Mardi 25 février

Premier vrai jour de la mission 😃😃😃.

La photo est floue mais c’est juste pour vous montrer l’ambiance dans le minibus 😉.

Aujourd’hui, on va enfin avoir des patients, la question est de savoir combien seront présents…et on ne peut pas dire que ce soit une foule en délire qui nous attende 😬.

« On va installer les chaises, ça va peut-être les faire venir… »

L’infirmière chef organise une petite cérémonie pour attirer les bons esprits sur nous. Ici, beaucoup sont animistes, on retrouve beaucoup de gri-gris divers et variés sur et dans les maisons, sur les gens et sur les différents engins. Elle offre aux esprits de la nourriture, une boisson, elle allume un cierge et récite une prière où elle nous souhaite d’avoir de bons patients, et d’être habités de bonnes ondes pour pouvoir bien les soigner. Ensuite nous allons chacun déposer notre cierge sur l’autel. Nous nous prêtons volontiers à cette tradition qui ne peut que être bénéfique.

D’ailleurs, Sina a une idée, il négocie avec la fille du département de la santé d’aller chercher des enfants dans une école proche (8 km, 30 minutes 😅) et de les ramener à l’hôpital afin de faire un check-up de leurs dents et de leur dos. Dès qu’elle nous donne le feu vert, nous nous séparons en deux équipes, l’une qui reste sur place et l’autre qui va à l’école pour soigner des enfants là-bas. Comme il y a 80 élèves en tout, ça devrait nous occuper pour deux jours. Julia et moi sommes les plus rapides à nous porter volontaires pour aller à l’école, nous prenons une des tables portables et c’est parti !

L’école, entièrement refaite, par l’association Double Horizon
dirigée par un ami d’enfance de Sina.

A l’arrivée, il y a forcément le fameux accueil officiel, improvisé à la dernière minute, heureusement Sina arrive à les convaincre qu’on doit commencer et que ce n’est pas nécessaire que le chef du village, le directeur et je ne sais plus qui fassent un discours 😅.

Les enfants n’auront pas classe aujourd’hui 😉.

Sina prend quand même le temps de nous montrer la particularité de cette école : elle a l’eau potable ! Elle fait partie des rares écoles des environs pour qui c’est le cas, grâce à des laotiens motivés comme lui qui trouvent les associations et les fonds pour le faire. Sina a entièrement payé le forage et l’installation. Les enfants ont maintenant leur gobelet et peuvent se servir à la réserve directement en actionnant une petite manivelle adaptée à leur âge. Ça va prendre du temps pour les habituer à se passer des petites bouteilles en plastique mais ça vient. Ils fournissent même de l’eau aux villageois, pour une somme modique bien inférieure au pris des bouteilles en plastique, et l’argent ainsi récolté a permis de mettre en place une cantine pour les enfants qui viennent de loin.

Pendant ce temps, on nous amène notre matériel et on nous prépare une salle de classe. On travaillera sur la table portable et sur un bureau d’écolier converti en table de chiro.

Et c’est parti pour une matinée intense, on ne voit pas le temps passer, les enfants sont plutôt volontaires, on ne force personne et on soignera même quelques mamans et un enfant du village handicapé. Sina n’est plus avec nous, il fait des rotations entre l’école et l’hôpital. Il reviendra avec la dernière fournée plus tard dans l’après-midi, on se débrouille donc sans traducteur. Les enfants jouent le jeu et se laissent faire, très peu seront sur la défensive, pourtant aucun d’eux ne sait ce qu’on va lui faire. Il n’y avait pas trop de choses à travailler sur eux, surtout des blocages en hautes cervicales, essentiellement dûs, à mon avis, aux moyens de transports rustiques sur des routes bien pourries, quelques entorses de chevilles, quelques jambes courtes, très peu de scoliose. Globalement, ils sont plutôt bien au niveau articulaire, contrairement à l’état de leurs dents qui sont très abimées déjà pour leur âge d’après ce que nous en ont dit les dentistes.

Ma première patiente sur ma table improvisée 😉.
Vous remarquerez la fille du département de la santé en arrière plan qui prend des photos..
On est l’attraction du jour 😂.
Mes quatre groupies, elles sont restées à côté de moi toute la matinée 😃.
On va suscité des vocations 😜.
La pause déjeuner, un repas hyper épicé mais délicieux. Quelques tentatives de communication de notre part mais sans grand succès, personne ne parle anglais 😩.
Le dessert, mangue verte et purée de piment sucrée 🥵.

L’après-midi est consacrée aux adultes de l’école et des personnalités du villages…

Ne pensez pas que Julia a fait tout le boulot, on n’a travaillé que sur la table, à tour de rôle, pour les adultes et c’est moi qui prenait les photos quand elle travaillait 😜.

