Mardi

Debout à 6h, je dois prendre le café chez Claude et Nilavanh avant d’aller au boulot. J’en profite pour découvrir des spécialités locales, saucisses de porc plutôt sucrées (carrément écoeurantes), poulet ou bœuf séché sur des brochettes (depuis quand ??) mais enrobée de gingembre donc ça passe, mix riz et coco cuit dans du bambou (délicieux), je vous ferai des photos de nourriture plus tard.

En route pour l’hôpital, c’est parti pour 30 minutes de scooter, et c’est du sport ici, il faut éviter les vaches, les chiens, les poules, les chèvres, les gens qui se garent n’importe où, les gens qui font des écarts sans raison, les vans qui doublent en face de toi en se déportant bien sur ta voie et bien sûr les nids de poule qui ne sont pas trop nombreux mais traîtres. Quand je roule à 40 km/h je suis contente, des petites pointes à 60 de temps en temps (ça rafraichit !). Je vous mettrai des vidéos sur Whatsapp.

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ma porte
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ma salle de consutation

Je suis carrément à l’heure, même en avance…pas de commentaires 😉 et du coup l’hôpital est désert, j’en profite pour faire des photos puis je vais boire un café à la cantine.

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le couloir vers la nouvelle aile
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la future salle pour les gens qui doivent rester
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une femme donnant à manger dans le couloir à son mari opéré
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la pharmacie, à droite la télé de la salle d’attente
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la maternité

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la couveuse

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la cantine
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le batiment financé et aménagé par l’association

IMG_0210A 8h30, ça commence à s’exciter, la salle d’attente de l’hôpital est pleine, heureusement, ils ne sont pas tous pour moi, je la partage avec les médecins généralistes/régulateurs. J’espère la visite du médecin que j’ai vu hier mais non, c’est quelqu’un de son staff, il s’appelle Choun, il est…ben en fait je ne sais pas…orthopédiste, généraliste et kiné en formation d’après ce que je comprends ! Il ne parle absolument pas anglais, a appris l’anatomie en français mais j’ai du mal à comprendre quand il prononce un truc en français 😉 Heureusement, on lui a associé, pour aujourd’hui, une dentiste, Djune qui elle, parle plutôt bien anglais et un peu français puisqu’elle assiste les dentistes des « Amis de Paksé » quand ils viennent en mission.

On attaque avec la visite à une patiente qui est paralysée depuis 2 jours, sans raison, seulement des membres inférieurs et pas au même endroit de chaque côté, ni de la même façon, des fois sensitif, des fois moteur, elle a fait un AVC il y a 3 mois sans séquelles, bref plutôt neuro mais bizarre. Je propose de lui faire passer une radio avant d’y toucher, ça a l’air compliqué mais ils sont d’accord finalement mais je ne saurais jamais ce qui s’est passé ni ce qu’elle a eu parce qu’elle a demandé à partir à Paksé (et je la comprends) mais c’est frustrant, j’aurais bien aimé savoir, je vais voir si je peux la retrouver à l’hôpital de Paksé ce we, j’ai mon ami du centre de rééducation là-bas, elle doit y être…Le deuxième patient souffre d’une sciatique depuis une chute sur les fesses il y a 3 mois.

Rassurez-vous, je ne vous gaverai pas avec chaque cas, peut-être quelques-uns, loin de ce qu’on voit en France, mais là, c’est les premiers, ça compte ! Merci à la traductrice qui me facilite le travail. Ce patient est hyper souple, malgré la douleur, et je vais vite me rendre compte qu’ils le sont tous et plutôt très musclés surtout les hommes et les femmes qui travaillent au champ ou vendent à manger. Je retrouve des pathologies comme à la maison mais aussi des traumatismes qu’on ne voit jamais en cabinet…merci la moto.

IMG_0254IMG_0256La matinée passe vite et est éreintante, même si j’ai dû voir un peu moins de dix patients, c’est tellement dur de se concentrer pour comprendre ce que me dit la traductrice, d’imaginer ce qu’elle ne dit pas mais que je traduis d’après la gestuelle du patient et ce que je peux sentir des tensions sur son corps.

