaire bilatérale mais elle est capable d’opposer une résistance, amoindrie certes mais présente et de mobiliser volontairement ses pieds, ses chevilles, ses genoux et ses hanches, c’est rassurant.

J’approfondis mon anamnèse en reposant la question sur l’arrivée de son handicap. A force d’insister, la jeune fille finit par raconter qu’elle est tombée alors qu’elle revenait de la rivière en portant des seaux d’eau très lourds et qu’elle s’est fait très mal (vue leur résistance à la douleur ici, j’évalue ça comme un évènement majeur). Les deux choses (vaccination et chute) sont arrivés dans le même temps, là encore impossible d’obtenir une chronologie, c’était il y a quatre ans…

Elle est capable de passer seule de la position assise à allongée, une bonne indication pour moi, elle n’est pas vraiment handicapée 😅.

A l’examen chiropratique, je trouve pas mal de blocages au niveau des pieds, des chevilles et des orteils (puisque qu’elle ne les sollicite plus) et je constate une rétraction du tendon d’Achille bilatérale. Ses genoux, n’étant plus soutenus par les muscles des cuisses, partent en valgum. J’ai également beaucoup de restriction de mouvement au niveau de la jonction lombo-sacrée et dans les lombaires en général. Ses cervicales ont besoin de récupérer de la mobilité, je travaille dessus également.

Quand je lui demande ce qu’elle fait dans sa journée, elle répond qu’elle reste assise au sol à regarder la télé, elle me dit qu’elle ne sort que rarement de sa maison.

Je réfléchis au meilleur moyen de l’aider mais j’ai besoin de plus d’éléments. Je lui demande donc de se lever et je constate qu’elle peut faire quelques pas si je la soutiens mais qu’elle n’est pas très stable (musculaire ou cérébelleux ??). On serait en France, je l’enverrais passer des radios et faire une IRM cérébrale mais ici, ce n’est pas possible ou en tous cas, c’est plutôt compliqué à organiser.

Je demande à Didier de venir la voir, il évoque tous les diagnostiques différentiels que j’ai pu faire et confirme que sans examen complémentaire, c’est difficile de dire exactement ce qu’il en est.

Je propose de la revoir dans trois jours pour refaire un bilan neuro et chiro et pour voir si mes soins ont changé quelque chose. J’ai pris le temps de lui montrer, à elle et sa famille, des exercices simples mais indispensables à faire plusieurs fois par jour pour voir si elle progresse et si elle est motivée. Je voudrais aussi discuter avec Sina, Didier et Bérengère de son cas.

Pendant que je reprends mes consultations, Benjamin, un des dentistes a voulu trouver une solution immédiate et a testé avec elle le fauteuil roulant de l’hôpital, option peu réaliste étant donné l’état des chemins ici 😅. 

Il revient dans ma salle pour chercher une des paires de béquilles que m’avaient données une patiente. Je n’ai pas eu le temps de lui expliquer que cela ne servirait pas à grand-chose sans un minimum de renforcement musculaire, il s’en est vite rendu-compte par lui-même 😅.

Le soir, il y a une discussion à propos de cette jeune fille, différentes idées fusent (lui acheter un fauteuil, l’emmener faire des examens à Vientiane ou au Vietnam…). Pour finir, avant de se lancer dans des choses coûteuses, je demande à voir où elle habite, et dans quelles conditions, pour pouvoir me faire une idée de ce qu’il est possible d’envisager en matière de rééducation à domicile (qu’elle ferait seule ou avec ses parents, il n’y a pas de kiné par ici). 

Une équipe est composée pour aller dans le village de la famille le lendemain, Sina et Bounma pour la traduction ; Sylvie pour la vidéo et les photos ; Léo pour ses expériences de missions à Madagascar ou au Népal ; Bérengère, non pour ses compétences d’opticienne mais surtout parce qu’elle a un diplôme d’ortho prothésiste et qu’elle a travaillé au centre de rééducation à Garches, elle connaît donc bien le handicap et tout ce qu’il est possible de faire pour aider ; et moi pour le côté organisation du quotidien et exercices. Déjà quand nous arrivons dans le village, j’ai la confirmation que le fauteuil roulant est vraiment inenvisageable, le terrain est trop irrégulier (des trous, des bosses) et je n’imagine même pas à la saison des pluies ! Arrivé à sa maison, on constate un autre problème de taille, la maison est sur pilotis, comme la plupart du temps ici, et l’escalier qui y mène est plutôt une échelle 😬. Le père explique qu’il la descend et qu’il la remonte sur son dos quand elle a besoin d’aller aux toilettes (celles-ci sont situées un peu à l’écart de la maison) ou d’aller quelque part. Elle ne sort que rarement.

La famille nous attend, la maison est très sobre, une pièce sert de salon/chambre et une autre de cuisine. Peu de meubles, pas de chaises mais il y a une télé 😉. Kamkheone paraît contente de nous revoir. Le père explique d’entrée de jeu qu’elle va déjà beaucoup mieux, ça fait plaisir.