A la fin de l’après-midi de travail, la traditionnelle photo avec les officiels.

Pendant ce temps, apparemment, ça n’a pas chômé non plus à l’hôpital…

Au final, 115 patients pour les chiros et bon score pour les dentistes aussi, démarrage de la mission sur les chapeaux de roue 😃

Après cette première grosse journée, détente pour tout le monde, massage ou fish spa selon l’humeur de chacun.

Lundi 24 février

Aujourd’hui, il n’y a aucun patient prévu, on ne se rend à l’hôpital que pour la mise en place de tout notre matériel, avec tri des orthèses que tous les patients nous ont données, et pour que les dentistes vérifient le leur.

Les nouveaux arrivants n’ont pas une tête trop fatiguée malgré le jet lag 😅.
« Les Amis de Paksé », mission février 2020 😃.

On charge le minibus du département de la santé qui nous a été attribué pour les 2 semaines. L’association s’engage à payer l’essence et les péages (et oui, il y en a ici aussi 😜).

Défi du jour, faire rentrer tout le matos et nous dans le minibus du département de la santé 😅.
Tout est ok pour les dentistes, ils sont ravis de leurs conditions d’exercice 😃.
La fine équipe, avec en plus Sina (en haut à gauche), l’infirmière-chef de l’hôpital (en bas à gauche), une des « sisters » du département (au milieu) et un médecin (en bas à gauche).

Puisqu’on termine tôt cette première journée de mise en jambe, on en profite pour visiter un peu Paksé en rentrant : le vieux temple chinois qui aurait besoin d’un bon coup de peinture et la pagode familiale de Sina qui elle est fraichement repeinte puisque le bras du Mékong qui la longe a débordé en septembre et a envahi le site.

Ici, pour se repérer, on parle d’une adresse en km par rapport à cette borne qui délimite la fin de la vieille ville et le début de la nouvelle. Par exemple, le département de la santé est au km 3, l’école de Phonesavanh au km 4, etc…
La pagode familiale de Sina et sa famille.

Détails des portes et fenêtres :

La salle de prière.
La stuppa (le caveau) de la famille de Sina, les urnes de son père et sa mère sont à l’intérieur, il y a une petite porte derrière pour y accéder.
Au milieu de l’image, sur la rive opposée, les restes d’une plate-forme d’un restaurant qui s’est écroulée avec la crue de septembre comme beaucoup de maisons à cet endroit.

Dimanche 23 février

Petite matinée tranquille, ça fait du bien. Je peux un peu avancer sur le blog pendant que mon père se fait masser et que Laurent prépare ses musique de DJ au calme. Phonesavanh et Konthong viennent nous retrouver à la guesthouse pour nous emmener en balade puis nous ramener à Paksé.

Ils l’appellent « Grand Pa », terme hyper respectueux mix de sa taille et de son âge 😉.

Nous allons tout d’abord voir le grand Buddha qui surplombe la ville, Laurent et moi l’avons déjà vu mais ça ne fait rien, on l’aime bien 😇🙏🏼 et il n’a pas changé depuis l’année dernière mais la vue est plus dégagée 😉

Au grand Buddha :

Grand Pa raconte une histoire…
Première belle photo de ce pont depuis 3 ans 😜.
Laurent se déchaîne 😂.
Le gardien de la ville 🙏🏼.

Petite pause repas, Phonesavahn a acheté du poulet grillé au marché et cuisiné du riz que nous mangeons dans un petit restaurant au bord du Mékong auquel nous avons acheté des légumes sautés pour compléter notre repas. Konthong nous explique qu’il fait pousser des salades et nous montre les photos de son système d’irrigation dans le jardin. Il nous dit que son rêve serait d’avoir un bout de terre pour cultiver un potager, en plus de son boulot de prof de Lao. La famille de Phonesavanh en a un puisque c’était des cultivateurs mais c’est beaucoup trop loin de Paksé pour faire ça le soir après le boulot…. Laurent et lui échangent bien et le tout dans un anglais approximatif pour Konthong, mais, avec les mains, google translation et google images, on arrive maintenant à des conversations qui ressemblent à quelque chose 😜. Laurent propose de lui envoyer des graines de salades susceptibles de pousser ici, c’est à dire dans un climat chaud et humide, et qui peuvent donner des graines qu’on peut re-semer parce qu’apparemment ici, ils n’ont que des hybrides dont on ne peut pas utiliser les graines parce qu’elles sont stériles 🤔😩.