A midi, je reste manger à Dontalat où il y a un grand marché et des dizaines de magasins de motos (pourquoi ici ??). Je pars à la recherche d’un casque, celui de la guesthouse est trop grand, n’a pas de mentonnière, ni de visière et vues les conditions de circulation, j’aimerais en avoir un correct. J’arrive à négocier un peu le prix (pour le principe, je me doute qu’il augmente quand on est étranger) je passe de 30 à 16 euros, le tout en lao uniquement mais avec un papier et un crayon pour les chiffres 😉 Je ne sais pas à combien ils l’achètent (le pire c’est qu’ils se font forcément une marge dessus) ni ce qu’il vaut réellement mais on va dire qu’il est bien et qu’il me protègera en cas de chute.

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soupe de nouilles au marché

IMG_0229A deux heures, j’ai rdv avec M. Trat, le traducteur des Amis de Paksé, pour aller voir l’école de Nonk Nok Khien et la directrice. Je lui ai donné rdv dans un café au bord de la route qui tient plus d’une d’habitation qu’un bar réellement, une table et 4 chaises seulement et la cuisine, les gens sont adorables. Je les aime surtout parce que leur accueil est chaleureux et qu’ils ont compris ce que je voulais, uniquement en lao, café lao, noir, glacé, sans sucre et sans lait (bref une demande de chieuse !) et surtout pas leur Nescafé en poudre avec sucre et lait !! Je sais, je passe pour un OVNI ici, blanche, cheveux courts et gris, grande…et qui veut du café lao et non européen 😉

Quand il arrive de Paksé (1h20 de route), je lui explique que je suis inquiète parce que je suis passée devant l’école un peu plus tôt et que tout était fermé. De fait, quand nous y arrivons, la grille est cadenassée et aucun enfant aux environs. M. Trat va se renseigner chez les voisins et apprend qu’aujourd’hui, tous les enfants sont à Dontalat pour un examen mais ne se démonte pas, demande le n° de la directrice (que le voisin a forcément) et l’appelle. Elle doit arriver dans le ¼ d’heure. Je profite de ce temps avec M. Trat pour lui poser plein de questions sur la vie au Laos, on discute pas mal politique, je vous raconterai à un autre moment. Quand la directrice arrive, elle se rend compte qu’elle n’a pas les clés ! Nouvelle attente d’1/4 d’h pour qu’une des instits vienne ouvrir ; « Bo Benieng » comme ils disent ici, ce qu’on pourrait traduire par « pas de problème, tout est sous contrôle, no stress » 😉

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la classe est repeinte de cet été par les Amis de Paksé
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par contre, il faudra changer le mobilier…

M.Trat explique ma proposition à savoir « donner » des cours d’anglais aux élèves les après-midis à partir de demain. Elles sont ravies mais lui expliquent qu’une seule des instits parle anglais sur les 6 et qu’il va falloir faire avec…J’aurais 3 classes, la 4, 5 et 6 ce qui équivaut à CE2, CM1 et CM2 je crois.

Je rentre de bonne heure à la guesthouse du coup mais ça tombe bien, je suis claquée. Petite pause avant d’aller dîner chez Claude et Nilavanh, ils ont commandé une pizza en mon honneur 😉 et je dois m’occuper de Nivalanh qui a mal au dos. En échange, Claude va me masser un peu les jambes pour drainer, mais je me promets de mettre mes chaussettes de contention et tant pis si c’est moche !

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du bambou, délicieux, avant que je ne croque dans un gros piment caché dedans 😉

Lundi

Départ pour Champassak ce matin, le mini-van passe me prendre à la guesthouse à 8h, je suis légèrement en retard (de 5 minutes) mais j’avais oublié que je n’avais pas payé mes trois nuits et bien sûr l’argent était dans ma valise que j’avais bien bouclée…Le couple d’allemands qui voyage avec moi me regarde d’un air désespéré, j’imagine qu’ils se disent : ah ces français, jamais à l’heure  L. C’est vrai qu’eux, bien qu’on ait pris le petit déjeuner en même temps, étaient prêts ¼ d’h avant, la chambre réglée et les bagages posés près de l’entrée 😉

Le mini-van est neuf et la clim mise de façon raisonnable (et pas comme dans le bus navette entre les deux aéroports à Bangkok qui avait réglé sa clim sur 17° alors qu’il faisait 36° dehors, résultat, je me suis choppée un rhume et une petite angine qui commencent tout juste à s’arranger).

