7- Sakon 4, 2nde partie

J’ai vraiment très faim alors je cherche sur mon téléphone un restaurant autour de moi, il n’y en a qu’un assez proche, je m’y dirige par de petites routes en terre rouge comme j’aime bien, j’y roule doucement et j’ai plein de choses à observer. Le restaurant est au bord d’un lac, ça aurait pu être bien, sauf qu’il était fermé 😭.

Je finis par faire une petite halte dans un boui-boui pour acheter quelques gâteaux fourrés à quelque chose qui a l’air plus sucré que salé, un paquet de chips de bananes, de l’eau et je reprends mon trajet. L’étape N°5 est tout près.

Ouh là, j’ai l’impression qu’il n’y a pas eu de visiteurs depuis longtemps 😬, je m’engage quand même dans le sentier mais je dois passer mon temps courbée pour éviter les lianes. Ça indiquait 700 mètres, ce n’est pas si loin, même si ça peut paraître très long surtout si je dois grimper par-dessus des troncs, passer mon temps à regarder où je mets les pieds et surveiller que je ne mets pas la tête dans une toile d’araignée (j’ai la technique du bâton ramassé par terre, en ayant pris soin de vérifier qu’il n’est pas plein de fourmis, que j’agite devant moi 😜). Ça se corse assez rapidement, la végétation a tout envahi et je ne vois plus trop par où passer, je décide d’abandonner, je me dis que ce serait trop bête de me faire une entorse ou de me faire piquer par un sale truc et de ne pas pouvoir revenir au scooter, et de là à espérer que quelqu’un passe par-là…

Bon évidemment je n’étais pas équipée pour faire de la randonnée dans cette jungle, moralité, je me suis faite bouffer les jambes et le cou et j’ai oublié en France l’huile essentielle indispensable ici, à savoir la lavande aspic pour tout ce qui est piqûres 😩. Ça gratte tellement que je décide de passer à la première pharmacie que je trouverai…cette bonne blague 🙃. Je n’en repère aucune dans les villages que je traverse alors je m’arrête dans la première « grande » superette que je vois et demande à la vendeuse si elle a une pommade contre les piqûres, je lui montre mes énormes boutons et elle comprend, enfin j’espère ! Elle me vend un produit qui sent encore plus fort que le baume du tigre mais qui chauffe bien, du coup ça brûle tellement que je ne sais pas si c’est efficace ou si c’est juste que ça masque la douleur des piqûres 🤪. Avec tout ça le temps passe et le soleil décline vite, si je veux arriver pour voir le coucher du soleil sur le lac, la dernière étape de mon trajet, je ne dois pas traîner alors je zappe l’étape 6, un autre monastère et l’étape 7, une « plage » 😉.

Sur le chemin pour rejoindre la grande route, j’ai eu la chance de voir un veau qui venait juste de naître, sa mère était en train de le lécher après la mise bas, le petit essayait de se lever régulièrement mais il n’était pas encore du tout stable sur ses pattes. Il y avait un chien qui surveillait ça de près comme s’il voulait s’assurer que tout se passait bien, on sentait qu’il serait allé prévenir le maître dans le cas contraire, c’était vraiment étrange à observer.

Quand je parle de grande route, je voulais parler d’une route goudronnée 😉. C’est une route qui suit un canal sur une dizaine de kilomètres, il y a des ponts (avec des routes en terre) à intervalles réguliers qui permettent aux habitants de rejoindre l’autre rive, parfois, il y a des ratés 😱

Sur la fin de la route, je croise les traditionnelles vaches de fin de journée 🤪

J’arrive enfin, je vois plusieurs petits groupes de personnes s’installer pour pique-niquer aux abords du lac pour observer le soleil se coucher. J’ai dans l’idée que c’est un petit rituel pour certains ici, il y a même des vendeurs ambulants de bouffe en tout genre. Je longe un peu le lac dans un sens, puis dans l’autre, à la recherche d’un spot un peu tranquille.

Je trouve mon bonheur dans un camping sur une petite langue de terre, je ne sais pas trop si j’ai le droit d’y aller mais je fais comme si et je partirai si on me le demande 😅. Comme personne n’a l’air de réagir (en même temps il y a 4 tentes !), je m’installe sur ma natte, qui sert enfin, face au coucher de soleil sur le lac. C’est bête, j’ai mes affaires de bain mais ça ne me dit plus rien de nager maintenant, je ne suis pas fan des grandes étendues d’eau stagnantes surtout quand il commence à faire sombre, j’aurais préféré une petite cascade ! Jamais contente la fille 🤣.

Je me prépare un petit apéro : bananes séchées et quelques gorgées de bière (pas trop parce que je conduis de nuit après, j’ai gardé le bouchon pour pouvoir la ramener, il ne faudrait pas gâcher 😉).

Le spectacle est très beau et j’ai la chance de voir passer une barque de pêcheurs juste devant moi. Ils me saluent et vont un peu plus loin. Je réalise un peu plus tard en partant qu’ils attendaient que je m’en aille parce que je m’étais mise à l’endroit où ils débarquent 😭.

Maintenant, ce n’est pas tout ça, mais il faut rentrer…

C’est bien galère, surtout toute la partie le long du canal parce qu’il n’y a aucune lumière, heureusement que j’avais fait le trajet à l’aller, j’avais remarqué que la route était plutôt bonne, il y avait juste quelques endroits avec des trous mais suffisamment visibles à l’avance même avec des phares de moto. Heureusement, je croise peu de voiture, je peux rouler en plein phares et je sais aussi que l’heure des vaches et des chiens est passée, reste un éventuel piéton ou scooter sans lumière à esquiver 😅. Pas de sanglier ou de chevreuil ici, d’ailleurs je n’ai jamais vu d’animaux sauvages traverser de routes à part des serpents (déjà deux fois depuis hier) sur lesquels je roulerais sans faire d’écart au besoin, mais ils sont très rapides 😁. Je finis le trajet par une grosse quatre voies et je me rends compte que c’est aussi fatigant que la petite route parce qu’il y a beaucoup plus de monde et que c’est rectiligne, ça endort…Je suis contente de retrouver ma guesthouse, 150 km dans la journée, c’est bien sympa mais je n’en ferai pas autant demain 😜.

6- Sakon 4, 1ère partie

Un beau parcours en perspective. Le temps est idéal, un peu couvert, juste ce qu’il faut pour éviter les coups de soleil. Hier matin, j’ai programmé le voyage, il y a beaucoup d’arrêts, mais à priori assez courts et les distances sont plutôt réduites entre deux sites, ça devrait être jouable sur la journée. Je vais voir des temples, des cascades et d’autres curiosités. 