Au resto, au bord du Mékong en face de Paksé :

La vue du restaurant…
Le Mékong a un débit quand même réduit…
Un crocodile ! Mais si… là…, tu le vois ??
Nan, je blague, parce qu’en fait, je ne sais plus du tout ce qu’il me montrait 😅.
Smile, you’re on Candy’s camera…😜 (private family joke 😇).
Petit moment de méditation…
Laurent : « Je te promets, tu vas avoir des salades de ouf !… »

En cherchant bien sur la carte, on trouve une cascade, pas trop loin car je dois être en fin d’après-midi à Paksé, pour retrouver le beau-frère de William qui a un minivan et qui doit m’emmener à la frontière pour récupérer les chiros et les dentistes de la mission.

Et dire qu’il y en a qui se baignent et que je n’ai pas pris mon maillot 😭.
Joli concept les balançoires dans l’eau 😃.
« Mais, tu es vraiment tout petit Kongthon »…😂.
Laurent : « Il n’y a vraiment pas beaucoup d’eau… »
Phonesavanh : « Oui, il faudra revenir à la saison des pluies… »
Bon, il y a quand même un peu de débit 😜.
Premier trek de mon père, de 5 minutes, 😉,
c’est dommage qu’on ne puisse pas mettre la vidéo qui va avec…
On a vraiment tous passé un bon moment 😃.

Retour à Paksé de bonne heure parce que je dois aller à la frontière réceptionner tous les collègues. Oups, je vous l’ai déjà dit 😬, Alzeihmer, quand tu me tiens…

On a rendez-vous à 18h à la sortie du tunnel juste après le bureau d’immigration de la Thaïlande et avant celui du Laos. Entre les deux, gros « no man’s land ». C’est là où j’avais retrouvé Paul l’année dernière, endroit stratégique, simple, surtout quand on n’a pas de téléphone pour se joindre… Sauf que depuis l’année dernière, les choses ont changé, la sortie de la Thaïlande ne se fait plus par le tunnel mais par une barrière à 50m de là et comme il fait nuit noire et que le beau-frère de William, qui est mon chauffeur de minibus, ne parle que lao, il ne peut pas me prévenir que je me plante d’endroit…Heureusement, Benoît, un des chiros, a eu l’idée d’aller explorer un peu au-delà de la barrière, parce que ça faisait un moment qu’ils attendaient, et nous aussi, et il nous a trouvés le chauffeur et moi 😅😅.

Petit schéma pour expliquer…

De retour à Paksé, + ou – 45 minutes, dans un minivan antique, de nuit, après avoir évité des dizaines de : camions thaï, vaches, chiens, motocyclistes sans phares (dont un étalé sur la chaussée 😱), après une bonne douche pour tous moi y compris, la journée finit comme dans « Astérix et Obélix », un bon gueuleton, autour d’une table, dans une ambiance chaleureuse :

De gauche à droite : Julia, Benoît et Lara (chiros), moi (au cas où certains étrangers liraient ce blog) , Céline et Léo (dentistes), mon père (Jédi, Jean-Dom…) et Jean-Philippe (le trésorier de l’association et bricolo de l’équipe).

Samedi 22 février

Ce matin, Sina passe nous chercher, Laurent, Jean-Philippe, papa et moi, de bonne heure, pour nous emmener visiter Vat Phou, un temple dont les différentes constructions datent pour les plus vieilles du 5ème siècle et pour les plus récent du 15ème. Ce n’est pas aussi grand que les temples d’Ankor du Cambodge voisin mais c’est quand même un site imposant. Je n’avais jamais eu l’occasion de le faire en entier, la première année, j’en avais fait la moitié, en béquilles, et l’année dernière, on y est allé avec Paul (cf le blog de l’année dernière) et il y avait tellement de monde, puisque c’était la fête des lumières, qu’on n’était pas allé jusqu’en haut, d’autant plus qu’il faisait nuit et que c’était réservé aux bonzes. Alors cette année, je suis contente de découvrir la suite de la visite, notamment la vue incroyable sur le site tout entier.

La fine équipe 😃.
L’eau sacrée de la montagne 😋.
La nouvelle tendance après les empilements de cailloux,
les bouts de bois qui soutiennent les roches…on en voit partout.
Le site en entier.
Un éléphant, on ne distingue pas très bien à cause du soleil 😬.
Là, on le voit un peu mieux.
Un crocodile cette fois.
les escaliers sont impressionnants, largeur des marches à peine 15 cm et la hauteur, inégale, de 15 à 30 cm parfois, c’est très fatigant surtout en descente.
Elvis Presley coréen en visite 😂.

Après la visite, Sina nous emmène déjeuner sur Don Daeng, une petite île située juste en face de Champassak, première traversée en pirogue du Mékong pour mon père 😉.