Arrivée à la même guesthouse que l’année dernière (je suis plutôt du genre fidèle quand ça me plaît et puis ça ne peut pas être tout le temps l’inconnu, c’est bien d’avoir un repère stable de temps en temps), je retrouve avec plaisir ma chambre qui donne sur le Mékong et la tranquillité de l’endroit. Je sens que je vais pouvoir me ressourcer (après mes journées bien remplies) en guettant les levers de soleil tous les matins et en regardant le fleuve couler doucement le soir.

 

 

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vue sur l’arrière de la chambre
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vue de derrière la chambre
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vue sur le Mékong
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ok, c’est kitch 😉

Le temps de m’installer et j’ai un coup de fil de l’interprète de l’association, M. Trat, qui m’explique que c’est le nouvel an chinois et comme il est à moitié chinois, il a des préparatifs à faire et ne pourra pas venir avec moi aujourd’hui mais demain seulement.

Malgré ça, je me décide à partir pour l’hôpital en fin de matinée, ½ h de scooter annoncé sur MapsMe, ¾ d’h pour moi parce que je me perds 😉 .Les enfants à qui je demande l’hôpital ne me comprennent pas mais je crois que je les impressionne… finalement j’arrive à prononcer ma première phrase en laotien compréhensible à un vendeur d’accessoires de téléphone qui m’indique le chemin, je ne comprends pas tout mais l’essentiel. Bon, je vous montre la route, vous comprendrez mieux pourquoi je suis passée à côté !

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J’arrive et il est presque midi. Je demande à parler au directeur qui, coup de chance, est dans son bureau. Il ne parle pas anglais, me dit qu’il parle un peu français mais je me rend vite compte que son niveau équivaut celui de la nounou des garçons qu’on avait en Israël qui parlait soi-disant français mais qui ne connaissait surtout que les jours de la semaine et deux ou trois autres trucs, c’est-à-dire pas grand-chose.

Il m’emmène voir un médecin qui parle à peine anglais, qui me demande où j’ai mal…et je me dis que le directeur ne parle pas du tout français 😉

J’ai fini par leur faire comprendre que je voulais soigner les gens et non pas être soignée !! Après quelques explications, répétées maintes fois, je comprends que le médecin qui parle bien anglais sera là cet après-midi. J’explique que je vais aller manger et revenir mais le directeur me propose de manger sur place à leur cantine, j’accepte. Je suis la seule femme (à part la cuisinière) mais je finis par m’y habituer. En fait, des infirmières arriveront plus tard quand il n’y aura plus d’hommes, coïncidence ?? Il va falloir que je me renseigne.

C’était très bon mais on n’a pas échangé beaucoup, il sait dire quelques mots en français mais ne comprend pas bien même si je parle lentement, j’ai essayé google traduction mais ce n’était pas top 😉

alors je griffonne sur mon carnet ce que je voudrais vous écrire ou je révise ma méthode assimil de Lao, c’est tellement frustrant de ne pas être comprise que j’ai envie de progresser mais on n’apprend plus aussi vite à 51 ans qu’enfant L

Après le déjeuner, le directeur m’installe dans son bureau avec son ordinateur en libre-service et me fait comprendre que je dois attendre. Je passe surtout mon temps, sans succès, à essayer d’éteindre cette p*** de clim dirigée droit sur moi.

Le médecin, je n’ai pas retenu son nom, est arrivé un peu après 14h, très sympa, il a percuté tout de suite quand j’ai parlé de William et de l’association, il était surpris que je sois seule mais ça ne lui a pas posé de problème. Il m’a expliqué que j’aurai une salle de consultation pour moi, que je pourrais travailler tous les matins parce qu’il n’y a pas beaucoup de patients l’après-midi, ce qui m’arrange, ça va me permettre d’aller à l’école. Il va prévenir son staff et les patients, je commence demain à 8h.