Mon premier arrêt est un monastère, je regarde vite fait les images sur Google maps que je sache au moins pourquoi je l’ai choisi. En fait, il y a une Haka (tombe) sur un reste de stèle Khmer et une statue Khmer. Je déambule tranquillement au milieu d’une agitation fébrile des moines. Visiblement, ils sont dans la taille des arbres et dans la construction de structures en bambou. Je me fais discrète, je salue chacun d’un signe de tête léger, une femme ne doit pas adresser la parole à un moine sauf si celui-ci engage la conversation le premier. De toutes façons, ils ne prêtent pas trop attention à moi, même si je vois bien qu’ils sont surpris de ma présence mais je ne ressens pas que ma présence les gêne alors je fais mon petit tour.

Avant l’arrêt numéro deux, un petit quart d’heure dans la campagne.

Ce matin, j’aurais mieux fait de revoir mon programme pour confirmer mes choix. En relisant les avis sur Google, je m’aperçois que ce monastère est divisé en deux parties. La première, n’avait vraiment rien de transcendant, je vous mets quand même ces Bouddhas et la stupa en construction.

Pour accéder à la deuxième partie, deux versions : une « motorisée », mais vu l’état du chemin je gare mon scooter à l’entrée, et une option « piéton » qui grimpe plus raide mais tourne moins, je vais marcher 😉.


Le souci est que je n’ai aucune idée du temps qu’il faut pour l’ascension, au bout d’un quart d’heure je commence à avoir soif mais bien sûr j’ai laissé ma bouteille dans le scooter pensant que c’était l’affaire de quelques minutes 😇. Le chemin est longé par un tuyau bleu qui descend de la colline, il offre régulièrement des points d’eau avec un robinet qui se déverse dans des tonneaux en métal, ça ne me donne pas du tout envie d’essayer, je pense que c’est de l’eau bonne à mettre sur un chiffon pour se rafraichir ou pour se laver les mains à la rigueur 😬. L’avantage du tuyau, c’est que je ne peux pas me perdre, ou en tout cas si je m’éloigne un peu dans le bois, il suffit de repérer le tuyau bleu et je suis sauvée 😜


Au bout d’un moment, j’ai réalisé que je pouvais traduire les panneaux que je voyais de temps en temps avec la fonction scanner puis traduire de l’appareil photo du téléphone. C’est beau la technologie ! Bon, ça ne m’a pas été vraiment utile parce que ce n’est pas au point, les thaïs et les français ont des façons totalement différentes de faire des phrases…C’est comme ça que j’ai réalisé que certains panneaux étaient des encouragements et que chaque citerne (ou point d’eau) était un don d’un bienfaiteur, mais ça ne me disait toujours pas dans combien de temps j’arrivais 😤


Ah enfin, je pense que je suis arrivée :

Au moins, c’est clair 😂


Après ce panneau, encore un petit bout de chemin et j’arrive sur une esplanade où sont éparpillés plusieurs bâtiments. Il n’y a pas âme qui vive, c’est un peu bizarre parce que ça n’a pas l’air abandonné, les moines doivent être allés à la chasse ou à la cueillette…non, je délire, c’est la soif ! Je suppose qu’ils font leurs activités de moines 😂



Une partie des bâtiments est troglodyte, le Bouddha est sympa mais pas extraordinaire et moi qui espérais avoir une belle vue, c’est raté, il y a des arbres partout, pourtant c’est dommage, c’est surement très beau au-delà. Soyons positif, j’ai fait une belle balade et l’endroit est calme mais ça manque d’eau, je n’ose pas me servir aux robinets qui sont tous raccordés au tuyau bleu et je ne sais pas depuis combien de temps l’eau stagne dans les gros réservoirs qui l’alimentent…


Je n’ai vraiment vu personne, très étrange, je ne m’éternise pas et entame la descente. Trente minutes de montée et vingt minutes de descente, mon genou est moyennement content mais ça va il a l’air de tenir. 


Bon avec tout ça il est déjà 12h15 et je n’en suis qu’à mon deuxième arrêt sur les sept je pense que la journée va être un peu trop courte 🥺. Je décide de sauter l’étape 3, c’était un cours d’eau avec une mini-cascade mais en revoyant les photos et vue l’heure, j’ai préférée aller directement à la cascade annoncée plus loin, étape numéro 4.

Début de piste praticable mais au bout de 200 mètres, le chemin devient vraiment creusé et dangereux. Je me gare, prends mon sac à dos avec ma natte, mon maillot, mes chaussures de rivières, mon paréo, ma serviette et une petite bouteille d’eau (je ne refais pas deux fois la même erreur !). Me voilà partie pour deux kilomètres de chemin qui monte, descend, j’ évite des ornières énormes, me tords souvent les chevilles…je ne regrette pas d’avoir laissé le scooter même si c’est long à pied…

Enfin un signe de vie humaine :

Il a dû y avoir un gardien un jour et il y a même un « parking » juste après, même si je ne comprends pas comment des voitures pouvaient arriver jusque-là, à part des 4X4 et encore !

Pas de doute, il y a eu des humains et il n’y a pas si longtemps !

En tous cas, je n’y suis pas encore mais presque, comme il n’y a plus de chemin balisé, je suis les arbres auxquels on a attaché des morceaux de tissus de couleur, c’est une bonne idée parce que la végétation à repris ses droits 😃.

Et voilà, grosse déception 😩, pas d’eau, tout ça pour ça…Allez, sois positive, c’est joli et tu auras fait plus de marche que de scooter depuis le départ 😂.

C’est reparti pour le chemin inverse, je commence vraiment à avoir faim et je me dis que vue l’heure, je ne vais rien trouver d’ouvert, les Thais font volontiers la sieste entre 13h30 et 15h30, donc pas de resto ou peu, surtout dans le coin, et il y a bien quelques boutiques genre mini-market mais je ne sais jamais quoi acheter là-dedans, même en regardant l’image ou ce qu’il y a dans le paquet, ce n’est pas très parlant 🥹. En attendant j’avance vers mon scooter.

