Mercredi

Journée découverte des environs de Paï mais pas trop loin finalement vu le temps qu’on a mis à faire les 16 premiers kms 😉

Ma belle moto 🙂

Nous traversons le canyon de Paï, rien à voir avec ceux des US, mais ça nous permet d’observer des ouvriers agricoles au travail dans les champs et une petite source d’eau chaude souffrée.

Nous prenons la route de la montagne pour rejoindre un site de sources chaudes dans lesquelles on peut se baigner.

C’est trop bien de flotter sur le dos, dans une eau à la température du corps, les oreilles dans l’eau pour se couper du bruit, et de regarder les feuilles qui bougent au gré de la petite bise, avec un ciel bleu magnifique en arrière-plan, sans penser à rien, juste profiter du moment présent. On y a passé une heure sans s’en rendre compte 🙂

Sur le chemin du retour, un temple…

Puis, petite halte pour profiter du coucher de soleil…

Et retour à notre guesthouse, une nouvelle plus calme, vue sur la rivière, sympa 🙂

Mardi

Départ de Chiang Maï pour Paï, petite ville dans la montagne distante de 130 km, 3h de route, avec une pause officielle de 15 min…je vous laisse imaginer la forme de la route…non, je vous aide, des tournants, des tournants et des tournants…heureusement on est dans un van qui a exactement le nombre de passagers pour lequel il est prévu (ce qui est rare), il n’y a que des occidentaux sauf un couple de japonais dont le mari va nous obliger à un arrêt non prévu, les virages étants vraiment serrés et rapprochés. Cet arrêt nous permet de discuter avec les autres voyageurs, 3 allemands, 2 anglais et 1 américain, j’adore ce genre de moment où on discute sans se connaître, comme dans les grèves de métro, ou les moments où on doit attendre et que ce n’est pas prévu, les gens se parlent et on apprend plein de choses.

Arrivée tardive, mais on était parti tard, déambuler pour trouver une guesthouse au hasard, remettre à demain la location de moto et dîner.

Mon petit déjeuner, mangue et riz gluant, butterfly peas (bleu) et macha (vert), tout naturel vraiment !
Enseigne d’un bar
C’est réellement de l’essence dans les bouteilles, tout se recycle ici 😉
Notre première guesthouse, hyper bruyante, près d’un bar de nuit 😦

L’auberge de jeunesse juste à côté, sûrement tenue par un européen 😉

Thaïlande, lundi

Chiang Maï, deuxième province du pays, plus d’1 million d’habitants, la ville en elle-même est plutôt à taille humaine, 250 000 habitants, l’agglomération tourne autour de 700 000 habitants. L’hyper centre est carrément touristique, entouré par une muraille dont il reste de beaux vestiges ( elle date du 13ème siècle quand même…), 300 temples, vous verrez pas mal de photos mais j’espère que ça ne vous barbera pas, on n’en visitera pas tant que ça 😉

Les moines ont des tatouages aussi, j’apprendrais leur utilité plus tard au cours du séjour
Ah oui, on est loin quand même 😉

L’arbre le plus grand que j’ai jamais vu, Paul fait tout petit au pied 😉
Tout en teck

Un bouddha qui a du ventre est rempli de sagesse…

Lui, je l’adore 🙂

La classe…

Ce n’est pas tout ça, mais il fait chaud, alors retour à notre nouvel hôtel qui a la bonne idée d’avoir une piscine, à 15€ la nuit, c’est la moindre des choses…

Et c’est reparti, cette fois un peu en dehors de la ville, pour voir un temple sur une colline, je n’ai toujours pas de nom à vous donner… Notre chauffeur (et sa femme) doit passer chercher son fils à l’école, ne nous demande pas notre avis et fait un détour. Ils n’ont pas la même notion de séparation vie privée/vie professionnelle ici, ce n’est pas rare de voir toute la famille participer ( que ce soit dans les transports, au resto ou dans les commerces). Mais j’aime bien, c’est moins prise de tête et tellement plus naturel…

Arrêt à l’école du fils qui fera ses devoirs dans le « taxi » le temps de notre visite

C’est cool d’avoir quelqu’un pour nous prendre en photo
Chiang Mai, sous la brume, pollution ou vapeur de chaleur ??

Un lampadaire sur pattes….

Le gardien du site…

Je ne vous ai pas parlé du roi de Thaïlande, ne me demandez pas son nom, il y a Wikipedia… Ici, il est vénéré, son portrait est présent à chaque carrefour important des villes et dans chaque commerce voire maison. L’année dernière c’était son père qui était partout, mais il est mort et après presque 1 an de deuil national, ils ont changé toutes les représentations, y compris sur les billets qui commencent à avoir le nouveau roi en effigie. Paul trouve qu’il ressemble à Stromaé, moi au prince Charles…je vous laisse voir 😉

on a fini la soirée de façon sympathique, mais j’ai quand même perdu, manque de pratique…

Samedi et dimanche, fin du Laos

Et voilà, comme toutes les bonnes choses ont une fin, c’est fini pour le Laos cette année. De ces quelques semaines, je retiens plusieurs choses.