Jédi et Sina

Sur l’île, c’est apéro, très bon repas et piscine 😇. Je pars quand même faire une belle balade en vélo sur une partie de l’île parce que j’aime beaucoup flâner dans les petits hameaux et regarder les gens vivre…ici, c’est les gens travaillent sereinement.

De retour de l’île, Papa, Laurent et moi restons dormir à Champassak, tranquilles 😃.

Vendredi 21 février

Aujourd’hui, grosse opération nettoyage du cabinet dentaire, installation des salles pour les chiros, tri des médicaments, récupération des tables et des orthèses arrivées l’année dernière par container. Nous partons à Don Talat avec le neveu de Williams, son mini-van est peu confortable, les amortisseurs auraient bien besoin d’être changés, et encore, la route s’est bien améliorée depuis l’année dernière, mais nous sommes quand même pas mal secouées 😬. Arrivés sur le site, on voit qu’ils ont déjà fait le ménage à l’extérieur 😃. Les « sisters » sont déjà sur place, elles viennent voir officiellement si on a besoin de rien, officieusement voir si on ne leur refourgue pas de vieux médocs….

Les « sisters », la dentiste et l’infirmière-chef m’aident à trier.
Il va falloir maintenant trier tout ça par spécialité
et répartir en fonction de leur future utilisation.
Finalement, très peu partiront à la poubelle 😅.
Pendant que Jean-Philippe remet en route les fauteuils de dentistes, mon père et moi
trions les médicaments dans une des salles de chiros.

A 15h30, tout est en place 😃 :

le fauteuil pour les radios.

Après tout ça, repos avant d’aller dîner avec Laurent chez Nicolas, un français marié à une lao qui tient une guesthouse et une table d’hôtes. Nous y avons mangé du poisson cuit de 3 sortes, BBQ, vapeur et frit à la mangue et des rouleaux de printemps qu’on faisait nous même, on s’est régalé. On a discuté avec un français, marié à une cambodgienne, responsable de plusieurs usines de riz autour de Paksé, on a appris plein de choses sur la culture, le séchage et l’exportation du riz 😃. Comme on a fini assez tard, on a juste galèré pour rentrer parce qu’il faisait nuit depuis longtemps et que les tuk-tuk ne roulent plus vraiment après la tombée de la nuit, surtout en dehors du centre ville. On a fini par avoir quand même un taxi et on est arrivé 1/4 d’h avant l’heure de fermeture de la guesthouse qui a un couvre-feu à 23h 😅.

Jeudi 20 février

Ce matin, je laisse Papa et Jean-Philippe se reposer pendant que Sina et les « sisters » et moi allons rendre visite au directeur de l’hôpital de Don Talat pour tout organiser. Les villages des environs seront prévenus par le département de notre présence. Pour éviter l’affluence, ils vont faire ça village par village. Ils mettront également à notre disposition la dentiste de l’hôpital qui m’avait servie d’interprète l’année dernière parce qu’elle parle un peu anglais et qui pourra seconder nos dentistes si besoin.

Petit arrêt rapide chez le chef du district.
Il va falloir virer les motos et nettoyer un peu le mur, c’est l’hôpital qui s’en occupe 😅.
Le cabinet dentaire.
Oui, c’est bien de la moisissure sur le fauteuil, il y a du taf 😱.
Meeting au sommet 😉
de gauche à droite : Sina, Inpong (le directeur), les « sisters », l’intendante, ?, et moi 😃

L’après-midi, je propose à Papa d’aller voir mes amis, Somsit, le kiné et Sisay, le prothésiste, de l’hôpital de Paksé (qui n’est pas loin de la guesthouse). On leur amène un gros sac d’orthèses, il sont ravis. Sisay, qui a lui même une prothèse de jambe, nous demande de lui trouver quelque chose de plus léger et plus récent pour remplacer les montants en fer de sa prothèse, nous promettons que nous allons essayer de lui trouver quelque chose. Il me pose plein de questions professionnelles et répond aux nôtres, c’est un bel échange.

Un pied, pour une jambe artificielle, en cours de fabrication.
Sur le tour, au fond, une « cuisse ».
L’équipe de prothésistes.
Le parcours de motricité du kiné…

Puis Sina passe nous prendre pour nous emmener voir deux soeurs de la Charité qui ont une maison à 30 km de Paksé. Elles hébergent 6 orphelins qui vont à l’école juste en face. En échange, les enfant participent à la vie de la propriété, ils arrosent les plantes, récoltent les fruits et les légumes, nourrissent les animaux…Elles vivent quasiment en autarcie, le surplus de production, elles le troquent aux villageois contre ce qui peut leur manquer (boeuf, produits ménagers, miel…) et s’il y en a vraiment trop, les villageois emmènent le surplus à Paksé pour le vendre et ils partagent les gains avec les soeurs, j’aime bien le concept 😃.

