2. Le voyage

Je fais mon PCR 48h avant le départ, non sans avoir un peu peur du résultat vu le nombre de patients probables « cas contacts » soignés au cours de ces dernières semaines… mais c’est tout bon, je suis négative 😅.

Et voilà, le grand jour arrive…. Cathleen m’emmène à l’aéroport, cette fois, elle n’aura pas à aller chercher une chaise roulante, je pars sur mes deux pieds 😇.

Je suis en avance et très détendue mais évidemment c’était trop beau. Je voulais faire filmer ma valise pour éviter qu’on me vole ou qu’on m’ajoute des choses dedans mais quand j’arrive à l’endroit où l’on peut faire ça, bien sûr, à l’opposé de là où Cathleen m’a déposée près de mon guichet d’enregistrement, il y a au moins une dizaine de familles devant moi avec chacune trois voire quatre valises par caddie. Je patiente une dizaine de minutes puis je laisse tomber et retraverse le hall pour aller m’enregistrer. J’ai tous mes documents en format papier : pass vaccinal, Thai Pass, attestation d’assurance, preuve de la réservation de l’hôtel. Tous, et non, tous sauf un… le papier indiquant mon PCR négatif que je n’ai que sur mon téléphone. Comme je n’ai pas d’imprimante portable sur moi, la dame du guichet me suggère d’aller à la pharmacie laquelle est habilitée à l’imprimer. Je retraverse une nouvelle fois le hall…oui, la pharmacie est à côté de la machine à empaqueter les valises…et moyennant une nouvelle attente de dix minutes et payé 3 euros, je repars avec mon précieux sésame imprimé 😅. Une fois tout en règle, j’ai juste le temps de passer tous les contrôles (heureusement, il n’y a pas grand-monde), de regarder deux-trois choses au Duty Free (normal) et de m’installer en salle d’embarquement où il n’y a pas foule. De fait, l’avion est au trois quart vide et c’est cool, j’ai trois places pour moi toute seule, je vais pouvoir m’allonger pour essayer de dormir un peu, il y a quand même onze heures trente de vol.

C’est la fin de l’embarquement, vous remarquerez que les coffres sont vides 😉

A l’arrivée, avec une heure d’avance grâce aux vents favorables, après avoir passé dans les premières, donc rapidement, les différents contrôles de Thaï Pass, passeport, test PCR, et récupéré ma valise aussi vite, je suis obligée d’attendre une grosse demi-heure que la seule passagère qui va dans le même hôtel que moi se présente au point de rendez-vous « pour tous les passagers devant être testés », et que finalement un minibus vienne nous chercher.

Arrivée à 6h du mat’ à l’hôtel où je suis « confinée » dans ma chambre, je commande un petit déjeuner puis patiente jusqu’à 8h30. Là, on me téléphone pour que je descende me faire tester, quelqu’un de l’hôpital vient faire les PCR nasopharyngés (et salivaires, deux précautions valent mieux qu’une 😅) puis je retourne dans ma chambre, où je tue le temps tant bien que mal entre sieste, lecture, séries et escapade au dernier étage de l’hôtel qui a une piscine et une belle vue, histoire de prendre l’air. 

Fin de journée sur Bangkok

Je mange un délicieux Pad thaï et j’attends le résultat de mon PCR qui doit tomber dans la soirée.

NEGATIVE 🥳, j’avoue que je suis soulagée, je n’avais pas spécialement envie de restée confinée sept jours dans cet hôtel ni dans aucun autre d’ailleurs…

Pour fêter ça, je décide d’aller me faire masser. Après tout, il n’est que 19h30, certes je n’ai pas beaucoup dormi mais je suis surtout restée assise ou allongée depuis presque 24h alors j’ai besoin de booster un peu mon système circulatoire et deux heures de massage me semblent tout indiquées 😇. Suivant les indications du lady boy de l’hôtel, j’ai eu la chance de trouver rapidement un salon et de tomber sur une masseuse hors pair, mais qui a dû oublier à un moment que j’avais demandé un massage cool. J’ai quand même eu envie de la frapper quelques fois, surtout quand elle insistait sur les mollets et les cuisses 😰. Mais bon, au moins, moi qui ressemble d’habitude à Bibendum après autant d’heures de vol et malgré les collants de contention, j’ai dégonflé très vite 😉.

Après le massage, je me mets en quête d’un endroit où diner. J’étais sur un très gros boulevard qui n’offrait rien d’intéressant à part un Mac Do, un Burger King et un Starbuck…je ne l’invente pas ! Je prends donc la première rue qui part perpendiculairement après le salon en espérant tomber sur un petit resto local. En fait, c’est très local, mais comment dire, il y a plutôt des bars, très animés et il y a des dames, de chaque côté du trottoir, qui respectent bien la distanciation sociale de deux mètres entre elles et qui, je le soupçonne, font sûrement des massages mais bien plus « personnalisés » que celui que je viens d’avoir 😜. Ne me sentant pas super à l’aise dans cette ambiance où il y a pourtant pas mal d’européens…je décide de faire demi-tour.

Je me risque à traverser cet énorme boulevard (pour me rendre compte cent cinquante mètre plus loin qu’il y avait une passerelle pour piétons !) et je rejoins un petit resto tenu par toute une famille sous un hangar. Je commande des gambas grillées au BBQ et une soupe de coco au poulet. C’est délicieux mais j’ai juste oublié de demander que la soupe soit « peu épicée » et j’ai failli m’étouffer avec la première cuillère 🥵, ça a été mieux pour les suivantes, je retirais les petits morceaux de piments au fur et à mesure 😅.