Les rapports humains sont vraiment très simples au Laos, il n’y a pas d’hypocrisie du tout, c’est même déroutant parfois et les gens sont très respectueux entre eux et envers moi, alors qu’ils ne me connaissent pas. L’argent n’est pas un tabou, l’âge non plus, la mort non plus. J’aime leur façon de considérer la vie, tu nais, tu vis, tu meurs…et si tu as fait de bonnes choses, tu auras une vie meilleure la prochaine fois, sinon, ta prochaine vie risque d’être difficile. Le seul inconvénient, c’est qu’ils n’ont pas peur de mourir, je pense qu’on les effrayerait avec nos principes de précaution, mais ils auraient un peu moins d’accidentés et de morts s’ils mettaient des casques et respectaient un minimum un code de la route…

Ils ont vraiment besoin de se développer mais pas forcément pour s’occidentaliser, d’ailleurs ils sont plus tournés vers la Thaïlande et la Chine. Je commence à me demander où est l’intérêt pour eux d’apprendre l’anglais en première langue étrangère. D’ici peu, tous les enfants de maintenant parleront Thai à cause de la télé et des téléphones (une appli comme YouTube entre autres, sur laquelle ils passent beaucoup de temps des petits de 2 ans aux adultes). La télé est toujours allumée sur une chaîne thaï ou vietnamienne selon leur origine. Au Laos, il n’existe qu’une seule chaîne lao qui est gouvernementale, qui n’a pas de moyens et qui est tenue par le gouvernement.

Au niveau santé, il y a du boulot…leur matériel en dehors de la capitale est obsolète et s’il m’arrivait quoique ce soit là-bas, je demanderai à être transférée en Thaïlande ou au Vietnam. Je ne veux surtout pas être opérée là, j’ai bien vu le niveau de connaissance des médecins…peut-être que les chirurgiens sont meilleurs mais je ne veux pas tester ! Il faut que je trouve un moyen de faire traduire mes diplômes et d’obtenir l’autorisation de travailler, je suis loin d’avoir fini d’échanger nos pratiques de soins avec Choun 😉

En tous cas, j’ai vraiment de bons amis là-bas. Pour notre dernier jour, Phonesavanh et Konthong, son mari, nous ont emmené en balade à la cascade qu’on avait déjà faite avec Paul ( l’inconvénient de ne pas parfaitement se comprendre faute de maîtrise de l’anglais pour Phonesavanh et du laotien pour moi !). Mais ce n’est pas grave, on a passé un bon moment. Paul a pu voir leur maison, elle est loin d’être finie, parce que leur budget est très serré bien qu’il soient tous les deux profs. Ils ont un crédit sur leur voiture qui correspond quasiment à un de leurs salaires et l’école des enfants ( celle où ils travaillent tous les deux est payante, et chère, pour ceux qui ne sont pas orphelins…).

Le jardin de Konthong
La cuisine, mais les gens cuisinent peu, uniquement s’ils reçoivent, sinon, ils achètent dans la rue des plats tout prêts

Devant leur maison

Le soir, on les a invités dans un restaurant que j’aime bien, sur le toit d’un hôtel, les enfants n’avaient jamais pris un ascenseur et les parents n’avaient jamais été dans un resto si « chic », pourtant modeste je vous assure, mais avec une vue incroyable sur la ville. C’était un bonheur de partager ce moment avec eux une fois passée la gêne pour eux,  d’être les seuls asiatiques, à part les serveurs, de tout le resto 😉

Le lendemain, ils nous ont emmenés jusqu’à la frontière, qu’ils ont même franchie avec nous, ils ont négocié avec un taxi qui nous emmènera jusqu’à l’aéroport, vraiment, ce sont des gens adorables.

Les dernières vaches qu’on verra sur la route, il n’y en pas en Thaïlande…
J’adore leur voiture, très pratique pour les bagages

Pas de doute, on arrive en Thaïlande, c’est kitch…ils adorent, et en fait, moi aussi 😉

Magnifiques chaussettes de contention, je sais…

Dernier au-revoir, ils vont me manquer…

Notre avion, Nok Air company

Arrivée à Chiang Mai, notre guesthouse pour cette nuit

Vendredi

Grosse journée de route, environ 120 kms avec quelques haltes en chemin…

On s’arrête là, je ne sais pas pourquoi, en tous cas, joli temple et belle « cabane » sur la place du marché…

Le vieux temple

Sur cette photo, j’aime l’anachronisme…

Petite halte pour déjeuner à l’exploitation de fraises du pays tenue par un Japonais, Yamamoto, ça ne s’invente pas…À Paksong, il fait plutôt frais, presque comme en Normandie, la plupart des légumes et des fruits de la moitié sud du pays viennent de ce plateau qui culmine à 1300 m. Et puisque c’est comme chez nous, on s’est pris une belle averse…

Mine de rien, on est bloqué plus d’une heure après le repas, on va donc être obligé d’écourter nos visites. On ne fera qu’une cascade au lieu de deux, on doit vraiment arriver à Pakse avant la nuit.