Une termitière

La seule personne que j’aurai rencontrée, elle était à 200 mètres du parking, arrêtée, elle avait l’air d’attendre quelqu’un. J’aurais bien aimé avoir une moto comme la sienne, au moins elle a des roues qui ne patinent pas sur les cailloux, ou en tous cas moins que moi avec les pneus de mon scooter 😉

Quel plaisir de revoir mon scooter, je suis enfin arrivée ! Comment ça vous ne le voyez pas ? Regardez mieux 😉

On voit mon casque 😂😂😂

5- Sakon 3

Enfin une bonne nuit de sommeil, Tanawadee était peut-être bavarde mais efficace ! Après un petit déjeuner rapide, je file à la banque changer de l’argent, celui que j’ai changé à l’aéroport (pas beaucoup !) a déjà filé, il faut que j’arrête de faire les marchés …La banque, choisie au hasard puisque je n’en connait aucune et que que les sites consultés sur internet ne m’ont pas aidés à choisir. ce sera donc Kasikornbank, j’aime bien l’idée du maïs dans son nom 😉. Comme d’hab, on a l’impression de rentrer dans un frigo dans ces établissements et j’ai laissé ma polaire dans le scooter, j’espère que je n’en ai pas pour long. En fait, il n’y a pas grand-monde et je passe rapidement sauf que la procédure dure des plombes, il faut qu’elle vérifie tous les billets (ça je comprends), me donne un taux de change à 36,030, je dis ok, de toutes façons je n’ai pas le choix et j’ai déjà oublié celui de l’aéroport…Elle me demande de confirmer mon identité (elle a mon passeport dans les mains, mais bon..), me demande de m’assoir pendant qu’elle part avec les billets je ne sais où. Elle revient presque dix minutes plus tard, me demande de revenir au guichet, me redemande mon identité, me demande où je loge, si je suis en transit, si oui pour combien de temps, appelle l’hôtel pour confirmer, revient à mon dépôt et me dit qu’elle est désolée mais que le taux de change a baissé entre temps et il est passé à 35,997. Je dis ok, de toutes façons je n’ai aucune idée de ce que ça fait et il faut que je change de l’argent. En plus, je me dit que si je reste plus longtemps à discuter, ça va encore baisser 😱. Finalement je signe les photocopies de tous mes billets (et oui !) et j’y ajoute mon numéro de téléphone, sur chaque page (et oui !) et elle compte enfin les billets qu’elle me doit et je signe son reçu 😮‍💨. J’ai quand même perdu environ 90 centimes avec cette histoire de délai entre le moment où elle encaisse mes euros et le moment où elle me donne mes Baths 😭. Et le pire est qu’elle s’est confondue en excuse d’avoir été si longue et de m’avoir fait perdre de l’argent ! Vous me connaissez, je l’ai rassurée et lui ai affirmée qu’elle avait très bien fait son travail 😃.

Le logo de la banque et la « Clock Tower » de Sakon

Au programme aujourd’hui, le tour du lac Nong Han avec différents arrêts historiques ou juste paysagers. Le temps est très nuageux mais je croise les doigts pour qu’il ne pleuve pas.

Aujourd’hui, je vais délaisser les temples boudhistes que je vous ai déjà montrés à plusieurs reprises pour ne pas dire trop souvent 😇. Dans la région, il y a quelques temples, ou ce qu’il en reste, d’époque Khmers et un quartier catholique (ça me fait rire parce que chez nous, dans certaines villes, on a le quartier chinois…). Je vais aussi traverser l’université, juste par curiosité, puis longer plus ou moins le lac pour admirer les paysages qui l’entourent, un petit circuit d’une centaine de kilomètres et de largement plus des deux heures annoncées parce que je m’arrête souvent faire des photos et que parfois je prends les chemins de traverse où je ne peux pas rouler vite 😉.

Phrathat Narai Cheng Weng: Ancient Khmer Ruins. C’est fleuri à cette saison

A l’université, il y a de grandes routes comme ça partout sur le campus, j’ai envie de rouler à fond comme dans Top Gun, mais je n’ai pas la moto de Tom Cruise 🏍️😎 et comme je ne dois pas être la seule à avoir l’idée, il y a des ralentisseurs souvent et c’est limité à 30 km/h, du gâchis parce qu’en plus il n’y a personne, ils doivent tous être en cours. Sur les photos, on voit le bâtiment administratif, le gymnase et le bâtiment des sciences. Les espaces verts du campus sont bien entretenus, les bâtiments un peu moins.

Je m’arrête un moment dans un parc dédié aux fleurs de lotus, dommage c’est la fin de la saison alors il n’en reste que peu, j’en ai vu plus à l’université 😜.

Me voici maintenant dans le quartier Tha Rae, le fameux quartier catholique. Pour signaler l’entrée dans cette ville à majorité catholique, on est accueilli par une belle statue de Saint Michel, saint qui a été invoqué pour protéger les premiers chrétiens lors de leur traversée du lac pour fuir l’oppression et qui les a entendus. Pour ceux qui veulent en savoir plus : https://temple-thai.com/sakon-nakhon/cathedrale-saint-michel-tha-rae/

Dans ce village, il reste de belles bâtisses de l’époque colonialiste, attention, je ne cautionne pas la colonisation, je dis juste que j’aime l’architecture des bâtiments qui allient influence française et vietnamienne (fin 19ème, début 20ème). Certaines maisons sont vraiment bien conservées. La moins bien conservée est un « musée », maison à ciel ouvert, envahie par les arbres mais c’est le seul endroit où l’on retrace l’arrivée des missionnaires catholiques, grâce à des panneaux explicatifs en anglais et on comprend que cela n’a pas été facile pour les catholiques de s’implanter ici et ça permet de mieux comprendre la forme de leur église, je reviendrai dessus sur la photo en question.

Sur beaucoup de maison, on pouvait voir des décos de Noël, comme sur cette photo, je n’y avais pas prêté attention au départ, mais à force de voir de étoiles et des guirlandes, ça a fini par faire tilt 😅. Je pense que ça doit être très joli de nuit parce que ce ne sont que des décors à illuminer.

Sur les trois dernières photos, on voit la maison (enfin ce qu’il en reste) des descendants des tous premiers catholiques.

A beaucoup de croisements, on retrouve des statues représentants les personnages important de l’église catholique.

Et pour finir sur ce village atypique en Asie, l’église…elle a été détruite et reconstruite plusieurs fois, voici les deux dernières versions :

La forme particulière représente un bateau, pour symboliser celui que les premiers catholiques ont pris pour traverser le lac pour fuir la persécution.

Je ne résiste pas à vous montrer la vue sans censure….toujours cette fascination pour les petits animaux, genre nains de jardin, qui portent chance ou protection 😇

Quelques détails de l’église :

Des bénitiers très mignons

Le clocher (personnellement, je ne le trouve pas très beau), et Saint Michel

Deux très belles statues dans le jardin de l’église

Après avoir déjeuné assez tard dans une des maisons coloniales, une très bonne soupe de poisson, je me mets en route pour finir le tour du lac. Il n’y a, à priori, rien de remarquable à voir sur le reste du trajet alors je suis un peu le GPS et je le contrarie quand je m’éloigne trop du lac, il veut toujours que j’emprunte le chemin le plus rapide, mais je ne suis pas pressée. Je tente plusieurs approches du bord mais ce n’est pas évident et les rares fois où il est plus facile de s’approcher, impossible de mettre les pieds dedans 😥

Bon, ça va, j’ai compris 🫡

Je délaisse l’eau pour m’intéresser aux cultures. Ici, c’est le blé qui domine, je n’ai pas vu de rizières mais des champs de blé à perte de vue. Pas d’agriculture intensive, les parcelles sont modestes, entourées de haies (pas de remembrement en vue de culture intensive, ouf), le blé est ramassé par des petites machines qui n’ont rien à voir avec nos grosses moissonneuse-batteuses 😉. Il est mis à sécher sur de grandes bâches, à même le sol puis mis dans des sacs pour être conservé ou vendu.

