La mission a débuté, comme toujours, avec la cérémonie officielle d’ouverture, le chef du district nous a remercié de venir soigner la population et a parlé du partage de connaissances entre les équipes médicales laos et françaises, il a également remercié le gouvernement (à travers le ministère de la Santé) d’avoir donné les autorisations pour cette mission. Heureusement Boumpa traduisait en anglais à Lucien qui traduisait pour nous en français. Tout le personnel de l’hôpital était là (c’est un tout petit hôpital, ils avaient prévu vraiment beaucoup trop de chaises !) pendant que les patients attendaient patiemment que nous soyons prêts à commencer.


ce sont les deux coordinateurs de l’association Sourire d’Enfants







Nous sommes opérationnels rapidement, les patients sont dispatchés par des infirmières, dès l’entrée de l’hôpital, en fonction de leurs besoins. Certains vont faire tous les postes, médecin, dentistes, opticienne et chiro. Les gynécologues ne voient que les femmes bien évidemment 😉.
Chez les dentistes, ça a un peu de mal à démarrer, il faut trier les patients selon s’ils ont besoin de soins ou de chirurgie (entendez extraction dentaire !) mais au fur et à mesure de la matinée, le rythme s’accélère.










Chez Didier, le médecin, c’est la queue en permanence. Son traducteur, Phonexay (qu’on a surnommé Saï), apprend très vite les termes médicaux dont il a besoin et quand il ne sait pas, il se sert de Google traduction et mémorise rapidement les mots. Les questions pour l’anamnèse sont souvent les mêmes ce qui lui facilite la tâche. Une grande majorité des patients fait de l’hypertension et/ou du diabète, ils manquent de vitamines et d’iode aussi.


Chez les gynécologues, la mise en place est un peu laborieuse parce que les deux jeunes filles qui traduisent ne maitrisent pas du tout le vocabulaire (mais là encore, grâce à leur téléphone, elles apprennent vite) et surtout, elles n’ont aucune connaissance de l’anatomie, n’ont jamais entendu parler d’ovule, ovaire, trompes utérus et spermatoizoïdes, n’ont aucune idée du mécanisme de la fécondation. Les gynécologues ont accès à un appareil d’échographie mais il met un temps fou à démarrer et s’arrête parfois sans raison, mais il a le mérite d’exister. Elles en profitent pour former les infirmières en obstétrique sur la prise en charge des femmes enceinte grâce à l’écho, elles qui, d’habitude, se contentent de mesurer la hauteur du ventre, de les peser et de prendre leur tension.


Bérengère, l’opticienne, a un succès fou, il y a beaucoup de patients qui ont besoin de lunettes, de tout types. Sylvie est là pour l’aider à déterminer la correction de lunettes qui nous ont été données. Elle a aussi l’aide d’une infirmière de l’hôpital qui est très compétente et permet que les consultations se déroulent assez rapidement. Lucien est là pour la traduction. Il y a aussi beaucoup de patients avec des cataractes et ça, elle ne peut rien y faire.






Pour ma part, je commence sans traducteur au départ, pas facile de se rappeler des phrases, je n’ai pas révisé 😳. Heureusement, je comprends très bien le langage des mains et les patients montrent toujours où ils ont mal, même s’ils ont tendance à montrer tout le corps 😂. La plupart des patients sont des agriculteurs, ils travaillent dans les rizières et en novembre c’est la fin de la moisson, certains ont déjà fini, d’autres sont encore en cours, donc ils ont mal partout et sont fatigués. Les patients sont heureux qu’on s’occupe d’eux, même s’ils n’ont aucune idée de ce que je vais leur faire. Ils ne sont pas du tout stressés que je ne parle pas leur langue, ils ont beaucoup de mal à comprendre les trois phrases que je leur dis : comment vous appelez-vous, quel âge avez-vous et où avez vous mal. Mes intonations ne sont pas bonnes et surtout ils ne s’attendent pas à ce que je leur parle en lao, sans compter que ceux qu’on voit ici ont leur propre dialecte et souvent ne comprennent pas non plus mon traducteur quand j’en ai un 😭. Mais le contact est malgré tout facile et je bosse dans une bonne ambiance, sereine. La majorité de mes patients sont des ouvriers et ouvrières agricoles, quelques vendeuses du marchés et quelques fonctionnaires. J’ai vu aussi trois enfants atteints d’IMC (infirmité motrice cérébrale), deux à cause d’un manque d’oxygénation du cerveau au moment de l’accouchement et le troisième survenu un peu plus tard mais je n’ai pas bien compris pourquoi. Je ne peux pas changer la vie de ses enfants mais j’ai pu soulager des tensions et les mamans ont été surprise de la détente que cela leur procurait. Je sui consciente que ça ne durera pas mais je me dis que je leur ai fait du bien même pour un moment. J’ai montré aux mamans quelques petits gestes qu’elles pouvaient faire pour les apaiser, je suis sûre qu’elles sauront les mettre en application pour le bien-être de leur enfant. J’ai eu quelques cas un peu compliqués parce que c’étaient des douleurs anciennes qui auraient mérité un suivi sur quelques mois pour être vraiment satisfaisant et quelques cas de situation familiale très difficile, entre autres, un vieux monsieur qui ne pouvait plus travailler donc qui n’avait pas d’argent pour manger tous les jours, un frère et une cousine lui amenait parfois à manger ; et une jeune maman, 37 ans, neufs enfants, dont deux morts, qui a perdu son mari d’un infarctus à la naissance de sa dernière il y a 18 mois et qui doit travailler et élever ses enfants seule parce qu’elle n’a pas de famille. Pour le monsieur, qui avait besoin de vitamines, Bounma est allé lui acheter ce qu’il fallait pour trois mois et j’ai donné à la maman les vêtements d’enfants qu’une patiente m’avait donnés, elle m’a remerciée des soins et du cadeau en pleurant, c’était terriblement émouvant.




























il m’a dit qu’ils étaient très contents de mes soins

sabaïdee 🙏🙏
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Merci pour ce beau récit de votre nouvel environnement. Une belle équipe bien occupée à soulager autant que possible les personnes que vous rencontrez. Bises
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