27. Mae Salit fin et Mae Sot 1

Hier soir, vendredi, il y a eu un orage incroyable assorti d’une pluie diluvienne qui n’a pas cessée de la nuit, au réveil, il n’y a ni eau ni électricité. Il parait que ça arrive fréquemment quand il pleut beaucoup et très rapidement. J’ai été bien inspirée de prendre ma douche la veille au soir et on a de la chance, Elisabetta a une gazinière donc on peut manger, mais il n’y a pas de réseau, donc pas de blog 😉.

Il pleut sans discontinuer toute la matinée donc la virée que je pensais faire dans la montagne tombe à l’eau… Il faut aussi qu’on s’organise pour que je puisse aller à Mae Vé, dans le village où il y a l’autre centre du père Alain et où on m’attend à partir de lundi pour soigner les villageois qui le voudront bien. Il faut aussi que je trouve un moyen d’en repartir jeudi soir ou vendredi matin tôt pour être à Mae Sot, à quatre heures de route, j’ai mon avion pour Bangkok à midi et demi.

Ayant eu mal à la tête les trois premiers matins de cette semaine, ayant été un peu essoufflée toute la semaine, ayant encore comme un petit poids sur le sternum et l’impression d’avoir respiré de l’air glacé et me sentant toujours un peu en sous-régime (mais c’est la chaleur, c’est parce que j’ai vu beaucoup de patients, c’est parce qu’on a beaucoup marché, c’est parce que j’ai mal dormi…j’en ai plein des raisons d’être dans cet état 😉), je me décide enfin à faire un auto-test et en moins de trois minutes le résultat est sans appel :

Bon, voilà qui change tous les plans qu’on était en train d’échafauder…La bonne nouvelle, c’est qu’Elisabetta n’est pas du tout flippée par le covid donc je peux rester chez elle au moins le temps de voir comment je fais. Comme elle a une vie en dehors de moi, et que je ne voudrais pas la contaminer (ce n’est pas comme si on avait déjà passé toute la semaine ensemble 😇), et qu’elle contamine les autres à son tour, je décide d’aller à Mae Sot dès le lendemain. J’irai me faire tester officiellement et encore j’hésite, je n’ai pas envie de me retrouver coincée dans un hôpital thaïlandais 10 jours et je n’ai aucun symptômes qui nécessitent d’occuper un lit qui pourrait être bien plus utile à un vrai malade ! On prévient le père Alain que je ne pourrai malheureusement pas le rejoindre lundi, et même s’il est déçu, il est totalement d’accord, son centre pourrait être fermé s’il y a des cas positifs. Elisabetta va chercher ma valise restée à Ban Tha Yang (je n’avais pris qu’un sac à dos pour rester chez elle), elle en profite pour tester Francis qui était là-bas et qui avait été un peu malade aussi en début de semaine chez elle, mais il est négatif, ouf 😅.

Dimanche, me voilà donc de nouveau sur la route, je mets bien mon masque et heureusement, les transports que j’utilise sont « en plein air », les fameux Songthaew.

Un premier trajet : Mae Salit-Mae Tan, c’est dimanche, il n’y a pas de bus direct pour Mae Sot et on mettra quarante-cinq minutes 😉.

C’est sympa, je voyage avec Bibi et son Papa, je suis contente de la revoir et elle se rappelle de moi 😃. Elle va passer la nuit à l’hôpital de Mae Tan puis ils l’emmènent en ambulance sur Mae Sot demain pour qu’elle y passe des examens pour son suivi.

Dans celui-là, il y aura beaucoup de monde, mais je suis tout au fond, j’écoute un livre audio la tête, toujours masquée, posée sur ma valise, je ne parle à personne 😷.

Le trajet prendra deux heures, il y a beaucoup d’arrêts sur la route, les gens montent et descendent et il y a au moins trois contrôles de policiers pour les papiers d’identité… pas de doute, on est très proche de Myanmar.

Arrivée à Mae Sot, je passe à mon hôtel pour déposer mes bagages avant de me rendre à l’hôpital. Il n’est pas terrible mais vu que je l’ai pris au dernier moment et que je ne sais pas encore ce qui va se passer une fois que j’aurai fait mon test, j’ai préféré en prendre un pas cher avec un balcon, ben j’aurai pas dû…

Je ne suis pas difficile mais là, c’est franchement sale dans les escaliers qui mènent à la chambre, l’autel est visiblement dédié à la déesse du maquillage (bon, c’est vrai que ça n’a pas d’importance mais quand même…), les coussins sur le lit sont tout tachés, les draps sont en fin de vie (mais propres 😅) et le balcon donne sur des réservoirs à eau, déprimant… et demain, le petit déjeuner, inclus dans le prix, ne sera vraiment pas bon 😩.