Pendant que Sina et Léo discutent avec le père de son quotidien et de l’accessibilité de la maison, Bérengère et moi prenons du temps avec Kamkheone pour refaire des tests plus approfondis. On avait dans un premier temps projeté de lui faire fabriquer des orthèses mais après l’avoir faite marcher, on a constaté que ce serait compliqué parce qu’il faudrait les ajuster tous les trois mois en fonction de ses progrès et que finalement de la rééducation serait suffisante dans un premier temps.

Premier examen de sa marche

Marche avec un peu d’aide, on corse les difficultés en lui faisant franchir la marche de la cuisine
Exercices simples à mettre en place et ronde qui nous permet d’éliminer un problème cérébelleux
(même si on en doutait au vu de ce qu’elle était capable de faire)
Premiers pas sans aide mais on reste en soutien pour la rassurer
Et voilà, c’est parti 🥳

Au final, les choses à mettre en place sont relativement simples. Elle doit surtout s’entraîner tous les jours et reprendre confiance en elle. Je pense qu’elle a dû tomber plusieurs fois depuis sa première chute et qu’elle a très peur de tomber à nouveau 😬. On espère surtout que la famille va poursuivre la stimulation, elle gardera probablement une fatigabilité mais devrait pouvoir reprendre une vie presque normale. Et on va lui acheter une chaise qu’elle puisse regarder la télé en position droite avec les pieds au sol.

On a discuté avec Sina du futur, elle sera incapable de travailler dans les rizières et elle a arrêté l’école depuis quatre ans, il faut trouver ce qui serait le mieux pour son avenir. Après quelques coups de fils, Sina évoque l’idée de l’envoyer chez les Soeurs à Thakkek, là elle serait stimulée (et moins surprotégée), elle pourrait apprendre un métier peu physique, comme tisseuse par exemple. Il en discute avec les parents qui ne sont pas complètement opposés, je pense qu’il faut d’abord leur laisser du temps pour profiter de leur fille qui remarche ! Je l’ai revue deux jours plus tard, j’avais encore des choses à améliorer au niveau articulaire. Elle va mieux même, marche plus facilement même si elle manque encore de confiance en elle mais j’ai bon espoir et Bounma a dit qu’il passerait tous les mois pour prendre des nouvelles.

On a appris par Bounma qu’elle avait été débaptisée quand elle a arrêté de marcher, comme si elle était devenue une autre personne 😅. Maintenant, ils vont faire une cérémonie pour lui rendre son premier prénom, je trouve que c’est une bonne conclusion 😃.

15- Deuxième semaine de mission-1

Le dispensaire où nous intervenons est situé à quinze minutes de la guesthouse à pied mais la route est très dangereuse, surtout pour un grand groupe comme le nôtre, il n’y a pas de trottoir, les camions roulent très vite malgré les gros trous dans la route, ils font des écarts pour les éviter et ne se préoccupent pas de savoir s’il y a une moto ou un piéton sur le côté, alors, nous y allons en « bétaillère » tous les jours 😉.

Les journées seront bien remplies les quatre jours de cette semaine, on a tellement de monde les deux premiers jours qu’on a dû renvoyer des gens chez eux, ça fait mal au coeur parce qu’ils ont fait beaucoup de route pour venir, quelques uns reviendront mais pas tous. Certains chefs de village proposent un transport collectif moyennant une participation pour les frais d’essence, d’autres s’arrangent en famille ou avec des voisins, c’est une dépense nécessaire pour avoir accès aux soins gratuits, malheureusement, tous ne peuvent pas se le permettre 😢.

Le travail s’organise comme à Boualapha, les infirmières répartissent les patients dans les différentes zones d’attente.

Les gynécologues n’ont pas énormément de patientes cette fois-ci. Ali et Maninout sont leurs fidèles traductrices. Ici, les femmes enceintes ne viennent pas consulter et il n’y a pas d’accouchement dans ce dispensaire et heureusement parce qu’il n’y a qu’un étrier sur la table d’accouchement 🥹. Elles sont un peu déçues parce qu’elles n’ont que quelques cas intéressants alors, pour compenser, elles en profitent pour faire de la formation auprès des jeunes filles qui viennent consulter (protections contre les maladies, contraception, hygiène intime…) et surtout auprès des infirmières qui sont très intéressées par leurs connaissances. Elles ont amené des documents (qui ont été traduits en lao) sur les différentes pathologies qu’elles peuvent être amenées à rencontrer, sur les moyens contraceptifs et sur ce qu’elles peuvent mettre en place pour aider aux mieux ces patientes 😃.

Didier a toujours autant de monde, il est aidé par Dolisan (surnommée Doliprane par Christophe 😇) pour la traduction, chaque patient veut rentrer chez lui avec des médicaments, quel que soit le problème. Malheureusement, la plupart des pathologies nécessitent un traitement au long court et ce qu’il leur donne n’est que pour une ou deux semaines, parfois un peu plus, il espère qu’ils iront consulter un médecin après pour poursuivre le traitement maintenant que le diagnostique est posé (tuberculose, diabète, hypertension, hypothyroïdie, parasitoses, manque de vitamines…). Il a aussi beaucoup de gens qui ont mal au dos, au cou, aux genoux à cause de leur travail, comme mes patients. Il a eu l’occasion de soigner aussi quelques cas assez graves, notamment une patiente avec un début de gangrène sur l’avant-bras entre autres, je vous épargne la photo 😬 et ça lui a fait plaisir, non pas qu’elle ait une gangrène mais d’avoir pu l’aider 😉 et aussi il a du examiner deux personnes avec des traumas crâniens, suite à une chute de moto le jour même, heureusement sans gravité.