Il m’a fait visiter tout l’hôpital, je n’ai pas fait de commentaire et je vous en reparle demain, photos à l’appui. Mais il y a de la bonne volonté de part et d’autre, ça devrait être une bonne coopération.

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Et la journée n’est pas finie, je suis attendue chez Claude et Nilavanh que j’avais rencontrés l’année dernière et pour qui je ramenais des médicaments et des orthèses. Ils sont ravis de me revoir, et encore plus de ce que je leur amène. Je reste dîner avec eux, ils me font une cérémonie de bienvenue/remerciements et me voilà avec deux magnifiques bouts de cotons autour du poignet qui ont pour signification « chance, santé, prospérité, bonheur, réussite dans les projets, réalisation de tous mes voeux » et que tout ce qui est mauvais aille se noyer dans le Mékong et que tout ce qui est bon aille fertiliser les champs. Sacrée journée, sans jeu de mots 🙂

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Nilavanh
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Claude
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Ah oui, j’avais aussi amené du vin, une terrine et du foie de morue 😉

 

Dimanche

Phonesavanh et sa petite famille viennent me chercher à 10h (c’était 9h au départ, mais toujours cette faille spatio-temporelle alors j’ai encore avancé sur le blog du coup !) direction le plateau des Bolovens pour aller à Tad Fan, une chute d’eau pas trop loin. Khonthong conduit toujours aussi mal, pourtant il a passé son permis dans l’année (je vous rappelle qu’il conduisait depuis 5 ans sans permis et que mon père, merci à lui, lui a permis de le financer et donc de le passer). On va dire qu’il est prudent mais n’empêche, c’est un peu flippant parfois. Bon, je vais dire que c’est parce qu’il conduit la voiture que son beau-frère lui a prété.

voiture

tad fan

tous

La ou plutôt les chutes d’eau sont impressionantes alors qu’on est loin et que c’est la saison sèche, ça doit être incroyable à la saison des pluies même si l’accès ne doit pas y être évident à ce moment-là, c’est plus une piste qu’une route.

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Petite nouveauté, ils ont installé une tyrolienne au-dessus du canyon et 3 autres dans la forêt en face, on peut faire le tout pour la modique somme de 40 $ !

départ tyrolienne
les enfants préfèrent la balançoire 😉

Petit arrêt dans les éternelles boutiques de souvenirs…

bebe parc

le parc, c’est pratique quand Maman travaille 🙂
mandragore
Mandragore ?
bronzés
Comme dans les Bronzés font du ski 😉

Un peu plus loin, on s’arrête pour prendre des Norvégiens qui vont sur Paksé, ils font le tour du monde en stop, chapeau ! Et hop, à l’arrière du pick-up, Khonthong m’explique que de toutes façons, il n’y a pas de taxis qui viennent jusque là. 

On finit notre demi-journée par un petit resto typique, au moins cette fois, on m’explique ce que je mange, sauf pour le dessert dans lequel il y a des choses que je n’ai jamais mangé…

au restongoy mange

mon dessert
j’ai reconnu le maïs et les azukis mais pas le reste qui sont apparemment des fleurs et des algues…

Après tout ça, un massage et une sieste s’imposent 😉

Je termine la journée au bar/restaurant sur le toit de l’hôtel Paksé qui permet d’assister au coucher de soleil sur la ville et sur le Mekong, c’est très beau. Ça ne rend pas bien en photo mais je vous les mets quand même.

la ville avec au premier plan, l’ancien marché couvert, bien plus petit que le nouveau
au fond, le pont, contruit par les japonnais, qui franchit le Mékong, en direction de la frontière avec la Thaïlande
terrasse de l’hôtel Paksé
coucher de soleil qui était vachement plus beau en vrai 😉

 

WE à Paksé

Samedi :