J’ai choisi l’hôpital privé (International, s’il vous plaît !) parce que je sais que les hôpitaux publics ont plus tendance à garder les cas positifs, même sans symptômes, et ils posent aussi beaucoup plus de questions sur où on a été avant, qui on a vu etc… Or j’ai promis à Elisabetta et au père Alain que je ne dirai pas que je suis passé par chez eux pour ne pas qu’ils soient ennuyés. J’ai donc concocté une histoire de routarde qui a fait Chiang Mai – Mae Sot et qui a dormi dans les monastères et les guesthouses pas chères (qui ne demandent pas de papier covid) et dont j’ai complètement oublié les noms. Ils ne peuvent pas savoir que j’ai une énorme valise qui n’est pas compatible avec le mode de vie de routard 😇. La dame de l’accueil « spécial Covid » parle anglais avec un fort accent asiatique, je lui fais répéter plusieurs fois ses questions, de même que mon accent français me fait lui répéter mes réponses, bref il se passe pas mal de temps avant que tout soit clair 😜. Je me décide pour un test anti-génique parce que le PCR coûte vraiment cher et encore plus si on veut un papier officiel d’un médecin, or je n’en ai pas besoin, enfin j’espère, on verra par la suite si je ne vais pas regretter cette étape. Elle m’explique également que si je suis positive, je serai hospitalisée et que ça me coûtera 150000 Baths, soit environ 4000 € ! Après m’avoir pesée, mesurée, avoir pris ma tension, ma saturation et m’avoir demandé trois fois si j’avais des symptômes (et bien sûr j’ai dit non…), j’ai le droit à mon coton tige dans le nez. La personne qui me fait ça est douce et ne me fait qu’une narine 🥳. On me prévient que j’aurai le résultat dans quarante-cinq minutes alors je file me chercher à manger au 7 Eleven juste à côté, je commence à avoir très faim, il est bientôt seize heures et je n’ai rien mangé depuis ce matin. Je suis à peine arrivée à la caisse que mon téléphone sonne, la fille de l’accueil m’appelle pour me dire que je suis positive (tiens, quelle surprise !) et qu’il faut que je revienne IMMEDIATEMENT. Je finis mes achats et retourne à l’hôpital tout en mangeant des fois qu’ils m’enferment dans une chambre pour un moment…Elle me dit qu’ils ne peuvent pas me garder mais que je dois m’isoler dix jours dans mon hôtel, je lui explique que j’ai eu les symptômes il y a une semaine maintenant et que je ne suis donc plus trop contagieuse et que dix jours c’est un peu exagéré. Elle discute avec le médecin qui était juste à côté et me dit ok pour sept jours. Je leur explique que je ne suis pas d’accord et que je vais revenir d’ici trois jours et que je serai négative, le médecin lève les yeux au ciel et fait un geste qui veut dire : faites ce que vous voulez, je m’en contrefiche 🙄. Je n’ai pas l’intention de revenir bien évidemment et je m’en sors plutôt bien, ils ne m’ont absolument pas demandée d’où je venais 😅.

26. Autour de Mae Salit 3

C’est déjà mon dernier jour de travail avec Elisabetta, ça passe vite ! Nous partons dans un autre village, où habite l’oncle d’Aunghtoo entre autres. Je suis sur la moto derrière Say K’pru parce qu’on va passer par un chemin difficile d’accès et que je suis tombée hier en montant dans une côte hyper pentue, je n’ai pas passé la première à temps et les freins n’étaient pas terribles alors j’ai glissé dans la pente et n’ai pas réussi à retenir la moto…mais rien de grave, un peu de peau brûlée sur le mollet 😅. Ça ne m’empêche pas de bosser !

Le village est très étendu, on marche beaucoup …

Ici, ce sont des grands-parents qui viennent d’arriver de Myanmar pour garder leurs petites filles (elles sont six dont des jumelles !) pendant que leur fille travaille. La grand-mère, après examen, souffre de tuberculose. Aunghtoo et Elisabetta vont s’occuper d’elle. Pendant ce temps, je regarde Say K’pru donner des vermifuges et des vitamines à ces petites qui en ont bien besoin.

Après cette famille, nous sommes enfin arrivés chez l’oncle d’Aunghtoo. Elisabetta se désespérait parce qu’on n’avait pas vu beaucoup de patients pour moi depuis le début de la journée, les choses allaient changer…Au début, comme souvent, j’en soigne un ou une qui se dévoue, puis d’autres se décident, tout le monde a mal quelque part. Mais là, cette fin d’après-midi, c’était de la folie, j’ai enchainé les patients pendant une heure et demi ! Heureusement, c’était une maison cossue, j’ai pu travailler sur un grand banc et non par terre 😅. Par contre, il faisait très très sombre, on n’a pas pu prendre de photos, mais je pense que vous en avez vu assez de moi en train de travailler 😉.

De retour à la maison, on a retrouvé Francis et Nicole qui faisaient des travaux d’électricité pour Elisabetta. J’ai continué ma journée en m’occupant de Francis qui avait mal à l’épaule, au coude et au poignet 😅.

Au fait, c’est ça le filtre à eau qu’on trouve dans les maisons Karen où Elisabetta a pu en distribuer, les gens peuvent boire une eau qui ne rend pas malade 😃.