Bérengère, toujours aidée de Sylvie qui s’occupe de répertorier les lunettes en fonction de leur puissance et de Sina ou Bounma comme traducteurs, fait aussi carton plein, tout le monde veut des lunettes. Elle tente de privilégier les enfants et les jeunes parce que c’est important pour leur avenir même si les anciens sont aussi très demandeurs. Elle est consciente que pour certaines personnes âgées avec une cataracte, pouvoir de nouveau voir au moins de près leur permet d’être utile à la famille en retrouvant des facilités à éplucher des légumes, à coudre, à bricoler. Son cas le plus triste a été un petit garçon de 8 ans qui avait une cataracte congénitale et qui était presque aveugle. Des lunettes ne pouvant pas l’aider, il faudrait qu’il se fasse opérer mais cela coûterait cher à la famille et il faudrait aller à Ventiane, la capitale ou en Thaïlande, pour trouver un hôpital et un praticien qui pratique ce genre d’intervention, surtout sur un enfant 😩.

Les dentistes sont déçus de ne pas voir beaucoup d’enfants, les parents ne les amènent pas. Alors pour remédier à ça, un groupe de dentistes, aidés de Lucien comme traducteur, va tous les matins faire du dépistage dans les écoles, comme ça, ils peuvent dire aux enfants qui en ont besoin de venir se faire soigner l’après-midi. Ils en profitent pour faire aussi de la prévention auprès des enfants. Ils sont allés dans les écoles primaires et secondaires des environs. Il y a beaucoup moins d’enfants qui ont besoin de soins qu’à Boualapha, les villages sont plus reculés, il y a moins de vendeuses de bonbons à la sortie des écoles et moins d’argent dans les familles pour acheter des sucreries ou des produits transformés 😉. Phonesay fait la traduction à l’hôpital avec les dentistes qui travaillent sur place, il trouve ça dur de tenter de convaincre les enfants de se faire soigner et il n’aime pas les voir pleurer.

Pour ma part, ma « salle d’attente » est essentiellement composée de femmes de quarante-cinq ans et plus (surtout plus !) qui ont mal partout.

Je commence sans traducteur mais c’est plus facile la deuxième semaine, j’ai retrouvé mon peu de lao, ça veut dire que je suis capable de poser mes questions seule, même si je ne comprends toujours pas leurs réponses, à part leur nom (et encore !), leur âge et où ils ont mal. L’infirmière qui est avec moi ne parle absolument pas anglais mais elle se rend vite compte que je pose toujours les mêmes questions et que je leur fais faire toujours les mêmes mouvements pour évaluer leur amplitude alors elle est rapidement capable de m’aider pour le début de la séance. De temps en temps, j’ai Ali qui vient en renfort pour traduire quand les gynécologues ne sont pas trop occupées et c’est très agréable de pouvoir mener une anamnèse plus précise, surtout quand j’ai quelques cas intéressants 😮‍💨. J’ai eu notamment deux belles sciatiques (j’ai donné une ceinture lombaire aux deux), deux névralgies cervico-brachiales (je leur ai expliqué comment mettre le bras en écharpe dans les moments de repos pour faciliter la récupération, même si je sais qu’elles ne s’arrêtent que rarement 😬), deux AVC dont une dame de trente-sept ans à qui c’était arrivé il y a 3 mois. J’ai pu lui donner des conseils de posture, des exercices de rééducation et lui fabriquer des sortes d’orthèses à mettre la nuit pour empêcher ses tendons d’Achille de se rétracter, j’espère que quelqu’un de sa famille arrivera à lui remettre. Je lui ai conseillé de marcher avec des bâtons, même si c’est dur, elle doit y aller graduellement ! Elle doit poser ses pieds bien à plat au sol quand elle est assise mais comme elle n’a pas de chaise, je suis sûre qu’elle s’assoie toujours avec les jambes reliées sous elle, ce n’est pas gagné 😅. Je l’ai envoyée voir Didier pour vérifier sa tension et mettre en place un traitement contre l’hypertension, même s’il faudrait la mettre sous anti-coagulants plutôt. J’espère que ça ira mieux pour elle, c’est frustrant de savoir qu’il n’y aura pas de suivi et que si elle ne se soigne pas, ne bouge pas tous les jours, elle va régresser et rester handicapée 😥.

Petit medley de patients :

Et pendant ce temps, voici un aperçu de ce qui se passe vu de la fenêtre opposée dans ma salle…retour à la maison après consultation chez les dentistes pour les enfants 😃

14- C’est le WE 😃

Chaque mission se conclut par un Baci, il s’agit d’une cérémonie où les personnes importantes du district viennent nous remercier. Il y a en général le gouverneur ou son représentant, le directeur de l’hôpital et les maires des villages qu’on a soignés ainsi que le personnel de l’hôpital et leur famille. C’est une belle fête, il y a un temps de discours puis une bénédiction pour la suite de notre mission. Nous nous tenons tous autour d’une sorte de petit autel avec des plantes, des fils de couleurs, de la nourriture et des boissons, tout est béni. On doit tenir le récipient tous ensemble et le lever en chœur en disant quelque chose qui ressemble à « Tchaa ». Après cela, il y a une remise de « diplôme », certificat de remerciements pour la mission.