Ça ne m’empêche pas de m’arrêter en route faire quelques photos…

Nos belles motos
Vous remarquerez que Paul a mis son gros sweat-shirt, moi, j’avais l’anorak 😉

Parce qu’elles étaient mignonnes 😉
Un chargement de choux
C’est relativement vert par rapport au reste du sud du pays
Une maman va faire ses courses…
Papaye verte pour les salades du même nom, en général carrément pimentéeS voire immangeables pour un occidental 😉

Puis il fait de nouveau chaud, on redescend au niveau de la mer, ou plutôt du Mekong, alors cette cascade est la bienvenue, même s’il commence à se faire tard.

Jeudi

Attention, c’est long…

Le matin, balade autour de Tad Lo

Lavage de moto à pas cher

Découverte de la cascade

Jour de lessive
À droite notre guesthouse, mais nous, on dormait derrière 😉
Le pont avant l’arrivée, pas une planche à la même hauteur, un peu sport en moto

Cette fois, ce n’est pas la lessive, ce sont des gens qui se lavent, je les ai pris de loin exprès

Là, c’est la pause de midi, il y avait pas mal d’enfants (même si on n’en voit que deux) qui viennent se baigner avant la reprise des cours, il y a pire comme cour de récré

C’est haut quand même…

La rivière, 200 m en amont de la chute, l’eau est bonne mais pas facile de nager dans 50 cm d’eau 😉

Et les éléphants…

Face
Profil
Même pas peur…

L’après-midi, visite chez Captain Hook, dans un village hors du temps ou presque Kok Phoung Taï., un peu Amish. On a de la chance, il n’y a avec nous qu’un jeune couple de français et un anglais.

Ils cultivent et vendent leur café, contre de l’argent depuis 17 ans. L’électricité est arrivée au village en 2009, la télé en 2012, les mobylettes commencent à arriver…

Captain Hook

Je pique en partie le texte de cette rencontre à « Guillaume-est-ailleurs.com », trop la flemme et il raconte bien, je mettrais son texte entre guillemets et le mien sans et les photos sont de moi 😉

 » Tout le village est animiste, c’est à dire que ses habitants croient en une force vitale qui habite chaque être vivant, chaque objet ainsi que les éléments naturels (tels que l’eau, l’air…).Ces âmes ou ces esprits mystiques, manifestations de défunts ou de divinités animales, peuvent agir sur le monde, de manière bénéfique… ou non. Il convient donc de leur vouer un culte. Ainsi défini, comme « croyance à l’âme et à une vie future et, corrélativement, croyance à des divinités directrices et des esprits subordonnés ».Captain Hook nous explique que dans son village, chaque décision doit être prise en présence du gourou ou du chaman qui invoquent les esprits les soirs de pleine lune pour en tirer une réponse.Ils ont même une forêt où vivent les esprits, et dans laquelle personne n’a le droit de pénétrer. »

« Dans le village de Captain Hook, les hommes peuvent avoir autant de femmes qu’ils le souhaitent. La première est choisie par leurs parents, Ils peuvent choisir les suivantes. Plus un homme a de femmes, moins il a besoin de travailler puisque ce sont essentiellement les femmes qui travaillent, en revanche, il doit se coltiner toutes SES belles familles dans sa maison ce qui fait passer la série « Sept à la maison » pour une famille de rigolos ! La plus grande famille du village compte 80 membres, qui vivent dans une maison qui, malgré les ajouts de pièces, n’est finalement pas si grande que ça ! Les femmes, que dis-je, les petites filles, peuvent se marier dès l’âge de 8 ans. Un homme du village, qui a 20 ans, est d’ailleurs marié avec une petite de 8 ans… Malgré tout, il reste un peu de séduction dans ce monde qui semble si loin du nôtre. Captain Hook nous emmène dans la forêt et coupe une feuille d’un arbre qu’ils appellent « le romantique ». Il la positionne entre ses mains et en soufflant dedans crée un son qui est en réalité une alerte destinée à la fille que l’homme veut séduire. Il nous explique qu’ainsi, depuis la forêt, le jeune homme peut prévenir sa dulcinée de sa venue sans que son père sache qui est l’homme derrière cet appel. Malynx le lynx ! »

« Lorsqu’une femme enceinte arrive au terme de sa grossesse, elle doit se rendre dans le cimetière dans la forêt pour y accoucher. Ainsi, si les morts doivent être enterrés à l’extérieur du village pour ne pas que leurs esprits hantent les maisons, il faut croire que la femme enceinte n’est pas considérée comme des masses plus bienveillante que ces derniers ! Quelques jours après l’accouchement elle est en droit de revenir au village. Là encore, le rituel lui demande de traverser une sorte de mur de feu pour se purifier  et elle doit rencontrer le gourou qui organise une cérémonie lors de laquelle il demande à la mère si elle estime que son bébé est bon ou mauvais. Si selon elle c’est un « mauvais bébé », alors celui-ci sera abandonné en dehors du village. Après ça, lors de chaque pleine lune, les parents du bébé devront raconter leurs rêves au gourou. Tant qu’il estimera que le rêve de la nuit n’est pas bon, le bébé n’aura pas de nom. Ce qui fait qu’un enfant peut passer plusieurs années sans avoir de prénom… Le jour où le rêve raconté plaira au gourou, il le retranscrira sous forme d’un prénom qui sera alors celui de l’enfant. »