25. Autour de Mae Salit 2

Ce matin, je donne quelques notions d’anatomie à Elisabetta, Aunghtoo et Say K’pru. Je me sers de vidéos en 3D sur Youtube pour illustrer mes propos. Je leur apprend à palper et à détendre quelques muscles qui pourraient bien soulager leurs patients. Je montre à Aunghtoo comment mobiliser une hanche, un genou, une cheville et des orteils. Je fais pareil avec l’épaule, le coude, le poignet et les doigts, des exercices de mobilisation simples et des points gâchettes à détendre.

C’est parti pour une nouvelle journée de boulot, la fine équipe est prête :

On commence par un vieux monsieur qui a fait un AVC il y a quelques années. Il vit dans sa maison, il se débrouille plutôt bien même si tout son côté gauche ne fonctionne pas correctement. Il arrive à marcher, en boitant fort, sur 10 mètres, pour aller de chez lui à chez sa fille, en se tenant à un bâton d’une main et sur un bambou horizontal, tenu par deux pieds, de l’autre main. Je commence à penser sérieusement que les Karen sont particulièrement résistants à la douleur voire insensibles 🤔.

Je vais ensuite soigner sa fille et une autre dame au passage. J’aurai fait l’attraction de la journée pour les enfants qu’on ne voit pas vraiment sur les photos mais qui étaient tout autour à observer 😉.

Pendant ce temps, des jeunes jouent dehors :

Ce village est très grand, on y voit des gens qui travaillent, des métiers très divers. Des femmes qui coupent et rangent du bois, des grands-parents qui élèvent leurs petits-enfants pendant que les parents travaillent à la ville (parfois même à Bangkok), une tisserande, une cultivatrice de coton, une « pileuse » de riz, un ébéniste de métier à tisser, des ouvriers du bâtiment qui construisent une église baptiste, des gardiens de troupeaux… J’ai eu la chance d’en soigner quelques uns ou des membres de leur famille.

Elle, je ne l’ai pas ajustée mais j’adore sa bouille 😃

24. Autour de Mae Salit

La chambre que j’occupe chez Elisabetta est très agréable, je n’ai pas fermé les portes hier soir et j’ai eu l’impression de dormir en plein air, avec quand même un toit sur ma tête et une moustiquaire pour me protéger des petites bêtes 😜. Le matin, je déguste un petit déjeuner européen, Elisabetta fait son pain elle-même et il est vraiment bon 😋.

Le matin, pendant que Say K’pru prépare les médicaments, Elisabetta et Aunghtoo décident de qui ils vont voir, dans quel ordre ils vont faire les visites, ils bousculent un peu leur planning hebdomadaire en fonction des gens que je peux aider, tout en prévoyant de s’occuper de leurs patients habituels.

Nous commençons par aller voir une vieille dame qui a un cancer du foie et à qui ils donnent un peu de morphine. Je les laisse discuter avec la famille et me promène dans le village.

On reprend la route pour aller dans un village plus dans les terres. En chemin, on rencontre des femmes qui vont traverser la frontière pour aller voir leur famille. Aunghtoo leur demande si elles n’ont pas mal au dos et une des femmes acquiesce et accepte que je m’occupe d’elle 😃. Il y a une maison vide juste à côté, elle ne sert qu’aux saisonniers, on l’utilise pour la séance.

Le prochain village est, comme souvent, composé de 60 % de maisons très modestes, avec un sol en bambou (ça fait mal aux pieds quand on fait du 41 et qu’on marche pieds nus !), 30% de maisons avec un peu plus de confort (un sol en planches, une table basse pour les repas, des pièces séparées, un panneau solaire pour un peu d’électricité) et 10% de maisons « riches », souvent financées par des Karens partis vivre aux Etats-Unis ou en Europe et qui envoient de l’argent à la famille, ce sont des maisons plus cossues, avec un toit en tôle et non en feuilles, il y a une petite armoire pour les vêtements, un banc et quelques meubles et l’électricité. Et sous toutes les maisons ou à côté, il y a des animaux. Là encore, selon la richesse des gens, il n’y aura que des poules, ou alors quelques canards, puis en montant l’échelle sociale, il y a les cochons et les chèvres, le top étant d’avoir des vaches.

La famille chez qui je vais travailler et qui va nous inviter à déjeuner :

Dans ce village, les enfants ne vont pas à l’école, ça n’a pas repris pour eux, alors on les voit jouer ou aider selon…Ici, les femmes et les enfants entassent du bois en prévision de la saison des pluies quand il faut faire du feu quasi en permanence pour assécher les maisons et faire sécher les vêtements et les nattes.

Sur la route du retour :

23. Enfin un peu de Chiro 😉

Elisabetta habite à une demi-heure du centre du père Alain, le Brother (le diacre) me dépose chez elle en voiture. Je ne suis pas à 100% de mes capacités mais ça va, je n’ai plus de fièvre, juste un peu mal à la tête mais avec le paracétamol, ça s’estompe et j’ai très envie de bosser.

La maison d’Elisabetta

Elisabetta travaille dans quelques villages aux alentours de Mae Salit, voilà en gros son secteur, ce n’est pas facile à vous montrer… Comme d’habitude, il faut ne pas se fier aux temps indiqués, à part la route en bleue qui est une vraie route (même si elle tourne beaucoup), les deux grises horizontales sont des chemins…

A gauche de la rivière Moei, c’est la Birmanie.