Ensuite vient la distribution des petits bracelets de couleur, c’est toujours un moment émouvant, toutes ces personnes qui vous remercient pour vos soins et qui vous souhaitent plein de bonnes choses, même si on ne comprend pas, c’est l’intention qui compte 😃.

Et pour clôturer la cérémonie, un repas préparé par le personnel de l’hôpital qu’on va partager tous ensemble. Le seul souci est qu’il est 10 heures et qu’on n’a pas faim du tout, le petit déjeuner n’est pas si loin ! Mais il faut faire honneur alors j’accepte avec plaisir un pilon de poulet béni offert par le directeur de l’hôpital 😋. Je prends un peu de soupe pour faire bonne mesure, je n’ai vraiment pas faim pour du riz ni pour de l’omelette !

Poulet, omelette et sorte d’épinards aux herbes (c’est très bon)

On sent que c’est jour de fête, quelqu’un est venu avec son tracteur flambant neuf (il y a encore le plastique sur le siège 😇), un autre avec sa nouvelle voiture électrique et d’autres de façons plus classique, avec leurs pick-up ou leurs scooters.

Pour nous remercier, le gouverneur du district nous a permis d’aller visiter une cascade qui n’est pas encore ouverte au public. C’est un très beau cadeau, l’endroit est magnifique. Une belle balade d’une heure aller-retour au milieu d’une jungle luxuriante. Tout le monde se baigne au pied de la cascade sauf les trois traducteurs laotiens qui ne sont pas du tout à l’aise avec l’eau 😉.

Nous allons ensuite faire du camping dans un autre lieu incroyable, à côté d’une grotte perdue dans la jungle où coule une rivière peu profonde mais avec assez de courant pour s’y laisser porter sur plusieurs mètres. La grotte est énorme, la rivière s’y enfonce sur dix kilomètres. En saison sèche, on peut la remonter en kayak mais là, il y a trop d’eau alors on se contente de s’y baigner en prenant garde de ne pas se faire emporter par les rapides (pas moi, j’ai préféré me baigner après les rapides, ça allait suffisamment vite comme ça !). Nous allons dormir dans des tentes posées sur des structures en bambou, ça évite les petites bêtes sympathiques qui vivent au sol 😇. Seul Didier, le médecin (qui avait envie de calme) et les trois traducteurs laotiens (qui n’avaient jamais fait de camping de leur vie et qui ont soudain eu peur de dormir dans une tente 😱) sont rentrés à Boualapha.

La soirée est animée, on fait un Time’s up, sans le jeu. Chacun a écrit trois mots sur un morceau de papier qu’on a mis en commun dans un sac plastique, on fait deux équipes et chaque personne doit faire deviner à son équipe le mot qu’elle a pioché. Un premier tour en une phrase, le deuxième en un mot et le troisième en un mime. Bonne rigolade assurée. L’idée étant de faire deviner le plus de mots possible à son équipe et de retenir tous les mots qui sont déjà sortis pour pouvoir imaginer ce que notre partenaire essaye de nous faire découvrir et qui n’a pas encore été trouvé. Un bon moment de rigolade 😂.


Le lendemain, nous reprenons la route pour rentrer à la guesthouse de Boualapha, charger les vans et aller vers notre prochaine destination, Langkang. Sauf que la route directe que nous aurions dû emprunter est inaccessible aux vans chargés à bloc, nous devons donc faire un léger détour…de deux et demi de route en plus 😩. Heureusement, l’ambiance est bonne dans les vans, je n’y suis pas mais on me l’a raconté 😜, je voyage dans la voiture de Sylvie et Sina avec Didier, ça s’est fait comme ça, je ne l’ai pas payé 😇.

Le dispensaire où on s’installe est beaucoup plus petit que le précédent mais chacun trouve ça place. Le déchargement et l’installation se fait rapidement.

Nous sommes, cette fois, logés dans un « Resort », étonnant qu’il existe pour une si petite ville mais finalement pas tant que ça, nous sommes à moins de vingt kilomètres de la frontière vietnamienne et il y a beaucoup de trafic, poids-lourds et touristes (surtout des vietnamiens qui viennent voir leur famille au Laos).

Il y a des trucs très étranges à boire ici, ça promet 😜

13- Retour sur la première semaine de mission

Quelle semaine intensive, 105 patients en 5 jours pour ma part, sans compter quelques infirmières, médecins, personnel administratif et membres de l’équipe 😃. Les journées sont bien actives et les soirées très festives grâce à un groupe de dentistes dynamiques, à leur chef bienveillant, plein d’humour et qui sait mettre l’ambiance (de jour comme de nuit 😉). La tenue du blog s’en ressent ! Il y a tellement de photos des uns, des autres que c’est très long de faire un choix parce que j’ai envie de les poster toutes. On a vu tellement de choses extraordinaires, des patients tellement sympathiques qu’il faudrait un livre pour tout détailler. Retenez juste que les patients était ravis de nos soins, qu’on a vu 1234 patients à nous tous sur 5 jours, pour un petit hôpital qui a en moyenne 2000 consultations par an, autant vous dire que le personnel a été mis à rude épreuve mais ils ont su gérer cette affluence avec beaucoup de professionnalisme et d’efficacité.