1. Préparatifs du voyage

Voilà, c’est décidé, je retourne en Asie…décision prise après plusieurs jours d’affilés de mauvais temps normand. Encore fallait-il que ce soit possible vu le contexte de pandémie mondiale. Après pas mal de recherches sur Internet, je constate que le Laos est toujours fermé aux étrangers et n’est pas près de rouvrir ses frontières. Les autres pays autour ne sont pas plus ouverts, à part la Thaïlande qui oblige les touristes à sept jours d’isolement à leur arrivée sur son sol avant qu’ils ne puissent visiter le pays. Sept jours, ça ne m’enchante guère mais puisque j’y resterai six semaines, ça doit être envisageable et qui sait, les règles peuvent changer…Et de fait, quelque jours plus tard, la Thaïlande annonce qu’elle ouvre ses frontières moyennant une seule journée d’isolement à partir du 1er novembre. Le 14 novembre, j’achète mon billet pour y aller du 21 janvier au 4 mars 2022 et qui sait, peut-être que d’ici là, le Laos finira par ouvrir aussi 🙂

Une fois mon billet pris, je contacte l’école SVG de massage thaï où j’ai déjà appris les niveaux 1 et 2 du massage en 2019 et 2020, pour savoir s’ils prennent toujours des élèves et s’il est possible de faire le niveau 3 début février. « PP », un des deux profs, me répond que l’école n’a pas fermé malgré le contexte et qu’il serait ravi de m’accueillir pour continuer ma formation. J’achète donc, dans la foulée, le billet de mon vol pour Chiang Mai, ville où ont lieu les cours. J’ai quand même prévu de rester quelques jours à Bangkok en arrivant de France avant de reprendre l’avion pour le nord de la Thaïlande ; la dernière fois, j’avais enchainé les deux vols et j’avais été bien malade en arrivant à Chiang Mai (je suis sûre d’avoir eu le Covid mais on commençait à peine à en parler) et ça avait été dur de suivre les cours !

Un mois avant le départ, je me penche enfin sérieusement sur mon voyage et vérifie les conditions d’entrée pour la Thaïlande. Je réalise qu’il faut demander un Thailand Pass, lequel requiert certaines obligations…être vacciné (deux doses), avoir une assurance qui couvre jusqu’à 150 000 euros de frais médicaux et avoir réservé dans un hôtel spécial « Covid » qui répond à des critères spéciaux de sécurité en matière de gestion du virus, mention SHA Plus+. 

Le pass vaccinal : c’est bon 😅

Assurance : merci la carte Visa Platinium 😉

Hôtel : après quelques recherches, j’en trouve un à un prix raisonnable, mais du coup plus cher que d’habitude, parce que SHA Plus+ signifie que le prix inclut le transfert de l’aéroport à l’hôtel, la venue d’un professionnel soignant sur place pour faire un PCR et le traitement par un labo de celui-ci…

Bref, je mets tous ces documents en fichiers PDF sur le site du Thailand Pass et finis de tout valider à minuit et demi le 21 décembre 😅. Ça me dit d’attendre maintenant la validation de mon dossier qui sera confirmée par la réception d’un QR code par mail. Ouf, une bonne chose de faite !

Je ne croyais pas si bien dire, le lendemain, aux infos, j’entends que la Thaïlande renforce ses mesures d’entrée dans le pays et passe l’isolement d’une journée à dix jours…sauf pour ceux qui ont fait la demande du Thailand Pass avant le 22 et qui ont leur QR Code. Damned, j’ai bien fait ma demande avant cette date mais je n’ai pas eu le QR code 😩. Je décide de rester positive, après tout, je n’ai pas eu de fin de non-recevoir encore 🤔.

C’est entre Noël et le jour de l’an que je reçois mon précieux sésame 🥳, cette fois, c’est bon, je pars réellement et dans de bonnes conditions.

Mercredi 4 mars

Aujourd’hui, le minibus arrive avec 45 minutes de retard parce que le chauffeur avait des choses à faire… ben nous, on aurait bien dormi 3/4 d’heure de plus, vue la soirée de la veille et je pense que nos deux petites traductrices aussi… Céline et moi en profitons pour aller acheter vite-fait des brosses à dents et du dentifrice pour les élèves de l’école que nous aurons cette après-midi. Le trajet est toujours aussi pourri, et on a vraiment tiré le mauvais numéro avec ce chauffeur… Rendez-nous celui de la semaine dernière !!! Même si on connait vraiment bien la route maintenant, 45 bonnes minutes de trajet, tous les jours le spectacle est différent. Il n’y a jamais la même vue sur le Mékong, sur les rizières ou sur les montagnes selon la pollution ambiante ou la luminosité ou la chaleur, il n’y a jamais les vaches aux mêmes endroits et ce ne sont jamais les mêmes chargements (personnes, animaux ou matériels et des fois les trois ensemble !) de tok-toks qu’on dépasse. Tok-tok, c’est le nom de ces motoculteurs qui leur servent de véhicules parce que c’est le bruit qu’ils font : Tok-tok-tok, c’est différent des tuk-tuk qui font tuk-tuk-tuk 😂. Dans le minibus, Poulath fait la tête, elle ne dit presque rien pendant le voyage, du coup c’est calme…