Elle n’est pas médecin officiel parce qu’elle n’a pas de diplôme de médecin thaï mais elle est tolérée. Elle travaille ici depuis bientôt vingt ans. Elle a commencé comme médecin pour une ONG dans les camps de réfugiés en Birmanie, elle est spécialisée dans la tuberculose. Elle a été obligée de quitter la Birmanie (à cause d’une des guerres), et a décidé de rester tout près mais de l’autre côté de la frontière, au début à Mae Sot puis dans la petite ville de Mae Salit. Je retrouve un peu la même configuration qu’au Laos, on peut « bosser » si on ne fait pas de vague…Elle fait le suivi des patients qui n’ont pas les moyens d’aller à l’hôpital à plusieurs reprises, notamment pour les patients qui ont un traitement anti-tubérculeux, ceux qui ont un cancer ou ceux qui ont fait un AVC. Elle fait aussi de la prévention chez les enfants, elle donne des vitamines C et B surtout et des pilules contre les oxyures. Elle donne aussi la pilule contraceptive, enfin, elle fait plutôt des injections qui durent trois mois, les femmes oublient de prendre les cachets. Elle distribue aux familles des filtres à eau, indispensables ici, grâce Rotary Club de Chiang Mai qui les lui fournit. Elle a aussi un rôle social dans l’intégration des nouveaux Karens. C’est un travail très prenant, elle est secondée par Aughtoo (qui a une quarantaine d’années) et Say K’pru (qui doit à peine avoir la trentaine), deux Karens qui l’aident depuis des années. Ils sont ses interprètes, ils connaissent bien les familles des villages et petit à petit, ils ont appris à faire un examen médical sommaire en amont des visites ce qui permet à Elisabetta de savoir si elle doit intervenir ou s’ils doivent envoyer le patient à l’hôpital. Aughtoo est très désireux d’apprendre, il parle très bien anglais, ça va être pratique pour échanger. Say K’pru est surtout préposé au nettoyage des filtres à eau et à la distribution des vitamines mais avec quelques années d’expériences, il sera aussi bon qu’Anghtoo pour le reste, il s’intéresse beaucoup.

La matinée commence par des connaissances du Père Alain qui ont appris que j’étais là ce matin, la femme de son maitre d’oeuvre qui a une sciatique depuis quelques mois et qui voudrait que je la voie et son mari qui a mal au dos aussi…Elisabetta est un peu contrariée et je comprends pourquoi. Ce sont des gens qui ont les moyens, la femme lui a déjà demandé des conseils mais ne les suit pas et va toujours voir d’autres médecins. En plus, après examen, j’ai pu voir son scanner (c’est dire si elle a les moyens 😉), elle n’a pas de sciatique mais plutôt une tendinite du moyen fessier, il va falloir qu’elle fasse quelques exercices d’étirements et un peu de massage…Son mari, par contre, a un bon lombago, j’ai de quoi faire 😅.

Ma « table » de travail.

Mes premiers patients à gauche, Anghtoon et Say K’pru à droite.

Bon, une fois cette visite terminée, nous partons vers un premier village, en bord de route. Elisabetta me prête sa moto et monte derrière Say K’pru. Je suis ravie de retrouver les sensations de la moto mais il faut que je me ré-habitue à passer des vitesses. J’ai toujours du mal à rétrograder mais je vais m’y faire. Déjà, je négocie mieux les virages depuis mes escapades autour de Chiang Mai 😉.

On s’arrête chez une dame qui souffre d’une polyarthrite rhumatoïde, je ne peux pas faire grand-chose pour elle 😬, Elisabetta lui donne des anti-inflammatoires et lui conseille de continuer à manger du curcuma, ce qu’elle fait déjà.

On roule jusqu’à un petit village, dans une vallée. Ici, les gens font pousser du riz, c’est leur première source de revenu. A cette saison, la majorité des gens est chez eux, ils attendent qu’ils soient temps d’aller nettoyer et préparer les champs, et c’est pour bientôt.

Je commence par soigner un monsieur qui a fait un AVC il y a 8 ans et qui a mal un peu partout. Il est handicapé sur tout un côté mais il est très volontaire et à force de stimuler, de malaxer, il a récupéré une certaine mobilité de son bras mais il n’a pas fait pareil sur sa jambe alors elle est toute verrouillée. Je lui montre comment travailler un peu l’extension du genou et de la hanche même si je pense que c’est trop tard, ses tendons se sont pas mal rétractés. Le plus fou est qu’il habite en hauteur, comme tous, je ne pense pas qu’il descende souvent…

Puis on passe voir un patient qui a un cancer, ce n’est pas pour moi mais ça me permet de regarder Elisabetta et Aughtoo travailler.

Juste après, nous allons voir son voisin qui lui a fait un AVC… il y a 4 jours. Décidément, je vais finir par croire que je vais devoir me spécialiser 😜. Là encore, il s’agit plus de donner des conseils à la famille que d’intervenir en temps que chiro mais je fais quand même quelques petites choses qui devraient le soulager.