Une partie du jardin.
La cloche de l’église.
Un nouveau bâtiment, les soeurs vont accueillir 8 filles en plus des 6 garçons.
Ils sont 3 vietnamiens à construire la maison, ça leur prend 3 mois,
Ça va être un bâtiment simple, 2 chambres pour chacune des soeurs avec salle de bain (leur maison actuelle prend l’eau), un dortoir pour les filles et une grande salle de bain.
Les piments qui sèchent.
La salle à manger.
La cuisine.
Le poulailler.
Le terrain de sport…
L’église, à gauche du clocher, il commençait à faire nuit 😬.
Derrière la fumée, le chauffeur qui vient à l’instant de démarrer son engin à la manivelle…
Le voilà 😅, une fois le gaz carbonique disparu 🤢.
Elles font leur propre charbon.
La salle de bain à gauche, le placard à balai à droite.
L’arrivée d’eau, le réservoir est de bonne taille !

Au jardin :

Dans le fond du jardin, les tombes des catholiques de la région,
il paraît qu’il y a eu quelques martyrs tombés en 1975.
Avec soeur Marie-Edouard.

Une fois rentrés à Paksé, Sina nous a emmenés voir la pagode familiale, c’était l’heure de la prière, de 18h à 18h30, donc la nuit était tombée. Sina a été 3 fois bonze, 1 semaine, 2 semaines puis 3 semaines. Il dit que le plus dur est d’aller parcourir, à 6h du matin, pieds nus, les 7-8 kms dans les rue du quartier, pour recueillir les offrandes. Je reviendrai faire des photos de jour, la pagode a été repeinte suite aux inondations de septembre, mais là, on ne se rend pas bien compte.

J’adore les deux chiens qui dorment derrière les bonzes, bercés par leur chant 😉.

Le soir, on retrouve Laurent qui vient d’arriver à Paksé. Un lao, un peu éméché, est venu nous parler pendant un bon moment et nous a offert à boire, on ne comprenait pas tout ce qu’il nous racontait et il était un peu pénible, mais il semblait tellement content de nous parler 😬😅.

Mercredi 19 février

Hier soir, j’ai dîné avec Sina/Sébastien, un lao/français qui a rejoint les membres des « Amis de Paksé » cette année et qui est un de nos traducteurs pour la mission. Maintenant qu’il est en retraite, il passe plusieurs mois ici, à Paksé et dans le nord du Laos où il soutient, entre autres, une école pour orphelins sourds muets, mais il s’occupe aussi de plusieurs autres bonnes causes, la plupart à vocation d’aide aux enfants du pays. Il a une histoire de famille fascinante.

Son père, Sisouk, était un commerçant plutôt connu. En 1975, comme une majorité d’intellectuels et de riches commerçants, il a dû fuir le Laos avec toute sa famille, il a 9 garçons et 1 fille. Il arrive en France, s’installe et s’intègre parfaitement dans le pays, tous les enfants suivent des études supérieures (Sina a changé son prénom en Sébastien au moment de sa naturalisation parce qu’il a vite réalisé qu’il aurait plus de chance de trouver du travail avec un prénom français, qu’il a d’ailleurs choisi parce qu’il était un fan de « Belle et Sébastien » quand il était ado).

En 1990, il décide de revenir à Paksé, le pouvoir a changé, c’est maintenant une « république démocratique populaire », un de ses anciens camarades de classe, qui est au pouvoir, le supplie de venir l’aider pour le ministère du commerce dans le sud du pays. Il revient donc et reprend possession de la maison familiale, grande bâtisse sur 4 niveaux, une des plus hautes de Paksé, une dizaine de chambres et 3 salles de bain, un grand luxe pour l’époque. Elle a été occupée par les communistes qui s’entassaient à une centaine de personnes accompagnée de toute une ménagerie, poulets, cochons, il y avait même des élevages de poissons dans les baignoires…

Il se fait « élire » (en fait il est désigné…) représentant de la province de Champasak et devient président de la Chambre de Commerce de la province (cette fois une vraie élection par tous les commerçants de la région qui ont confiance en lui). Sina et son frère Sisouk le rejoignent en 1992, et cherchent quoi exporter pour aider le Laos. Ils rencontrent un cousin qui fait pousser des caféiers à Paksong, située à 50 km de Paksé, réalisent que c’est ce qu’ils pourraient exporter, que ça pousse bien ici et qu’il y a une demande ailleurs. Je vous passe tous les détails de la « guerre » qui arrive quand débarque du Vietnam, Mme Dao et son argent, et qu’elle pique leur idée…Bref, Sina et Sisouk s’accrochent farouchement, et ça paie puisqu’ils développent le « café Sinouk » à travers le pays et au-delà des frontières.