Enfin presque…

A l’hôpital, les gens attendent les dentistes patiemment sous la tente, quand on pense que la plupart sont là depuis 7h30 et que nous arrivons un peu avant 10h aujourd’hui…Pourtant, le chauffeur a roulé comme un débile, on a été secoué comme jamais, c’était très pénible, et dire qu’il va falloir faire le retour comme ça…

On est bien occupé le matin, du coup je n’ai pas eu le temps de prendre de photos. En ce qui concerne le mutisme de Poulath dans le minibus aujourd’hui, le mystère sera résolu quand elle me demande de m’occuper du chauffeur, que je réalise que ce n’est pas celui d’hier (même s’il lui ressemble au niveau carrure, j’avoue que je n’avais pas vraiment prêté attention à sa tête 😬) et qu’elle m’explique que c’est son mari 😅. On comprend tous mieux son comportement, car bizarrement, elle ne colle pas Benoît en salle et ne prend pas de photos 😂.

Déjeuner rapide pour prendre les écoliers tôt en début d’après-midi et ils repartiront juste après la distribution de brosses à dents et dentifrice.

L’après-midi est carrément calme, trop calme…

Au moins, on a le temps de prendre soin de nos traductrices…
Pendant que d’autres papotent…
Vous pourrez remarquer au passage comment j’ai surélevé la table de chiro qui était vraiment trop basse pour nous avec un vieux paravent qui trainait dans le coin 😜.
A l’accueil de l’hôpital, ce seront les derniers patients et il est même pas 15h…
Heureusement qu’il y a les smartphones, il y a souvent cette même scène, des fois avec 3 ou 4 infirmières assises autour de la table, à fond sur leur portables, faute de patients 😬.
On prend le temps de faire une photo avec les tshirts de l’association.

Puisqu’il est encore tôt, je propose à l’équipe de s’arrêter au grand Buddha qui surplombe la ville, le chauffeur ayant eu du retard ce matin, il peut bien se faire pardonner en faisant un crochet (c’est sur notre route) et nous attendre la demi-heure que dure la visite 😉.

Où est Charlie ?
On n’est pas sensé faire les andouilles avec Buddha mais on n’a pas pu s’en empêcher 🤪.

Ce soir, on devait dîner chez les beaux-parents de William mais finalement, ceux-ci étant un peu fatigués, on sera invité au restaurant de Xuan Mais, sa belle-soeur mais sans la famille. On fait nous même nos rouleaux de printemps pendant le repas avec plus ou moins de succès ! On goûte également l’alcool de riz du pays qui ne laissera un souvenir impérissable à personne…

Mardi 3 mars

Ce matin, Julia est malade, elle reste donc à la guesthouse tranquillement pendant que nous prenons la route. Poulath est en pleine forme, la soirée d’hier a fini de la mettre à l’aise avec nous, ça avait déjà un peu commencé samedi quand elle venue avec nous sur l’île. Elle a mis en place une sorte de jeu de séduction avec Benoît qui nous réjouit beaucoup, il y a de l’ambiance dans le minibus…La matinée se passe tranquillement, nous déjeunons encore dans notre salle avant l’arrivée des écoliers.

Comme Céline était dépitée par l’état des dents des enfants de l’école d’hier et qu’elle avait épuisé le stock de brosses à dents qu’elle avait ramené de France dès la fin de la semaine dernière, le chauffeur du minibus nous emmène, la dentiste lao et moi, au marché de Don Talat. Ce n’est pas très loin de l’hôpital mais marcher, ne serait-ce que les deux kilomètres aller-retour, par 38°, c’est inenvisageable. Elle sait exactement où aller, quoi demander et me négocie un bon prix, 8€ pour 24 brosses à dents et autant de petits tubes de dentifrice !

Céline et Léo ont fini avec tous les enfants, ils sont contents que dans cette école ils aient plutôt des dents saines, ils ont fait beaucoup moins d’arrachage de dents qu’hier ! Je demande à la dentiste lao de faire une démonstration aux enfants d’un bon brossage de dents avant qu’on leur distribue à tous leur brosse à dents et leur dentifrice. Les enfants et leurs institutrices repartent ravis.

Le soir, mon père et moi sommes invités par l’intendante, Païwan, et la comptable, Kamphean, de l’école SOS Children. Elles habitent ensemble une maison sur le site de l’école, au milieu des 10 maisons d’orphelins. Païwan est en charge de la bonne marche de toutes les maisons, elle gère dix « mothers », mamans de substitution des enfants, et gère les achats divers (nourriture, produits d’entretien, de toilette, vêtements, matériel scolaire, visite chez le médecin…) et les activités des orphelins. C’est une sacrée charge de travail et elle trouve, en plus, le temps de jardiner et de cuisiner. Elle adore ça, elle a les pouces verts et elle s’est lancée dans la confection de gâteaux depuis un an avec plus ou moins de succès, souvent par manque de matériel.

Après le repas, Phonesavahn vient nous chercher pour nous ramener à la guesthouse. Mon père part se coucher et je file rejoindre les autres (y compris Julia qui va beaucoup mieux), ils ont dîné avec Roland, le français des « Enfants de Mékong » qui avait passé dimanche dernier avec nous. On se retrouve dans un endroit qu’il a privatisé pour une soirée karaoké et quand j’arrive, je les entends chanter de la rue, ça promet…Nous passons un très bon moment même si c’était très dissonant et je n’étais pas la seule à chanter faux ;-).

