Hier soir, vendredi, il y a eu un orage incroyable assorti d’une pluie diluvienne qui n’a pas cessée de la nuit, au réveil, il n’y a ni eau ni électricité. Il parait que ça arrive fréquemment quand il pleut beaucoup et très rapidement. J’ai été bien inspirée de prendre ma douche la veille au soir et on a de la chance, Elisabetta a une gazinière donc on peut manger, mais il n’y a pas de réseau, donc pas de blog 😉.

Il pleut sans discontinuer toute la matinée donc la virée que je pensais faire dans la montagne tombe à l’eau… Il faut aussi qu’on s’organise pour que je puisse aller à Mae Vé, dans le village où il y a l’autre centre du père Alain et où on m’attend à partir de lundi pour soigner les villageois qui le voudront bien. Il faut aussi que je trouve un moyen d’en repartir jeudi soir ou vendredi matin tôt pour être à Mae Sot, à quatre heures de route, j’ai mon avion pour Bangkok à midi et demi.
Ayant eu mal à la tête les trois premiers matins de cette semaine, ayant été un peu essoufflée toute la semaine, ayant encore comme un petit poids sur le sternum et l’impression d’avoir respiré de l’air glacé et me sentant toujours un peu en sous-régime (mais c’est la chaleur, c’est parce que j’ai vu beaucoup de patients, c’est parce qu’on a beaucoup marché, c’est parce que j’ai mal dormi…j’en ai plein des raisons d’être dans cet état 😉), je me décide enfin à faire un auto-test et en moins de trois minutes le résultat est sans appel :

Bon, voilà qui change tous les plans qu’on était en train d’échafauder…La bonne nouvelle, c’est qu’Elisabetta n’est pas du tout flippée par le covid donc je peux rester chez elle au moins le temps de voir comment je fais. Comme elle a une vie en dehors de moi, et que je ne voudrais pas la contaminer (ce n’est pas comme si on avait déjà passé toute la semaine ensemble 😇), et qu’elle contamine les autres à son tour, je décide d’aller à Mae Sot dès le lendemain. J’irai me faire tester officiellement et encore j’hésite, je n’ai pas envie de me retrouver coincée dans un hôpital thaïlandais 10 jours et je n’ai aucun symptômes qui nécessitent d’occuper un lit qui pourrait être bien plus utile à un vrai malade ! On prévient le père Alain que je ne pourrai malheureusement pas le rejoindre lundi, et même s’il est déçu, il est totalement d’accord, son centre pourrait être fermé s’il y a des cas positifs. Elisabetta va chercher ma valise restée à Ban Tha Yang (je n’avais pris qu’un sac à dos pour rester chez elle), elle en profite pour tester Francis qui était là-bas et qui avait été un peu malade aussi en début de semaine chez elle, mais il est négatif, ouf 😅.
Dimanche, me voilà donc de nouveau sur la route, je mets bien mon masque et heureusement, les transports que j’utilise sont « en plein air », les fameux Songthaew.

Un premier trajet : Mae Salit-Mae Tan, c’est dimanche, il n’y a pas de bus direct pour Mae Sot et on mettra quarante-cinq minutes 😉.

C’est sympa, je voyage avec Bibi et son Papa, je suis contente de la revoir et elle se rappelle de moi 😃. Elle va passer la nuit à l’hôpital de Mae Tan puis ils l’emmènent en ambulance sur Mae Sot demain pour qu’elle y passe des examens pour son suivi.



Dans celui-là, il y aura beaucoup de monde, mais je suis tout au fond, j’écoute un livre audio la tête, toujours masquée, posée sur ma valise, je ne parle à personne 😷.
Le trajet prendra deux heures, il y a beaucoup d’arrêts sur la route, les gens montent et descendent et il y a au moins trois contrôles de policiers pour les papiers d’identité… pas de doute, on est très proche de Myanmar.