Vu plusieurs fois : un rite satanique ? Des parents déçus par un cadeau pour leur nouveau né ? Un talisman ? J’ai hâte de rencontrer quelqu’un qui pourra m’expliquer.

En tous cas, je retrouve avec plaisir les petites routes, parfois en dur (comme ici), parfois en sable tassé, c’est tellement agréable de rouler doucement…à cause des nids de poules ou des chiens, vaches ou volatiles qui traversent n’importe quand en permanence et de provoquer des sourires des gens qui me regardent passer en se demandant ce que je peux bien faire ici 😉

Bon avec tout ça, j’ai failli oublier l’heure, heureusement que j’ai mis une alarme, c’est aujourd’hui la première offre fan pour le festival de Beauregard, we incontournable de retrouvailles avec mes enfants, Cathleen, Gérald, Louise et mes copains de toujours. L’idée est d’obtenir de pass à un prix très attractif même si on n’a aucune idée de la programmation. Coup de bol, ça commence à 10h en France soit 16h ici. Je me pose dans l’enceinte d’un temple et m’installe pour pouvoir acheter ces fameux sésames très recherchés. Marie et Cathleen sont au taquet aussi, on est en contact direct, et on croise les doigts.

Bon, personnellement je n’arrive à rien, j’avance dans la file d’attente mais entre temps, Cathleen puis Marie obtiennent toutes les places dont nous avions besoin 🥳. Ça tombe bien parce que mon avancée n’est pas terrible, ça m’a permis de quitte la file là…

Ce n’est pas tout ça mais je suis encore loin d’être rentrée et ici la nuit commence à tomber dès 17h et à 17h45 il fait vraiment nuit. Je me dépêche donc de finir mon tour du lac, je perds moins de temps à passer par les chemins et j’arrête de prendre des photos 😜. Je décide de m’arrêter au night market très près de ma guesthouse, ça me permettra d’acheter à manger pour le soir et le matin. Comme j’ai déjà fait 120 km, je n’ai pas trop envie de ressortir pour aller me faire masser le soir.

Et oui, ce sont bien des insectes ! Je n’avais jamais vu un stand avec autant de variétés proposées 😅

Ça, ce sont des larves vivantes qui s’agitent dans chaque alvéole et sur la photo de droite, j’ai vu cette bête renter dans la ruche et ne pas en ressortir, c’était peut-être la reine ? Je n’y connais rien 🙄

Alors ça, vous ne pouvez pas imaginer ce que c’est ou alors vous êtes déjà venu en Asie ! Je n’avais encore jamais vu un truc pareil et ça m’a pris du temps pour comprendre de quoi il s’agissait. J’ai observé pendant un moment les clients, chacun prend le temps de choisir la bonne brochette, et pour cause… il s’agit d’œufs fécondés à différent stades et cuits 😳, donc parfois c’est presque un oeuf et parfois presque un poussin…trop bizarre mais pourquoi pas !

4- Sakon (ou Sakhon ?) J2

Bizarrement, je ne suis pas malade en ce début de séjour et ça fait plaisir ! Bon, je suis quand même un peu fatiguée et j’ai mal dormi, je pense que c’est à cause du massage d’hier. La masseuse était très bonne pour trouver les points à travailler mais elle y allait un peu fort et comme d’habitude je n’ai rien dit mais je l’ai regretté, je pense que ça a trop stimulé mon organisme 🥺. Je décide donc de faire une première journée en mode relax. Après un petit déjeuner pris lentement en bouquinant, je passe trois heures sur un marché de vêtements d’occasion…Sans blague, j’aurais pu y passer la journée tant il y avait de choix. Je me suis contentée de quelques hauts et surtout d’une sur-veste pour la moto parce qu’il fait froid en fin de journée entre 60 et 80 km/h 😉.

J’y retournerai peut-être choisir un beau pull pour mettre au bureau la semaine avant Noël 🤶🏻

Forcément, à un moment, la faim et la fatigue m’ont rattrapée, je suis rentrée déjeuner à côté de ma guesthouse, j’ai fait une sieste de deux heures et comme j’avais décidément envie de rien faire, je suis allée me faire masser, encore 😇, mais dans un autre salon. Cette fois, la masseuse parle anglais alors je lui demande un massage à l’huile doux. Pour la première fois je tombe sur une masseuse bavarde, elle ne s’est pas arrêtée de toute l’heure ! Je sais une bonne partie de sa vie, je ne vais pas tout vous raconter mais dans les grandes lignes, elle s’appelle Tanawadee, a 50 ans (en paraît 45 😊) a été marié avec un Thaï, a eu une fille qui a aujourd’hui 28 ans et qui vit à Chiang Maï d’où elle est originaire. Elle a eu un boyfriend américain un moment (la masseuse, pas la fille !) d’où sa maitrise de l’anglais et actuellement depuis 9 ans, elle a un boyfriend suisse. J’utilise son terme de boyfriend parce que je ne sais pas comment traduire une relation épisodique de quelques semaines (des fois 2 ou 3 mois) par an… En tous cas elle est heureuse avec lui quand il est là et ils se parlent souvent par messagerie. J’arrête sur sa vie sentimentale parce que ça a duré un moment ! Elle m’a posé quelques questions également et quand elle a su que j’étais seule ici, elle m’a proposé de diner avec elle après le massage. Vous pensez bien que j’ai accepté, trop heureuse de pouvoir discuter avec une vrai Thaï. Elle m’a emmenée manger dans un resto de son quartier, m’a fait goûter des plats que je n’osais pas prendre seule de peur de me planter. Elle m’a expliqué plein de choses sur la cuisine thaï et a répondu à toutes mes questions sur beaucoup de sujets sans tabou. On a aussi échangé sur nos ressentis sur le changement qui arrive, climatique, politique, sociétal…c’était hyper enrichissant. Elle ne fait pas partie de l’élite mais est plutôt à l’aise financièrement (et pas grâce à son copain suisse 😜). Bon, je ne vais pas m’étendre, je pourrais être aussi bavarde qu’elle ! En tous cas, j’ai passé une super bonne soirée 😊.

3- Nakhon Phanom-Sakhon Nakhon

Pas question de partir pour Sakon Nakhon avec ma grosse valise. J’ai négocié (toujours via Google traduction) avec les jeunes de l’accueil pour qu’ils gardent ma valise jusqu’à vendredi puisque je reviens passer la nuit là en attendant l’arrivée de toute l’équipe de la mission samedi.