Après tout ça, il est déjà l’heure de déjeuner et même au-delà. On marche à travers les rizières jusqu’à un temple où on va nous servir à manger. C’est aujourd’hui la pleine lune Karen (avec 24 h d’avance sur la pleine lune thaï, je ne sais pas pourquoi 🤔) et les gens ont amené à manger au temple donc il y en aura pour nous.

Elisabetta va ausculter un des moines, il a une tuberculose, elle essaie de le convaincre de prendre le traitement. Pendant ce temps, je m’occupe du genou d’un de ceux qui nous a préparé à manger.

Après manger, nous voyons encore deux patients pour Elisabetta puis ils m’emmènent voir Bibi, une petite fille de 8 ans qui a eu une méningite bactérienne il y a trois ans, qui est restée hospitalisée presque 1 an. Ils viennent de lui refermer sa trachéotomie alors il faut vérifier la cicatrisation. La majeure partie du temps, c’est le père qui s’en occupe, la mère est alcoolique et n’est pas bonne à grand-chose apparemment. Bibi a un bon handicap à la suite de sa maladie mais elle a beaucoup progressé, elle est très volontaire. Elle se tient assise, arrive à replier ses jambes, mais ne peut pas tenir dessus encore, il faut dire qu’elle est restée allongée très longtemps et elle bouge bien les bras. Elle parle peu (dit quelques mots simples) mais comprend tout, elle a un regard très vif et très intelligent. Elisabetta propose que je m’en occupe aussi. Le plus compliqué est d’instaurer la confiance, elle ne me connaît pas et la pauvre a déjà dû voir tellement de soignants… Heureusement que je ne me débrouille pas mal avec les enfants, au bout de quelques minutes, je peux la toucher et on peut même dire qu’elle apprécie ce que je lui fais :

Et bien pour une première journée, je suis vraiment contente mais épuisée !

22. Chez le père Alain

Le père Alain m’accueille chaleureusement. Il me présente le centre, il y a une petite église, un presbytère et des bâtiments qui abritent un internat pour une petite cinquantaine d’adolescents filles et garçons, issus des villages Karen des montagnes aux alentours, scolarisés dans une école privée à une demi-heure du centre, grâce à leur parrainage individuel avec l’association Enfants du Mékong.

Il me montre ma chambre, elle est simple mais j’ai ma propre salle de bain 😃.

La vie du père, des ados, des deux religieuses, des deux éducateurs, du diacre et d’un jeune volontaire français est rythmée par la cloche. Celle-ci sonne à 5h30 pour le réveil (certains sont réveillés à 4h30 pour préparer le petit déjeuner, c’est à tour de rôle), à 6h00 c’est la prière, à 7h c’est le petit déjeuner, chacun est servi mais ils débarrassent et lavent leur assiette. Ils se préparent eux-même leur gamelle du midi qu’ils mangeront à l’école.

Les garçons d’un côté, les filles de l’autre…

A 7h45, ils sont tous en uniforme et c’est le départ pour l’école, il y a deux ou trois véhicules qui les emmènent. Les frais de scolarité, les fournitures scolaires et les vêtements sont payés par leur parrain/marraine de l’association.

Ils rentent de l’école vers 16h, 16h30, font leurs devoirs, jouent, se douchent.

La cloche reprend son travail, 18h00 prière, 19h00 dîner puis temps libre ou catéchisme, 20h30 tout le monde dans les dortoirs, extinctions des feux à 21h30 au plus tard.

Le dimanche de mon arrivée correspond au premier jour où tous les élèves sont de nouveau présents sur site. En effet, depuis plusieurs mois, le collège était fermé à cause des mesures contre le Covid, tous les enfants avaient dû rentrer dans leur village. Mi-janvier, une moitié des élèves avait pu revenir parce que le collège avait ouvert en demi-jauge et là, enfin, la réouverture est totale. C’est un peu l’effervescence ! La remise au travail scolaire va être compliquée après ces quelques mois d’arrêt et leurs grandes vacances sont dans 3 semaines…autant dire que leur année scolaire est fichue

En plus du centre de Ban Tha Song Yang, le père Alain gère un autre centre et une quinzaine de paroisses catholiques Karen dans un rayon d’une cinquantaine de kilomètres dans les montagnes. 

Après cette visite, le père Alain me propose de rejoindre ses invités pour partager un café. Il s’agit de cinq Français qui vont passer la nuit ici aussi. C’est un plaisir de voir des gens sans masque (personne ne le porte dans le centre) et de parler français 😉. Deux sont des gens de passage, les trois autres, Bruno, Francis et Nicole sont des amis de très longue date du père Alain. Ils se connaissent quasiment depuis qu’il est arrivé en Thaïlande.