Après une nuit un peu chaotique, trop fatiguée, trop chaud, trop décalée…je suis réveillée de bonne heure. Il n’y avait pas de scooter disponible à la guesthouse, alors tuk-tuk et direction le grand marché de Paksé (je vous ferai des photos le we prochain), d’abord trouver une carte sim laotienne puis déjeuner. Je me repère sans trop de problème, j’ai gardé un bon souvenir des lieux, dès qu’il s’agit de shopping, je retiens…ah cette mémoire sélective ! Je passe voir la couturière qui m’avait fait ma jupe l’année dernière et je lui commande un nouveau modèle. Elle se rappelle très bien de moi, me charrie, moitié en anglais, moitié par gestes, sur mes 5 kg supplémentaires, mais je ne me vexe pas, c’est mérité 😉 Le tissu + la couture, ça me revient à 13€. Je crois que je vais la faire bosser si j’arrive à trouver des patrons sur internet, il y a plein de jolis tissus au marché. Ensuite je déambule, j’adore cette débauche de couleurs et d’odeurs variées (des fois agréables, des fois moins !). Le nombre d’exposants est incroyable, je ne sais pas comment ils s’en sortent tous, il y a beaucoup d’acheteurs aussi ceci dit et je ne croise pas un européen.

marché
pas très représentatif du monde qui peut y avoir mais ce n’est pas l’heure de manger pour les laotiens

En rentrant, petit message sur FB de ma copine Phonesavanh qui m’invite à dîner, elle passera me chercher, ça me fait plaisir de la revoir ainsi que sa famille.

Puisque j’ai un peu de temps, petit massage lao d’une heure, il y a un nouveau salon de massage à côté de la guesthouse, il fallait bien que je le teste 😉 Plutôt pas mal, mais j’ai encore des séquelles du voyage (muscles encore tendus et jambes gonflées malgré les bas de contention) et c’est donc un peu douloureux, rien à voir avec nos massages californiens ou ayurvédiques. Puis sieste pour s’en remettre 😉

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ma chambre 2
ma chambre

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Phonesavanh doit passer me chercher à 16h, je suis donc prête à temps, mais j’avais oublié que les laotiens ont un rapport avec les horaires, comment dire, libre ? inexistant ? aléatoire ? Je l’avais déjà expérimenté l’année dernière mais j’avais oublié. Bref, elle arrive après 17h, ça m’a laissé le temps de créer ce blog.

Elle et son mari n’ont pas changé, ils ont l’air aussi heureux de me revoir que je le suis et tout de suite, nous nous mettons à bavarder. Konthong, son mari, ne parle pas beaucoup anglais mais comprend un peu et Phonesavanh est toujours aussi à l’aise même s’il me faut un temps d’adaptation pour me faire à sa façon de prononcer (ou plutôt de ne pas prononcer) certaines consonnes. Elle aussi me fait remarquer que j’ai grossi, mais à son ton, je comprends que c’est un compliment, je ne me vexe toujours pas ! Je pense qu’ils sont moins hypocrites que nous et disent les choses franchement, ce n’est pas la première fois que je m’en rends compte.

J’ai amené des tee-shirts Heula pour les enfants (même si ça ne veut rien dire pour eux et qu’ils sont probablement fabriqués en Asie..), un rose pour Ngyod et un jaune pour Ton. Ce dernier me vaut d’ailleurs un échange sur la situation en France qu’ils ont pu voir à la télé, merci les gilets jaunes ! La France donne l’impression d’être un pays instable, pas facile d’expliquer ce qui se passe surtout quand le vocabulaire de ce genre de discussion est limité des deux côtés. Bon, heureusement, j’ai également apporté un ballon de foot et un but transportable pour leur garçon et là, on a parlé victoire de l’équipe de France en coupe du monde 😉

 

Pour Phonesavanh, j’ai ramené des médicaments (pour elle et sa mère) et des « flashcards » pour ses élèves. Elle était ravie.