Lundi 2 mars

Grosse matinée aujourd’hui, nous recevons le N°2 de l’ambassade du Laos en France, M Bounthong qui sera accompagné du directeur du département de la santé, M Sivixay, il y aura aussi, bien sûr, le directeur de l’hôpital, et quelques autres groupies qui ne manqueront pas de venir, averties par le tam-tam local…Il est en vacances dans la région de Paksé et en profite pour venir voir comment se passe la mission, William, le président de Amis de Paksé, lui a parlé de nous avant son départ. Il passe d’abord voir les dentistes, vérifie la date de péremption des médicaments et du matériel, pose quelques questions à Céline et Léo.

Ensuite, il passe dans chacune de nos deux salles, il nous pose également quelques questions, paraît intéressé par notre profession et par l’aide que nous pouvons apporter à la population locale.

Nous parvenons quand même à travailler malgré le monde présent dans la salle et les patients sont adorables et ne disent rien. On a revu aujourd’hui la vieille dame en fauteuil, elle va un peu mieux, c’est à dire qu’elle a moins de douleur, mais je ne m’en occuperai pas trop parce que je dois rester avec les officiels alors c’est Julia qui la prend en charge. De toutes façons, on ne fera pas de miracle, j’espère juste la revoir l’année prochaine et qu’elle ne soit plus incontinente, ce serait déjà ça de gagné et si sa famille la fait réellement marcher, elle ira bien mieux, à suivre…

Nous nous prêtons au jeu des photos qui sont incontournables dans ce cas-là…

Une fois tout ce beau monde parti, nous mangeons dans notre salle climatisée, il fait beaucoup trop chaud sous la tente dehors et nous ne pouvons pas aller au resto parce que le minibus du département est parti chercher les écoliers que nous auront à soigner cette après-midi.

Mon père bricole le matériel des dentistes qui a une fâcheuse tendance à avoir des ratées😤

Le soir, comme nous rentrons relativement tôt, je propose aux chiros d’aller visiter le centre de rééducation de l’hôpital de Paksé. Mon ami, le kiné M Somsit, est de permanence, il nous fait visiter. Tout le monde est d’accord pour dire que c’est sommaire mais qu’il y a quand même de quoi travailler.

Mon ami Sisay Mongdavanh, le prothésiste, n’est pas là,
j’en profite pour essayer une des prothèses,
une vraie jambe de bois comme dans les films de pirates 🤪🏴‍☠️.
Lara, Benoît et moi allons nous faire masser les pieds 🦶🏼🦶🏼.

Pendant ce temps, à la guesthouse, Céline et Léo voient une petite fille, gravement malade du cœur, amenée par Sina. Il a besoin de leur expertise concernant sa dentition et savoir s’ils peuvent s’en occuper. Malheureusement après l’avoir examinée, le constat est qu’il faudrait lui arracher toutes les dents, aucune n’est saine, mais vu son problème de cœur, il est impossible de le faire sous anesthésie locale. Il faudra donc qu’elle aille à l’hôpital de Ventiane, à 10h de route d’ici, pour bénéficier d’une anesthésie générale dans de bonnes conditions pour elle.

Une fois tout le monde enfin prêt, nous nous rendons pour dîner chez des gens que Benoît a soigné à l’hôpital, connaissance ou famille (je n’ai pas bien saisi) de l’œil de Moscou, et elle sera là aussi bien sûr. Ce n’est pas la première fois que nous soignons à l’hôpital des gens qui viennent de Paksé exprès pour nous voir (45 bonnes minutes de route quand même !). Forcément, ce ne sont pas des gens aussi pauvres que les villageois qu’on soigne habituellement, mais ce sont des gens agréables, qui patientent tranquillement parce qu’ils n’ont pas de passe-droit, ils ne passent pas avant les autres qui eux, sont souvent là depuis 7h30 du matin et qui paient la consultation de l’hôpital comme tout le monde, 10000 Kip soit 1 € 😉. Nous appréhendons un peu la conversation durant le repas parce que Benoît nous a dit qu’ils ne parlaient pas anglais et comme l’œil de Moscou non plus, ça risque d’être compliqué mais ça ne nous arrête pas pour si peu. On fait donc la connaissance de cette famille de lao-vietnamiens qui tiennent un restaurant et où la cuisine est faite maison au jour le jour. Ils ont eu la bonne idée d’inviter des amis, un couple de franco-vietnamiens ; c’est très souvent que les laotiens ouvrent leur table à d’autres invités que ceux prévus, j’ai eu l’occasion de constater ça plusieurs fois lors de mes différents séjours. Il s’agit d’un couple de gens âgés qui revient tous les ans au pays de leurs origines. Ce qui est rigolo, c’est qu’ils sont de Valence comme Lara, alors forcément, ça crée des liens très rapidement. On pourra donc parler français sans problème et nos traducteurs sont vraiment sympas. C’est comme ça qu’on apprend que l’œil de Moscou s’appelle en réalité Poulath, je vais enfin arrêter de l’appeler comme ça 😜.

Encore une table bien garnie ! Et c’était réellement délicieux 😋.

