Earth Home
J’avais demandé à Sara où je pouvais loger pas loin de leur « ferme » et elle avait appelé un endroit qu’elle connaissait bien « Earth Home », qui a l’habitude d’héberger les gens qui viennent leur rendre visite. Elle n’était pas sûr que ce soit possible puisque c’était fermé depuis le début du Covid…Une chance que ce soit elle qui ait appelé, la propriétaire du lieu a accepté de m’héberger alors que le site n’est pas encore ouvert officiellement. Si j’avais appelé moi-même, elle m’aurait dit que c’était fermé, ainsi que Google l’indiquait 😉. J’arrive donc là-bas en début d’après-midi, c’est dans un tout petit village entouré de champs de cultures variées. Thongbae, la propriétaire m’accueille avec gentillesse. Elle me montre ma chambre et me propose de visiter ses constructions et son jardin. Au fil des années, elle a construit, avec des bénévoles, des bâtiments à diverses vocations : chambres, dortoir, cuisine, réfectoire, salle de cours… En effet, elle accueille et héberge des gens ou des familles qui veulent apprendre la permaculture et/ou comment prendre soin de la nature, des animaux et/ou comment construire soi-même sa maison. Elle a ouvert des classes de week-end pour les enfants de son village et des alentours pour leur faire prendre conscience de l’importance de respecter la nature et de savoir cultiver les choses essentielles pour se nourrir. Elle est secondée par des bénévoles qui l’aident à tout entretenir et à proposer des activités variées selon leurs aptitudes (peinture, cuisine, bricolage). En ce moment, depuis le début du Covid, elle s’occupe de tout toute seule, avec un peu d’aide de son mari et de ses enfants quand ils peuvent. Elle est en train de tout préparer pour la réouverture prévue par le gouvernement (si tout va bien) début mars. Je vous conseille d’aller voir son site pour plus de détails si vous voulez : http://www.earthhomethailand.com


Le hall commun des chambres d’hôtes

Petit jardin zen au centre du hall

Un mur de la salle de cours

Création avec des bouteilles de bière

La cuisine des bénévoles

Il y a même un four à pain et pizza


Le réfectoire


La douche dans ma salle de bain, admirez le mur 😉

Abat-jour en écorce d’arbre, bon, ce n’est pas très évident avec la lumière allumée 😬
Et maintenant petite visite d’une partie de son jardin, je n’ai pas tout mis, ses serres en particulier mais elles étaient impressionnantes :

Aloe Vera et je ne sais plus quoi d’autre à côté 😇

Thongbae à côté des haricots. Il y a de l’eau qui serpente à travers le jardin.

Gingembre et Curcuma qui mijotent sous la paille, ce n’est pas encore le moment.


Du poivre, qui est vert pour l’instant, il va passer au rouge puis devenir noir 😉

Je n’ai pas compris le nom mais épice qui rentre dans la composition des plats thaïs.

La vue de la terrasse au-dessus de la salle de cours

A la lisière de son terrain, champ de Galanga, plante aromatique très prisée dans la cuisine thaï, qui aurait des vertus curatives contre le Covid, les premiers essais qui l’associent au gingembre et au curcuma pour créér un médicament seraient probants, alors ils commencent des cultures à grande échelle…
Je dîne le soir avec Thongbae et son mari. Bien qu’elle ait appris l’anglais uniquement avec ses visiteurs, elle se débrouille très bien et nous avons une conversation très soutenue pendant que son mari écoute (de temps en temps elle lui traduit ce que je dis parce qu’il ne comprend pas trop bien l’anglais). Elle m’explique son parcours : à l’origine, elle vient de ce village, ses parents y habitent encore aujourd’hui, puis elle a fait des études de commerce et elle est partie à Bangkok pour travailler dans une compagnie qui vendait des vêtements. Elle a rencontré son mari là-bas, il travaillait dans une entreprise d’Etat, genre EDF, si j’ai bien compris. Ils ont eu deux enfants et quand la dernière a eu 4 ans, Thongbae a réalisé qu’elle bossait comme un robot et que ce n’était pas ce genre de vie dont elle rêvait pour elle ni pour sa famille. Alors elle a commencé à s’intéresser à la permaculture, à se renseigner sur le prix des terrains dans son village et a décidé, avec son salaire plutôt confortable, d’en acheter un grand pour y construire une maison et y faire son potager. Ses parents, ses amis et même son mari l’ont traitée de folle de lâcher un boulot qui rapportait pour venir cultiver des légumes, ça leur paraissait à tous un truc complètement aberrant de faire. Pourtant, elle a persisté et a même choisi pour la construction de sa maison des matériaux qui avaient déjà une histoire, elle a fait de la récupération de planches, poteaux, sculptures en bois là où elle a pu, souvent sur des bâtisses abandonnées, en pleine campagne. Toute la famille a emménagé, son mari ayant réussi à trouver un emploi à une vingtaine de minutes de chez eux.

Sa maison respecte la tradition, pièces de vie en bas et chambres en hauteur.

Monkhon, dans le salon, sur son téléphone, il n’y a pas la télé.

Pas de doute, elle est bien grand-mère 😉

La pièce de vie.

Le coin salle à manger au fond.

Des Mandragores 😜.

Les éternels poissons 🐟.
Malgré l’orage carabiné et la pluie violente qui lui a succédé et qui a duré une bonne heure et demi, faisant un boucan de tous les diables sur le toit en métal, nous avons beaucoup discuté de l’avenir de la planète, d’écologie, de médecine (Covid, vaccin et médicaments entre autres), de l’attitude du gouvernement, du changement des mentalités en Thaïlande, de mondialisation, bref, une soirée très instructive qui a fait écho à ma façon de voir les choses.
Et on a remis ça le lendemain au petit déjeuner, on avait encore plein de choses à échanger, cette fois surtout autour des enfants, de leur éducation et de leur avenir. Son fils, qui habite le village, a un enfant de 3 ans qu’elle ne veut pas voir aller à l’école, elle dit que le système scolaire les formate trop, elle va lui faire la classe quand il sera en âge et elle va surtout lui apprendre les vraies valeurs de la vie, elle a déjà commencé, il jardine, soigne les animaux avec elle et observe son grand-père bricoler. Sa fille est retournée à l’université, après des études et un job de commerciale quelques années qui ne la rendait pas heureuse, elle suit des études en pharmacologie pour pouvoir ensuite apprendre utiliser les plantes pour soigner ou soulager les gens. Elles ont un projet commun, cultiver des plantes médicinales bio et créer des soins naturels dont elles veulent faire bénéficier les gens qui n’ont pas les moyens d’aller à l’hôpital ou les gens qui ont envie de se soigner autrement ou qui veulent compléter leur traitement allopathique. J’espère qu’elles pourront mener à bien ce beau projet.
Bravo pour tes photos Mom
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Voilà quelqu’un de motivé…….j’admire sa démarche !! LOVE
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Hello Elisabeth
Trop bien ton blog! Comme j’aurais aimé visiter cet endroit magique; les mêmes valeurs…. Puisse cet espace vivre et prospéré longtemps encore….
A bientôt pour tes prochaines aventures à la frontière birmane
Take care and enjoy !😘
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