A vous d’aller lire la suite si ça vous intéresse…😉

En parallèle, Sina, sa femme Sylvie et sa soeur Nang transforment la maison familiale en petit hôtel de 14 chambres et un restaurant avec une vue panoramique, réservé aux guests. 3 ans de travaux mais le résultat vaut le coup.

En bas, le café se Sinouk.
Les couloirs aux étages.
Tout est en teck.
L’incroyable ascenseur japonais 😅
Le bar, entièrement dessiné par Sina,
je trouve qu’on dirait un bar de pub irlandais ☘️
La vue 😎

Aujourd’hui, deux choses importantes…rendez-vous au département de la santé pour officialiser la mission ce matin et réception à l’aéroport de papa et Jean-Philippe, le bricoleur de l’équipe, cette après-midi.

Sina et moi avons rendez-vous à 9h avec M. Sivixay le chef du département de la santé de la Province de Champasak. Sauf qu’en fait, on verra le sous-chef (dont je n’ai pas retenu le nom) puisque M. Sivixay est parti en congrès ou je ne sais où, alors qu’il nous avait bien confirmé la veille le rdv…Bref du coup, on se retrouve en réunion avec un gars qui ne connaissait pas le dossier et deux « sisters » du département (je les appelle comme ça parce qu’elles sont des témoins des entretiens et qu’elles s’assurent que les choses se déroulent bien selon le protocole, je m’étais déjà trouvée face à elles l’année dernière…) qui avaient eu vent du dossier, qui avaient pu le retrouver mais qui ne l’avaient pas lu…un bel exemple de la bureaucratie ici. Après moult palabres de Sina, où il a subtilement glissé auprès des dames qu’il était le frère de Sinouk 😇, nous avons eu le feu vert pour la mission avec, comme demandé, un minibus pour faire les allers/retours entre Paksé et Dontalat et la confirmation du rdv avec le directeur de l’hôpital pour boucler les détails. Les deux dames viendront avec nous et d’ailleurs proposent de nous emmener ce qui nous arrange, ça fait un trajet en moins que l’association devra payer 😜.

Version officielle…
Version off 😇.

Après déjeuner, je vais à l’aéroport avec le neveu (ou beau-frère, je ne suis pas sûre…) de William, chauffeur de mini-van, chercher mon père et Jean-Philippe.

Jean-Philippe
Papa

Forcément, première étape après avoir déposé les bagages, pris une petite douche, massage 😃. Même en ayant demandé un massage à l’huile, plus cool en général, et en ayant précisé qu’il fallait être doux ++, Papa l’a trouvé très…tonique 😅. Ce qui ne l’a pas empêché de chantonner pendant le massage dès qu’il reconnaissait un air qui passait à la radio, heureusement qu’on n’était que tous les deux ! Il a reconnu le lendemain que ça lui avait fait du bien 😇.

Lavage de pieds obligatoire avant un massage.
Petit mojito à l’ananas à la terrasse de l’hôtel Paksé, même si la vue est plus jolie de jour, pour fêter les retrouvailles avant d’aller dîner avec Jean-Philippe.

Mardi 18 février

Aujourd’hui, journée cool histoire de garder des forces pour les prochains jours qui vont être beaucoup plus intenses. Je déambule un peu en moto et à pied dans Paksé, j’aime regarder les gens vivre, m’imprégner de l’ambiance, des sons, des odeurs, des lumières. Tout est à la fois pareil et très différent de chez nous. Il y a une forte agitation en début de matinée, on a l’impression que tout le monde va dans tous les sens : qui va chercher de quoi prendre le petit déjeuner, qui emmène les enfants à l’école, qui part au boulot, qui nettoie sa maison, sa boutique, qui bosse déjà sur le trottoir devant chez lui. Des tas de motos/voitures se croisent et s’entrecroisent dans un ballet qu’on pourrait retrouver un peu à Paris en inversant le ratio voitures/motos et où les motards n’auraient quasiment jamais de casque et où il y aurait plus souvent 2, 3 voire 4 personnes sur la même moto…J’ai trouvé sur le net un petit dessin qui illustre assez bien la circulation de Paksé, je me suis permise de vous le copier, j’espère que ce sera compréhensible, c’est tellement ça !