Dimanche 1er mars

Journée off, c’est Sina qui sera notre guide aujourd’hui, il nous emmène sur une partie du plateau des Bolovens. On ira voir un marché de vannerie, une cascade, une plantation de thé, la plantation de café familiale Sinouk, un village Katu (une des ethnies du Laos) et les bonnes soeurs de la semaine dernière, rien que ça ! Je vais me contenter de commenter les photos, c’est relâche pour moi aussi 😜.

Le marché de vannerie :

Les cages à volailles
J’achète ce balai mais finalement, il ne rentrera pas dans ma valise 😤.
Céline en plein essayage.

La cascade :

L’eau est super froide 🥶, on se croirait à Ouessant, sauf qu’il fait 30° dehors !
Mais il faut bien se refroidir sachant qu’après, il faut remonter jusqu’en haut de la cascade 🥵
Seule Julia aura le courage de me rejoindre !
Pendant que d’autres ne se trempent que les pieds…

Les vendeuses à la cascade :

Elle fume une mini-pipe…
Comme il a l’air heureux bien entouré…

A la plantation de Café Sinouk, qui est aussi un resort :

Une des chambres.
Encore un excellent repas 😋.
Et pour digérer…l’eau de la piscine est aussi froide qu’à la cascade
puisqu’elle vient directement de la rivière 😬.

Le village Katu où les villageois sont animistes :

Partie de foot improvisée, c’est vraiment un sport universel !
Le temple, et son intérieur sur les photos suivantes :
Les enfants comme les adultes fument le bang

Un peu comme dans Astérix et Obélix, la traditionnelle clôture de journée par un moment convivial. Ici, au 7è étage de l’hôtel Paksé, autour d’un verre.

Samedi 29 février

Ouf, dernière journée de la semaine, qui va être écourtée parce qu’il n’y a vraiment plus personne après 11h, même pour les dentistes. Apparement, il y a beaucoup de fêtes de village dans le district et les habitants ne bougent pas trop ce week-end-là…Céline et Léo, les dentistes français, en profitent pour visiter le local des dentistes lao du dispensaire, ils se rendent compte que ceux-ci manquent cruellement de matériel alors qu’il y a vraiment un stock énorme dans celui des Amis de Paksé. Malheureusement, nous ne sommes pas au courant du fonctionnement entre l’association et les dentistes de l’hôpital, nous ne pouvons pas y faire grand-chose. Céline va quand même leur laisser tout ce qu’elle a amené et qui leur fait grandement défaut. C’est gênant de ne pas avoir l’historique, Jean-Philippe nous dit une chose et les dentistes lao racontent autre chose, difficile pour nous de se faire une idée. Tout ce qu’on constate, c’est que les deux dentistes laos ne cherchent pas à interagir avec les dentistes français, elles servent de secrétaires, prenant les noms et donnant les médicaments que Céline et Léo prescrivent. Il n’y a pas d’échange et c’est très frustrant pour nos dentistes.

Le cabinet de la dentiste, qui est entre Céline et Sina,
d’ailleurs je réalise que je ne sais même pas son nom…
Celle-là est prise hier mais j’ai oublié de la mettre 😉, Phout, Linn et Kot.
Une petite patiente de Céline.
Arrachage de dents malsaines, 80% de leur boulot, y compris chez nos petits écoliers 😱.
Léo entre deux patients.

A midi, Sina nous propose d’aller manger et de passer la journée sur l’île de Don Daeng située à 1/2h d’ici. Nous sommes tous partant, y compris les deux traductrices Phout et Linn qui n’ont jamais pris le bateau de leur vie et l’Oeil de Moscou, qui ne va pas nous lâcher comme ça, c’est l’occasion pour nous de se la mettre dans la poche 😜. Quelle super idée, toute l’équipe est détendue et profite de ce moment de rêve au bord ou sur le Mékong, ça me fait plaisir de leur faire découvrir ce petit coin de paradis.

Allez, tout le monde fait « les mini-coeurs » avec ses doigts, grande mode ici 🤔.
Point d’embarquement au théâtre d’ombres, marionnettes en ombres chinoises
dont je vous ai parlé l’année dernière. Depuis, ils ont mis de vrais bancs 😉.
La reine du selfie…
On est tellement sage, que s’en est presque ridicule !!
Le bateau nous attend, un paquet de marche à descendre…
Relax, posée à l’avant du bateau 😇.
Et oui, on s’amuse bien 😜.
Benoît est le seul à avoir pensé à prendre son T-shirt de l’association !

Les parapluies de Cherbourg…

Mon père
Phout et Linn
Julia et Céline
« L’oeil de Moscou », ravie d’être avec nous
« J’assure 😂 ».
« Nan mais, t’es sûre là ?? Je ne risque rien ? »
« Allez, prends-la vite cette photo que je retourne sur la plateforme… »
« Je suis bien là, non ?? Ne tenez pas compte des gens derrière … »
Julia, la reine du tracteur 😜.
Benoît et moi faisons le trajet à pied, on ira plus vite qu’eux 😉.
Encore un repas délicieux et copieux 😋.
Les filles et moi, dans la cabine pour se changer.

On s’est arrêté au marché pour acheter de quoi couvrir Julia, Céline et Lara qui n’avaient que des maillots de bain, au Laos, on se couvre pour se baigner, par pudeur. Linn et Phout, ont acheté exprès des T-shirts et des shortys pour se baigner parce que ce n’était pas prévu, et qu’en plus, elles ne veulent surtout pas bronzer parce que la mode est aux peaux très blanches, je connais des normandes qui feraient un tabac ici 😜.