La soirée s’est très bien déroulée, on a commencé le repas tous les 6 (ils ont une nièce qui vit chez eux le we) puis au fur et à mesure sont arrivés pour se joindre à nous, un neveu, une nièce, un beau-frère puis un deuxième beau-frère et Phonesavanh de rajouter une assiette à chaque fois. Pas de chi-chis ici.

famille diner

Le voyage de Paris à Paksé, 30h au total

Train au départ de Caen en retard, bizarre, ce n’est pas le genre de la ligne Caen-Paris 😉 une avarie dans la voiture 4 qui mettra 20 minutes à être résolue. Heureusement, j’avais déjeuné avec mes parents avant, donc passé un bon moment et Anne m’a tenue compagnie du resto à la gare et a donc attendu avec moi, le temps a passé vite.

Arrivée sur Paris, je commence déjà à regretter le poids de mon sac à dos (12 kg) et de ma valise (23 kg). J’avais oublié que je devrais me taper des escaliers dans le métro, alors j’opte pour le bus parce que je dois retrouver, à Auber, William de l’association « Les Amis de Paksé » .

Je dîne avec Cathleen, Gérald et Louise qui m’hébergent gentiment, puis direction Roissy-CDG. Le taxi n’est absolument pas gêné par la neige qui n’est là que pour décorer…J’arrive à l’heure, même un peu avant !

Ma valise s’est faite belle pour le voyage…
dans l’avion
un dernier coup d’oeil à la météo, je ne regrette pas de partir 😉

Décollage en douceur, on a à peine senti les roues quitter le sol, et l’avion ne monte pas vite, c’est super agréable. Le paysage dehors est magnifique, on dirait qu’on décolle de Grenoble, tout est blanc, il ne manque que les montagnes, qui ne sont pas légion en région parisienne. 11h30 non stop, c’est long mais j’arrive à dormir deux heures, sinon, je regarde des films et je marche, trop bien l’airbus A380, il y a de la place pour se croiser et des escaliers qui mènent à la first class dans lesquels je fais de l’exercice 😉

Cette fois, ce n’est pas moi qui descend comme çà 🙂
et voilà, enfin, ravie d’être sortie de cette boîte de conserve, même de qualité 😉

Le bol, ma valise sort dans les premières, mon bus pour l’aéroport suivant est dans la foulée, ça c’est cool. Oups, j’avais oublié qu’ils roulaient à gauche, c’est flippant un dixième de seconde ! Peu de circulation, incroyable pour Bangkok mais après tout, il n’est que 7h du mat’. Du coup j’ai plein de temps avant mon vol pour Ubon, alors je m’offre, à l’aéroport, mon premier massage d’une longue série (promis, je ne vais pas vous dire à chaque fois que je me fais masser mais partez du principe que c’est tous les jours ou presque..), de toutes façons, pas de shopping possible, il est trop tôt 😦

les hôtesses sont très classes sur Thaï Air Lion, ma photo ne leur rend pas hommage 😦
J’hérite du même siège que l’année dernière, tout devant avec de la place pour les jambes, quelle coincidence !
une fois encore, ma valise arrive dans les premières. Me voilà bien chargée (et oui, j’ai acheté un sac et des choses à mettre dedans à Bangkok…)

Direction la gare routière en taxi, puis bus, décidément, sans anticiper, j’ai de la chance, deux départ par jour pour Paksé, 8h30 et 15h, donc je choppe celui de 15h. C’est parti pour deux bonnes heures de routes jusqu’à la frontière. J’ai pour voisin un allemand de 60 ans qui vient en Thailande depuis quelques années, il a un copain à Chiang Maï (du coup il me donne des bons trucs à faire pour quand on y sera avec Paul). C’est long, je regarde un film, écrit pour le blog (même si ce n’est pas flagrant que c’est écrit avant !), et enfin la frontière. Rien n’a changé, c’est rassurant. Sauf que cette fois, je passe le No Man’s Land comme tout le monde, sur mes deux pieds et non dans une carriole !

au moins, on est prévenu…
couloir entre les deux frontières avant le No Man’s Land de 600m

Et ensuite 1h30 de bus brinquebalant sur la chaussée avant d’arriver enfin à Paksé.

Quel plaisir de retrouver ma guesthouse et ses proprios qui me reconnaissent tout de suite, il paraît que j’ai coupé mes cheveux 😉
Bon, ok, il faisait nuit quand je suis arrivée, la photo date du lendemain.