Arrivée à Mae Sot, je passe à mon hôtel pour déposer mes bagages avant de me rendre à l’hôpital. Il n’est pas terrible mais vu que je l’ai pris au dernier moment et que je ne sais pas encore ce qui va se passer une fois que j’aurai fait mon test, j’ai préféré en prendre un pas cher avec un balcon, ben j’aurai pas dû…





Je ne suis pas difficile mais là, c’est franchement sale dans les escaliers qui mènent à la chambre, l’autel est visiblement dédié à la déesse du maquillage (bon, c’est vrai que ça n’a pas d’importance mais quand même…), les coussins sur le lit sont tout tachés, les draps sont en fin de vie (mais propres 😅) et le balcon donne sur des réservoirs à eau, déprimant… et demain, le petit déjeuner, inclus dans le prix, ne sera vraiment pas bon 😩.


J’ai choisi l’hôpital privé (International, s’il vous plaît !) parce que je sais que les hôpitaux publics ont plus tendance à garder les cas positifs, même sans symptômes, et ils posent aussi beaucoup plus de questions sur où on a été avant, qui on a vu etc… Or j’ai promis à Elisabetta et au père Alain que je ne dirai pas que je suis passé par chez eux pour ne pas qu’ils soient ennuyés. J’ai donc concocté une histoire de routarde qui a fait Chiang Mai – Mae Sot et qui a dormi dans les monastères et les guesthouses pas chères (qui ne demandent pas de papier covid) et dont j’ai complètement oublié les noms. Ils ne peuvent pas savoir que j’ai une énorme valise qui n’est pas compatible avec le mode de vie de routard 😇. La dame de l’accueil « spécial Covid » parle anglais avec un fort accent asiatique, je lui fais répéter plusieurs fois ses questions, de même que mon accent français me fait lui répéter mes réponses, bref il se passe pas mal de temps avant que tout soit clair 😜. Je me décide pour un test anti-génique parce que le PCR coûte vraiment cher et encore plus si on veut un papier officiel d’un médecin, or je n’en ai pas besoin, enfin j’espère, on verra par la suite si je ne vais pas regretter cette étape. Elle m’explique également que si je suis positive, je serai hospitalisée et que ça me coûtera 150000 Baths, soit environ 4000 € ! Après m’avoir pesée, mesurée, avoir pris ma tension, ma saturation et m’avoir demandé trois fois si j’avais des symptômes (et bien sûr j’ai dit non…), j’ai le droit à mon coton tige dans le nez. La personne qui me fait ça est douce et ne me fait qu’une narine 🥳. On me prévient que j’aurai le résultat dans quarante-cinq minutes alors je file me chercher à manger au 7 Eleven juste à côté, je commence à avoir très faim, il est bientôt seize heures et je n’ai rien mangé depuis ce matin. Je suis à peine arrivée à la caisse que mon téléphone sonne, la fille de l’accueil m’appelle pour me dire que je suis positive (tiens, quelle surprise !) et qu’il faut que je revienne IMMEDIATEMENT. Je finis mes achats et retourne à l’hôpital tout en mangeant des fois qu’ils m’enferment dans une chambre pour un moment…Elle me dit qu’ils ne peuvent pas me garder mais que je dois m’isoler dix jours dans mon hôtel, je lui explique que j’ai eu les symptômes il y a une semaine maintenant et que je ne suis donc plus trop contagieuse et que dix jours c’est un peu exagéré. Elle discute avec le médecin qui était juste à côté et me dit ok pour sept jours. Je leur explique que je ne suis pas d’accord et que je vais revenir d’ici trois jours et que je serai négative, le médecin lève les yeux au ciel et fait un geste qui veut dire : faites ce que vous voulez, je m’en contrefiche 🙄. Je n’ai pas l’intention de revenir bien évidemment et je m’en sors plutôt bien, ils ne m’ont absolument pas demandée d’où je venais 😅.






















































































































































































































































































