 » Ici, personne ne va chez le médecin. La médecine est uniquement pratiquée avec les plantes ou les insectes trouvés aux alentours du village. Vers, vomissements, brûlures, diarrhée… à chaque maux sa solution. Les fourmis rouges servent même de déodorant ! Captain Hook nous montre quelques plantes et nous explique leurs propriétés. » Moi, j’ai trouvé ça hyper passionnant, même si c’est flippant de se dire qu’en cas d’échec des plantes ou des insectes, après l’intervention du gourou puis du champagne, si rien n’y a fait, c’est la mort. Personne ne prend de médicaments ( sauf lui et sa famille, mais en cachette) et personne ne va à l’hôpital…

Différentes racines, contre les maux de ventre, de tête, de dos…

Le truc noir sur l’arbre, de la sève, contre les piqûres en tous genres

On a mangé une fourmi Paul et moi, il avait enlevé la tête. C’est bon, c’est citronné

« Le gourou et le chaman du village (chacun a un rôle bien précis) pratiquent deux sortes de magie : la blanche, pour attirer le bien ; et la noire, pour jeter le mal sur quelqu’un. Mr Hook ayant d’après ce que j’ai compris, fait l’objet d’un sort de magie noire, il n’a pas trop trop trainé sur la question. » Ils sont payés,et cher, pour chaque intervention, maladie, baptême, mariage, décès, décision à prendre…tout est payé en nature, poulets, cochons, vaches ou buffles selon l’importance de la demande.

À nous, il a expliqué que c’était parce qu’il était parti du village, qu’il n’avait pris qu’une femme et qu’il avait introduit des touristes dans le village (mais il a bien compris l’enjeu économique qu’il y avait à le faire et il veut que la jeune génération aille à l’école et parle anglais en plus du lao).

Voilà une partie de l’histoire :

« Dans son village, la majorité des habitants ne savent ni lire ni écrire, ni même parler Lao. Ils communiquent avec le dialecte propre à leur village. Captain Hook, de son vrai nom Mr Hook (ça reste classe), lui, parle un très bon anglais, avec un vocabulaire très riche. Il nous explique qu’à huit ans environ (il est difficile pour lui de dater les événements de sa vie car il ne connait pas sa date de naissance et donc son âge, à trois ans près), ses parents lui ont choisi, comme c’est la coutume, une femme pour se marier, mais il a refusé, préférant aller à l’école. À 13 ans, rebelote, nouvelle femme, nouveau refus, et Mr Hook part étudier dans le village de sa maîtresse d’école puis à Bangkok jusqu’à l’âge de 21 ans où il retourne dans son village natal. Ses parents lui soumettent alors un ultimatum : soit il doit se marier avec la femme qu’ils auront une troisième fois choisie soit il sera banni du village (simple et efficace). Mr Hook a cédé. Pour être tout a fait juste, sachant que s’il décidait de refuser, sa famille aurait été bannie avec lui après avoir reçu un sort de malheur sur eux et les générations futures, Captain Hook a capitulé sous la pression du village et de ses parents, fervents animistes, qui auraient été anéantis par une telle décision. Mais l’histoire ne s’arrête pas là ! Car si les règles du village sont très strictes, il y en a une (autre) dont Captain Hook a fait les frais : la virginité des deux mariés avant la première union. Même si l’on dit que ce qui se passe à Bangkok reste à Bangkok, on ne ment pas si facilement aux esprits et au gourou ! Hook eu beau nier,  il fut convoqué avec son père par le gourou. Ce dernier prépara une mixture mélangeant du sang de poulet fraîchement égorgé avec de l’eau sale, et ordonna au jeune homme de boire cette potion. S’il était coupable, il mourrait dans trois jours, sinon, tout irait « bien ». Prenant peur, le père de Hook a décidé de payer la survie de son fils en offrant aux membres du villages plusieurs cochons, poulets et autres animaux. Malgré ça et depuis le décès de son papa (dont il a été tenu pour responsable, à cause des mauvais esprits pesant sur lui…), Mr Hook n’a plus le droit d’aller visiter les maisons des autres membres du villages, ni d’en sortir seul…

Désormais, il habite dans sa maison avec sa femme  (il n’est pas polygame) et son enfant, qu’il a appelé Pan (comme Peter Pan) sans passer par le gourou ! »

La vache en paiement du mariage qui aura lieu le lendemain de notre visite

Ils fument tous ça y compris les enfants, on n’a jamais réussi à savoir s’il n’y avait que du tabac…

Il nous a expliqué l’histoire du café dans le monde, comment il avait été introduit au Laos et comment les Vietnamiens en ont fait commerce ici très rapidement. C’était incroyable de l’écouter parler, de pouvoir poser toutes les questions qui nous sont venues à l’esprit et auxquelles il a su répondre sans hésiter, le tout dans un anglais parfait.

Sur l’arbre, presque mûrs

Du premier grain à celui qui sera moulu pour la consommation

Le café est filtré dans un bambou et on le boit dans des tasses en bambou

C’était une bonne journée 🙂

Mercredi

Départ pour trois jours de moto sur le plateau des Bolovens. Au programme cascades, villages typiques, plantations de thé et café et même de fraises, et un peu de fraîcheur, le plateau culmine à 1000 m.