On a aussi fait de belles soirées, la plupart avec des laotiens, une fois à la maison du personnel de l’hôpital, plusieurs fois à la guesthouse (karaoké et jeux), parfois au resto, on a même eu un festival de musique techno dans le village 😉. Ici, les soirées commencent vers 18H30 et se finissent au plus tard à 22h30 (sauf le festival de techno mais on n’est pas resté longtemps !), on était donc toujours en forme le lendemain 😇.

Et pour finir, un petit florilège de nos patients (certaines photos sont celles des autres bénévoles 😃) :

Pique-nique devant l’hôpital en attendant la reprise des consultations, certains venaient de très loin !

12- Mission 5 jours à Boualapha

La mission a débuté, comme toujours, avec la cérémonie officielle d’ouverture, le chef du district nous a remercié de venir soigner la population et a parlé du partage de connaissances entre les équipes médicales laos et françaises, il a également remercié le gouvernement (à travers le ministère de la Santé) d’avoir donné les autorisations pour cette mission. Heureusement Boumpa traduisait en anglais à Lucien qui traduisait pour nous en français. Tout le personnel de l’hôpital était là (c’est un tout petit hôpital, ils avaient prévu vraiment beaucoup trop de chaises !) pendant que les patients attendaient patiemment que nous soyons prêts à commencer.

Nous sommes opérationnels rapidement, les patients sont dispatchés par des infirmières, dès l’entrée de l’hôpital, en fonction de leurs besoins. Certains vont faire tous les postes, médecin, dentistes, opticienne et chiro. Les gynécologues ne voient que les femmes bien évidemment 😉.

Chez les dentistes, ça a un peu de mal à démarrer, il faut trier les patients selon s’ils ont besoin de soins ou de chirurgie (entendez extraction dentaire !) mais au fur et à mesure de la matinée, le rythme s’accélère.

Chez Didier, le médecin, c’est la queue en permanence. Son traducteur, Phonexay (qu’on a surnommé Saï), apprend très vite les termes médicaux dont il a besoin et quand il ne sait pas, il se sert de Google traduction et mémorise rapidement les mots. Les questions pour l’anamnèse sont souvent les mêmes ce qui lui facilite la tâche. Une grande majorité des patients fait de l’hypertension et/ou du diabète, ils manquent de vitamines et d’iode aussi.

Chez les gynécologues, la mise en place est un peu laborieuse parce que les deux jeunes filles qui traduisent ne maitrisent pas du tout le vocabulaire (mais là encore, grâce à leur téléphone, elles apprennent vite) et surtout, elles n’ont aucune connaissance de l’anatomie, n’ont jamais entendu parler d’ovule, ovaire, trompes utérus et spermatoizoïdes, n’ont aucune idée du mécanisme de la fécondation. Les gynécologues ont accès à un appareil d’échographie mais il met un temps fou à démarrer et s’arrête parfois sans raison, mais il a le mérite d’exister. Elles en profitent pour former les infirmières en obstétrique sur la prise en charge des femmes enceinte grâce à l’écho, elles qui, d’habitude, se contentent de mesurer la hauteur du ventre, de les peser et de prendre leur tension.

Bérengère, l’opticienne, a un succès fou, il y a beaucoup de patients qui ont besoin de lunettes, de tout types. Sylvie est là pour l’aider à déterminer la correction de lunettes qui nous ont été données. Elle a aussi l’aide d’une infirmière de l’hôpital qui est très compétente et permet que les consultations se déroulent assez rapidement. Lucien est là pour la traduction. Il y a aussi beaucoup de patients avec des cataractes et ça, elle ne peut rien y faire.