Un jour de concours de danse.
La résidence de Madame Dao, impératrice du café laotien.
Le Mékong.
Les travaux de la digue, j’ai l’impression que c’en est au même point que l’année dernière mais c’est peut-être juste une impression…je vais retrouver les photos pour comparer 😉.
Pourquoi un bol sur le coffre ??
Parce que c’est génial de faire sécher des galettes de riz là 😂.
Maisons typiques du vieux Paksé, elles ont quasiment toutes des grilles comme ça.
Chez nous, la grille serait à ras du trottoir, pas collée à la porte d’entrée…
Une clinique de kiné, enfin quelque chose de la sorte.
Une papeterie.
La seule piscine de Paksé qui ne soit pas dans un grand hôtel. J’avais très envie de me baigner, manque de bol, elle n’était pas nettoyée et la personne avec qui j’ai réussi à parler m’a expliquée qu’elle serait nettoyée en fin de semaine, qu’il faudra revenir plus tard 😩.

Alors pour compenser, je suis allée me balader au bord du Mékong, j’ai pu voir un quartier que je ne connaissais pas, les gens y vivent très pauvrement et ont dû prendre de plein fouet la crue de septembre. C’était visiblement l’heure de l’apéro, il y a fait des groupes de vieux (pas de femmes) toutes les 2 ou 3 maisons, assis autour d’une table à siroter de la bière ou un alcool chelou dans une bouteille d’eau avec des bêtes à l’intérieur, je n’ai pas osé les prendre en photo…

Une habitation qui s’est écroulée.
Un bras du Mékong est à 20 m derrière l’arbre.
Je ne sais plus ce qu’ils élèvent là, poissons ou crevettes ??

Ce jour-là, j’ai pu profiter d’un magnifique coucher de soleil 😃.

Lundi 17 février

Il est grand temps que j’aille voir mes amis Nilavanh et Claude à Champasak. Après m’être assurée qu’ils étaient bien là et m’être faite invitée à déjeuner, je prends la route tranquillement. Je me permets des arrêts quand ça me chante parce qu’il y a encore pleins d’endroits que je n’ai pas explorés sur cette route. Comme ce temple par exemple, situé sur les hauteurs, qui a une vue plongeante sur le Mékong…

La vue de la salle de prière, ça invite à la contemplation 😃.
Je viens de réaliser qu’il y a des toilettes publiques dans chaque enceinte de temple,
je pensais qu’elles étaient réservées aux bonzes,
heureusement sur celles-là, c’est écrit en anglais 😇.
Une maison en construction, à l’ancienne 🙃

Pour le repas, c’est typiquement lao, je n’ai pas retenu le nom de tous les plats, je mange une sorte de cake plutôt épicé, des légumes à la vapeur, du sticky rice, des pousses de bambous et une délicieuse soupe au poulet et fourmis…si, si, il paraît que l’acide formique est très bon pour la santé. Ce sont des fourmis rouges qui vivent dans certains arbres et qu’ils vont chercher la nuit 🤔.

J’ai pris la photo avant de finir mais j’ai tout mangé 😜

Après ce délicieux repas, je donne les médicaments et orthèses que j’avais amenés à Claude et mes premiers patients arrivent. J’avais oublié que Nilavanh me met à contribution aussi rapidement, mais j’adore ça ! Je soigne son frère, un jeune qu’ils aident et leur employée de maison.

Ensuite, Nilavanh m’emmène voir sa famille, sa mère, ou tout comme, et sa soeur.

Après tout ça, je reprends la route, toujours tranquillement, j’ai encore un peu de temps avant la tombée de la nuit 😉.

Dimanche 16 février

Hier soir, j’ai mangé français, ça faisait, deux semaines et demi que je mangeais local, j’ai eu envie de changer. J’ai commandé, à l’hôtel Paksé qui est plutôt classe, un filet de canard servi avec des frites et des haricots verts. J’ai été un peu déçue parce que ce n’était pas très bon, je l’avais demandé rosé et il est arrivé bien cuit et les frites était quelconques. Et bien, j’aurais mieux fait de m’en tenir à la nourriture asiatique, j’ai passé la nuit à me vider, une belle intoxication alimentaire 🤢🤮.

Alors forcément, quand Phonesavanh a proposé de passer me chercher à 9h, j’ai demandé un petit sursis histoire d’avoir l’air fraîche quand elle arriverait. A 10 h, mon estomac et mes intestins ont l’air en mode pause, je prie pour que la place soit nette et que je puisse profiter de la journée sereinement. Je retrouve la petite famille avec plaisir. Je monte devant parce que j’ai de grandes jambes, le seul inconvénient est que je me prends la clim en pleine poire, réglée à fond et froide 🥶, je leur avais pourtant déjà expliqué l’année dernière qu’ils ne devaient pas la mettre si froide, ils se plaignent que les enfants sont souvent enrhumés 😤. Sur la route, son mari conduit toujours aussi lentement, mais il a une excuse, c’est la voiture de son oncle…et pourtant il y a tous les gri-gris indispensables pour ne pas avoir d’ennuis sur la route 😜

Ils ne m’emmènent pas très loin de Paksé et heureusement, parce que si Konthong roule à 40 km/h sur la 4 voies, voire moins, il est carrément à 10 km/h sur la piste qui nous mène à notre destination finale, bref 45 minutes pour 12 km 😤.