« L’oeil de Moscou » pour la mille et une énième fois.
Le chauffeur du minivan a été promu son photographe perso pour l’occasion
et on doit tous avoir des dizaine de photos sur lesquelles elle est…
Les filles, qui n’ont pas mis les pieds dans le Mékong depuis qu’elles étaient enfants 😉.
Céline et moi sommes suffisamment couvertes pour les coutumes locales 😅.
Pour les mecs, c’est moins strict. Benoît garde son T-shirt parce qu’il s’est fait faire un tatouage avant de partir et qu’il ne doit pas prendre ni le soleil, ni l’eau….
Là, c’est dommage qu’on ne puisse pas mettre une vidéo sur le blog, on a appris une technique pour faire une bouée avec le sin (cette sorte de paréo lao) c’est trop rigolo 🤪.
Nos compagnons de baignade 😉.
Je n’ai jamais précisé que Lara est une chiro spécialisée dans les animaux,
là, c’est la première fois qu’elle ajuste une vache 😂.
Du coup, Julia essaye aussi, les vaches sont vraiment à l’image des laotiens, très cool…
Au retour…
Sans commentaire…
Une super équipe, à la fin d’une super journée 😃.
Les rizières sur la route.

Nous finirons par une soirée à l’auberge de jeunesse où travaille Kot, billard et musique (Kot à la guitare et Julia au chant), bref un bon moment totalement improvisé mais très sympa 😉.

Le patron de l’auberge de jeunesse…

Vendredi 28 février

Ce matin, petit déjeuner vietnamien pour moi, rouleaux de printemps et beignets soja/noix de coco. Voici les dames en pleine préparation, elles font une centaine de barquettes de 4 « Spring Rolls » tous les matins à partir de 6h30 :

C’est une journée faste en traducteurs, 4 rien que ça aujourd’hui, sans compter Sina ! Pour répondre à Marie-Thé qui se demande comment nous communiquons, la plupart du temps, avec les mains 😜. Les dentistes sont prioritaires pour les traducteurs parce que leurs patients sont souvent effrayés, pas les nôtres ! Nous, les chiros, avons affiché, dans nos deux salles, les principaux mots ou phrases dont nous avons besoin. Certains se débrouillent déjà bien en Lao de base. En fait, nous n’avons pas tellement besoin de parler avec le patient, juste de savoir s’il s’agit d’un accident éventuellement et depuis combien de temps il a mal. Pour le reste, on se comprend essentiellement par gestes, on est les champions du mime 😉. Nos traducteurs aujourd’hui sont Phonesavanh (ma copine prof d’anglais), Phout et Linn (deux étudiantes, en droit pour l’une et commerce pour l’autre) et Kot (réceptionniste/barman dans une auberge de jeunesse).

Avec Phout et Linn, non ce n’est pas une pub pour les dentistes 🤪.
Kot (kot, kot, kot, kodec, oui, je sais, tout le monde y a pensé 😜).

Puisque nous avons du monde pour traduire, j’en profite pour monopoliser une traductrice, Linn (vraiment très à l’aise en anglais, qui apprend vite les termes médicaux qu’elle ne connaît pas du tout, genre « spine » !) et montrer, expliquer certains mouvements à Choun. Je veux qu’il comprenne ce qu’on fait et en quoi c’est différent du travail des kinés. Il est médecin spécialisé en physiothérapie mais n’a jamais exercé en tant que tel. Il faut dire, à sa décharge, qu’il a zéro matériel, pas d’appareil d’électrostimulation, ni même de barres de marche, ni hot pack…bref rien et qu’en plus, ce n’est pas du tout dans la culture des gens de la campagne. Ici, la rééducation se fait dans les champs ou sur le marché 😉. Je lui apprends simplement à ressentir les blocages sur la colonne, les chevilles ou les poignets, on va commencer par la base. Il a une bonne main et pige vite. Ce qui n’est pas le cas de « l’oeil de Moscou », une des trois sisters, qu’on a surnommée comme ça parce qu’elle ne nous lâche pas d’une semelle…En fait, elle est folle de Benoît et on a appris, ce jour-là, qu’elle est aussi médecin-physiothérapeute. Elle travaille au département de la santé dans la journée et a son propre cabinet en fin de journée. Mais franchement, j’ai un sérieux doute quant à ses compétences tellement elle pose des questions stupides pour quelqu’un sensé s’y connaître un peu en anatomie, et qu’elle est incapable de sentir ou de palper un corps correctement même après plusieurs tentatives 😳. Par contre, c’est la reine des selfies 😜.

Avec Linn, l’oeil de Moscou, Choun sur la table et moi.
Vous voyez en arrière plan, à droite, l’armoire vitrée,
pleine de toutes les orthèses qu’on a amenées.
Sur le tableau, tous nos mots et phrases en lao.
Et au mur, les photos du président et autres personnalités politiques,
comme dans tous les bâtiments publiques et les maisons.
Tout le monde a participé pour lui montrer des choses, Lara n’est pas en reste 😃.
Mon père est ravi d’avoir Phonesavanh comme traductrice,
il peut enfin parler aux patients 😜
Lara qui s’intéresse à ses techniques, c’est bon de pouvoir échanger entre nous.
Ce patient est trop sympa, je l’avais déjà vu l’année dernière et il est revenu 😃.

