
Le père Alain m’accueille chaleureusement. Il me présente le centre, il y a une petite église, un presbytère et des bâtiments qui abritent un internat pour une petite cinquantaine d’adolescents filles et garçons, issus des villages Karen des montagnes aux alentours, scolarisés dans une école privée à une demi-heure du centre, grâce à leur parrainage individuel avec l’association Enfants du Mékong.






Il me montre ma chambre, elle est simple mais j’ai ma propre salle de bain 😃.



La vie du père, des ados, des deux religieuses, des deux éducateurs, du diacre et d’un jeune volontaire français est rythmée par la cloche. Celle-ci sonne à 5h30 pour le réveil (certains sont réveillés à 4h30 pour préparer le petit déjeuner, c’est à tour de rôle), à 6h00 c’est la prière, à 7h c’est le petit déjeuner, chacun est servi mais ils débarrassent et lavent leur assiette. Ils se préparent eux-même leur gamelle du midi qu’ils mangeront à l’école.



A 7h45, ils sont tous en uniforme et c’est le départ pour l’école, il y a deux ou trois véhicules qui les emmènent. Les frais de scolarité, les fournitures scolaires et les vêtements sont payés par leur parrain/marraine de l’association.

Ils rentent de l’école vers 16h, 16h30, font leurs devoirs, jouent, se douchent.

La cloche reprend son travail, 18h00 prière, 19h00 dîner puis temps libre ou catéchisme, 20h30 tout le monde dans les dortoirs, extinctions des feux à 21h30 au plus tard.
Le dimanche de mon arrivée correspond au premier jour où tous les élèves sont de nouveau présents sur site. En effet, depuis plusieurs mois, le collège était fermé à cause des mesures contre le Covid, tous les enfants avaient dû rentrer dans leur village. Mi-janvier, une moitié des élèves avait pu revenir parce que le collège avait ouvert en demi-jauge et là, enfin, la réouverture est totale. C’est un peu l’effervescence ! La remise au travail scolaire va être compliquée après ces quelques mois d’arrêt et leurs grandes vacances sont dans 3 semaines…autant dire que leur année scolaire est fichue
En plus du centre de Ban Tha Song Yang, le père Alain gère un autre centre et une quinzaine de paroisses catholiques Karen dans un rayon d’une cinquantaine de kilomètres dans les montagnes.
Après cette visite, le père Alain me propose de rejoindre ses invités pour partager un café. Il s’agit de cinq Français qui vont passer la nuit ici aussi. C’est un plaisir de voir des gens sans masque (personne ne le porte dans le centre) et de parler français 😉. Deux sont des gens de passage, les trois autres, Bruno, Francis et Nicole sont des amis de très longue date du père Alain. Ils se connaissent quasiment depuis qu’il est arrivé en Thaïlande.
Dans l’après-midi je me promène et descend jusqu’au fleuve Moei, situé pas loin du centre. Il fait la séparation entre la Thaïlande et le Myanmar (ex Birmanie). Les Karen vivent de part et d’autre du fleuve, 90% des Karens sont du côté Myanmar mais ils sont de plus en plus nombreux à franchir la frontière pour échapper à la guerre qui a débuté il y a quelques temps maintenant. On ne dirait pas qu’il y a un conflit à peu de distance, c’est très beau et très paisible. Je regarde passer les bateaux, je me trempe juste les jambes, parce que le père Alain m’a prévenue qu’il y a des courants dangereux, c’est dommage, l’eau est bonne.







Je reviens à temps pour la messe de 18h. C’est une très belle cérémonie, les ados sont habillés en costumes traditionnels, les filles d’un côté, les garçons de l’autre et il y a beaucoup de moments où tout le monde chante accompagné par deux adolescents guitaristes . Je ne comprends rien du tout parce que le père Alain dit la messe en Karen…même s’il l’avait dite en thaï, je n’aurai rien compris 😂.







Une médecin italienne Elisabetta, nous a rejoints pour la messe et reste dîner avec nous. Après le dîner, les ados nous font un petit spectacle pour fêter la reprise de l’école. Ils nous offrent également des sacs Karen 😃.






Nous passons une soirée agréable à parler de ce que le père Alain a accompli ici, aidé notamment par Bruno, Francis et Nicole qui sont présents depuis dix-sept ans. Ces derniers ont pris l’habitude de venir passer quelques mois en Thaïlande, dans cette région un peu isolée du reste du pays. Au début, ils ne passaient qu’un mois ou deux puis, depuis leur retraite, ils y passent plusieurs mois. Il y a toujours beaucoup de choses à faire, surveiller la construction de nouveaux bâtiments et réaliser l’entretien de ceux-ci. Francis, en tant qu’ancien mécano et passionné de bricolage est d’un grand secours pour le père Alain, il est secondé très efficacement par sa femme Nicole. Bruno est plus « administratif » mais il y a besoin d’aide sur ce plan-là aussi, le père Alain ne peut pas tout faire seul !
Pendant la soirée, j’explique mon travail et comment je pense pouvoir aider un peu, nous organisons alors mon séjour. Dès demain et pour la semaine, je vais aller avec Elisabetta dans les villages Karen où elle officie et je pourrai proposer mes soins chiro. Je suis ravie de pouvoir aider et je sens que ça va être très instructif.
Je vais me coucher de bonne heure, je ressens des frissons, un début de courbatures, la fatigue du voyage sûrement… Je m’endors vite mais suis réveillée deux heures plus tard, je grelotte, j’ai mal à la tête et mal partout. Je prends ma température, j’ai 39,5°. Je ne vais pas aller dans les villages demain 😩.
Je passe la journée du lundi au lit à « comater », je n’ai même pas trop la force de bouquiner. Je me soigne à coup de paracétamol, de vitamine C et d’huiles essentielles. Le soir, je n’ai plus de fièvre. Je dis au père Alain que ce sera bon pour rejoindre Elisabetta le lendemain matin, après une bonne nuit de sommeil 😃.






















































































































































































































































































