Pour ma part, je commence sans traducteur au départ, pas facile de se rappeler des phrases, je n’ai pas révisé 😳. Heureusement, je comprends très bien le langage des mains et les patients montrent toujours où ils ont mal, même s’ils ont tendance à montrer tout le corps 😂. La plupart des patients sont des agriculteurs, ils travaillent dans les rizières et en novembre c’est la fin de la moisson, certains ont déjà fini, d’autres sont encore en cours, donc ils ont mal partout et sont fatigués. Les patients sont heureux qu’on s’occupe d’eux, même s’ils n’ont aucune idée de ce que je vais leur faire. Ils ne sont pas du tout stressés que je ne parle pas leur langue, ils ont beaucoup de mal à comprendre les trois phrases que je leur dis : comment vous appelez-vous, quel âge avez-vous et où avez vous mal. Mes intonations ne sont pas bonnes et surtout ils ne s’attendent pas à ce que je leur parle en lao, sans compter que ceux qu’on voit ici ont leur propre dialecte et souvent ne comprennent pas non plus mon traducteur quand j’en ai un 😭. Mais le contact est malgré tout facile et je bosse dans une bonne ambiance, sereine. La majorité de mes patients sont des ouvriers et ouvrières agricoles, quelques vendeuses du marchés et quelques fonctionnaires. J’ai vu aussi trois enfants atteints d’IMC (infirmité motrice cérébrale), deux à cause d’un manque d’oxygénation du cerveau au moment de l’accouchement et le troisième survenu un peu plus tard mais je n’ai pas bien compris pourquoi. Je ne peux pas changer la vie de ses enfants mais j’ai pu soulager des tensions et les mamans ont été surprise de la détente que cela leur procurait. Je sui consciente que ça ne durera pas mais je me dis que je leur ai fait du bien même pour un moment. J’ai montré aux mamans quelques petits gestes qu’elles pouvaient faire pour les apaiser, je suis sûre qu’elles sauront les mettre en application pour le bien-être de leur enfant. J’ai eu quelques cas un peu compliqués parce que c’étaient des douleurs anciennes qui auraient mérité un suivi sur quelques mois pour être vraiment satisfaisant et quelques cas de situation familiale très difficile, entre autres, un vieux monsieur qui ne pouvait plus travailler donc qui n’avait pas d’argent pour manger tous les jours, un frère et une cousine lui amenait parfois à manger ; et une jeune maman, 37 ans, neufs enfants, dont deux morts, qui a perdu son mari d’un infarctus à la naissance de sa dernière il y a 18 mois et qui doit travailler et élever ses enfants seule parce qu’elle n’a pas de famille. Pour le monsieur, qui avait besoin de vitamines, Bounma est allé lui acheter ce qu’il fallait pour trois mois et j’ai donné à la maman les vêtements d’enfants qu’une patiente m’avait donnés, elle m’a remerciée des soins et du cadeau en pleurant, c’était terriblement émouvant.

11- Installation de la mission au dispensaire de Boualapha

La mission a lieu dans le district de Boualapha qui est quasiment au centre du Laos, très proche de la frontière vietnamienne. Nous intervenons dans un dispensaire qui draine beaucoup de tous petits villages dans un rayon de 80 kilomètres. Ici on ne compte pas en distance mais en temps, on a mis plus de trois heures pour faire 129 kilomètres, sans compter la pause repas 😅. Mais avant cela, il a fallu charger tous les bagages et rentrer tout le monde dans les véhicules…nous sommes 13 praticiens, 6 traducteurs, 3 chauffeurs et Sina et sa femme, répartis dans 2 vans, un pick-up et une voiture !

Après un tour des locaux, chacun trouve la salle qui lui conviendra le mieux, on est très bien accueillis et le personnel se met en quatre pour nous aider au mieux.

Je n’avais pas fini de m’installer qu’on m’a demandé de venir en salle des urgences, un jeune homme venait de se faire une entorse en jouant au football. J’ai donc vu mon premier patient, ça présage bien pour la mission 🥳.

10- Nakhon dernier jour et découverte de l’équipe médicale de la mission

Aujourd’hui, journée light avant de retrouver le reste de l’équipe de la mission qui atterrit en fin de journée. Je loue un scooter électrique à l’hôtel pour aller jusqu’au marché acheter le matériel dont je vais avoir besoin dans les dispensaires. J’en profite pour faire un peu de tourisme dans la ville, je me balade au hasard dans les rues. Je me rends compte que, sur la grande avenue le long du Mékong, il n’y a pas moins de six temples ! Voici un petit aperçu, je vous épargne les noms 😉.

Sur les bords du Mékong, le Naja n’a pas fini sa mise en beauté, tant pis, on ne le verra pas dans sa totalité 😔

A côté, il y a de l’animation, toujours en rapport avec les dons annuels aux moines. Au programme, des offrandes et un spectacle de danse :

Je me balade dans le quartier vietnamien, c’est plutôt animé et sympathique, il y a plein de choses à voir :

Pour la mission, il me fallait un matelas, des serviettes de toilette, des coussins, j’ai dû aller sur deux marchés avant de trouver ce que je voulais, le plus rigolo a été de ramener tout ça à l’hôtel sur mon mini scooter 😂.

Après un dernier déjeuner thaïlandais, je me rends au salon de massage où j’ai réservé un soin et un massage pour deux heures. J’ai testé une sorte de hammam individuel pour commencer.

J’ai enchaîné avec un gommage de tout le corps suivi d’un massage. La masseuse était très compétente et attentionnée. C’était un bon moment de détente, indispensable en prévision de la mission à venir 😜.

En fin d’après-midi, un des vans mis à notre disposition par l’association « Sourires d’Enfants » vient me chercher à l’hôtel, c’est un dix places et heureusement, parce que je remplis déjà le coffre à moi toute seule 😭. On roule jusqu’au l’aéroport pour retrouver la première partie de l’équipe qui vient d’atterrir. Il y a Didier, le médecin généraliste avec qui j’avais fait la mission l’année dernière, Marie-Annick et Christine, les deux gynécologues et Bérangère, l’opticienne. Les huit dentistes et assistantes dentaires arriveront sur un autre vol un peu plus tard, un autre van les prendra en charge. Dès les bagages entassés, on va jusqu’à la frontière, à une demi-heure de route de là. On retrouve Lucien, un suisse, qui sera un des traducteurs franco-lao et qui travaille pour l’association au Laos (déposé à l’aller par un des chauffeur de mini-van). Il devait repasser la frontière pour prolonger son visa (un visa de touriste est valable deux mois). Derrière Didier, on ne le voit pas mais il y a un panneau qui dit « interdit de prendre des photos », bien évidemment je me fais enguirlander par un agent de la sécurité mais il ne me confisque pas mon téléphone 😅. La sortie de la Thaïlande se passe rapidement.