L’endroit est charmant, nous sommes les premiers et du coup, c’est tranquille. Il y a bien leurs éternelles énormes enceintes qui diffusent de la musique mais ce n’est pas trop fort pour l’instant. J’avoue que je préfère la musique de l’eau qui coule sur les rochers 😇.

Phonesavanh m’explique qu’elle a cuisiné du poulet grillé et préparé du sticky rice (la traduction « riz gluant » ne me plaît pas, il n’est pas gluant mais collant plutôt, il se mange comme le pain chez nous, on sauce son assiette avec ou on le mange en boulette 😋). Elle me dit qu’il faut que je mange parce que je n’ai pas pris de petit déjeuner, je prie pour que mon estomac tienne le coup, je mange de toutes petites bouchées. Je suis la seule à manger avec son fils et quand je lui en demande la raison, elle me dit qu’elle a déjà mangé, ok, ok 😅

Le sticky rice est toujours dans ces petits paniers, ça le conserve pour la journée voire plus…

Personne ne semble vouloir aller dans l’eau…du coup, je me demande s’ils ne sont pas venus là que parce que je leur ai dit que j’aimais me baigner…mais heureusement Ngyod demande finalement à y aller. Je sens que Phonesavanh n’est pas à l’aise avec l’eau, elle a beau m’avoir répondu par l’affirmative quand je lui ai demandée si elle savait nager, j’ai un doute 😉. En fait, il s’avère qu’elle est terrorisée par tout ce qui pourrait arriver à ses enfants (noyade, renversé par une moto/voiture, chute sur les bords du Mékong…), c’est bizarre comme on a des points communs ( d’ailleurs, j’espère que mes enfants n’ont pas trop réalisés que j’étais comme ça 😇😇, je crois qu’ils s’en sortent bien parce que leur père était beaucoup moins flippé, ce qui est le cas dans cette famille aussi 😉). Sans compter qu’elle ne veut pas monter dans une pirogue, bien qu’elle ait fait une exception pour moi l’année dernière mais parce qu’on était sans les enfants je pense !

Je me baigne tout habillée, heureusement que j’avais emmené
des affaires de rechange au cas où je sois malade,
je ne savais pas qu’on allait pouvoir faire trempette 😜

Au bout d’un moment, Phonesavanh me demande si j’ai aimé le poisson que j’avais mangé hier, je lui avais raconté ma journée de samedi, et je lui dis que oui…grave erreur, je n’ai pas fait gaffe mais elle est partie en acheter, ça faisait à peine une heure que j’avais mangé le poulet 😬, elle me gave comme une oie 😩.

L’intention est sympa, mais je dois me forcer un peu 😟 et en plus, ils ne mangent toujours pas alors, je suis gênée de ne pas faire honneur…mais bon, je ne veux pas non plus être malade alors je mange 1/4 du poisson en leur faisant comprendre que s’ils pouvaient m’aider à finir, ça m’arrangerait ! Et là, ils se mettent tous à en manger, sauf Phonesavanh, et je ne comprends pas bien le code, sont-ils supposés me laisser manger et prendre mes restes ?? Encore un truc à éclaircir…

Après ça, nous reprenons la route pour aller dans un petit village de pêcheurs dans lequel Phonesavanh allait avec sa copine quand elle était ado, je n’ai pas compris pourquoi elle faisait ça, mais bon, le challenge était sûrement de faire les 6 kms qui la séparait de sa maison en vélo, juste pour le fun…j’ai bien fait ce genre de choses, les ados sont bizarre des fois 🙃. Il s’y tient un tout petit marché, typiquement local et il y a, comme dans tous les villages, un temple, celui-là s’appelle celui de la vache rouge.

Regardez bien la taille des haricots par rapport à sa main 😜
Des sortes de courgettes aussi grosses que les citrouilles 😅
Les enfants sont également les vendeurs, c’est dimanche, il n’y a pas école…
Par là, c’est un peu vert grâce à l’irrigation venant de la rivière toute proche

De retour à la guesthouse, je m’écroule pour deux heures de sieste 😴 et ne fais pas grand-chose de ma fin de journée à part écrire le blog et regarder « the new pope ». Et bien sûr, téléphoner ou tchatter avec les miens, petit rituel journalier 😍.