Peu de texte cette fois, il y aura des commentaires sur les photos 😉

Dernier lever de soleil sur le Mekong, c’est couvert ce matin 😦

Notre programme de la journée

premier tronçon, d’énormes poids lourds sur les 40 premiers kms

La traversée fantastique

Mon modèle préféré 😉

La cascade de Passuam, déjà faite avec Philippe et Marie il y a 3 ans et toute seule l’année dernière mais je ne m’en lasse pas et on peut s’y baigner. L’équipe de l’association « la Toupie » rencontrée tout à fait par hasard alors que je devais les contacter pour qu’on se voit ! Discussion très intéressante sur le bénévolat au Laos avec le président, marié à une laotienne.

Deuxième tronçon , arrêt pour boire café chez un caféier.

Troisième tronçon, enfin arrivés, un peu avant la nuit, ce qui nous a laissé le temps de chercher une guesthouse pour les deux nuits.

Notre chambre à Tad Lo, vue l’heure tardive, on n’a pas fait les difficiles…

Mardi à Champassak

Mardi 19

Levés de bonne heure pour la cérémonie des offrandes. On aurait pu aller la voir à Wat Phou, il paraît que c’est incroyable de voir ces milliers de fidèles donner leurs offrandes aux quelques 300 moines venus de tout le Laos et même de Thaïlande pour certains, mais là, il aurait fallu partir à 6h ! Notre cérémonie (à 7h) est plus modeste mais ne manque pas de charme, et je suis surprise qu’on ait le droit de faire des offrandes alors qu’on n’est pas boudhiste, mais ça n’a pas l’air d’être un problème.

Les moines ont des serviteurs qui les suivent avec de grands sacs plastiques dans lesquelles ils mettent des offrandes en vrac, y compris le riz gluant, mais pas les billets quand même ! Les offrandes sont variées, en fonction des moyens des gens. Il faut au moins donner du riz et un petit billet. Le reste est laissé libre et aujourd’hui, les gens donnent plus parce que c’est la fête, friandises, fruits, objets…D’habitude, ils ne recueillent que de la nourriture auprès de la population.

Entourés de Nivalanh et Claude
Tous ces gens sont une bonne partie de leur famille, neveux et nièces, oncles et tantes…
Les moines et leurs serviteurs

La cérémonie finie, on éteint les bougies

La ville de Champassak est divisée en quartiers, chaque a son temple et ses moines. D’après ce que j’ai pu comprendre, il y a une espèce de lutte de pouvoir entre les différents quartiers pour être bien vus du maire ou du gouverneur, je ne sais pas trop. Nivalanh parle bien français mais des fois, j’ai vraiment du mal à la suivre, elle a un sacré accent et Claude l’interrompt souvent pour rajouter quelque chose, du coup, c’est confus. A ce que j’ai cru comprendre, la famille de Nilavanh avait une grande renommée et beaucoup de terre jusqu’en 1975, date à laquelle les communistes du Cambodge et du Vietnam,prenant le pouvoir dans leurs pays respectifs, seront imités par certains au Laos, instaurant la République Démocratique Populaire Lao. Plus de 40000 laotiens seront envoyés dans des camps et 8% de la population va fuir, dont Nilavanh et sa famille qui viendront se réfugier en France. Ils reviendront pour certains dans les années 2000, mais ont été spoliés de la plupart de leur terres et de leurs habitations. La mère de Nilavanh a quand même pu récupérer certains biens et elle est « gourou » (à priori, ça n’a pas le même sens que chez nous, ce n’est pas péjoratif du tout), d’où une certaine « renommée » dans la ville de cette famille.

Au programme aujourd’hui, hôpital et école puis sieste pour Paul pendant que je fais une petite lessive (je vous rassure, c’est exceptionnel, je la fais faire la plupart du temps), avant d’aller au Wat Phou voir la soirée de clôture du festival.

On part donc à Dontalat, je suis contente de montrer à Paul la route que j’ai empruntée ces 15 derniers jours et les endroits où j’ai travaillé, il devient très vite doué pour éviter les vaches, les chiens, les mini-tracteurs…

À l’hôpital, c’est le désert… Pas un médecin, quelques infirmières, quelques patients hospitalisés, mais personne dans le hall d’attente. Je demande où est Choun à une infirmière qui me fait comprendre qu’il n’est pas là, que c’est Wat Phou. J’en conclus que pendant ces trois jours de festival, personne n’est malade… On laisse toutes les orthèses à l’infirmière à qui j’arrive à faire comprendre que je compte sur elle pour les donner à Choun (lequel m’enverra un message le lendemain pour me remercier).

Puis direction l’école où c’est la même déception, personne, c’est Wat Phou ! On donne les affaires de bébé que Paul m’avait amenées à des familles voisines de l’école qui ont des petits enfants. Je savais que Sophavanh leur avait offertes celles que je lui avais amenées.

De retour à la guesthouse, on s’installe, Paul découvre ma résidence secondaire, trouve que c’est paisible (même si c’est plus animé que d’habitude à cause des trois jours de fête).