Dans l’après-midi je me promène et descend jusqu’au fleuve Moei, situé pas loin du centre. Il fait la séparation entre la Thaïlande et le Myanmar (ex Birmanie). Les Karen vivent de part et d’autre du fleuve, 90% des Karens sont du côté Myanmar mais ils sont de plus en plus nombreux à franchir la frontière pour échapper à la guerre qui a débuté il y a quelques temps maintenant. On ne dirait pas qu’il y a un conflit à peu de distance, c’est très beau et très paisible. Je regarde passer les bateaux, je me trempe juste les jambes, parce que le père Alain m’a prévenue qu’il y a des courants dangereux, c’est dommage, l’eau est bonne.

C’est désert à cette heure chaude de la journée 🥵.
Myanmar en face, avec ses stuppas des Karens bouddhistes en bord de fleuve.

Une partie du lit du fleuve à sec, c’est la saison sèche.
Un pêcheur qui a fini sa journée.
Je n’ai pas réussi à voir s’il a pu prendre des poissons, je l’espère pour lui.
Un poste de surveillance frontalier.

Je reviens à temps pour la messe de 18h. C’est une très belle cérémonie, les ados sont habillés en costumes traditionnels, les filles d’un côté, les garçons de l’autre et il y a beaucoup de moments où tout le monde chante accompagné par deux adolescents guitaristes . Je ne comprends rien du tout parce que le père Alain dit la messe en Karen…même s’il l’avait dite en thaï, je n’aurai rien compris 😂.

Il y a quelques femmes du village qui assistent à la messe.

Une médecin italienne Elisabetta, nous a rejoints pour la messe et reste dîner avec nous. Après le dîner, les ados nous font un petit spectacle pour fêter la reprise de l’école. Ils nous offrent également des sacs Karen 😃.

Vous remarquerez qu’on est les seuls assis sur des chaises pour manger 😇.

Bruno à gauche, Elisabetta qui discute avec les éducateurs et les soeurs.

Nous passons une soirée agréable à parler de ce que le père Alain a accompli ici, aidé notamment par Bruno, Francis et Nicole qui sont présents depuis dix-sept ans. Ces derniers ont pris l’habitude de venir passer quelques mois en Thaïlande, dans cette région un peu isolée du reste du pays. Au début, ils ne passaient qu’un mois ou deux puis, depuis leur retraite, ils y passent plusieurs mois. Il y a toujours beaucoup de choses à faire, surveiller la construction de nouveaux bâtiments et réaliser l’entretien de ceux-ci. Francis, en tant qu’ancien mécano et passionné de bricolage est d’un grand secours pour le père Alain, il est secondé très efficacement par sa femme Nicole. Bruno est plus « administratif » mais il y a besoin d’aide sur ce plan-là aussi, le père Alain ne peut pas tout faire seul !

Pendant la soirée, j’explique mon travail et comment je pense pouvoir aider un peu, nous organisons alors mon séjour. Dès demain et pour la semaine, je vais aller avec Elisabetta dans les villages Karen où elle officie et je pourrai proposer mes soins chiro. Je suis ravie de pouvoir aider et je sens que ça va être très instructif. 

Je vais me coucher de bonne heure, je ressens des frissons, un début de courbatures, la fatigue du voyage sûrement… Je m’endors vite mais suis réveillée deux heures plus tard, je grelotte, j’ai mal à la tête et mal partout. Je prends ma température, j’ai 39,5°. Je ne vais pas aller dans les villages demain 😩.

Je passe la journée du lundi au lit à « comater », je n’ai même pas trop la force de bouquiner. Je me soigne à coup de paracétamol, de vitamine C et d’huiles essentielles. Le soir, je n’ai plus de fièvre. Je dis au père Alain que ce sera bon pour rejoindre Elisabetta le lendemain matin, après une bonne nuit de sommeil 😃.

21. Mae Sariang – Tha Song Yang

Armée de mon dictionnaire, je fais comprendre au proprio que je dois aller à la gare routière pour prendre le bus afin de rejoindre Mae Towo (alias Tha Song Yang), ma destination finale, le village où vit le père Alain. En fait, ce ne sera pas un bus mais un songthaew, une sorte de « bétaillère » à deux bancs qui se font face, très pratique pour transporter plein de monde. Nous arrivons à 9h30 et par chance le songthaew doit partir à 10 heures, heure thaï, donc 10h30. Je préviens le Père Alain de ne pas m’attendre pour déjeuner.

Juste sous la tente qui sert d’arrêt de bus, il y a une vente de médailles bouddhistes pour protéger les voyageurs, j’en achète une au cas où 😇.

Et c’est parti pour plus de deux heures de virages… Une chance, nous ne sommes que deux dans le songthaew, au moins jusqu’à la dernière demi-heure de voyage où d’autres gens monterons. Il faut se cramponner en permanence, bien caler ses affaires, parce qu’il n’y a pas de fond au véhicule. Quand une côte est bien raide, on se cramponne doublement dans les montées et on peut se relâcher un peu dans les descentes 😅.

On évolue au milieu des champs, des petits villages et dans les montagnes, c’est très varié, c’est magnifique. Bien que ce soit la saison sèche, c’est quand même très vert grâce aux bananiers, aux bambous et à de grands arbres avec des grandes feuilles, qu’il y a à profusion, cousins du teck. Il y a aussi quelques arbres sans feuille mais avec des petits fruits rouges ou oranges qui mettent une touche de couleur dans cet océan de verdure (que je n’ai pas réussi à prendre en photo, ils sont souvent loin de la route).