Je suis postée à l’entrée de l’hôtel avec mon gros et mon petit sac à dos, guettant Udon qui devait passer me prendre à 9h30 pour m’emmener à la gare routière, mon bus partant à 10h. A 9h40, je commence à m’inquiéter sérieusement, je tente de l’appeler mais la communication n’aboutit pas, à 45, je flippe vraiment, je fais comprendre aux jeunes de l’accueil que je voudrais qu’ils essaient de l’appeler et quand ils l’ont enfin, ils me disent qu’il arrive dans 5 minutes. Effectivement, le voilà, tout sourire, pas du tout stressé, voilà pourquoi je préfère voyager par moi-même et ne dépendre de personne, parce que moi, ce genre de situation ça me stresse !

Il me rassure en me disant qu’on y sera à temps alors je le crois et de fait, on arrive deux minutes avant le départ du bus. J’achète mon billet au conducteur et je trouve une place tranquille près d’une fenêtre. Le siège est inconfortable et il y a une barre qui me rentre dans les fesses, ça va être sympa l’heure et demi…

J’ai trouvé la parade à la barre en coinçant mon pull dessus et finalement le trajet se passe bien, j’ai même le temps d’écrire pour le blog. Je suis surprise par la qualité des routes, en tous cas celle qu’on emprunte. C’est une deux fois deux voies (bizarre d’écrire ça, donc une quatre voies ! ) avec des bandes de la largeur d’une bande d’arrêt d’urgence de chaque côtés (donc plutôt une six voies 😇) sur lesquelles peuvent circuler les motos chargées, les tuk tuk, les vélos et quelques vaches (mais beaucoup moins qu’au Laos !).
Si j’avais su que la route était aussi belle, je l’aurais peut-être faite en moto finalement. On m’avait dit qu’il y aurait plein de gros camions, puisque c’est une des routes qui relie la Thaïlande au Vietnam, et que ça pouvait être dangereux. En fait, je n’ai vu aucun camion ou presque, peut-être parce que c’est dimanche ?? D’un autre côté, le paysage n’avait rien d’extraordinaire alors pas de regret de l’avoir fait en bus 😉.
A l’arrivée, je n’ai rien prévu de particulier à part trouver un scooter ou une moto pour me rendre à la guesthouse que j’ai réservée pour une nuit. Je pensais trouver un loueur de moto autour de la gare mais sur mon appli, il n’y a que des marchands de moto ou des réparateurs, pas de loueurs répertoriés. Voyant que je cherche sur mon téléphone, un employé de la gare me demande si j’ai besoin d’aide. Je lui explique en anglais ce que je cherche, je vois bien qu’il comprend « rent a motorbike » mais il ne parle pas anglais. Par gestes il me fait signe de le suivre et m’emmène devant un chauffeur de taxi. Celui-ci répète « rent a motorbike » et j’acquiesce. Il me fait signe d’attendre, sort son téléphone et commence à parler à quelqu’un, me dit que c’est ok et me donne un numéro de téléphone et me fait comprendre que je dois échanger avec cette personne par sms, ben c’est pas gagné…

La loueuse, puisqu’il s’avère que c’est une dame, me récupère donc à la gare et m’emmène jusqu’à un hôtel où elle garde ses scooters. Elle n’a pas de moto mais son scooter est un 125 cm3 en très bon état alors je le prends. Elle me fait payer les 5 jours plus une caution mais ne me signe rien, ni ne me fait signer aucun papier, elle a juste pris mon passeport en photo et moi, je l’ai prise en photo et j’ai sauvegardé son téléphone dans mes contacts, je n’ai même pas son nom et j’espère retrouver l’endroit où je dois rendre le scooter vendredi 😅.

Et voilà, il n’y a plus qu’à rentrer l’adresse de mon hôtel dans le GPS et c’est parti. Il me faut un petit temps de calage parce qu’ils roulent à gauche et parce que je n’ai pas fait de scooter depuis un moment mais je retrouve vite ce plaisir de conduire à l’air libre et libre comme l’air.

La guesthouse est sympa, il y a une fille qui parle anglais qui m’attend, elle m’explique que le personnel ne parle pas anglais mais qu’elle sera là si j’ai besoin de quoi que ce soit. Elle me fait m’inscrire sur le réseau social « Line » parce que c’est le plus utilisé ici et elle dit que ce sera plus facile pour communiquer, soit, mais ce n’est pas si simple pour moi et leurs noms sont écrits en thaï 😭. Je décide de rester les 5 nuits ici, c’est calme et bien placé pour aller faire les visites que j’ai repérées. Je pose mes affaires, déjeune au restaurant juste à côté et part faire un tour d’exploration en scooter. Il est déjà tard, je ne vais pas très loin, pour une première journée je voudrais rentrer avant la nuit noire 😅.

Je ne me suis pas arrêtée visiter quoique ce soit, j’ai juste contemplé les paysages, régulièrement. J’y retournerai, je n’ai pas eu le temps de lire ce qu’il y avait d’incontournable à faire avant. 

Il y avait une bonne série de virages sur peu de kilomètres heureusement. J’ai du mal à prendre les virages à gauche, est-ce parce que je roule à gauche ? Est-ce que quand je roule à droite, j’ai du mal à prendre les virages à droite ?? Je testerai au Laos pour voir…

Au bout d’une ligne droite, un petit café atypique m’a permis de me poser un moment avant de reprendre la route du retour.

En fin de journée, massage (il fallait bien se remettre du voyage en bus et des 50 km de moto 😇) puis dîner dans la rue, un stand choisi au hasard où la nourriture était très bonne. J’ai fait classique, riz poulet, une valeur sûre 😉.

2- Nakhon Phanom

Malgré la fatigue et bien que je me sois couchée à 22h, heure locale, la nuit a été un peu chaotique, les points d’acupressure contre le décalage ont dû marcher parce que je me suis réveillée à 2h puis à 6h30 comme quand je suis en France 😂. J’aurais mieux fait de me lever et d’aller voir le lever de soleil sur le Mékong, au lieu de ça, j’ai « comaté » jusqu’à ce qu’il soit l’heure d’aller prendre le petit déjeuner.

J’ai passé la matinée sur mon ordinateur au bord de la piscine (sans m’y baigner, il y a trop de vent, juste parce que la vue est belle du 7ème étage !). J’ai commencé à regarder ce qui était proposé à faire autour de moi pendant mes 5 jours de vacances. Bizarrement, à chaque fois que je cherche un site d’intérêt ou un parc, Google Maps me propose des choses à faire au Laos, juste en face, de l’autre côté du Mékong, pas très pratique…Par contre, autour de Nakhon Phanom, pas grand-chose…Je vais donc aller voir plus loin, Sakhon Nakhon a l’air d’avoir des choses intéressantes et ce n’est qu’à une heure et demi d’ici.