J’aime beaucoup leurs abat-jours, qui servent normalement à enfermer leurs coqs

En fin d’après-midi, nous nous rendons sur le site de Wat Phou pour la cérémonie des lumières qui a lieu vers 19 heures, en arrivant plus tôt, ça nous laisse le temps de nous imprégner des lieux, mais pas de monter tout en haut de la colline pour voir le Bouddha.

Image piquée sur internet, pas à cette saison, c’est trop vert 😉
L’allée où aura lieu la procession

Il paraît que c’est leur Woodstock…c’est déroutant ce mélange de religion et de foire à tout. Heureusement qu’on nous a prévenu que ce serait sale… C’est quand même un choc quand on découvre l’état du site après trois jours de festival.

Normalement, c’est un beau point d’eau…
Les vaches aiment fouiller au milieu des sacs poubelles

Il n’y a pas grand-monde encore, c’est le break avant la soirée. Il y a 1 km de marchands ambulants, bouffe, fringues, chaussures, jouets, téléphones…et au bout de cette allée, deux stands de moines, on a l’impression qu’ils recrutent, comme sur les stands de l’armée au salon de l’étudiant 😉

Les photos ne sont pas de bonne qualité 😦

droite de moi, une bonze, en blanc

Le site est divisé en deux, une partie à l’entrée pour les païens et plus loin vers le temple pour les fidèles. De ce côté, il y a des femmes moines sur les deux côtés de l’allée, elles sont en blanc et proposent des bracelets assortis de prières moyennant un petit billet. Après avoir marché un peu, nous nous risquons à goûter la nourriture locale, demi poulet sur sa broche, sticky rice et salade de papaye verte. Ce n’est pas mauvais mais très épicé.

On achète des lanternes pour participer avec tout le monde et on déambule un peu au milieu des gens qui commencent à affluer. Il y a tout d’abord une longue procession, des moines sont suivis par la foule, chacun a une torche, une bougie, c’est très joli. Petit à petit, des lanternes s’élèvent dans le ciel, nous faisons partir les nôtres qui s’envolent haut et longtemps. On a chassé nos mauvais esprits et envoyé nos prières au ciel.

Les moines, au milieu de l’image, en orange, commencent la procession

Il faut faire le plein d’air

Voilà ce que ça donne une fois prêt

Toute l’allée est éclairée en couleur, on ne voit pas bien mais c’était joli 😉
Les lanternes dans la nuit, ça dure longtemps, au moins trois heures pendant lesquelles des lanternes s’envolent à tour de rôle

À la fin de la prière qui a duré 30 minutes (pendant lesquelles toutes les musiques se sont arrêtées), place à la fête, il y a un bar à bière avec un DJ, un groupe de chanteurs juste en face puis un autre plus loin encore, je ne sais pas comment ils arrivent à jouer, tous les sons se mélangent, c’est très fort.

Nous finissons la soirée sur une esplanade avec une scène qui rappelle celle de Beauregard (en plus petit), la foule est assez dense, on se met au fond, en retrait, pour pouvoir tout voir. Autour de nous, certains sont venus jusque-là en scooter et sont assis dessus pour profiter pleinement du spectacle, c’est la version du « drive-in » à la laotienne dixit Paul. C’est très familial aussi.

Lever de la pleine lune qui se reflète sur le lac, je vous jure, c’était beau 😉
Essayez d’imaginer une scène très lumineuse avec un chanteur au milieu…

Il y a une première partie avec un duo de chanteurs, on ne comprend pas les paroles de leurs chansons mais aux gestes, très suggestifs, ça parle de sexe, ce qui est étonnant quand on sait qu’ils sont très pudiques, qu’ils ne se touchent jamais en public, et pas vraiment en privé non plus. Après eux, le chanteur vedette est un thaïlandais très célèbre à en croire l’enthousiasme qu’il déclenche à son arrivée. Ses chansons sont plutôt sympas. Les laotiens n’applaudissent pas, mais pas du tout, au mieux, ils bougent leurs bras en l’air ! C’est bizarre pour nous mais ils ont l’air de s’éclater et le chanteur enchaîne ses chansons après un petit blanc entre chaque. On passe une bonne soirée et on rentre sans encombre, sans vache sur la route (elles dorment) et avant la plupart des gens, comme recommandé par le proprio de la guesthouse, pour éviter les gens bourrés, vu comme ils conduisent quand ils sont sobres, je n’ose pas imaginer après quelques bières ou leur whisky local…

Lundi

C’est enfin la journée où je récupère Paul 🙂

Départ de Savannakhet

Tout s’enchaîne super bien, mon avion est à l’heure, ma valise sort dans les premières, je négocie un taxi rapidement pour aller déposer mes sacs chez le loueur de moto, Miss Noy et Yves. Celui-ci me conseille sur le meilleur moyen de rallier la frontière. Je file donc en tuktuk jusqu’au marché où je suis interpellée par un gars qui me demande où je vais. Aux mots Chong Mek, il me dirige vers un minivan qui, j’espère ne fera pas comme celui d’hier. Dans les 10 minutes, le van est rempli de femmes, dont une qui engage tout de suite la conversation avec moi en anglais. En 45 minutes de trajet, elle me raconte sa vie, son espoir d’obtenir un visa de deux ans pour l’Angleterre où elle veut rejoindre son boyfriend qui travaille, un européen à ce que je crois comprendre. Elle ne compte pas travailler là-bas mais s’occuper de lui, tenir la maison et perfectionner son anglais. Elle veut échapper à sa famille elle admire le fait qu’on ne vive pas tous ensemble , toute génération confondue en Europe. Elle me donne un cours de laotien, j’apprends beaucoup avec elle, c’est vrai que, dès que je peux, je demande à mes interlocuteurs laotiens de me traduire, de me faire prononcer des phrases, de m’expliquer leur langue.