Avant le départ…

C’est parti pour un nouveau voyage…cette fois, les conditions sont toutes autres :

Primo, je ne pars pas avec deux orteils fracturés

Secondo, j’ai des contacts, ça peut paraître évident mais l’année dernière, j’ai débarqué dans un pays où je ne connaissais personne. Je me suis débrouillée rapidement pour nouer des relations et même des amitiés. Ça a du bon d’être bavarde !

Après l’expérience de l’année dernière, l’association n’ayant pas été à la hauteur de mes espérances, dès septembre, je me suis mise en quête d’une association plus intégrée dans le pays et officielle cette fois. Pas très facile étant donné que la plupart des associations humanitaires françaises sont plutôt basées au nord du pays et je voulais vraiment retourner au sud du Laos parce qu’il y a vraiment un besoin. Le sud du pays est plutôt délaissé, trop rural sans doute…

J’ai donc fini par trouver « Les Amis de Paksé », une association basée en région parisienne qui fait des missions dans la région de Champassak depuis quelques années. A l’origine, ce sont des dentistes, prothésistes, assistants dentaires mais petit à petit, ils ont rajouté des praticiens, gynécologue, rhumatologue, l’année dernière…https://www.facebook.com/LesAmisDePakse/ http://www.lesamisdepakse.org/intervenants.php

 

Et Champassak, je connais puisque j’ai rencontré Claude et Nilavanh là-bas, ils s’occupent de donner des parrains-marraines à des enfants de la région afin qu’ils aient les moyen d’aller à l’école.

Lors de nos conversations par mail, le président, William a été incroyable, il a compris ce que je voulais et pouvais faire. Il m’a donc trouvé un interprète/chauffeur M. Trat, et où je pouvais rendre service : la directrice de l’école de Ban Nok Nouk Khien est prévenue de mon arrivée et m’attend avec impatience et c’est la même chose avec le directeur de l’hôpital de Don Talat.

William, est marié avec une laotienne et a trois filles, c’est pourquoi, ils ne partent que l’été, pour être sur la période des vacances scolaires. Lors de notre rencontre à Paris, j’en apprends un peu plus sur l’association et sur ce que je peux faire là-bas, le projet me plaît de plus en plus. Il m’enjoint de dire au directeur, dès mon arrivée, combien de patients je peux voir par jour, parce que il va prévenir les gens et qu’il peut y avoir énormément de monde…me voilà avertie !

En discutant de la vie là-bas, on découvre que le restaurant où j’allais dîner souvent l’année dernière est tenu par sa belle-sœur (à laquelle il me charge d’ailleurs de lui amener quelques présents, allez, 1 ou 2 kg supplémentaires. Je ne suis pas à ça près ! ).

Les patients, amis et famille ont été très généreux, j’ai énormément d’orthèses et une quinzaine de paires de béquilles, ainsi que des médicaments. Je lui fais part de ma préoccupation pour le transport de tout ça, les béquilles notamment quand il me dit que l’association fait partir un container fin février et que je peux y insérer ce que je ne peux pas emmener. Quel soulagement ! Du coup, je vais mettre ma sœur à contribution puisqu’il va falloir emmener le matériel de Caen à Pierrefitte, courant du mois.

si jamais quelqu’un les compte…il y en a deux qui sont seules 😉

Laos 2019

Je fais un blog parce que j’aime écrire même si j’écris faux c’est-à-dire que c’est comme pour le chant, j’aime chanter mais je chante faux (j’en ai conscience). Ce que je veux dire, c’est que je ne suis pas écrivain, je veux juste vous faire part de mes découvertes, de mes états d’âme, émerveillements ou coups de gueule.

Si vous voulez suivre mes aventures mais que ma prose vous fatigue, vous pouvez ne regarder que les photos, je n’en saurais rien. L’avantage de prendre de l’âge, c’est que ça m’est égal, j’assume !

De même que vous n’êtes pas obligés de mettre des commentaires, ils peuvent être faits en message privé sur WhatsApp.

Bonne lecture