Parmi nos cas difficiles, nous avons eu cette patiente, assez âgée, arrivée soutenue par deux personnes, à qui on a fini par amener un fauteuil roulant (antique), invalide depuis 3 ans suite à une chute. Il a fallu faire une radio (chose qui n’avait jamais été faite) parce que son cas était vraiment compliqué et pas clair. Malheureusement, le manip radio, enfin celui de permanence ce jour-là, n’était pas bon et, même en s’y mettant à 5, on a eu du mal à voir quoique ce soit 😅. On s’est tous concertés pour la soigner au mieux mais on sait qu’on ne fera pas de miracle, il faudrait la suivre pendant quelques mois et que sa famille lui fasse faire de la rééducation, ne serait-ce que la faire marcher tous les jours, ses muscles n’ont pas fait grand-chose depuis 3 ans alors qu’elle n’est pas paralysée, tous les réflexes sont bien présents…Elle marchait déjà mieux à la fin de la séance mais encore un peu bizarrement jusqu’à ce qu’on comprenne qu’elle avait peur de perdre sa couche (qu’elle portait pour des fuites urinaires présentes depuis sa chute) et que du coup, elle marchait en serrant les jambes 😤. On doit la revoir en début de semaine.

Le coussin du fauteuil, c’est Lara qui le lui a donné, sinon c’était les fesses sur le métal dur !
A la radio, je n’ai pas pensé à préciser quelles vues je voulais,
parce que pour moi, ça tombait sous le sens 😉.
??? Et oui, la radio de face…
Et le profil ? Ben, il n’y en a pas !!
Benoît et Julia : « A ton avis, comment on le pose le strap du coup ?? »

Grosse pause repas dans un restaurant pas très loin de l’hôpital, avec Sina, Kem (qui nous a amené les écoliers cette semaine), tous nos traducteurs, Choun, et le chauffeur.

Dès le repas terminé, nous (Sina, Kem et moi) laissons les autres repartir à l’hôpital et allons visiter une école primaire, à 5 km de Don Talat, qui a bien besoin d’être refaite et pour laquelle Sina va financer les travaux.

Il y a 5 classes comme ça !
Quand aux toilettes, il n’y en a pas, les enfants vont sous les arbres derrière…
Palabres à l’ombre entre Sina, Kem, le chef du village et le directeur de l’école 😉.
Quelques enfants présents, c’était la pause repas, donc il n’y avait pas grand-monde.
Un poteau électrique…
Un deuxième…si, si, je vous jure qu’il y a bien un fil électrique qui passe…
Rien que des gens importants 😇.

Le directeur de l’école a le pied droit sans chaussure (parce que les enfants lui ont piqué sa tong) et il tient son pied sur le côté parce qu’il a eu une épine venimeuse qui s’est enfoncée dans la voûte plantaire depuis 15 jours, qu’il a fini par aller se la faire enlever à l’hôpital 3 jours après et qu’il n’a toujours pas cicatrisé. Heureusement que j’ai deux-trois trucs dans mon sac pour désinfecter, je lui fais un pansement de fortune avec un masque en tissu que j’avais acheté en Thaïlande 😅. Je lui dis qu’il devrait revenir à l’hôpital pour faire un vrai soin, il ne l’a pas fait ou en tous cas je ne l’y ai pas vu 😔.

Le soir, nous sommes invités à dîner chez la soeur de Sina, Sisamphone, qui tient la résidence Sisouk, ex maison familiale de la famille Sisombat. Lara, Julia et moi prenons en charge la soeur, la femme et une amie de Sina pendant que les autres sont à l’apéro…

La copine, la soeur et la femme de Sina.

Discussions intéressantes à chaque table, échanges d’idées et d’expériences, un repas absolument délicieux, une belle soirée pour nous tous😃.

Jeudi 27 février

Aujourd’hui, quand nous arrivons, il y a moins de monde qui attend, ça promet une journée calme..La communication du Département de la Santé a changé par rapport à la mission de juillet parce qu’ils prévenaient tout le monde en même temps et que ça faisait trop de patients en même temps ; aussi, pour cette mission, ils ont décidé de prévenir village par village. L’idée est bonne sauf que si le chef du village ne relaie pas ou peu, on n’a personne…De plus, « Les Amis de Paksé » viennent pour la première fois à cette époque de l’année, alors on m’a bien fait comprendre que les gens ne sont pas habitués. C’est la saison sèche ici et les gens qui le peuvent, puisqu’ils ne sont pas dans les champs, partent travailler en Thaïlande parce qu’ici, s’ils ne travaillent pas, il n’y a pas d’argent pour la famille. De plus, ce n’est pas facile de parler de chiropraxie puisque le mot n’existe pas dans leur langue et qu’ils ne savent pas du tout ce qu’on fait. Ils connaissent le massage qu’ils pratiquent facilement, ils ne connaissent pas la kinésithérapie qui n’existe pas dans le secteur de Champassak, il faut aller à l(hôpital de Paksé pour ça, et encore, le service de réhabilitation (c’est son nom, en français dans le texte !) n’a que 15 patients par jour dans une ville de 200000 habitants…Qu’importe, on bichonne les patients qu’on a et au moins on ne travaille pas à la chaîne ! Les dentistes sont un peu plus chargés mais se débrouillent vraiment bien même sans assistante dentaire. Je suis impressionnée pa le nombre d’extractions qu’ils font par jour, les gens ont des dents dans un état de dégradation avancé y compris les enfants. Le pire est que certains doivent vraiment souffrir et ce depuis un bon moment 😔. Nous n’avons pas du tout de prothésiste, les gens repartent donc avec de sacrés trous et ce, pour un moment (jusqu’à la mission de juillet) ou pour toute la vie…

La foule de patients qui attendent, certains sont cachés par le poteau 😜.