L’entré au Laos est un peu plus compliquée, il a déjà fallu trouver le douanier (c’était l’heure du repas) et surtout il a fallu batailler pour les visas de deux personnes parce que les dollars qu’ils avaient amenés étaient soit trop vieux pour deux billets et soit crayonné pour l’autre. Il faut que les billets soient parfaits (limite repassés 😂) pour qu’ils soient acceptés mais je ne savais pas pour la « date de péremption », heureusement les miens n’étaient pas trop vieux et que j’avais pris cinquante dollars en plus au cas où. Ils ont pu servir à Bérangère tandis que Lucien a réussi à payer en Baths mais à un taux de change un peu exagéré 😅. Les laotiens n’acceptent pas leur propre monnaie pour payer le visa 😳. Au final, on a tous pu avoir notre coup de tampon et on a traversé le Mékong sur le pont de l’amitié Lao-Thaïlandaise (le 3ème du pays, il date de 2011). Je n’ai pas pu le prendre en photo puis qu’il faisait nuit. Le point de rendez-vous avec Sina, le chef de la mission, Sylvie, sa femme et les trois autres traducteurs lao-français (Saï, un jeune homme de Paksé et Mani et Ali, deux jeunes filles de Savannaket) est dans un hôtel de Thakkek. Comme dans toutes les missions, ça commence par un bon restaurant.

On sera rejoint deux heures plus tard par les dentistes, on fait tous connaissance rapidement, on aura le temps, au cours de ces quinze jours, pour en apprendre plus les uns sur les autres. Pour l’instant, tous les nouveaux arrivants sont pressés d’aller dormir après toutes ces heures de voyage.

9- Sakon-Nakhon

Et voilà, fin de ces quelques jours à Sakon, je dois aller rendre le scooter à la gare routière avant de prendre le bus pour Nakhon. Mon bus étant à 11h20 (j’avais demandé l’horaire à l’information voyageurs dès mon arrivée dimanche), j’avais donné rdv à la loueuse à 11h pour être large et avoir le temps d’acheter mon billet avant de monter dans le bus. Comme j’étais prête à quitter la guesthouse assez tôt, je décide d’aller me faire masser les pieds une petite demi-heure. J’ai trouvé un salon juste à côté de la gare routière (à 3 minutes) et j’ai bien expliqué à la masseuse qu’il fallait absolument que je sois partie à 11h, ce qu’elle a respecté même si j’y serais bien restée plus longtemps parce que c’était très agréable 😃. Une fois arrivée à la gare routière, il n’y a personne là où on avait convenu que je rende le scooter, j’attends deux minutes mais aucun signe de la loueuse. Comme ici, on achète les tickets au pied du bus qu’on va prendre, j’emmène toutes mes affaires au quai de départ du bus et j’explique au vendeur de tickets que je prends le bus mais que je dois attendre la personne qui récupère mon scooter, mais il ne comprend pas ce que je lui explique et il me fait signe que le bus part maintenant. Je commence à baliser parce qu’il n’est pas encore 11h20 donc j’ai encore quelques minutes mais je vois bien que le chauffeur est remonté dans son bus et qu’il fait signe qu’il part. Devant mon air dépité, catastrophé (?), le monsieur appelle une personne chargée de la régulation des voyageurs et des bus et là coup de chance, il parle bien anglais. Je lui explique la situation tout en guettant du coin de l’oeil le bus qui a commencé à reculer du quai pour partir. Il me dit que le bus devait partir à 10h50, qu’il avait un peu de retard, que c’est pour ça qu’il était encore à quai (ce qui veut dire que la personne, à qui j’avais demandé l’horaire de départ du bus aujourd’hui m’avait dit n’importe quoi) et que le prochain est à 13h50…

Je lui raconte que je ne peux pas attendre, ce qui est complètement faux puisque je suis en vacances mais je n’ai pas envie d’attendre 3 heures dans une gare routière assez loin du centre-ville !). On tente encore d’appeler la loueuse avant de finalement l’avoir et le régulateur m’assure que c’est ok, je peux lui donner les clés du scooter, il fera la restitution, il connait la personne, sauf que j’ai laissé 1000 THB en caution (30 euros environ) et que j’aimerais bien les récupérer. Re-coup de téléphone à la loueuse qui lui confirme qu’il peut me rendre l’argent, qu’ils s’arrangeront tous les deux après, pendant ce temps le bus est parti…