Même si le songthaew n’est pas hyper confortable, c’est agréable de voyager en plein air, on profite de senteurs très variées : odeur de végétaux mais aussi de nourriture grillée quand on passe devant un resto de bord de route, ou moins cool, une odeur de gaz d’échappement quand on est derrière un camion…

J’arrive enfin et je ne suis pas fâchée de lâcher ma barre 😜.

20. Départ de Chiang Mai

Je suis triste de quitter PP et Aire mais en même temps, j’ai prévu d’aller voir du pays et de nouvelles personnes.

Je vais passer quelques jours (rien de fixé encore) à Ban Tha Song Yang, petite ville Karen, près de la frontière birmane, chez le Père Alain qui s’occupe d’un centre pour ados, je crois. Il m’a été chaudement recommandé par ma tante Marie-Thérèse qui est religieuse au couvent des Augustines à Gouarec en Bretagne. Les sœurs le connaissent car il possède une maison dans le village et il ne manque jamais de venir les saluer et de leur faire part de ses missions en Thaïlande quand il rentre en France tous les trois ans environ. Nous avons échangé deux-trois mails afin d’organiser mon arrivée et grâce à ses indications, j’ai pu préparer mon voyage :

Je vais le faire en deux étapes, je ne suis pas pressée et il ne faut pas se fier au temps marqué sur Google parce qu’en transport en commun, c’est 4h pour le premier tronçon et deux bonnes heures pour le deuxième 😅.

Je voyage toujours aussi léger…

Je prends donc un premier minibus jusqu’à Mae Sariang et c’est parti pour quatre heures de trajet. Le minibus est plein mais pas surchargé comme ça peut être le cas parfois. Je suis assise au premier rang, c’est cool, je vois la route.

Le minivan.

Le chauffeur a forcé comme un malade sur ma valise pour arriver à la glisser entre les deux sièges 😅.

Le chauffeur a double masque au début…

Mais comme ce n’était pas encore assez « Covid compatible », il a rajouté un foulard et aussi une casquette et des lunettes pour le soleil, on va rouler plein ouest.

La première heure et demie se passe sur une route relativement droite :

Vous remarquerez les bananes qu’il fait sécher derrière le pare-brise…

Quelques photos prises en route, ce n’est pas très facile, on roule vite 😅.

Le reste du trajet est composé essentiellement d’une belle route de montagne pleine de virages, de montées et de descentes, et où c’est parfois sportif de dépasser les poids-lourds. Notre chauffeur est un bon conducteur et il connaît visiblement très bien la route alors ce n’est pas effrayant. C’est vraiment long et je n’arrive pas à lire parce que ça tourne trop mais le paysage est agréable à regarder, surtout avec la lumière du soleil couchant.

On s’arrête finalement pour une pause toilettes… trente minutes avant l’arrivée, je ne comprends pas pourquoi il ne fait pas ça à mi-chemin, on a traversé quelques villages quand même 🤔. Ça aurait coupé un peu le trajet. Bon, à priori, il connaît bien la dame qui tient une boutique à cet endroit 😇.

On arrive enfin, j’ai réservé un petit hôtel qui est assez loin de la gare routière mais le propriétaire vient gentiment me chercher là-bas. Sur le chemin menant à son hôtel, il me demande, dans un anglais très basique, si je veux manger. À vrai dire, il est sept heures et après toute cette route, je n’ai pas très faim. Mais il insiste quelques minutes plus tard, il renouvelle sa question. Je commence à me dire qu’il serait peut-être judicieux d’acheter à manger maintenant alors j’accepte et il m’arrête dans un resto en bord de route pour que je prenne un truc à emporter. Je me suis fiée aux images présentant les plats pour commander parce que ce n’était pas traduit en anglais. 

Je n’ai pas regretté de l’avoir écouté parce que l’hôtel est situé à 10 minutes en voiture du dernier commerce et qu’il fait nuit noire tellement c’est isolé dans la campagne. Je n’aurai pas osé ressortir pour aller manger 😅. Je suis installée dans une chambre simple, correcte et propre. Je mange mon plat qui est très bon 😋.

19. Chiang Mai 10

En route pour des sources chaudes recommandées par Sara. Ça m’éloigne de Chiang Mai mais j’ai vraiment envie de me baigner ! La route est sinueuse, en relativement bon état, sauf sur les dix premiers kilomètres parce que le GPS m’a faite passer par des chemins ruraux 🤔. J’ai vu des choses que je n’aurai pas vues autrement.

Une ferme de fraises, assez facile à reconnaitre même si on ne lit pas le thaï 😜

Je pense que ce sont des bungalows de vacances, laissés à l’abandon depuis le Covid.

Ma station service.

L’essence est dans le récipient transparent qui est gradué par demi-litre.

Une fois le récipient vide, elle tourne une manivelle qui permet de le remplir avec l’essence contenue dans le bidon en dessous, c’est ingénieux.

Un homme de paille à la pointe de la technologie 😂.