Les dentistes au travail…la température monte progressivement dans leur local,
le toit est en tôle alors c’est vraiment dur en fin d’après-midi malgré la clim
puisque la porte reste souvent ouverte parce que les gens ne pensent pas à la fermer,
il n’y a pas de clim à la campagne, ils laissent tout ouvert pour faire de l’air…

Nous avons eu la visite de Khetty, une petite fille de 13 ans dont le cas est soutenu par l’association. Elle a été opérée d’une tumeur au cerveau il y a 3 ans et elle a perdu la vue depuis. Les Amis de Paksé lui fournissent les médicaments nécessaires pour éviter une récidive. J’ai donné des conseils à la maman pour guider correctement sa fille, j’avais eu un livre et des conseils d’une pro dans ce domaine et je l’ai ajustée parce qu’elle était très tendue du fait de sa maladie. Elle m’a dit qu’elle se sentait moins fatiguée depuis 2 mois, j’espère que c’est bon signe 🙏🏼.

Une petite fille est née à l’hôpital, l’année dernière il n’y en avait pas eu une seule en 15 jours, là, on aura l’occasion d’en voir deux ! Je suis allée voir la maman pour savoir si elle était venue parce qu’il y avait un problème avec le bébé mais elle m’a répondue qu’elle avait accouché à l’hôpital parce que ça la rassurait, les mentalités changent…en tout cas la petite était belle comme tout et la mère en pleine forme.

Ce midi, resto à Don Talat, un pur resto lao, maison sur pilotis, et des plats délicieux, toujours par trois types : une soupe (ou plutôt un bouillon un peu amélioré ), du riz et de la viande ou du poisson avec des légumes. Et leurs éternelles bouteilles en plastique 😤.

Puisqu’il n’y a pas beaucoup de boulot l’après-midi, Julia, Lara et Benoît vont visiter Vat Phou qu’on a vu la semaine dernière avec mon père et que les dentistes iront voir demain sur le temps de leur pause repas.

Ce soir, le pire resto qu’on ait fait jusque-là, viandes et poissons surgelés, peu de légumes, on finira à la pizzéria pour manger un dessert afin de compléter le repas auquel on a à peine touché pour certaines…

Mercredi 26 février

Boostés par la première, nous sommes prêts et confiants pour la deuxième journée de cette mission. Nous avons une autre école à soigner, et cette fois, ce sont Lara et Benoît qui sont ravis d’aller travailler sur place.

J’ai acheté un magnifique matelas à fleurs pour mettre sur le petit bureau, c’est quand même plus confortable 😉.
LARA
BENOÎT

Pendant ce temps, à l’hôpital, mon père, Julia et moi travaillons bien. En plus des enfants, nous voyons des adultes, patients de Joun, le médecin-kiné avec qui j’avais travaillé l’année dernière et que j’ai retrouvé avec plaisir, et réciproquement.

Ne vous fiez pas à l’heure marquée sur la pendule, la pile est HS 😜.
Des pieds de petite fille…
Des pieds de petit gars…
Pas de doute, ils passent beaucoup de temps pieds-nus 😂.

Joun n’a toujours pas progressé en anglais mais cette année, ça devrait être plus facile de communiquer, car nous avons des traducteurs, différents selon les jours et leur disponibilité. Ça change tout de pouvoir comprendre et de se faire comprendre par les patients. Ceux d’hier et d’aujourd’hui sont des laotiens qui ont vécu en France comme réfugiés et qui sont revenus vivre dans leur pays dès que cela a été possible pour chacun. Ils ont été à l’école ensemble. Il y a Sina, bien sûr, notre atout majeur pour cette mission, et trois copains à lui, Trat, qui m’avait aidée un peu l’année dernière pour contacter la petite école primaire, Bhoungton, qui fait aussi partie d’une association avec Sina et Khem, qu’on ne verra pas en photo, le contact de l’association Double Horizon, qui a financé et installé l’eau potable dans l’école. Les quatre se préoccupent de l’avenir des enfants au Laos et ils s’occupent des écoles, chacun à leur manière.

SINA/SEBASTIEN
BOUNTHOUNG
TRAT

Les enfants voient les chiros d’abord et les dentistes ensuite, parce ces derniers ont remarqué qu’ils étaient plus détendus après être passés entre nos mains 😉.

CÉLINE
LÉO

Pour la pause repas, Sina paie le repas de tous les enfants, de leurs institutrices et le nôtre, une barquette de bonne nourriture venue d’un resto proche de l’hôpital.

Pause de l’après-midi quand tous les enfants sont partis 😅.

Julia, qui est photographe à ses heures, a fait des portraits de quelques enfants que nous avons soignés. Ils sont adorables et une fois la glace brisée, ils aiment poser et encore plus regarder la photo une fois faite. Du coup, j’en ai fait tiré sur papier photo, en demandant à Sina de les leur offrir la prochaine fois qu’il y va.