Le voyage passe très vite et à 10h30 tapantes, je suis devant les bureaux de l’immigration, incroyable ! Mais pas de Paul, je m’y attendais un peu, je commence à savoir qu’ici, il faut savoir attendre. Je lui avais expliqué comment venir de Ubon-centre jusqu’à la frontière située à une centaine de km, trouver un bus, mais qu’il n’y aurait pas d’horaires ici ou approximativement, et espérer qu’il ne s’arrête pas trop en chemin…mauvaise pioche, il était dans un bus qui a mis 2h30 pour faire le trajet…

Il arrive à midi, avec la grosse valise que j’avais remplie d’orthèses et de vêtements pour les laotiens. Assez rapidement, il est débarrassé des formalités d’immigration et moyennant 30$ et une photo d’identité, il récupère son visa d’un mois. Pour retourner sur Pakse, on prend un taxi, c’est plus cher mais je n’ai pas envie de partager Paul avec une dizaine de personnes qui vont nous dévisager et nous parler.

Chez Miss Noy, deux motos nous attendent. J’avais pensé à acheter des tendeurs, nous voici chargés comme de vrais laotiens, et prêts à rouler jusqu’à Champassak. Le temps de chercher une station-service et un distributeur, Paul est complètement au fait de la conduite dans le pays et de son absence totale de code de la route. Pour couronner le tout, il est 16 heures et c’est la sortie de l’école donc scooter, vélo, voiture, tout ça mélangé dans un joyeux bazar. Heureusement qu’il a son permis moto ça me rassure sur sa capacité à se débrouiller.

Un bus pour une sortie scolaire 😉

Sur la route, qui d’habitude est déserte, il y a un flot incessant de véhicules en tout genre. J’avais oublié Le festival de Wat Phou, sorte de grand rassemblement à la fois religieux et païen qui a lieu pendant trois jours au moment de la troisième pleine lune après le premier jour de l’année laotienne. Malgré ça, nous arrivons sans encombre à la guesthouse où nous ne faisons que déposer les sacs parce que nous dormons chez Claude et Nilavanh.

Dimanche

Dimanche

Levée aux aurores, il paraît que le lever de soleil sur le lac est à voir alors je suis sur le pont ( au sens propre comme au figuré) pour assister à ça. Manque de bol, le ciel est couvert et ça ne se lèvera pas de la journée, tant pis, ça ne m’empêchera pas de me balader, les photos seront juste moins lumineuses. Je suis bien contente d’avoir pris ma polaire et mon anorak (tout léger, pas un truc pour le ski !) comme conseillé dans les guides, il fait très frisquet (15°) tant que je suis dans les montagnes (même si ce n’est pas si haut, dans les 500 m environ).

Le lac artificiel crée par le barrage

C’est un peu bizarre tous ces arbres morts, univers Tim Burton…

102 kms, 1h40, mdr, plutôt 4h30 mais je m’arrête faire des photos ou simplement admirer le paysage, et 1h de pause pour déjeuner, tranquille
Si seulement il y avait eu ce genre de panneau où Stéphane est tombé, peut-être qu’il aurait été vigilant…
Ancien poste frontière avec le Vietnam, distant de 50 km environ

J’avance, j’avance…

« The » industry of Laos…
D’où les camions, en plus d’être la route entre la Thaïlande et le Vietnam

Ça, c’est la maison typique 🙂
Une rivière, visiblement le lieu de rdv des riches laotiens du coins

Porcelet à la mode laotienne 😉
Heureusement, je me suis trouvée un coin tranquille que j’ai partagé avec un pêcheur laotien
Je n’ai pas osé me baigner seule 😦

Chèvres aujourd’hui, mais pas que..c’était journée cochons, je n’ai pas d’image, que des films…

Arrivée sans incident, mais non sans deux-trois frayeurs avec des poids lourds. C’est l’horreur cette route, les camions, thaïlandais ou vietnamiens conduisent comme des tarés.

À Thakhek, je passe par la gare routière pour connaître les horaires de bus pour Savannakhet, le guichetier me dit qu’il y en a toutes les heures, le suivant à 17h30. Parfait, j’ai largement le temps d’aller rendre la moto et de revenir à la gare routière. Le loueur de moto demande à sa femme de m’y emmener mais je comprends, à sa tête surtout, qu’elle n’en a pas envie, je me résigne à prendre un tuktuk, qui bien sûr m’emmène à la mauvaise gare routière (il y en a deux). C’est celle où je suis arrivée avec le mini van et je n’avais aucune envie de reprendre ça et de passer deux heures et demi serrée comme une sardine, même s’il y a un départ à 17h. Je reprends donc un autre tuktuk. À la gare routière, la guichetière m’explique qu’il n’y a plus de bus pour Savannakhet, que le dernier partait à 15h30 😦 Après d’âpres discussions, elle finit par me dire qu’il y a un bus à 17h30 pour Seno situé à 18 kms et qu’il y aura une gare routière avec un bus pour Savannakhet là-bas. Me voilà donc partie, dans un bus sans âge, sans trop de freins, sous un début de pluie. Je suis la seule étrangère, les gens ont l’air de faire confiance au chauffeur et à son bus, ou ils sont résignés, alors moi aussi…