Leur système d’arrosage.

Mon début de route, pas toujours praticable à vive allure, mais ça tombe bien, je ne suis pas pressée 😉.

Juste pour les couleurs 😇.

A partir de là, je récupère une bonne route, puis la grande route.

Et oui, c’est plus fréquent que les chevreuils ici 😜.

Le temps se noircit sérieusement, ça m’étonnerait que je finisse la journée au sec…

Pause café

Camp de sapeurs pompiers.

Et j’arrive enfin aux sources chaudes, l’endroit est très calme et comme c’est l’heure de midi, il n’y a presque personne.

Je suis bien accueillie, les personnes présentes m’expliquent par gestes qu’on peut changer de bain, que les températures sont différentes selon que le bac est proche de la source ou non. Celui du haut est effectivement très chaud mais supportable 🥵.

L’idée est un peu comme pour le sauna ou le hammam, c’est d’alterner chaud et froid, pour ce dernier, on va s’allonger dans la rivière juste en bas 🥶, en fait pas si froide que ça, à 17-18° peut-être.

Il est temps que je parte, les familles commencent à arriver, l’endroit va perdre sa sérénité 😅.

De retour sur la route, c’est parti pour presque deux heures de scooter, et cette fois je vais avoir droit à une bonne averse. Je passe le plus gros de l’averse à l’abri en m’arrêtant manger dans un restaurant au bord de la route, mais j’ai l’occasion d’étrenner mon beau poncho de pluie 😂.

Retour à la ville, il n’y a pas trop de monde, la circulation est plutôt fluide.

Ces gens sont là tous les week-ends, ils protestent en faveur de la liberté d’expression ✊🏼.

Après cette belle escapade, j’ai repris la deuxième partie de mon cours avancé de massage thaï, cette fois, je suis la seule élève. C’est beaucoup plus intensif parce qu’il y a moins de temps mort et passer sa journée à genoux, assise sur les talons ou sur les pieds, je n’en peux plus ! Mon cerveau est fatigué aussi à force de se concentrer pour traduire et enregistrer tout ce qu’on me dit 😅. Mais c’est intéressant et je tiens bon. Le midi, je mange seule dans leur patio le repas que PP a cuisiné, c’est quasiment toujours lui qui cuisine.

Vendredi midi j’ai tout fini, je reçois mon diplôme de fin de cursus 😃👩🏻‍🎓.

Fin de la partie Chiang Mai 😃.

18. Chiang Mai 9

Pum Pum Farm

J’ai eu la chance de pouvoir visiter cet endroit alors qu’il est actuellement fermé au public. Pour les curieux, voilà leur site, c’est en anglais 😉.

http://www.punpunthailand.org/index027d.html?page_id=34

C’est Sara qui m’accueille et qui me fait la visite. Elle est bénévole ici depuis octobre 2021 mais était déjà venue faire du bénévolat en 2020, elle avait même dû y rester plus longtemps que prévu parce qu’elle a été bloquée par l’interdiction de sortir du pays à cause du Covid. 

L’endroit a été créé il y a 22 ans par Jon Jandai, un fermier thaïlandais qui est aussi un des meilleurs constructeur de maisons en terre. Son idée est de faire un lieu de vie collaboratif, principalement axé sur la sauvegarde de graines et l’apprentissage de la construction de maison en terre, il vise une vie autonome. Actuellement, ils sont une petite vingtaine (dont 3 enfants) à y vivre quotidiennement. Hors Covid, ils reçoivent des bénévoles et des personnes qui viennent apprendre la construction de bâtiments, la permaculture et la conservation des graines. Il y a une dizaine de bâtiments sur le site, tous construits à la main, au fil du temps par le noyau fondateur du site et des bénévoles. On y trouve une maison commune qui comprend une cuisine, une arrière-cuisine et une grande salle à manger. Ils font la cuisine à tour de rôle, globalement  ils se nourrissent de ce qu’ils cultivent mais il y a quand même un/une intendant(e) qui va acheter les choses qui peuvent leur manquer.

Tri sélectif, of course 😜

Les maisons sont toutes différentes, uniques, utilisant du bois et des briques fabriquées avec de la terre et de la paille de riz. Les couleurs sont faites à partir de colorants végétaux qu’ils mélangent à de la chaux ou un autre truc dans le même genre.

La maison des bénévoles, qui attend l’arrivée des prochains avec impatience.

Il y a un bâtiment entier dédié à la conservation et à l’envoi des graines (et oui, on peut en commander là-bas, reste à voir si ça pousserait chez nous …).

Sara et Chan ont deux vaches dont le lait leur permet de faire des yaourts.

Le jardin est grand et très varié, les légumes sont de saison.

Leur tracteur roule au bioéthanol :

J’ai eu la chance d’assister en partie au démontage de toilettes vieux d’une dizaine d’années qui ont subi une attaque de termites récemment. Ça m’a permis de voir comment c’était fabriqué et aussi de voir un Gecko de très près, il était caché dans un linteau 😜.

Ils fabriquent aussi pour vivre des serviettes hygiéniques en tissu, du savon et du shampoing.