J’ai aussi réactivé mon blog, ce n’est pas facile de retrouver comment on crée une page, puis comment on épingle les articles pour qu’ils apparaissent en haut. Chaque année, ça me prend un temps fou parce que je ne m’en rappelle jamais d’une fois sur l’autre et que je ne comprends pas le vocabulaire qu’ils emploient 😱

Je n’ai pas vu la matinée passer, il est déjà 13h30 quand je lève les yeux de mon écran. Je demande à l’accueil de m’appeler un tuk-tuk pour aller en centre-ville, la communication est compliquée, aucun des 3 jeunes à l’accueil ne parle anglais, pas même un peu, alors vive Google Traduction 😅

Le chauffeur de Tuk Tuk est très sympa, il s’appelle Udon, il parle anglais et a le même âge que moi 😉. Comment je le sais ? Je lui ai demandé combien la course allait coûter et il m’a dit 1968. Je n’ai pas bien compris sur le coup, je me suis dit que ça faisait cher, même si je ne maitrise pas encore très bien le taux de change, ça fait environ 50€ pour 8 minutes !! A titre de comparaison, j’ai payé 7€ pour 30 minutes de l’aéroport à l’hôtel. Et c’est là qu’il m’a demandé en quelle année j’étais née 😂, j’ai réalisé qu’il n’avait pas compris ma question sur le montant de la course et que mon anglais était bien rouillé. Quand il a su mon âge, il m’a dit que je faisais plus jeune, je ne sais jamais s’ils sont galants, dragueurs ou honnêtes quand ils disent ça, je l’entends chaque année et pourtant je ne rajeunis pas ! Je le prends comme un compliment, ça fait toujours plaisir 😇.

Il me dépose dans un restaurant avec vue sur le Mékong, la serveuse parle un peu anglais et j’arrive à commander un truc que j’aime, un ananas fourré au riz, crevettes et noix de cajou.

Après manger, je vais marcher sur la digue qu’ils ont construite le long du fleuve, il y a même une piste cyclable, c’est royal.

Au fait, Nakhon Phanom veut dire « cité des montagnes », je l’aurais plutôt appelée « cité au bord du fleuve » ce serait plus cohérent étant donné que les montagnes sont loin 😂. 

Je voulais voir le Naja, un des monuments de la ville. Pas de bol, il est en pleine réfection, j’espère qu’ils auront fini quand je reviendrais vendredi prochain comme ça on pourra le découvrir ensemble.

Aujourd’hui, si j’ai bien compris l’explication de mon chauffeur, c’est une journée particulière de dons aux moines, sorte de grosse collecte exceptionnelle annuelle. C’est pour cela que le temple devant lequel on est passé était plein de monde et qu’on trouve des lieux d’offrande surchargés un peu partout.

Je retrouve ensuite mon tuk tuk, il m’avait demandé de l’appeler quand j’avais fini de manger pour m’emmener où je voulais. Nous avons fait une halte à la gare routière pour connaître l’heure de mon bus de demain. Et oui, j’ai décidé d’être raisonnable et d’aller en bus jusqu’à Sakon Nakhon, je louerai un scooter ou une moto sur place.

Je décide de m’offrir une coupe de cheveux chez une coiffeuse locale conseillée par mon chauffeur. Aucun regret, la coupe est parfaite, comme quoi la coiffure est aussi une profession où les mains suffisent pour se comprendre, elle ne parlait pas anglais, je lui ai juste montré « désépaissir » en traduction sur le téléphone en espérant que ce soit compréhensible. La coiffeuse a parfaitement compris ce que je voulais et en a même fait un peu moins que ce à quoi je pensais. 

J’ai trouvé très drôle qu’ils inversent la façon de procéder à la coupe par rapport à nous, je m’explique : elle a commencé par couper au sabot la nuque et les tours d’oreilles à sec très lentement, c’était très étrange je me suis demandé si elle hésitait mais elle n’en avait pas l’air. Puis elle a vaporisé un peu d’eau sur mes cheveux pour faire la coupe et les désépaissir et finalement, elle m’a fait un shampoing, enfin trois pour être exacte (shampoing, après-shampoing et soin ???). Et à chaque fois, petit massage en règle du cuir chevelu, le petit plus : on est complètement allongé au bac, pas de tête en arrière avec le cou cassé en deux, un vrai moment de détente 🤩

Leur système m’a tellement plu que j’ai voulu prendre leur fauteuil/lit en photo pour vous montrer mais quand j’ai demandé l’autorisation à la patronne, elle a refusé, genre un peu mécontente, en me montrant une étagère ou un QR code, je n’ai pas compris 😅. Je n’ai pas insisté, j’ai remercié et suis sortie attendre mon chauffeur dehors. Avant qu’il n’arrive, la patronne est sortie et m’a tendu son téléphone pour que je le prenne. Au bout, il y avait quelqu’un qui parlait anglais et qui m’a demandé pourquoi je voulais prendre une photo. J’étais gênée, j’ai expliqué tant bien que mal que c’était parce que je trouvais leur système de fauteuil au bac bien conçu, il a éclaté de rire. Perplexe, j’ai attendu ses explications : en fait, la patronne a cru que je voulais lui acheter son fauteuil et elle le trouvait en mauvais état pour me le vendre et voulait que le monsieur au bout du fil me conseille un magasin…Le quiproquo m’a beaucoup fait rire aussi et soulagée, c’était un malentendu.

Retour à l’hôtel et petit bain à la piscine pour me remettre de tout ça.

Le soir, je profite des vélos mis à disposition gratuitement par l’hôtel pour tenter la piste cyclable le long du Mékong. En fait, c’est plutôt agréable, il n’y a pas grand-monde, quelques pêcheurs, quelques amoureux et quelques bandes de copains.

Repas dans un petit resto tranquille, une soupe de poulet, dans une petite cahute pour moi toute seule et retour au bercail.

Départ pour l’Asie

Les travaux de ma maison m’ayant bien occupée jusque récemment, je n’ai pas pu partir en Asie en février comme d’habitude, j’ai laissé la place à ma collègue Roxane qui est partie avec une amie chiro avec l’association des Amis de Paksé. Heureusement, Sina, mon chef de mission l’année dernière, a pensé à moi pour une mission en novembre avec l’association Sourires d’Enfants. Me voilà donc repartie pour de nouvelles aventures en Asie, je vais tout d’abord passer une petite semaine seule pour découvrir une partie de l’est de la Thaïlande que je ne connais pas, puis je retrouverai l’équipe de bénévoles (dont je vous parlerai plus tard) pour passer la frontière et aller travailler dans le centre du Laos cette fois.