Il me dit que ce n’est pas grave et qu’il va m’emmener rattraper le bus, il part et revient avec sa moto et là, je ne vois pas trop comment on va pouvoir tenir à deux sur une moto avec toutes mes affaires, et il réalise aussi que ça ne va pas être possible, j’ai trop de bagages 😱. Il réfléchit, passe un coup de fil et me dit : attendez le bus arrive… je ne comprends plus rien, je pense qu’il a dû faire faire demi-tour au bus pour venir me chercher, la fille qui croit au père Noël 😇. Pour finir, il m’invite à le suivre, m’amène à un guichet où je paye un ticket plus cher que ce que j’ai payé à l’aller mais bon je m’en fous, je suis pressée de partir puis franchement plus cher de 30 centimes, c’est vraiment chipoter ! Un bus arrive, ce n’est pas du tout le bus qui était parti mais un autre qui fait la liaison Chiang Maï-Nakhon Phanom et qui a un arrêt à Sakon 😂. Je me retrouve dans un bus bien plus classe que celui que j’aurais dû prendre, non sans avoir remercié le régulateur de m’avoir aidé. Cette fois je n’ai pas de barre qui me ruine les fesses et je peux même incliner le siège pour dormir, trop cool. La bouche d’air climatisée au-dessus de ma tête est bloquée en position ouverte, un classique, c’est pourquoi j’ai toujours un bandana dans mon sac pour pouvoir la boucher au cas où 😉. Arrivée en 1h30, je n’ai pas vu le temps passer et pourtant je n’ai pas dormi.

Je déjeune tranquillement au bord du Mékong, je me balade un peu à vélo prêté, je profite de la piscine de l’hôtel, où une jeune femme passe bien vingt minutes à faire des photos avec des poses de mannequin, je bouquine, écris le blog et pars dîner d’un reps occidental, lasagnes et un verre de vin rouge 😉.

8- Sakon 5

Dernière journée dans cette région, je n’ai pas envie d’en faire trop, mes 150 kilomètres d’hier m’ont bien crevée 😅. Alors petit tour sur le marché de vêtements d’occasion (et oui encore !), je trouve pas mal de trucs sympa et surtout une belle parka jaune vif pour être bien vue la nuit en scooter et en plus elle est vraiment chaude et étanche, elle me servira chez moi (des fois que je croise un renard en allant coucher mes poules, au moins il me verra arriver 😂). J’ai enfin trouvé le coin de couturières, dommage, c’est trop tard pour leur faire faire des tuniques, elles étaient bien cachées…

Après ce moment shopping, moment détente, massage d’une heure, histoire de soulager mes épaules après toute cette route (mais non, je ne suis pas crispée sur le guidon…).

J’ai été obligée d’acheter un sac pour ranger toutes mes nouvelles affaires 😇

Je pars en milieu d’après midi pour le lac Nam Phung, j’ai déjà fait un bout de cette route le premier jour mais je n’étais pas allée jusqu’au lac. Je reprends la fameuse route avec tous ces virages sur quatre kilomètres. Sur Maps, c’est annoncé six minutes mais en scooter il faut plutôt compter dix minutes, je dois faire attention à ne pas déborder de ma voie pour ne pas me faire bouler par une voiture qui aurait des velléités de se croire sur un circuit de rallye. Je maîtrise un peu mieux les virages à gauche que la dernière fois même si ce n’est pas parfait.

Petit arrêt pour voir une petite cascade « Namtok Kham Hom » qui n’était pas à sec mais presque…

Puis je file vers mon objectif, qui n’est pas tant le lac mais un monastère, Wat Phra Phutthabat Namthip, situé non loin du lac. Il me reste plus de vingt minutes de route et ça ferme dans trente-cinq minutes, je ne dois pas trainer, alors je ne m’arrête pas prendre de photos. Quand j’arrive au temple, je m’aperçois que c’est la fin d’une grosse fête (peut-être la fameuse récolte annuelle de dons ?), je reste la seule visiteuse, les autres personnes présentes sont les gens qui démontent les tonnelles ou les tapis et quelques moines qui rangent les stands de souvenirs. L’avantage est que j’ai quasiment le site pour moi toute seule et donc personne sur les photos 😃.

Avant de repartir, je regarde sur Maps s’il y a autre chose à voir dans le coin pendant que je suis là, et juste de l’autre côté de la route, il y a « Footprint Namthip », je traverse et suis un petit chemin qui mène à un autre lieu de culte, une pagode en construction. Je me dis que je me suis plantée d’endroit mais il y a quelques belles statues et des moines qui font du camping 😉.

Je n’avais pas vu au départ que c’était un moine, la personne était tout en blanc, je pensais que c’était un ouvrier du chantier mais j’ai vu juste après un moine habillé en orange qui le rejoignait, et j’ai réalisé que ça devait être des moines venus pour la fête du temple en face et qu’ils faisaient du camping parce qu’ils venaient de loin. J’ai pris la poudre d’escampette pour ne pas les gêner et du coup je ne suis pas allée voir la fameuse empreinte (de je ne sais pas quoi) qui se trouvait sous le bâtiment en construction. Ça ressemblait à ça d’après les photos sur Google, un pied de Bouddha dans l’eau ??

Et comme tous les soirs, je vais rentrer après le coucher du soleil… Je profite des quelques minutes qu’il me reste pour essayer de m’approcher du lac, peine perdue, mais je l’aperçois de loin.

Dans cette partie du village, ils cultivent des papayes (qu’on voit dans les arbres sur la photo) et ils récoltent du caoutchouc des hévéas.

Pour rentrer, je mets ma super parka, je pense que je vais être bien visible et pour me protéger les jambes du froid (et des insectes qui se jettent sur moi dès que la nuit tombe) j’ai aussi une belle jupe longue, quelle allure 🤪.