Petit à petit, la pluie s’intensifie, il fait nuit noire et notre chauffeur double des poids-lourds malgré une visibilité limitée et des trous dans la route, plus que régulièrement. Les 18 kms sont passés (merci maps.me qui me permet de suivre en temps réel le trajet) quand finalement je comprends que la guichetière a voulu dire 80 kms, eighteen ou eighty, ils le prononcent pareil ici, et j’imagine que ça tombait sous le sens pour elle que je savais où était Seno ! Du coup, je somnole, il vaut mieux fermer les yeux et espérer que ça ira. La pluie redouble et on est sous un monumental orage, ça fait bientôt 3 heures qu’on roule…finalement, le chauffeur annonce Seno, mais je ne vois pas de gare, il tombe des trombes d’eau. Je lui demande de me dire où je peux trouver un bus pour Savannakhet, il crie un truc en laotien à la cantonade, il se passe bien 5 minutes pendant lesquelles il répète son message, et tous les passagers attendent patiemment que je descende du bus… Je ne veux pas descendre tant que je n’ai pas de réponse. Un homme se présente, m’emmène à son mini van, je suis trempée, fatiguée, mais heureuse de me mettre au sec. Il reste 25 km, une heure max j’espère. Il me demande l’équivalent de 2€ pour le trajet, il m’en aurait demandé 50 que j’aurais été prête à les lui donner tellement j’avais hâte d’arriver ! Mais il n’était pas dit que ça serait aussi simple…On est au Laos, pays de la patience et où la notion de temps n’est pas importante. Après avoir tenté de remplir son mini van du double de sa capacité et voyant que ça ne le ferait pas, il fait redescendre tout le monde pour nous mettre dans une « bétaillère ». Je me retrouve tout au bord, dès qu’on démarre, je me prends la pluie et les gaz d’échappement et j’ai peur d’être éjectée sur une accélération quand il double…je trouve une corde et me fait une ceinture de fortune que j’attache aux montants de la camionnette, le laotien en face de moi se tient comme il peut et se fait tremper autant que moi. Pour la deuxième fois de la journée, je suis vraiment contente d’avoir emmené ma polaire et mon anorak. Heureusement, il roule plutôt vite, même si c’est flippant, on gagne la ville en une demi-heure et dès les faubourgs, on s’arrête pour faire descendre des gens, je peux m’éloigner du bord 😉 Il ne pleut presque plus quand on arrive à la gare routière. Il n’y a qu’un seul tuktuk, qui ne parle pas anglais, et je n’ai pas d’adresse à lui donner, je n’ai rien réservé. J’ai juste oublié qu’il ferait nuit, que c’était dimanche, bref ville fantôme. Je cherche un hôtel vite fait sur mapsme, lui demande de m’emmener à l’hôtel Mekong, il a l’air septique mais accepte après qu’on se soit mis d’accord sur le prix (il faut négocier tout le temps, ils profitent du fait qu’on soit étranger mais c’est la même chose partout dans le monde !). Ça a l’air d’avoir été apocalyptique l’orage ici, il y a des branches d’arbres au milieu de la route le long du Mekong, des flaques grandes comme des mares, le tuktuk tente d’éviter les obstacles au maximum mais on s’en prend quand même quelques uns. Il me laisse devant l’hôtel et reprend sa route. L’hôtel est carrément glauque, genre Motel Bates dans le film d’Hitchkok, je demande à voir une chambre, dès l’entrée, il y a une odeur désagréable et des morceaux du plafond par terre, pas de bestioles à l’horizon mais je suis sûre qu’elles sont plaquées sous le lit voire dedans. Je demande le prix par acquis de conscience mais même pour 9€, je ne suis pas prête à dormir là, pas confiance. Je me retrouve donc dans la rue avec mes deux sacs, cherchant par où aller, maps.me m’indique une guesthouse à 500 m, je m’y dirige, il n’y a personne dans les rues, il n’est pas loin de 22h avec tout ça, ça fait ville fantôme…

La guesthouse est fermée et une autre qui n’était pas loin aussi. Je finis par tomber sur un resto ouvert, avec deux tables occupées par deux familles. Une des personnes parle anglais, très bien d’ailleurs. Je lui explique mon problème et elle m’accompagne en voiture jusqu’à un hôtel moins miteux que le précédent et va même jusqu’à s’assurer qu’ils ont des chambres et que ça me convient. C’est adorable de sa part, c’est une Thaïlandaise en we ici, il y en a beaucoup sur les villes-frontière qui traversent pour passer un we à pas cher, il y en avait pas mal à Thakhek aussi 😉 La chambre est correcte, ça va être parfait pour une courte nuit, je dois me réveiller à 5h30 demain pour aller prendre mon avion de retour à Paksé.