La préparation de la valise est compliquée, je ne dois pas dépasser 20 kg, la compagnie a baissé le nombre de kilos autorisés, je pouvais emmener jusqu’à 30 kg les premières fois 😅. J’ai trié les médicaments donnés par les patients, certains seraient inutiles là-bas, enlevé certaines boîtes qui prenaient trop de place, tassé au mieux les différentes orthèses, parsemé tout ça de dizaines de paires de lunettes gentiment données par mon opticienne puis refermé le premier compartiment de ma valise. Le deuxième étant plus petit, j’ai emmené un minimum de fringues, j’arrête d’emmener des petites robes ou des pulls que je ne mets jamais, je suis toujours habillée en basique et confortable 😉 et puis, je vais revenir du Laos avec une valise vide, je ferai du shopping à Bangkok en repartant histoire de la remplir 😇. Une fois ça fait, il a encore fallu que je case les deux paires de béquilles pour enfant qu’une patiente m’a donnée, et j’ai réussi à fermer ma valise, non sans mal…

Départ serein, Rémi est venu me chercher au bureau après mes consultations et m’a déposée bien en avance à la gare de Caen pour mon train en fin de journée. Je préfère arriver à Paris la veille du décollage, je suis méfiante avec la ponctualité de la SNCF sur le Caen-Paris. Ce jour-là, on n’aura qu’un quart d’heure de retard à l’arrivée, incroyable ! Cathleen, Gérald et Louise m’ont gentiment laissé leur appartement, j’apprécie de dormir au calme et je suis mieux reçue qu’à l’hôtel 😃. Le lendemain, mon vol est à 12h30, je décide de partir vers 9h pour avoir un peu de marge. Pas de chance, malgré un temps de trajet en taxi annoncé à 30 minutes, il y a un accident juste avant le terminal et j’arrive à 10h.

La queue à l’enregistrement est impressionnante et il me faut une heure pour être enfin débarrassée de ma valise. L’hôtesse me fait remarquer que je dépasse les 20 kg autorisés mais comme ma valise ne fait que 22,8 kg et que la tolérance est à 23 kg, elle l’a acceptée 😅. Avec tout ça, le temps file, je me dépêche de passer la sécurité, de traverser les boutiques au pas de course, de trouver ma porte d’embarquement, bien évidemment à l’autre bout de l’aéroport, et je monte dans l’avion dans les derniers passagers…

Le vol se passe sans encombre, de légères turbulences toutes les deux heures histoire de me tenir éveillée, 3 films, 3 repas, 2h de sommeil et 11h de vol plus tard (plus rapide d’une demi-heure grâce à un vent favorable), je suis bien arrivée à Bangkok. Je commence à connaitre les étapes indispensables, changer de l’argent, acheter une carte SIM et prévenir la famille que je suis bien arrivée le temps que ma valise arrive sur le tapis… Ensuite, je pars à la recherche de la navette gratuite qui m’emmènera à l’autre aéroport de Bangkok situé à 1h de route, tout dépend du trafic très aléatoire ici, pour mon deuxième vol en direction de Nakhon Phanom. J’arrive très en avance (à 8h pour un vol à 15h !) alors je laisse ma valise à la consigne et je me mets en quête d’un petit déjeuner et d’un salon de massage. J’ai du bol, le repas pris sur un petit marché local est délicieux et la masseuse d’un petit salon qui ne paie pas de mine est très douée, mon escale est très agréable au final 😃. Le reste du voyage se fait tranquillement, j’arrive en fin de journée, bien crevée après ces 24h de voyage, je me couche tôt.

Vientiane

Après la mission, je m’étais gardée quatre jours pour décompresser et me remettre de la mission. Je n’ai pas fait grand-chose le samedi puisque j’étais encore malade, par contre le dimanche, j’ai pris l’avion pour Vientiane où j’ai réservé trois nuits. J’ai réussi à me promener dans la ville dans mes moments sans fièvre. L’hôtel proposait un prêt de vélo, c’était une super idée, la ville est plate et cela m’a permis de bien la sillonner. On sent indéniablement une ville plus moderne que Paksé, très proche des villes thaïlandaises dans le nombre de boutiques, le mode de vie, c’est très touristique. Il y a un centre historique qui n’est pas très grand dans lequel il y a quelques monuments à voir. Je n’ai pas eu l’occasion de faire les deux principaux musées, je reviendrai.

Le dernier jour, j’avais pris un rendez-vous pour Phonsavanh avec un médecin russe, spécialisé dans les hépatites C, qui bosse au Centre Médical Français où Didier fait des remplacements. Phonsavanh est arrivée la veille au matin, en bus de nuit (douze heures de voyage), elle n’a jamais voulu prendre l’avion parce qu’elle a trop peur. Elle ne l’a pris qu’une seule fois, avec son mari, quand elle a dû venir à Vientiane faire sa sérologie la première fois et ne voulait pas recommencer. Ce qui est chouette c’est qu’elle est venue seule, on a donc eu beaucoup de temps pour parler, même si des fois c’est épique parce qu’elle prononce tellement mal les mots que je dois lui demander d’épeler pour comprendre de quoi elle parle ! Elle admet que ces élèves parlent mieux anglais qu’elle 😂. J’ai appris qu’elle n’est jamais sortie de Paksé à part pour aller à Sékong (130 km) ou Salavan (120 km), une fois chaque. Le week-end, elle ne se promène qu’autour de Paksé mais pas souvent, la plupart du temps, elle prépare ses cours, s’occupe de sa maison et va aider ses parents qui ont une ferme dans les environs de Paksé. C’était donc sa deuxième fois à Vientiane, elle avait très envie de se promener dans la ville avec moi. Lors de son premier séjour, son mari et elle n’étaient allés que de l’aéroport à l’hôpital et retour ! Nous avons donc sillonné un peu le centre ville, Phonsavanh n’avait pas envie de faire un musée, je pense qu’en fait elle ne savait pas ce que c’était et je n’ai pas insisté.

Nous nous sommes rendues au rendez-vous, Valéry, le médecin, parle laotien couramment et c’est super parce qu’il a pu lui expliquer tout de façon à ce qu’elle comprenne bien. Son médecin à Paksé lui avait donné que peu d’explications et à part lui dire de ne pas manger de viande (???) et de faire de l’exercice pour son foie (sans lui en montrer un seul !), il n’a pas été explicite sur sa maladie. Là, Valéry lui a expliqué que le traitement est très efficace (90% de réussite), qu’il faut le prendre 3 mois pour être sûr, qu’il faudra refaire une sérologie au bout de deux mois pour s’assurer qu’elle répond bien au traitement. Il lui a dit que si elle ne le prenait pas, vue sa charge virale très élevée, elle aurait une cirrhose ou un cancer du foie dans les deux à cinq ans. Le coût du traitement est effectivement très cher, plus de 400€ par mois. Heureusement, grâce à la générosité de ma famille et de mes amis à qui j’ai demandé de l’aide pour Phonsavanh, j’ai pu réunir la somme nécessaire. Elle est repartie avec son traitement, comme s’il s’agissait d’un trésor, ce qu’il est après tout. Elle a demandé qu’on marche jusqu’à l’hôtel plutôt que de prendre un tuk-tuk, j’ai bien vu qu’elle était un peu secouée. Au bout d’un moment, elle s’est arrêtée et m’a demandé « alors, je ne vais pas mourir ? », j’en ai eu les larmes aux yeux, je n’avais pas réalisé qu’elle avait eu si peur. Je l’ai rassurée et je lui ai dit qu’elle allait pouvoir profiter encore très longtemps de son mari et de ses enfants. Lesquels vont pouvoir aller dans une bonne école (payante) pour faire de bonnes études puisque le traitement est payé sans qu’elle ait eu besoin de toucher aux économies qu’elle avait réussies à faire (elle avait à peine de quoi payer un mois de traitement mais ça prouve sa détermination à vouloir se soigner, quitte à sacrifier d’autres choses). Je profite de ce blog pour remercier de sa part (et de la mienne) tout ceux qui l’ont aidée, elle vous souhaite à tous une longue vie et beaucoup de bonheur.

Voilà, c’est la fin de mes aventures asiatiques de l’année, rendez-vous l’année prochaine à la même époque, je suis motivée pour repartir en mission, c’est vraiment très enrichissant 😃.

Km 43 sur la route de Paksong, 3ème lieu de travail pour la mission

Nous sommes installés chez le père François qui nous prête gentiment les locaux. De jeunes catholiques nous prêtent main-forte pour tout installer. Ils n’auront de cesse de nous rendre service pendant les deux jours et demi que nous passerons là-bas.

Nous sommes attendus par des villageois qui ont souvent fait une heure et demi de route pour venir nous voir. Ils arrivent dans des pick-up contenant des familles entières. La grande majorité d’entre eux sont des ouvriers agricoles dans les plantations de thé ou café du plateau des Bolovens. Pour nous les chiros, ça ne changera pas beaucoup au niveau des motifs de consultation, lombalgies et hautes dorsalgies 😜. Dès la première journée, le rythme est intense, on ne voit pas passer le temps. On a eu la visite des traditionnels espionnes du gouvernement, mais cette fois, elles n’ont fait que passer, contrairement à il y a trois ans où deux d’entre elles nous avaient collés au basque tout le temps de la mission ou presque ! Je pense qu’on est devenu « officiels » donc il y a moins besoin de nous surveiller.

Dès le premier jour, Luc, l’assistant dentaire, est malade, il sera remplacé par plusieurs volontaires auprès des dentistes. Le lendemain c’est mon tour, je ne parviens pas à finir la matinée, je suis obligée de me coucher, j’ai beaucoup de fièvre. Je vais dormir jusqu’en fin d’après-midi, je laisse Léa bosser toute seule, elle assure comme un chef. Elle fera également toute seule la journée d’après puisque je suis toujours au fond du lit avec tous les symptômes d’une grippe. Je trouve que je suis souvent malade cette année 😩. Les photos suivantes ne sont pas les miennes, je les ai récupérées sur le groupe WhatsApp, la qualité n’est pas top pour certaines mais vous aurez un aperçu de nos patients.

Et voilà, cette nouvelle mission d’hiver des Amis de Paksé s’achève, nous avons soigné en tout : 395 (le médecin) + 244 (les dentistes) + 279(les chiros) soit 918 patients sur 10 jours de consultations. Nous sommes ravis d’avoir autant travaillé. Après le traditionnel pot de départ, nous nous sommes séparés tout en espérant nous retrouver l’année prochaine 😃.

Mission à Don Daeng

C’est sympa de bosser sur une île, tous les matins et tous les soirs nous prenons une pirogue pour aller travailler, c’est plus classe que le métro !

Nous avons beaucoup de patients à voir sur l’île, le médecin a un flot régulier de gens, pour les dentistes et nous, c’est plus fluctuant. Par moment on n’arrête pas puis on peut avoir un gros temps calme. On en profite pour souffler un peu, Sylvie nous a concocté un beau coffee break avec bananes, séchées ou non, noix de coco, bref de quoi refaire le plein d’énergie pour être au top. On a beaucoup de femmes le matin, les hommes doivent être au boulot, ils viennent souvent sur les conseils de leur femmes l’après-midi. On a la même population qu’à Oudomsouk : des « farmers ». Les pathologies qu’on rencontre sont essentiellement liées à leur boulot physique, lombalgies (avec ou sans sciatique) et douleur dans les épaules, cervicalgies. Chez les plus âgés, beaucoup d’arthrose, notamment des genoux, et du bas du dos avec une réelle ankylose. Ils n’ont pas de kiné pour les aider à entretenir leurs articulations alors, avec Léa, dès que nous le pouvons, nous leur donnons des petites astuces pour améliorer leur quotidien et/ou des petits exercices. Je me souviens d’une bonne partie de rigolade avec une patiente, environ soixante-cinq ans mais paraissant dix de plus, qui venait pour une grosse arthrose d’un genou, vraiment importante puisqu’elle ne pouvait quasiment plus le plier. Je lui demande à quel moment ça la gêne le plus et quand ma traductrice lui pose la question et qu’elle répond, elle n’ose pas me traduire. J’insiste en disant que c’est important et elle finit par me lâcher du bout des lèvres que c’est quand elle doit faire pipi et que c’est pire « pour la grosse commission ». La patiente est hilare, du coup je ris avec elle parce qu’elle se moque de la pudibonderie de ma traductrice. Après avoir bien ri, je lui explique comment elle peut faire même si elle ne m’a pas attendue et a déjà mis en place des astuces. Je vous rappelle qu’ils n’ont pas de toilettes avec un siège, c’est en grande majorité dans les villages des toilettes « à la turc », donc difficile de s’y accroupir quand les genoux ne se plient pas bien. Je lui ai conseillé d’acheter une chaise en plastique (ils en vendent partout ici) et de la percer pour pouvoir faire ses besoins assise. Ça l’a beaucoup amusée au départ puis elle a semblé y réfléchir et a trouvé l’idée bonne et en plus, elle pliait bien mieux le genou après ma séance 😃.

Une matinée, nous faisons un saut dans une école pour que les dentistes puissent faire un cours de prévention dentaire auprès des élèves.

Sur le chemin du retour vers le temple, j’ai pris quelques photos de cette partie de l’île :

Le dernier jour de notre travail sur l’île, nous avons droit au traditionnel Baci, certains patients en profitent pour nous remercier personnellement. C’est très émouvant.

Et pour finir, quelques photos de nos retours au coucher du soleil :